Let the sky fall - FT Kira
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18/07/2017
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Date d'inscription : 18/07/2017

Jeu 2 Nov - 22:30


Kira & Nyx
"In the next world war
In a jack knifed juggernaut
I am born again
In the neon sign
Scrolling up and down
I am born again" Radiohead
Le silence résonnait lourdement alors que la mafieuse tentait tant bien que mal de se frayer un chemin entre les branches imposantes de la forêt. Seule sa montre, finement ornée, attestait de la continuité du temps. Tout était mort, ou du moins endormi depuis quelques mois. Il était impossible de distinguer le lit de feuilles mortes décimées par l’automne à moins de creuser : tout était immaculé d’un blanc pur. Quelques rares feuilles orangées ou noircies par le temps pendaient péniblement aux arbres, semblant paradoxalement s’accrocher à la vie. Ca et là gisaient quelques victuailles éventrées  laissées par des rongeurs pressés. Nyx était seule. Elle souffla dans ses gants, espérant retrouver un contact avec ses doigts engourdis, sachant qu’elle serait incapable de dégainer au moindre problème. Heureusement pour elle, rares étaient les personnes qui décidaient d’aller se promener en pleine forêt en plein mois de décembre.

La mafieuse avait par moment grandement envie qu’on la laisse tranquille. Bien que son travail ne lui déplaise pas -son caractère fort et son besoin constant d’activité correspondait totalement avec ce dernier- il lui arrivait d’avoir besoin de lever le pied. La fierté qu’elle éprouvait pour elle même lui interdisant toute sortie au bar ou aux putes, elle décidait régulièrement de partir là où on ne risquait pas de la trouver. C’était là un de ses rares moments de liberté. Drôle de pensée que celle d’imaginer qu’être patron vous laisse libre de vos choix. Par son rang, par ses responsabilités, elle ne pouvait jamais s’accorder quoique ce soit sans sentir le regard désapprobateur de ses congénères. Bien qu’elle ne laissait rien transparaître, Nyx passait son temps à se remettre en question. Peut être que le froid arriverait-il à endormir un peu trop ce cerveau en constante activité. Il lui arrivait par moment de se demander si la vie aurait été mieux autrement. Puis la réalité revenait, et elle se souvenait que dans la mafia, on ne refusait jamais un titre, et qu’elle revienne sur ses pas ou qu’elle continue d’avancer dans cette voie elle finirait de toute façon assassinée. Rester au pouvoir lui assurait une vie plus longue, il valait donc mieux rester à cette place ci. Dans tous les cas, Nyx commençait également à prendre goût au pouvoir, doux poison amer et pourtant addictif. Et à en voir celui qui tentant désespérément de lui prendre son rôle, elle constatait qu’il valait mieux que siège sur le trône celle qui avait été désignée par l’ancien parrain.

Jamais la rouquine ne s’était aventurée aussi loin. La forêt, compagne habituelle des nuits sans sommeil et des jours sans vie ne lui avait jamais montré cette face de son être. Peut être était-ce la proximité avec le bord de l’île qui rendait son sein si glacial. L’orée de la forêt semblait accueillante, voilà maintenant qu’elle semblait vouloir repousser tout intru. Mais Nyx n’était ici pas une intruse.
Ses pas la menèrent jusqu’à des lieux qui semblaient vierges de tout contact avec les êtres humains. Les branches dénudées laissaient passer la lumière froide d’un soleil timide tandis que le vent hurlait au loin. Les ronces entrelacées dans un maillage fin semblaient protéger un endroit secret. Nyx passa, non sans laisser des traces grotesques de son passage.

Face à elle se dessina un paysage au charme distant et à la douceur acidulée. Comparable à une clairière abandonnée par un des bras de la forêt le lieu était vide de vie. Nyx avait l’étrange sensation que le vide l’appelait. Invisible à cette distance il restait facilement devinable : le vert blanchi de l’herbe ensevelie s’arrêtait d’un coup sec, comme si le monde avait décidé de se séparer brutalement d’une partie de lui même devenue trop douloureuse.  Au loin, à l’horizon, se dessinait un brouillard opaque qui semblait vouloir avaler tous ceux qui s'approcheraient de trop près de lui. Une brise glaciale vint sussurer à la mafieuse de tourner les talons. Elle ne l’écouta pas.

Le regard de la jeune femme se tourna pour profiter plus amplement de ce panorama mystérieux. Ses yeux se posèrent sur des couleurs trop douces pour ce lieu. Il fallut quelques temps à Nyx pour identifier l’inconnue, connue de ses services comme faisait parti de l’élite secrète et dissimulée d’une partie des agents les plus performants de l’organisation. Elle se souvenait à peine de son nom ou de son prénom. La mafieuse décida de ne pas aller la voir, ayant la vague impression qu’un mot détruirait ce paysage inconnu. Cela ne contrastait en aucune manière avec son comportement habituel : la rouquine avait la sale réputation d’être hautaine et condescendante. Rares étaient les personnes qui s’étaient vu accorder le privilège d’une discussion.


