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Lights Out [Lulu <3]
Invité
Sam 17 Juin - 16:15

What I fear and what I've tried,
Words I say and what I hide.
All the pain, I want it to end
But I want it again.

La lune te narguait, de sa robe nébuleuse, dansant, se cachant tour à tour. L’air frais te rappelait à quel point une nuit à la belle étoile pouvait être quelque chose de merveilleux.

Merveilleux, vraiment ?

Tu ne sentais plus ton corps. Ton esprit partait à la dérive, accompagné des battements rudes de ton cœur. L’air te manquait, dans ce corps pris de spasmes. Ta gorge nouée ne te permettait rien d’autres que de râler parfois ; voulant expulser ce poids que tu avais sur la poitrine. Cette angoisse d’une nuit déchirée d’un mauvais rêve. Cauchemars. Ils revenaient toujours à toi, finalement. Bien plus nombreux, bien plus pesants. Tu avais bon dire que cela était ta routine, ton esprit ne s’accordait pas avec toi. Ton esprit était fatigué, d’être martelé ainsi de mauvais souvenirs. D’être entraîné dans ces peurs obscures, ces visions terrifiantes. Ton esprit quémandait le repos. Un repos que ta psyché se refusait de lui offrir. Et toi, pauvre être que tu étais, tu étais là, pris dans ce tumulte, à prier une quelconque entité, stupide entité, que ton calvaire cesse.

Tes pupilles vaironnes et hagardes, détaillaient cette Lune, qui te paraissait si grande, de là où tu étais. Entrecoupée des feuillages de cet arbre qui t’avait servi de lit provisoire. Pourquoi fuyais-tu ton chez-toi ainsi ? Pourquoi ? Tu ne pouvais plus. De voir tout cela. De voir ta propre bêtise. Tes propres faiblesses. Tu te maudissais. Et tu en maudissais le monde. Rancune, la voici qui revenait. Tu l’avais mise au placard tant de temps, Ariël, tant de temps. Que tu l’en avais oubliée. Tu avais passé tant de temps, tant de temps, à apprécier chaque être de cette île. A les aider. A te donner pour eux et certains de leurs droits. A payer pour eux. Payer. Un bien faible mot. Ta gorge n’approuvait guère. Le bandage qui l’entourait parlait pour elle. Ouvrir la bouche, articuler, depuis ces deux dernières semaines était ta difficulté du quotidien.

Pourquoi… ? Cette lame sur ta gorge ? Pourquoi te réveiller dans ce bain de sang, au bord de la mort ? Pourquoi… Lui ? Après tout ce que tu avais fais ? Le pensais-tu être un proche ? Évidemment que oui. Toi qui voit tout en rose. Il était un ami, n’est-ce-pas ? Un ami ne fait pas cela ? Allais-tu te leurrer encore longtemps, Ariël ? Autant de temps qu’il le faudrait. Tu ne voulais plus y penser. Cette simple chose, ce simple fait, avait suffit à briser cette barrière que tu avais pris moins d’un siècle à construire. Une barrière de déni, de refus de la réalité telle qu’elle est. Une barrière contre ce monde et ces noirceurs. Contre ton propre vécu. Fantômes du passé qui revenaient pour toi. Qui retrouvaient leurs prises sur toi.

Et lui.
Lui.

Cet être que tu avais oublié, confiné un temps dans les tréfonds de ta mémoire. Lui, qui te rappelait tout. Sans cesse. Appuyait où il ne fallait guère. Qui avait raison, que tu le veuilles ou non. Tu n’étais qu’un idiot. Bercé d’illusions éphémères. Un crétin qui savait, qu’il tomberait un jour ou l’autre, abattu par un « ami » ? Un monde rose qui se détruit pour une amère vérité. Une vérité que tu ne veux voir. Tu fermes les yeux, te bouches les oreilles et espère à un énième cauchemar. Et il te ramène, à cette dure réalité. Sa voix te guidant. Dans les abysses d’un esprit dépravé. Tu te hais. Tu le hais. Tu en veux à ce monde médiocre. Ton altruisme ? Tu ne voulais plus le voir un temps, perdu entre agir et fuir. Fuir. Tu ne voulais que cela, fuir. Ne plus rien te remémorer, l’oubli… Tu veux de nouveau ce ticket. Ce ticket qu’il détient et te fait danser avec.

Pourquoi… Était-il revenu, ce monstre ? Pourquoi… ? Tu ne voulais plus de lui. Tu ne voulais plus… Non. Tu ne voulais juste plus.

