A glowing yellow like the sun ~ [ PV : Elizabeth Elvenlake ]
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Ven 14 Juil - 0:26



A glowing yellow like the sun ~


Un rêve… ? Hum… je crois que j’ai fait un rêve… mais… c’est étrange, pour un rêve… il paraissait incroyablement réel… ma mère était là, assise sur le bord de mon lit, en train de me caresser les cheveux, comme si j’étais encore un enfant… alors que je n’en suis plus un… à priori, tout du moins… hum… je crois qu’elle me disait quelque chose… cependant, impossible de me rappeler quoi… ça semblait assez important, non… ? Bah… en ouvrant les yeux, je constate qu’elle n’est tout simplement pas ici, dans ma chambre. Je me redresse lentement dans mon lit, une main posée contre ma tête, dont des restes de mon dernier mal de tête persistent, bien que ce soit supportable. Je tourne la tête pour regarder l’heure sur mon réveil : 11h36. Ah… il est déjà si tard… ? J’ai dormi longtemps, malgré mon sommeil léger. Je me glisse sur le côté de mon lit, me frottant légèrement les cheveux, encore un peu dans les vapes.

C’est là que mon regard se pose sur mon bureau – qui sert surtout de plan de travail – et aperçoit mon portable. Mentalement, je me concentre pour le faire flotter jusqu’à moi. Il tombe tranquillement dans mes mains ouvertes, et je déverrouille l’écran pour voir que… nous sommes jeudi. Un silence de mort s’installe dans mon esprit, tandis que je revois la scène de mon rêve. Qui n’était pas un rêve. C’était la réalité. Ma mère est venue pour me réveiller, ce matin, pour l’école. Malheureusement, mon mal de tête était encore si fort que j’étais incapable de même me comprendre ce qu’elle disait. Alors je m’étais rendormi. J’ai raté le début des cours. Voilà, la vérité. Pour me souvenir de ce que je faisais hier soir… eh bien, j’ai encore du mal à tout assembler. J’ai une vague scène où je me trouve sur mon ordinateur, sauf que je ne peux dire si ça date de la veille, ou d’il y a une semaine. En tout cas… je me lève pour aller me préparer aussi rapidement que ma tête me le permet.

Environ une petite demi-heure plus tard, je suis lavé et habillé, et je descends dans la cuisine. Et là, surprise, je découvre mon ‘père’ dans la pièce, près de la gazinière en train de faire cuire quelque chose dans une casserole. En m’entendant entrer, il tourne la tête vers moi et m’adresse un grand sourire affectueux, me disant bonjour et me demandant si j’ai bien dormi au passage. Je passe ma main devant ma bouche quand je laisse échapper un bâillement, avant d’acquiescer calmement de la tête. Il me sert le petit déjeuner, m’ordonnant de le manger car il jure de ne pas me laisser aller à l’école l’estomac vide. Bien que n’ayant absolument pas faim, je me plie à ses ordres et avale tant bien que mal ce qu’il m’a préparé. Finalement, une fois complètement prêt, mon ‘père’ me conduit à l’école. Je rejoins ma place au fond de la classe qui, sans surprise, n’a pas remarqué mon absence. Qui remarquerait l’absence d’un ‘monstre’ ?

La journée se poursuit ainsi, vaquant à mes occupations habituelles, sortant parfois de ma concentration extrême pour chopper des brefs morceaux de cours de la prof avant de me replonger dans mon ‘travail’. Un tournevis flotte jusque dans ma main, et ainsi de suite. Ce que je fais, cette fois ? Eh bien, pour une fois, rien de spécial. Je bricole un truc dont l’idée m’a traversé l’esprit. J’ai tout le schéma électronique et sa fonction en tête, mais je n’ai pas vraiment ce que ça donnera à la fin. Je sais juste que ça fonctionnera forcément quand j’aurai terminé. Peut-être que j’aurai besoin de l’aide de mon ‘père’ pour achever mon petit projet, ceci dit. Et un peu de programmation s’impose aussi.