Ses pas la menèrent alors dans une direction qu’elle estima assez loin, voire opposée à celle de l’autre jeune femme. Le destin semblait vouloir lui signifier que son rôle ne la quitterait jamais.
Nyx se retrouva alors non loin d’un homme se tenant droit, et surtout seul. Etait-ce la réunion des solitaires ?. Un mince sourire illumina faiblement le visage de la mafieuse. Peut-être que le vide attirait toutes les personnes cherchant à se perdre après tout.

La jeune femme s’avança vers l’homme sans trop savoir pourquoi. Lorsqu’elle arriva à son niveau il ne lui décrocha aucun regard et continua de parler seul, ou s’il y avait quelque chose Nyx ne percevait rien.

Cette dernière eut un mouvement de recul lorsqu’il porta les mains à sa bouche avec un objet inconnu. Fort heureusement ses doigts engourdis ne réussirent pas à attraper son arme, ce qui lui permis d’assister à un spectacle des plus étranges qui aurait été totalement différent si l’homme s’était retrouvé à terre. Le son qui sortit l’instrument fut sourd et Nyx fut tentée de porter les mains à ses oreilles. Son coeur manqua un battement alors qu’au fond de son être tout entier résonnait le son bas et chaleureux. Au loin des oiseaux certainement sortis d’un sommeil douloureux s’envolèrent effrayés par l’horrible bruit.  Nyx se demanda si les habitants de la ville l’avaient perçu aussi ou si ce coin d’Ariesten était aussi isolé qu’il en avait l’air.

D'effrayants blocs de glaces se retrouvèrent alors suspendus au dessus du vide dans un grondement peu rassurant, leurs extrémités basses étaient brutes et saillantes comme si elles avaient été violemment séparées du sol.  Des cristaux menaçaient de s’écraser dans l’inconnu, certains décidèrent de d’y plonger. Cette vision apocalyptique ne sembla pas effrayer l’homme qui s’avança sur son pont de fortune. Ce dernier semblait se solidifier à mesure que son propriétaire l’explorait. Les brisures blanches disparaissaient pour laisser place à une glace pure et transparente. Le tout semblait étonnamment stable et menait vers une île difficilement percevable bien que son immensité soit évidente. Au loin elle semblait se noyer dans un torrent glacial. Qui était cet homme et pourquoi choisissait-il d’y aller maintenant ? Nyx marqua un temps de pause, peu sûre de ce qu’elle allait ou voulait trouver dans ce lieu inconnu.



©️ ASHLING POUR EPICODE



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Invité
Sam 4 Nov - 17:59


L'île givrée

Mon ours en peluche se tourne vers moi, un air enjoué avant de m’aborder. Il voulait de nouveau me raconter une histoire, ou du moins de me la remémorer, même si je n’avais rien oublié de ce jour-là.

C’était une journée glacial, le vent avait balancé le peu de feuille qui tenait encore sur les arbres, et toi tu marchais. Enfin pour être plus exacte, tu luttais, luttais contre la brise qui s’était mise en opposition. Il t’arrivait même de reculer, au lieu d’avancer tellement son souffle était dévastateur. Il n’y avait pourtant pas de tempête, juste de la neige qui masquait les imperfections du paysage. Bien sûr, tu étais maline, et tu t’étais équipé en conséquence. Une tenue adéquate, plus précisément un manteau de fourrure que tu venais d’acheter, ainsi qu’un bonnet respectant les mêmes critères. Gris et blanc, doux comme un loup, il était théoriquement impossible pour toi de ressentir la froideur de l’air ambiant. Mais, tout ça n’était que théories, car au final tu frissonnais constamment. Tu regrettais l’été ou tu te plaignais de la chaleur, et surtout, les oiseaux chantant. Il n’y avait donc rien pour te combler dans cette zone incolore, donc pourquoi étais-tu venu ? Tout simplement car tu t’inquiétais pour ta chef Nyx. Même si sa considération pour toi, était proche du néant, toi tu l’affectionnais bien, et tu ne voulais pas qu’elle s’aventure seule dans ce lieu si dangereux. Alors, tu restais derrière, silencieuse, discrète, tel un assassin traquant sa proie. Même si on fond tu mourrais d’envie de te rapprocher d’elle pour sentir sa chaleur, et pour te permettre d’avancer sans peine.

