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[Mission Halloween] Quand le passé resurgit feat. Ange I. Khayzon
Gardien Verseau
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Mar 7 Nov - 12:59

Quand le passé resurgit


« I'm coming for you ! »


Le jour se couche, je devrai allumer une lampe. Je vois presque plus rien, même plus mes mains qui plient encore et encore ces feuilles de papier. Aujourd’hui, je n’ai pas bougé d’un pouce de ma cellule au temple. Pas d’école, pas envie. Pas envie de sortir pour aller retrouver d’autres gens, pour faire semblant d’être ce que je ne suis pas, pour m’emmerder en leur compagnie. Le prof Sylvenar va sans doute me passer un savon pour ça, à défaut de pouvoir convoquer mes ‘parents’. Surtout qu’il avait prévu une espèce d’animation stupide d’Halloween. Comme si fabriquer des citrouilles en pâte à sel allait me donner une quelconque motivation pour quitter ma chambre ? Sûr, il se fout le doigt dans l’œil jusqu’au coude.

Je devrai vraiment allumer une lampe, je n’y vois plus rien. Mais j’ai beau n’y voir plus rien, je continue sans cesse à plier du papier. Une à une, les grues naissent entre mes mains trop petites. Et aussitôt créées, aussitôt elles s’écrasent au sol pour rejoindre des dizaines et des dizaines d’autre. Je n’ai plus à penser à ce que je fais, c’est devenu un véritable automatisme. Mais ça, tu le sais déjà, n’est-ce pas ? C’est toi qui m’a appris à plier le papier, à lui donner forme. C’est toi qui m’a appris cette coutume débile qui n’a pas le moindre sens. Sérieux... je ne suis même pas un être humain. Je suis une créature à moitié esprit qui s’est incarnée dans le corps d’un gamin selon le bon vouloir d’un dieu. Je devrai savoir que tous les porte-bonheurs, gri-gri et autres contes, ce n’est que du bullshit pour que les mortels se sentent mieux. Comme si plier du papier aller apporter quoique ce soit... comme si ça allait te ramener. Quel crétin. Je devrai juste laisser tomber, exactement comme tu m’as laissé seul à moisir sur ce caillou flottant, à réaliser un devoir pour lequel je ne suis pas taillé. Tu m’as laissé et je sais juste plus quoi foutre de ma vie. Crétin fini... A espérer qu’une morte revienne. Alors que je ne t’ai même jamais réellement parlé en plus. Pourquoi Verseau n’a pas pris exemple sur Poisson pour me donner un caillou à la place du cœur... ? Ça a bien marché pour ‘Fish’, j’suis sûr qu’il t’a déjà très largement oublié, lui. Et qu’il ne se fait pas chier tous les jours à créer des imbécillité pour remplir une coutume qui m’appartient même pas à ce monde !

... Mais non. Non. Je peux juste pas m’arrêter.

Je ne peux tellement pas m’arrêter que j’en plie les feuilles de cours du prof, le moindre prospectus et même ces interros pour attardés mentaux. Après, vu que j’ai beaucoup plus de connaissances que toute ma classe réunie, j’suis relativement tranquille. Plier du papier... C’est littéralement ma seule occupation du jour, si bien que j’en ai oublié de manger. J’avais pas faim de toute manière, et cette odeur de bouffe qui sortait des cuisines du temple m’a donné la nausée. Je sais bien que nous devons nous intégrer dans la société mais quand même... les plats préparés, ce n’est pas pour les chiens. Ça a au moins le mérite d’éviter d’empuantir tout le bâtiment. J’me demande bien lequel de mes ‘frères’ s’est trouvé une passion pour la cuisine, tiens....

Ah oui, c’est vrai.

J’en ai strictement rien à foutre.