Sans prêter aucune attention au cours et à la classe, je me lève de ma chaise, toujours profondément en pleine réflexion sur le langage que je vais utiliser pour écrire le code. D’un simple ordre mental, je rassemble tous mes outils et ceux-ci viennent se loger dans les poches de ma veste. Je quitte la salle, une main posée contre mon menton, sans faire gaffe à la prof et aux autres élèves. Même si, à priori, seulement la prof a dû me voir partir. Je traverse les couloirs vides de monde, et me rends – presque – naturellement jusqu’à la salle du club de robotique. Je sors la clé de la porte pour l’ouvrir, et entre dans la grande salle, faisant au moins une salle de classe et demie. Elle est remplie d’ordinateurs, d’objets technologiques comme des drones, du matériel en tout genre, ou encore des boîtes contenant des espèces de gros légos permettant de créer des prototypes. Cette salle est toujours verrouillée avec une clé que seuls les membres du club possèdent, car tout le matos à l’intérieur coûte cher. Il y a même des caméras de surveillance au plafond, c’est pour dire.

Passant devant les tables et les objets un peu éparpillés partout, je tire l’une des chaises et m’assois devant l’un des écrans d’ordinateur. J’allume la tour, et attends que l’appareil démarre. L’écran affiche la page de connexion, et je tape mon identifiant et mon mot de passe, donné par le prof référent du club, et spécifique aux ordinateurs de cette salle. Enfin, mon bureau apparaît. Cliquant sur l’une des icônes, un choix m’est proposé pour coder parmi divers langages. J’ouvre l’aide pour me conseiller sur le langage à prendre, celui qui serait le plus adapté. Lisant parfois à plusieurs reprises, je finis par choisir le C#. Finalement, je me replonge dans ma concentration, tapant sur le clavier des lignes et des lignes de code, oubliant pratiquement… même entièrement tout ce qui m’entoure. Je ne remarque même pas que la porte s’ouvre…

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Sam 15 Juil - 1:39


A glowing yellow like the sun ~

Le soleil perçait à peine à l’horizon que le manoir Elvenlake était déjà en effervescence. Le personnel de maison s’affairait dans tous les coins de la demeure avant même le réveil des maitres. Dans son lit aux draps de soie, Elizabeth quitta doucement les bras de Morphée et se lança dans la valse de préparation qui était devenue pour elle une habitude chaque jour. C’est avec enthousiasme qu’elle monta dans la diligence, direction le lycée. Depuis le début de l’année, la princesse suivait les cours du matin du lycée d’Ariesten, une bonne occasion pour elle de rencontrer du monde. C’était une expérience enrichissante, surtout que là-bas, la quasi-totalité des élèves l’adorait. Arrivée devant les portes de l’établissement, elle fut escortée à l’intérieur par sa suite d’admirateur pour se rendre dans sa salle de classe. Les heures passaient rapidement, l’héritière était heureuse d’être dans cet environnement différent. Rien ne pourrait gâcher sa matinée.

Rien excepté ce qui arriva malgré tout. Car selon Murphy, tout ce qui est susceptible de mal tourner tournera nécessairement mal. A la pause de dix heures, les adorateurs de l’altesse s’étaient rassemblés autour d’elle, comme à leur habitude. C’était leur petit rituel, ils l’écoutaient parler, un air béat sur le visage, puis commentaient avec entrain ses histoires comme s’il s’était agi de fictions haletantes. Alors qu’elle racontait la fin de sa journée de la veille, la blonde eut un malencontreux geste qui fit basculer son téléphone, qui partit s’écraser au pied de son bureau dans un bruit de fin du monde. Pendant quelques secondes, tout le monde s’était immobilisé, personne n’osait parler. Puis, précautionneusement, une courageuse se pencha pour ramasser le pauvre objet. L’écran était en morceaux, et l’appareil ne l’allumait plus. On avait alors conseillé à une Elizabeth horrifiée d’aller demander de l’aide au club de robotique.

Durant les deux heures de cours suivantes, la princesse n’avait plus que son téléphone hors d’usage à l’esprit. D’habitude, elle était soigneuse avec ses affaires, alors forcément lorsqu’il leur arrivait quelque chose de la sorte, c’était la crise. Elle espérait que le club de robotique pourrait l’aider, et rapidement surtout, car elle ne savait pas comment elle allait pouvoir faire si elle ne pouvait plus envoyer de messages à ses contacts dévots. Les minutes semblaient se traîner mais bientôt, la blonde fut libre de quitter sa place et put se précipiter à la salle du club, qu’on lui avait serviablement indiquée. Arrivée devant une porte ornée d’une plaque où était gravé club de robotique, la princesse toqua et attendit. Après quelques secondes de silence, elle toqua une deuxième fois. Aucune réaction, elle se décida à entrer. La porte resta close, personne n’était présent.

