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Pursuit [Drassou]
Invité
Ven 2 Juin - 16:22

Time.
Like a petal in the wind,
Flows softly by.
As old lives are taken,
New ones begin.

Des pages qui se tournaient, d’un lendemain sans suite. D’une journée sans suite. Silence pesant que voici, baigné dans ces rayons lunaire. La Lune, astre que tu appréciais tant, se jouait encore de toi en cette soirée. Dansante, dansante Lune, qui se cachait dans sa robe nébuleuse et revenait, toujours plus belle. Toujours plus lumineuse. Tes prunelles écarlates suivaient attentivement sa danse hypnotique, ton esprit divaguant au large. Ta conscience t’avait fait une piqûre de rappel. Quant à cet accident avec ta sœur. Quant à ce que tu avais pu lui faire. Quant à ton monstre intérieur, ce véritable toi, qui se fichait bien de démolir la façade humaine que tu t’étais construite. Mentir, t’oublier, pour vivre dans ce Paradis qu’on t’avait tant vendu. Quel Paradis… Un Enfer comme un autre, où la survie revenait ta priorité. Jamais pire qu’en bas, pouvais-tu te dire. Jamais pire que tout ce que tu avais subi.

Non, ici, la vie était plate, calme. Parfois elle devenait agitée quand deux-trois malades qui se prenaient pour des supers héros tentaient de mettre fin à tes jours. Pourquoi devrais-tu mourir toi, pour les âneries des autres Terriens ? Sérieusement, tu n’en avais rien à carrer de leurs conflit à la noix. Tout ceci car deux frères, aussi divins soient-ils, étaient de sombres abrutis qui se tapaient dessus et que Papa intervenait pour calmer le tout. T’en riais, amer, étirant un sourire fin, se reflétant dans la lumière lunaire. Lumière qui dessinaient vos ombres, à ton pantin et toi. Tu ne sortais jamais sans une de tes chères marionnettes. Tu les aimais tant. Et elles faisaient de si beau bouclier quand on t’en voulait. De si bons gardes du corps quand les choses devaient virer au vinaigre. Celle de la soirée était un autre gosse, pas plus haut que trois pommes. Tu l’aimais bien, celle-là. Son don était fort utile. Il pouvait te téléporter partout où tu voulais. Tu n’étais pas très conflit en ce moment et tu préférais disparaître sans un mot.

Isolé dans ta crypte avec tes pantins ou chez-toi, en compagnie de ta sœur. T’en blâmais-tu encore, de lui avoir montré une partie de l’être que tu étais ? Être que tu tassais derrière une montagne de masques pour son bien-être ? Savait-elle, que ta passion pour ces êtres morts que tu ramenais et manipulais comme bon te semblait n’était pas que morbide et macabre ? Ah… Tu soufflais longuement, décollant ton postérieur du rocher sur lequel tu l’avais posé pour te perdre dans tes pensées. En cette soirée, tu n’étais qu’un simple fantôme parmi tous les fantômes. Un simple homme, accompagné d’un gosse. Un gosse que tout le monde pensait bel et bien vivant. Oh, ce corps était véritable. Tu avais passé tant de temps à lui rendre sa beauté. La beauté ne vient que dans la mort. Ainsi, préféreras-tu toujours la compagnie des morts à celle des vivants.

Qu’étais-tu venu chercher, en ce calme soir ? Un homme. Une sorte d’écrivain. Qui t’avais causé bien des déboires pour les lettres qu’il « t’écrivais ». Écrivais était un bien grand mot. D’en bas, tout enfant que tu étais, encore cobaye de ces hommes, une lettre tombait. Toujours au même endroit, le même jour. Une lettre avec des pensées, une vie, des réflexions. Un conte. Une histoire. Parfois sardonique, parfois plus macabre, ce conte te transportait. Obnubilait l’enfant que tu étais qui voulait voir la surface. Voir ce qu’était devenue cette partie du monde que tes ancêtres avaient dû connaître. Découvrir le visage de cette personne, ce spectre aux mots enivrants, aux récits détonants… Si Obsédant. Tu avais donné de ta chair, pour récupérer chacune des lettres qu’il lâchait. Une cicatrice de plus, de moins, des cris de souffrances de plus, de moins… Tu étais si habitué à cela. Alors dans cette folle envie, bien des années après, tu avais calculé un point de chute.

Cela t’avait pris un temps, jonglant entre de nombreuses affaires. Tu avais supposé le bord de l’île. Et par cette nuit fraîche, tu t’y rendais, impatient de voir qui était cet être qui t’avais empli le crâne de toutes ces choses. Impatient de savoir… Si tu n’étais qu’une marionnette ou simplement un crétin qui s’attachait à des lignes. Pourquoi faisait-il cela, cet homme ? Attendait-il qu’on lui réponde ? Attendait-il quelqu’un ? Quelque chose ? Ou tuait-il le temps ? Peu importe, tu voulais juste voir. Voir et aviser. Sourire creux aux lèvres, la démarche calme, tu te dirigeais vers le dit lieu, ton petit pantin sagement collé à toi, à qui tu grattais le dessus du crâne, un sourire doux. Ce n’est qu’un mort et tu l’apprécie bien plus qu’un vivant. C’était ton pantin après tout. Ton objet à toi.

Quelle fût ta surprise quand tu arrivais sur le rebord le plus extérieur de l’Île, exposé aux vents, découvrant un magnifique paysage. Quelle fût ta surprise quand tu vis un attroupement de personnes, toutes suspendues aux mots d’un seul homme, qui se tenait dans l’ombre de la flamme d’un feu, parlant. Non… Contant. Il racontait quelque chose. Il y mettait des mots, des tripes. A ton tour, tu t’approchais, gardant ton petit protégé à tes côtés. Cette verve, cette façon de voir les choses… Était-ce lui ? Lui, l’écrivain ? Ou l’Auteur, comme l’enfant que tu avais été se plaisait à le nommer ? Ses récits te transportait et cette gestuelle, ces mots, rendait tout cela… Rêveur. Presque irréel. Il semblait être un véritable écrivain, hors du temps qui observe, conte et disparaît. Et revient un beau jour avec d’autres histoires.

Un être invisible et pourtant si présent. Tu lorgnais la pile de lettres que tu avais emportée avec toi, tassée dans ta sacoche. Tu attendais la fin du récit, calme, avant de venir te planter devant lui, faisant fi de la foule. Tu lui tendais tout naturellement les lettres, parfaitement conservées, un air serein.

« Êtes-vous l’Auteur ? Cet Auteur ? Qui jetait ses pensées aux Terres désolées du bas ? »

Tu ne passais pas par quatre chemins et jouais franc jeu, zieutant d’un coin de l’oeil ton pantin, que tu envoyais d’un mouvement de la main et de quelques mots susurrés, voir les alentours. Comme le ferait une personne avec son gosse. Si seulement.

Time flies never to be recalled.

©endlesslove.
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