Je devrai vraiment allumer la lumière... Dans un soupir, je fourre la grue de papier que je suis en train de plier dans ma poche et me lève de mon lit, direction la porte d’entrée. Stupide habitude dont j’arrive pas à me détacher. Ils n’auraient pas pu placer l’interrupteur ailleurs qu’à l’entrée ? Ils ne pensent pas à ceux qui n’ont pas la moindre raison de quitter les murs froids de leur cellule ? Sérieux... A qui je dois me plaindre pour ça ? Une chose est sûre, Verseau n’est vraiment pas un bon architecte, avec tout le respect que j’dois à mon cher ‘père’. Je m’apprête à appuyer sur l’interrupteur quand j’entends la voix de deux de mes frères de l’autre côté de la porte.  De quoi peuvent-ils bien parler... ? Un problème dans la forêt... ? Une brume étrange ? Quel intérêt. Ils n’ont pas une horde de bêtes furieuses qui y vivent que je sache. Est-ce que ces gens ne peuvent pas régler seul le moindre problème ? Bande d’assistés... ‘Fin, c’est grâce à leur manque de jugeotte que j’existe aussi.

C’est surtout à cause de leur putain d’égoïsme que t’as fini sous les roues de ce ‘dix tonnes’.

... quoi ?

Je sens mon cœur s’arrêter, à l’écoute de ces ragots que j’étais prêt à oublier dans la seconde. Sans même m’annoncer, j’ouvre la porte de ma chambre à grand coup de pied. Pour sûr, mes deux frères sont choqués et l’un des deux bondit même pour éviter de se prendre le coup en plein visage. Mais j’en ai rien à foutre. Rien à foutre de leur remarque. Rien à foutre de me faire engueuler. Rien à foutre de me faire traiter de gamin. Rien à foutre d’avoir manqué de faire sauter les gonds de ma porte.
Rien à foutre, je suis déjà loin d’eux et loin de tout ça.

Tout droit. Je dois y aller. Je dois y aller. Je dois aller dans cette forêt. Je dois voir ça. Je dois y aller. Une respiration, et je suis déjà hors du temple. Je cours ... ? Quand est-ce que je me suis mis à courir... ? Je m’en fous. Je dois y aller. La forêt m’attend.

Tu m’y attends.

************

Foutu corps de gamin. Foutue endurance proche de la grand-mère grabataire. J’suis pas capable de courir plus de dix minutes sans être hors d’haleine. Verseau doit bien se foutre de moi à l’heure actuelle tiens... Mais je m’en fous. J’y suis enfin. L’entrée de la forêt. J’y viens souvent, tu sais... J’essaie d’y retrouver un peu de ce paradis brulé que tu m’as montré sans arrêt. Mais ici, les arbres ne sont pas décharnés. Ils sont verts et pleins de vie... enfin, là, beaucoup moins, c’est l’automne et les feuilles tombent. Du coup... ouais, mon argument tient plus la route, mais tu m’as compris ! Ici, ce n’est pas là-bas. Ici, ce n’est pas chez moi. J’ai beau y venir souvent, je ne parviens pas à retrouver toutes ces sensations... l’air desséché qui brule la peau, la paysage de vie mêlé à celui de la mort, le village, le ruisseau...

La cascade.

Il n’y a rien de tout ça ici. Alors pourquoi y venir encore, surtout en pleine nuit ?
Je sais pourquoi... tu y es, non ? Tu dois forcément y être. C’est ce qu’ils ont dit. ‘Ceux qui entrent dans la forêt disent avoir vu des morts’. Alors tu dois y être.

Tu dois y être.

Mon souffle stabilisé, je m’enfonce dans la forêt. Il fait froid, j’aurai dû me couvrir plus. Mais je m’en fous. Je marche tout droit, ne cherchant même pas à suivre un quelconque chemin ou à essayer de me repérer. Bien vite, la brume m’entoure. Elle couvre mes pas Mais je m’en fous.

Je me fous de ne pas retrouver la sortie.

Temps que tu t’y trouves.