C’était un coup dur pour Elizabeth, qui dut renter au manoir bredouille. Elle était prostrée durant le déjeuner -chapon poché au foie gras et aux truffes, et très peu attentive à ses cours particuliers de l’après-midi : elle marcha sur le pied de son professeur de valse viennoise, et son esquisse du jour fut bien sombre. Vers seize heures, ses professeurs insatisfaits la laissèrent enfin partir et, empressée, elle sauta dans son carrosse pour retenter sa chance au club de robotique. L’absence de son téléphone commençait vraiment à lui peser, et elle retint de justesse une exclamation de joie lorsque, en ouvrant la porte du club, elle y trouva un garçon. Brun, il était de dos et semblait concentré sur ce qu’il faisait. Tellement concentré qu’il ne réagit pas lorsqu’elle referma la porte derrière elle, ni même lorsqu’elle le salua. S’approchant un peu plus, l’héritière se permit de lui tapoter l’épaule pour attirer son attention.

- J’ai un problème avec mon téléphone, j’ai besoin d’aide.

Elle tendait devant elle l’épave de son portable rose, les sourcils froncés d’inquiétude.

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Lun 7 Aoû - 18:22



A glowing yellow like the sun ~


La porte s’est ouverte. Eh bien, c’est le vague signalement que m’envoie mon cerveau lorsque mon ouïe perçoit le grincement de la porte, suivi par son claquement. Mais ma concentration est trop intense, et je ne détourne même pas les yeux de ce que ‘j’écris’. Si on peut appeler ça ‘écrire’. Des lignes de code s’enchaînent sans presque jamais s’arrêter, excepté quand j’ai besoin d’une courte réflexion. Le reste de la journée aurait pu s’écouler ainsi, sans interruption. Les autres membres du club peuvent bien venir, je ne les remarquerai pas, à moins qu’ils ne viennent me dire bonjour en me secouant. D’ailleurs, c’est bien les seuls à ne pas m’ignorer ou à me traiter de ‘monstre’. Eux aussi, aiment bien aider autrui à réparer des bricoles. Ah, et le garçon-robot ‘blanc’ également, ne m’ignore pas. Sauf que lui… c’est un peu un cas particulier, donc je ne sais pas trop si ça compte. Il faut que j’avance un peu mon enquête à son sujet. Tout ce qui le concerne me chiffonne pas mal…

Enfin, du coup, je ne m’attendais pas à voir grand monde. Et surtout pas un élève ‘random’ dans la salle. ‘Il’ est entré sans que je m’en aperçoive. ‘Il’ s’est approché de moi sans que je n’y prête attention. Et ‘il’ m’a tapoté l’épaule parce que je ne ‘le’ regardais pas. Je sursaute brusquement au contact physique, levant les mains du clavier et me cognant par la même occasion le dos contre le dossier de la chaise. Retenant une grimace, parce qu’un ‘monstre’ n’a pas le droit d’exprimer quoi que ce soit, je me frotte distraitement le dos avant de tourner la tête vers l’individu m’ayant approché. ‘Il’ – qui en vérité est ‘elle’ – me regarde avec un air désespéré. Sa ‘couleur’ me frappe, comme à chaque fois que j’observe une personne au début : jaune impérial. La ‘couleur’ prône devant mes yeux, comme si la jeune fille était une Déesse.

Puis, je cligne longuement des yeux, forçant mes sens à se dissocier afin de voir plus ‘nettement’ l’adolescente qui me tend son portable. Lorsque je rouvre les yeux, je peux – enfin ! – constater l’apparence de celle-ci. Ainsi, je découvre qu’elle a de très longs cheveux d’une chatoyante couleur blonde, le teint clair, et de beaux yeux bleu océan. Je reste un instant silencieux, juste à la regarder comme si, comme ça. Je comprends mieux pourquoi sa ‘couleur’ semblait scintiller si fort, la mettait si fortement en avant. Je devine sans mal à son allure qu’elle vient d’une riche famille. Je fais bien pitié à côté d’elle, simplement vêtu de l’uniforme noir de l’école. Je me demande pourquoi une fille de son rang vient-elle dans cette ‘misérable’ école… Je n’sais pas, et ça ne me regarde pas tellement. Mais alors, elle doit avoir déjà entendu les nombreuses rumeurs qui courent sur moi, en tant que ‘monstre’. Et puisqu’un ‘monstre’ n’a pas le droit de ‘ressentir’… je me retiens d’esquisser un petit sourire dans sa direction.