Puis, ne tenant pas le rythme de ta supérieure, tu t’effondrais dans la neige, exténué. À bout de souffle, seule, si tu t’évanouissais ici, tu creusais ta tombe. Alors, tant bien que mal, tu restais éveillé, poussant sur tes bras pour te relever, et suivre les traces de ta protégée. Tu traînais tes pieds dans la neige, emporté par ton esprit reptilien. Tu n’étais sans doute pas la fille la plus courageuse, bien loin de là, mais ta force était ta détermination, et surtout tu ne voulais pas perdre quelque chose qui t’étais cher, car au fond sans elle, tu n’étais rien. Mais, tout ceci te rappelait des moments si sombres de ta vie. Marcher dans cette masse blanche, seule, dans cette ambiance triste, ça te rappelait quand tu étais gamine. Ce moment, ou tu étais perdu, ou tu vivais avec l’assassin de ton paternel. Tu avais fui dans la neige dans l’espoir qu’il ne te retrouve jamais, mais il t’avait finalement retrouvé et exercé son plaisir quotidien. À cette pensée, un long frisson de terreur te parcourait, heureusement que tu l’avais tué…

Mais, à cause de ce manque d’attention, tu croisais le regard de Nyx. C’était à ce moment-là, ou tu te disais que t’avais foiré. Maintenant elle savait que t’étais là, et vu sa réaction, elle ne l’appréciait guère. Tu pressais donc le pas, essayant de te mettre à sa hauteur. Sauf que tu n’avais prévu que le vide était si proche, et toi qui avais le vertige, tu étais servi. Alors, tu t’arrêtais, pétrifié, une mine effrayée. C’était si haut, on ne voyait même pas le fond, si encore il y en avait un. Après quelques minutes de terreur, tu réussissais enfin à te dégager, le cœur palpitant. Ton souffle était devenu bruyant, et ta tête te tournait, décidément, la contrainte que tu t’étais lancée n’était pas simple.

Après avoir passé de nombreuses épreuves, tu avais enfin réussi à rejoindre la rouquine. Tu posais tes mains sur tes genoux, pour te laisser le temps d’évacuer la fatigue avant de prendre une mine étonnée. Elle était seule avec un homme étrange, il avait l’air louche. Celui-ci portait un instrument à ces lèvres, et tu n’avais pas eu le temps d’agir pour faire reculer la rouquine, bien trop loin pour faire quoique ce soit. Tu tentais de hurler, mais ta voix se perdait dans le brouhaha qu’avait formé le solitaire. Tu fermais les yeux, non, tu ne voulais pas encore perdre quelqu’un qui t’étais cher. Mais à ton plus grand étonnement, l’homme n’avait pas pour but de tuer ta protégée, mais juste de construire un pont ? D’ailleurs, il s’empressait de marcher dessus. Il avait l’air confiant, et tu ne comprenais pas pourquoi il faisait une telle chose devant des inconnues.

« Nyx… Nyx, j’ai eu tellement peur pour vous… Cet homme à l’air vraiment bizarre, nous ferions mieux de le suivre, pour en apprendre plus, vous ne pensez pas ? »


Tu n’attendais pas la réponse de la rouquine, fonçant tête baissé sur le pont de glace, qui était étrangement solide. Mais, ce que tu n’avais pas prévu, c’était que ce fameux pont était transparent, et surtout très glissant. Alors, tu ne tardais pas à glisser sur la glace, pour finalement tomber au sol, et continuer à glisser, la tête la première. Tu avais été bien chanceuse que l’homme avait stoppé ta course sinon tu serais tombé dans le vide comme une débile. Tu essayais tant bien que mal de combattre ta peur du vide, pour te relever doucement.

« Merci… Je suis désolé, je suis un peu maladroite. »

Avais-tu dit la voix tremblante. Mais, l’homme ne t’adressait même pas un regard, trop concentrer à continuer sa route vers l’autre île. Tu le suivais donc sans broncher, mais en gonflant tout de même tes joues, il n’avait pas l’air méchant, mais pas trop sociable non plus. Puis à ton plus grand soulagement, tu arrivais sur la terre ferme. Tu poussais un cri de victoire, même si ce n’était pas vraiment un exploit. Cette mission n’était vraiment pas faite pour toi, et en plus tu perdais en crédibilité devant ta chef. Alors, tu changeais immédiatement de comportement, baissant ton regard sur le sol blafard.

« Désolé… »


Puis, tu te remettais en route, en suivant le solitaire, qui semblait vouloir nous montrer quelque chose. Néanmoins, les déplacements étaient encore plus rudes qu’à l’aller. Effectivement, la tempête faisait rage en ce lieu, et il n’était pas possible de voir à plus de quinze mètres. L’île avait l’air totalement gelé, et tu te demandais réellement pourquoi le magicien souhaitait s’y rendre. Pour ne pas te perdre, tu agrippais le manteau de l’inconnu, en ne le lâchant pas d’une semelle. Tes cheveux virevoltaient dans tous les sens, et tu t’enfonçais bientôt dans la neige. Tes mains, étaient couvertes d’engelure, et bien que ça te faisait souffrir, tu n’avais pas d’autre choix que de continuer.

C’était au bout de longues minutes de marche, que vous arriviez devant une maison. Enfin, si on pouvait appeler ça une maison, car elle ressemblait plus à un château dû à sa taille. Tu avais du mal à discerner la demeure correctement, et dans le doute tu préférais questionner ta chef.

« Ce lieu m’a l’air étrange, alors est-ce qu’on continu ou pas ? »


La réponse était plutôt évidente, rebroussée chemin serait de la folie. Mais tu préférais tout de même poser la question, pour savoir s’il avait peur, ou s’il elle doutait.

Fiche par Sánsa
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