[Mission Halloween] Quand le passé resurgit feat. Ange I. Khayzon
Terrien
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Mer 8 Nov - 0:09

• Quand le passé ressurgit •

S’rieux. Quel ennui. J’déteste la nuit sur c’tte Île maudite. Ils dorment tous. ’Cune réactivité. C’quoi ces gens ennuyeux ? Vr’ment, j’m’emmerde. Qu’ils s’bougent un peu. Tsssk ! Dire qu’n’importe quel Terrien pourrait v’nir les tuer dans leur s’mmeil qu’ils n’s’en rendraient même pas compte. Bande d’inconscients. Fusionnés avec des paresseux. J’en ai marre. J’mais j’me suis autant ennuyé j’squ’à maint’nant. J’veux r’descendre. Être monté ici est la pire idée d’ma vie. J’pensais qu’ça s’rait un bon terrain d’jeu. J’me suis trompé. Lourd’ment. Agacé, je tends ma main vers un tas de cageots empilés dans un coin de l’entrepôt. Une explosion retentit, accompagné par le bruit du bois qui se craque et de la chute des fruits et légumes qu’il contenait. D’autres détonations résonnent à travers tout le hangar. L’une après l’autre, pratiquement en chaîne, jusqu’à ce qu’il ne reste que des confettis des caissons trempant dans le jus des aliments. V’là, j’ai fait l’ménage. Ç’défoule, mine d’rien.

Bon, c’t entrepôt est étouffant. J’me casse d’là. Trop étroit. Moi, j’suis quelqu’un d’libre. J’aime l’espace. J’reste juste là pour m’reposer p’fois. Et si j’me fais r’pérer, j’détruis l’bâtiment et j’m’échappe ailleurs. J’mais rester trop longtemps au même endroit. ’Fin, peu importe. Je récupère toutes mes affaires – en somme, mes bombes –, rattache ma cape par-dessus ma tenue et sors du bâtiment sans chercher à me cacher. Il n’y a pas l’ombre d’une personne à l’horizon dans ce coin reculé de la ville. Sans l’ombre d’une hésitation, je marche en direction du centre de la ville. Par rapport à lui, je ne vois pas extrêmement bien dans l’obscurité. Mais la lumière des lampadaires éclairant les ruelles sombres m’aide grandement, ce qui fait que j’arrive très vite dans le centre-ville. Y’a pas un chat. Genre vr’ment. Pas la silhouette d’un d’ces ennuyeux habitants. Tous des flemmards. J’pourrais presque ravager c’tte ville. Ils auraient pas l’temps d’lever le p’tit doigt. Quelle perte d’temps d’être v’nu sur c’tte Île.

Levant mon bras, la main grande ouverte en direction d’un mur, je concentre mon énergie pour provoquer une nouvelle explosion, laissant un simple trou sur la façade tandis que les gravas se répandent sur le sol. Eh oui, j’suis passé vous voir, c’tte nuit. Une p’tite signature d’mon passage. Histoire d’vous montrer qu’pendant qu’vous dormez, les méchants rodent autour d’chez vous. Un jour, j’détruirai l’entièreté d’votre ville, et vous pourrez rien faire d’autre qu’regarder. Je replonge mon bras sous ma longue cape blanche et bleue, avant de poursuivre ma route comme si de rien était. Je traverse la ville en ne prêtant aucune attention aux éventuels quelques habitants errants par ci ou par là. Ce qui est réciproque. J’arrive à la sortie de la ville et m’engouffre dans la forêt silencieuse. S’rieux, j’suis sûr qu’même c’tte forêt est plus intéressante qu’ces glandeurs.

Circulant dans la pénombre devenue plus forte avec le couvert des arbres, j’avance tranquillement assez au hasard. Je fais attention à où je mets les pieds. Je n’ai pas envie de salir mes vêtements d’un blanc éclatant. C’est pour cette raison que je vise soudainement une racine d’arbre traînant sur le sol terreux. Et une explosion résonne, puis une autre, et encore une autre. Jusqu’à ce qu’il ne reste rien de la racine, juste un tas de petits morceaux d’écorce. L’écho se répercute dans l’immensité de la forêt avant de se fondre à nouveau dans le silence. S’tanée racine. Elle g’nait mon ch’min. J’me d’mande jusqu’où s’étend c’tte forêt. Y’a des bestioles qui hululent. J’les entends, bien qu’ce soit assez faible.