C’est pénible. J’ai l’air complètement antipathique. C’est compliqué de devoir rester ‘indifférent’ alors que les émotions débordent de soi, parfois aux pires moments. Je ne cherche pas à être méchant, au contraire… mais… les ‘monstres’ ne sont-ils pas ‘méchants’, de toute façon ? Alors, je suppose que ça doit être correct… je reporte alors mon attention sur la ‘jaune impérial’, penchant légèrement la tête sur le côté, avant de baisser les yeux vers ses mains tendues. Dans celle-ci, un petit appareil rectangulaire, dont la vitre était brisée. Je me rappelle alors ses paroles disant que son téléphone avait un problème. Délicatement, je le prends entre mes mains et l’observe un petit moment, toujours en silence. Juste en surface, je comprends vite que les fissures sont dues à une chute. Bien que je ne veuille pas me montrer indiscret, j’appuie néanmoins sur le bouton de déverrouillage. Et comme je le pensais – pour avoir remarqué un petit détail au niveau des impacts –, l’appareil ne s’allume pas. Aucune image… peut-être un léger son ? Ouais, je crois l’avoir entendu faire un petit bruit mélodieux.


« … en se brisant, un petit morceau de la vitre a rompu le contact entre elle et le fonctionnement du téléphone… je peux… rétablir le contact, mais… malheureusement, nous n’avons pas de vitre neuve pour remplacer celle-là, pour le moment… »

Quittant le téléphone des yeux, je lève le regard vers la ‘jaune impérial’, affichant un air sincèrement navré pendant quelques secondes, avant de me recomposer. J’ai voulu me montrer ‘honnête’ pour une fois. Après tout, cette salle est ‘mon’ univers. Personne ne saura que je me suis laissé un peu aller, non ? Un peu évasée, je rassemble ma concentration pour ‘appeler’ mon tournevis de ma poche droite. Immédiatement, celui-ci quitte sa cachette en lévitant et vient se poser dans ma main libre. Mais avant de commencer quoi que ce soit, bien que je sache parfaitement ce que je fais, je demande l’avis du propriétaire de l’appareil.


« … tu veux que je le répare… ? »


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Mer 16 Aoû - 13:35


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Le garçon parut surpris lorsqu’il se rendit compte de sa présence. Elizabeth aurait dû être vexée que quelqu’un l’ignorât ainsi,  mais elle était bien trop inquiète pour cela. Les yeux verts du garçon la détaillèrent quelques instants, et elle ne put s’empêcher de se sentir importante à ce moment là. Quoi qu’il puisse lui arriver, elle ne changerait pas, sa fierté et son orgueil étaient trop grands pour disparaître complètement. Ce visage lui était totalement étranger, et à vrai dire elle n’en avait que faire, tout ce qui comptait en cet instant c’était que ce parfait inconnu, qui n’avait pas non plus l’air de la connaitre, l’aide à réparer son lien avec son alter ego virtuel. Elle imaginait déjà ses fans paniquer, imaginer le pire, créer des forums d’hommage, rassembler leur argent de poche pour payer l’éventuelle rançon qui serait demandée…

Il détacha enfin ses yeux de son visage pour les fixer sur le petit appareil. Doucement, il s’en empara et se mit à l’examiner sous toutes les coutures, à appuyer sur les boutons. Elizabeth, debout devant lui, se tordait les mains d’anxiété. Et s’il lui disait qu’il ne pouvait rien faire ? Que c’en était fini de ce petit Smartphone rose ? Evidemment, dans ce cas, elle pourrait très bien en racheter un autre. Mais elle s’était attachée à ce petit boitier électronique, il était devenue comme le prolongement de son corps. Alors même si on pourrait lui offrir une prothèse, elle préférait ne pas se faire amputer des doigts.