La trahison, ah, cela…
Un poignard dans le dos, il t’en fallait si peu…

Ton poing s’écrasait brusquement dans l’écorce de l’arbre, d’un craquement sec. Oh que oui, il t’en fallait si peu pour que tu ouvres enfin les yeux. Pour que tu descendes de ton petit nuage. Pour que tu perdes tout ce avec quoi tu t’étais rendu aveugle. Tu ne pouvais le supporter. Ce que cet « ami » t’avait fait. Tu ne pouvais supporter que lui, uniquement lui, ait raison, une fois encore. Non. Insupportable. Intolérable. Tes phalanges s’écrasaient de nouveau contre le tronc de l’arbre, ton sang venant se glisser dans ses sillons. Qu’en as-tu à faire ? Tu ne ressens pas la douleur. Tu ne la comprends plus, aujourd’hui. Alors que tu sois là, à hurler ta rage contre tout cela, malgré ta gorge encore convalescente, tu t’en moques. Tu t’en moques. Cette douleur, tu ne la connais que trop bien… Pour l’ignorer de la sorte.

Qu’il se taise. Était ton seul vœu de cette soirée gâchée. Tu restais un moment ainsi, recroquevillé sur toi-même, la Lune pour unique compagne, à te questionner sur le sens de toutes tes actions durant cette vie inutile. Avais-tu bien fait ? Tu finissais par te relever, le regard encore morne, jugeant qu’une marche à cette heure de la nuit pourrait jamais être pire. Nulles extravagances, point de bonnet à pompons, guère de clochettes, ni de maquillage. Tu n’avais plus envie. D’être ce saltimbanque. Ce clown qui faisait rire le peuple. Ce joker qui aidait au prix de son âme. Tu viens de la vendre au Diable. Il l’a plutôt récupérée, oui. Une simple chemise, un simple pantalon, de quoi t’en tirer et tu disparaissais, laissant ta tente en plan, te moquant bien de ce qu’il adviendrait. Qu’avais-tu encore à perdre, après tout ? Rien. Plus rien.

A force de déambuler, tu atterrissais dans une place déserte, où seul un stand prenait place. Un stand de nourriture ? A un endroit pareil ? A une heure aussi tardive ? Réellement ? Qu’en avais-tu à faire ? Tu le lorgnais un moment, avant de souffler, le visage plat. Peut-être trouverais-tu réconfort dans la nourriture ? Belle ânerie que voici. Mais tu n’avais plus l’esprit à tergiverser. Sa voix le couvrait que trop bien. Et cette peur aussi. Une épée de Damoclès. Était ce qui se trouvait au-dessus de ta nuque. Une nouvelle fois. Les erreurs se répètent. Tu n’as jamais rien appris, en ce siècle d’existence, Ariël. Uniquement à tendre le bâton pour te faire battre. Pitoyable. Tu tenais là, devant ce stand, toisant ce visage… Ce visage. Pourquoi ? Pourquoi ce sentiment ? Un autre. Qui t’accablait.

Tu clignais des yeux, détournant un court instant la tête. Une impression… Quelle impression ? Que tu le veuilles ou non, ton esprit s’attaquait déjà à vouloir comprendre, accompagné de son rire. Lui, il savait. Lui, il te faisait encore douter. Sans un mot, il ne te dirait rien. Tu allais devoir t’acquitter de ce sentiment pesant, le temps d’une commande. Et mine de rien… Tous les plats qu’il proposait, pour le cordon bleu que tu étais… Étaient à tomber. Allez, c’est bon pour le moral, paraîtrait-il ? Tu ne cherchais guère à te montrer aussi souriant qu’à ton habitude, ni enfantin. Tu te contentais de prendre la parole d’une voix claire, dénudée de son intonation taquine.

« Puis-je vous prendre une part de bûche glacée ? Celle-ci. »

Tu en pointais une du doigt, ne cherchant pas à savoir à quoi elle était. Tu te réservais la surprise pour la bouffer dans la minute qui suivrait.

« Et un thé, si possible ? »

Tu en oubliais tes manières et habitudes, plus vraiment toi-même, depuis ce jour. Tu tâtais ta gorge, vérifiant que le bandage ne s’était pas détaché. Tu en oubliais aussi ta main blessée. Pourquoi n’était-ce pas l’oubli désiré que tu retrouvais si aisément ?

It's nothing.

©endlesslove.
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