Puis bon sang. J’m’ennuie tellement qu’je suis obligé d’venir m’occuper dans c’t endroit. Ouais là, c’tte forêt. En fait, elle craint. Y’a une odeur d’terre sèche. Pas comme si ça m’dérangeait, mais c’chiant quand même. S’rement à cause d’toutes ces feuilles mortes qui traînent sur l’sol. Quoi ? On est en quelle saison ? Qu’est-ce j’en sais, moi ? Elles sont pas toutes p’reilles ? J’sais même pas quel jour on est. Et franch’ment, j’m’en tape. Par contre, c’quoi c’brouillard qui sort d’nulle part ? D’jà qu’il f’sait sombre, si la brume s’ajoute, ç’va encore plus m’saouler. P’naise. B’soir la visibilité. Par pur instinct, j’étends mes mains à des angles pour réagir plus vite en cas d’attaque, complètement sur mes gardes, et tous les sens éveillés. Tsss, s’ils pensent pouvoir m’faire peur, ils s’foutent l’doigt dans l’œil. Au milieu du brouillard, j’aperçois une silhouette plutôt petite, alors je m’avance vers elle, les yeux plissés pour découvrir… un gosse.


« Hey gamin, qu’est-ce t’fous là ? T’dors pas comme tous c’miséreux habitants ? »

Eh bien, s’il m’avait pas entendu arriver, maint’nant, c’fait. J’le connais pas, j’l’ai jamais vu. Non qu’je retienne vr’ment les gens qu’j’vois sur c’tte Île. J’l’ai abordé sans prév’nir. Et au vu d’mes mots – et d’ma façon d’parler –, c’gamin devrait vite d’viner qu’je suis un Terrien. Mais rien à faire. Qu’est-ce qu’il— Une voix profonde, étrange, qui semble en mêler plusieurs en une seule me parvient alors brusquement à travers un mot. Un seul. Un nom. Et à ce nom, je me fige littéralement sur place, et un maigre sourire vient se dessiner sur mes lèvres.

« Isidore… »

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Lun 13 Nov - 0:22

Quand le passé resurgit


« You're here ! I know it !»


J’ai froid... Shit, ce que je peux avoir froid. Je frissonne complètement maintenant que je ne cours plus. Pourquoi je suis sorti sans rien emporter ? Le froid, c’est vraiment relativement nouveau pour moi. Là-bas... là-bas, je n’avais jamais froid. C’était même le contraire. Dans le bout de terrain coincé entre du bois sec et une paroi quasi à pic, il faisait surchauffé en permanence. C’est même à se demander comment ce cours d’eau pouvait survivre... Mais là encore, ce ne sont que tes perceptions de cet endroit. Bien sûr... Bien sûr que je suis au courant que je n’ai jamais été sur Terre. Pire, que l’endroit que tu m’as montré n’est peut-être même pas proche de la réalité mais... mais c’est plus fort que moi. Tu m’as bien eu... Tu m’as emmené, tout gardien complètement vierge et blanc que j’étais. Tu m’as emmené, modelé selon son bon plaisir, pour mieux me jeter dans un enfer sans fin. Tout ça pour quoi ? Tout ça pour rien. Rien du tout. Tu m’as donné un nom, une existence et même une personnalité pour mieux me graver l’enfer de ta mort à l’âme. Encore, encore et encore. Dès que je ferme les yeux, je revois toute la scène, comme si elle datait d’hier. Et le pire, c’est qu’elle date quasi d’hier pour moi.
J’ai pas six mois et j’ai déjà plus la moindre raison de rester sur cette Île.

Et please, qu’on ne me parle pas de ce foutu devoir. Aucune chance qu’on me laisse aider qui que ce soit avec un corps pareil. Sans compter que j’en ai pas la moindre envie.
Juste l’amère obligation.

La forêt en pleine nuit et en pleine brume, ça n’a rien à voir avec ma cellule chauffée au temple. Ça n’a même rien à voir avec le paysage en journée. Je peux pourtant dire que je connais assez bien le coin, malgré que je n’y vienne que depuis quelques semaines maximums... gardien oblige, forcément, je ne peux pas dire que j’ai toute la cartographique de l’endroit en tête. Sérieux... en vrai, je crois que je suis déjà perdu. J’aurai juré me diriger vers une espèce de semblant de clairière mais... ouais... c’est bien ça. Je m’arrête au milieu du chemin, observant les alentours immédiats. Ça fait trois fois que je passe devant ce tronc à moitié pourri. Et ça, ce sont mes traces de pas. Je ne vois strictement rien dans cette purée de pois... à chaque pas que je fais l’air lourd de blanc se referme derrière moi et ne s’ouvre que lorsque j’avance. Impossible pour moi de comprendre quelle est ma direction.