- …en se brisant, un petit morceau de la vitre a rompu le contact entre elle et le fonctionnement du téléphone… je peux… rétablir le contact, mais… malheureusement, nous n’avons pas de vitre neuve pour remplacer celle-là, pour le moment…

Son ton était hésitant. Durant un instant, l’altesse se demanda même s’il savait de quoi il parlait. Puis elle comprit que le garçon lui disait pouvoir faire quelque chose. Une bouffée de soulagement l’emplit, comme une vague de chaleur. Elle allait retrouver son petit empire virtuel ! Si elle n’avait pas été si bien élevée, elle aurait sauté au cou du garçon. Elle allait lui dire à quel point elle était reconnaissante lorsqu’un mouvement lui fit perdre le fil de sa phrase. Un objet venait de sortir de la poche du garçon et, décrivant une courbe parfaite, vint délicatement se poser dans la main de ce dernier, qui ne réagit pas, comme si c’était la chose la plus normale du monde.

- … tu veux que je le répare… ?

NON ! Crièrent ses yeux. Comment avait-elle fait pour se retrouver dans une situation pareille ? Elle, l’héritière des Elvenlake, était réduite à demander de l’aide à un impur, à un humain à don. Quelle disgrâce. Sous le coup de l’impulsivité, elle faillit arracher son téléphone des mains du garçon et partir en claquant la porte. Elle trouverait bien quelqu’un d’autre pour le réparer, ou dans le pire des cas, elle en payera un nouveau, tout sauf être redevable à une personne comme cela. Mais elle se ravisa. Elle n’était pas idiote, elle savait que si elle arrivait à le réparer, cela prendrait un temps fou, et s’il lui restait une chance de récupérer toutes ses informations, elles reposaient sur ce garçon. De mauvaise grâce, elle acquiesça, préférant ne pas prononcer un mot, de peur que son dégoût ne transparaisse dans son timbre de voix. Avisant une chaise sur sa gauche, elle s’y assit, avec toute la grâce du monde, ses jupons blancs s’étalant autour d’elle tel un siège de nuage. La mine fermée, elle observa le garçon, attendant qu’il ait terminé sa besogne. Soudain, une phrase qu’il avait prononcée lui revint à l’esprit.

- Vous dites ne pas avoir de vitre neuve. Ne me dites pas que je vais devoir garder celle-ci alors qu’elle est en morceaux ?

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Jeu 24 Aoû - 19:40



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Le téléphone dans une main, le fin tournevis dans l’autre, je garde mon regard posé sur la ‘jaune impérial’, attendant patiemment une réponse affirmative ou négative de sa part. L’espace d’un bref instant, j’aperçois comme une lueur de colère… à moins que ce ne soit de dégoût… dans ses yeux. Je ne peux expliquer l’origine de cette lueur soudaine. Aurais-je fait quelque chose qui lui a amèrement déplu ? Eh bien, la seule chose qui me vient à l’esprit, est lorsque j’ai fait léviter mon outil jusque dans ma main. Cela n’a rien de surprenant, non ? Beaucoup d’élèves ou même de passants m’ont déjà vu le faire. Mais… peut-être pas elle, il faut croire. Je suppose que ça fait une élève de plus qui va me considérer comme un ‘monstre’, si ce n’était pas le cas avant… ? Je ne peux pas faire grand-chose face à l’avis des gens, de toute manière…

Alors je me détourne de la ‘jaune impérial’, et pose délicatement le portable sur le bureau, afin de ne pas fissurer la vitre encore plus qu’elle ne l’est. Avec la même douceur, je retire la protection arrière de l’appareil, dévoilant la batterie et la carte SIM. Puis, ‘armé’ de mon petit tournevis, je défais chacune des vis maintenant toutes les cartes et puces électroniques ensemble. Très vite, les pièces se retrouvent un peu éparpillées autour de l’objet précieux, sur le bureau. Aux yeux d’une personne lambda, voir l’appareil dans cet état serait synonyme de « Horreur ! Qu’est-ce qu’il fait ?! Il ne le répare pas, il le démonte juste complètement ! » ou encore « Arrête ça ! Tu le détruis juste encore plus qu’avant ! ». Sauf que… il faut me faire confiance. Je sais parfaitement ce que je fais. Chacun de mes gestes, chaque emplacement des pièces que j’ai défaites… tout est calculé. Dans ma tête. Rien n’est aléatoire. Même si ça ne se voit pas, c’est pourtant dans ce genre de moments que je deviens extrêmement maniaque.

Tout est posé à une place précise. Une place que je suis sûr que, dès que j’aurai besoin de la pièce si trouvant, ce sera elle que j’aurai, et pas une autre. Personne ne doit toucher à rien. Sinon, je perds le fil, et je pourrais tout foutre en l’air. Je peux ‘visualiser’ le schéma électronique de l’appareil, même lorsqu’il est démonté. Je repère rapidement le problème de contact entre l’écran et le reste du système de la petite machine. Un simple fil détaché par un petit caillou. D’un léger geste, j’époussette le caillou pour le retirer. Ensuite, j’attrape le fil sur le point de se rompre et le raccroche de son point d’attache original. Un petit sourire de satisfaction se dessine sur mon visage, tandis que je rassemble l’appareil, remettant chaque pièce à sa place, dans le bon ordre, suivant le schéma de conception du téléphone.

En quelques minutes, peut-être un peu moins d’une dizaine, je suis à la dernière pièce. Je reclippe la protection arrière du portable. Je le retourne, et appuie longuement sur le bouton de démarrage. L’écran s’allume parfaitement bien, affichant sa marque ainsi que son nom complet. Mais, les fissures gênent particulièrement la lecture de ce qui est écrit. Et la saisie n’est pas instantanée lorsque je tente d’appuyer sur les numéros à la demande du code PIN – que j’efface bien entendu après – et tends le portable à la ‘jaune impérial’. Cependant, celle-ci, quand elle récupère son bien, rétorque sur un ton légèrement froid, qui m’indique immédiatement qu’elle n’est pas satisfaite. Bien évidemment, qui le serait ? Je suis censé réparer tout, pas seulement une partie. Je prends un petit air peiné en observant la ‘jaune impérial’. Et, en réfléchissant, je me rappelle qu’il y a bien une boutique qui vend toutes sortes de choses non loin de l’école. Sauf que…


« … eh bien… si… ? Nous n’en avons pas d’autres ici… » Je secoue la souris et regarde l’heure sur l’écran de l’ordinateur qui s’était mis en veille. « Il y a bien un magasin que je connais à environ un quart d’heure de marche, mais j’aurais besoin que tu m’accompagnes… »

Le problème n’étant pas que je ne sache pas quelle vitre serait la plus adaptée pour son téléphone. Non, le problème est tout autre. Je remonte la manche de ma veste noire, puis la manche de ma chemise blanche pour dévoiler un bracelet en tissu zébré de lignes horizontales vertes et blanches. Mais j’attire surtout son attention sur la plaque du dessus. Un symbole rouge pharmaceutique est représenté, et gravé à côté, mon nom ainsi que mes problèmes médicaux : « concentration provoquant des troubles de la mémoire et des pertes de conscience » et d’un numéro de téléphone. Depuis que la police m’a retrouvé, une fois, en titubant dans la rue comme si j’étais bourré alors que j’étais juste victime d’un mal de tête énorme, celle-ci a conseillé à mes parents de me prendre un bracelet de ce genre.

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Lun 15 Jan - 1:56


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Les gestes du garçon étaient précis, il semblait savoir ce qu’il faisait. C’est du moins ce qu’Elizabeth se répétait en boucle dans sa tête tandis qu’elle le regardait désosser le pauvre petit objet, ce cœur artificiel qui était le sien. Une lueur d’horreur dans le regard, elle ne pouvait s’empêcher de compter les pièces qu’il détachait sans ménagement les unes des autres. Les poings serrés, camouflés par ses jupons immaculés, elle se retenait de toutes ses forces pour ne pas lui hurler dessus. Une chose l’aidait à rester à peu près calme : si le garçon se déconcentrait, elle serait bien incapable de remonter l’appareil elle-même. Alors elle prenait son mal en patience, maudissant intérieurement cet impur dont elle avait malheureusement besoin de l’aide.

Une fois le téléphone soigneusement décortiqué en petites pièces, il tritura quelque chose quelque part, à vrai dire la blonde ne voyait pas très bien et de toute façon ne comprendrait pas. Alors elle détourna les yeux, tandis que le remontage du petit engin s’engageait, et se mit à détailler ses ongles. Observation rapide, ils étaient parfaitement manucurés, comme à l’ordinaire, vernis d’une couleur dorée et irisée, assez longs pour être élégants mais pas trop pour ne pas la gêner lorsqu’elle faisait de l’équitation, bref, rien qui ne sorte de l’ordinaire. Alors elle se mit à détailler la pièce. Assez exigüe, du moins par rapport à celles du manoir dont la princesse à l’habitude, plutôt bien éclairée, meublée de tables où trônent des ordinateurs éteints, des caisses emplies de divers objets aux formes variées ou encore de ce qui semble être des objets électroniques servant à on ne savait quoi encore. Ce qui attira l’attention de l’héritière furent les caméras de surveillance vissées au plafond. Elle avait l’habitude d’en voir un peu partout chez elle, mais ici, dans cette petite pièce insignifiante de cette école, à quoi pouvaient-elles bien servir ?

Une moue interrogative sur le visage, l’Elvenlake lissa sa jupe du plat de sa main et tourna à nouveau les yeux vers l’impur, qui lui tendait son organe de circuits imprimés. Il était de nouveau allumé, mais la vitre présentait toujours un motif de toile d’araignée, très esthétique mais qui empêchait le bon fonctionnement de la machine. L’altesse ne put se départir d’un air sévère. Bien qu’il ait été rapide, cela n’avait aucun sens si elle n’était pas totalement satisfaite. A quoi bon être venue le voir s’il ne pouvait pas réellement régler son problème ? Car maintenant, c’était encore plus frustrant de tout avoir à porté de main sans pouvoir atteindre quoi que ce fût.

- … eh bien… si… ? Nous n’en avons pas d’autres ici… Il y a bien un magasin que je connais à environ un quart d’heure de marche, mais j’aurais besoin que tu m’accompagnes…

Encore cette voix fluette et hésitante qui donnait l’impression à Elizabeth qu’il ne savait pas ce qu’il faisait et qu’il allait se briser comme une statue de cristal. Plus elle l’entendait, plus son intonation l’horripilait. Ou alors était-ce ce qu’il disait. De plus, cet impur imprudent et ignorant se permettait de la tutoyer. Un mot de plus et elle ne répondait plus de rien. Tentant de garder son calme, elle analysa les paroles du moins qu’humain et ne put retenir un ricanement nerveux. Déjà qu’elle était forcée, contre son gré, de demander de l’aide à quelqu’un comme lui, elle allait en plus de cela devoir sortir et être aperçue en sa compagnie si elle voulait retrouver l’extension de son corps. Trop c’était trop.

Elle allait exploser et envoyer au diable cet énergumène lorsqu’elle remarqua ce qu’il était en train de faire. Ayant remonté ses manches, il lui désignait un bracelet particulièrement inesthétique qui ressemblait à un bracelet médical. Les yeux bleu cristal se tournèrent vers le plafond. Allons bon, en plus d’être impur, voilà qu’il se révélait être handicapé. La combinaison qui la faisait rêver depuis toute petite. Elle était exaspérée, fatiguée, mais il fallait bien qu’elle abdique. Doucement, elle soupira de résignation.

- Allons-y, de toute façon je n’ai pas le choix.

Se levant avec toute la grâce qui lui avait été accordée à la naissance, elle opéra un demi-tour parfait sur ses talons, faisant se soulever ses cheveux et ses jupons à l’unisson. Prenant le chemin de la sortie, elle laissa dans son sillage son odeur de fleurs sauvages qui détonnait avec cet antre lugubre de la robotique.  Sur son chemin, elle croisa évidemment ses admirateurs, qui ne purent s’empêcher de se presser contre elle, lui disant à quel point ils étaient inquiets de ne plus avoir de ses nouvelles et qu’elle leur manquait affreusement. À la dizaine de premiers, la princesse se força à adresser un sourire qu’elle tenta de faire paraitre sincère, tandis que dans le fond elle bouillonnait. Le visage fermé, elle finit par se frayer un chemin jusqu’à la sortie du bâtiment, où elle se retourna enfin pour vérifier que son boulet l’avait bien suivie.

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