Je suis perdu. Complètement perdu.

Je suis perdu dans une forêt en pleine nuit où j’ai foncé sans le dire à personne persuadé qu’une malédiction allait me ramener une terrienne morte et enterrée avec qui j’ai discuté qu’en rêve et dans ma tête.

Tout va bien chez moi.

Une nouvelle fois, je frissonne et tente vainement de me réchauffer et frottant plus ou moins énergiquement mes bras. Mais que dalle, ça marche juste pas. Pour sûr, je vais me taper une pneumonie en rentrant, si je crève pas avant de froid. Ou d’ennui. Ou de non envie de rentrer aussi. Pas comme si quelqu’un allait se soucier de ne pas me voir revenir de toute façon. Sans grande conviction, je reprends ma marche, après avoir pris soin de rabattre ma capuche sur ma tête. C’est toujours ça de pris, au final. C’est ce que je voulais, non ? Venir me perdre dans la forêt dans l’espoir de te retrouver... Eh bien, c’est gagné. Je suis perdu, tu peux sortir maintenant. Tu peux revenir me voir avec ton grand sourire pour lequel j’ai tout abandonné. Tu peux revenir me voir en voletant gracieusement, juste pour me montrer une fois encore tes progrès en vol. Tu peux revenir en riant, en m’expliquant pour la centième comment tu fais pour plier toutes ces feuilles de papier.

« Tu me peux revenir maintenant... s’il te plait. »

Ai-je réellement soufflé ça à voix haute ? Surpris par moi-même, je secoue doucement la tête. Sérieux Myles, reprend toi. Tu enchaines conneries sur conneries et celle-ci pourrait bien être ta dernière si tu continues à tourner en rond sans but. Je suis sûr que je peux me diriger vers le lac sans même m’en--... Une explosion retentit soudain. Si soudainement que je sursaute, tentant par réflexe de trouver la source de ce vacarme. Une seconde, puis une troisième s’élève. Wait... Quoi ? Qui s’amuse à faire exploser des trucs dans cette foret en pleine nuit ? Il y a quelqu’un d’autre que moi ici ? Sur le qui-vive, je m’attends à... à... je sais pas quoi mais je me prépare au pire. Quoi que le pire, je l’ai déjà vécu. Une bonne centaine de fois.

Et... plus rien. Les minutes passent et aucune autre explosion.

Pitié... me dites pas que je commence à halluciner des trucs. Je sais que ça fait un moment que j’ai pas été dans le monde des rêves mais quand même. Je sais que si on n’utilise pas nos pouvoirs, nous autres gardiens, on risque gros. Mais je n’ai pas la moindre idée du contre-coup du mien. Et si c’était... ramener des hallucinations ? Un peu comme ramener des morceaux de l’autre monde dans celui-ci... sauf qu’on serait les seuls à les voir, comme d’habitude. Shit, shit, shit... J’en sais fichtre rien. Et je parie qu’aucun de mes frères ne s’est risqué à essayer de savoir ça. C’est vraiment pas le bon moment pour que mon corps déconne et commence à me lâcher. Je dois encore te trouver ! Même si y’a une chance pour cent million que cette malédiction soit bien réelle et pas une invention des habitants de cette île pour se faire peur, je dois essayer !

Hm... Plus rien...Oh, attends... ce sont... des bruits de pas ? Réels j’espère. Et ils se rapprochent ? Y’a vraiment quelqu’un d’autre ici ? Qui ça...— ?

Qu’est-ce que c’est que ces fringues ?

Je crois que j’ai jamais vu ça de ma vie. Un ado habillé complètement en blanc vient de sortir de la brume comme si de rien n’était. Pas effrayé pour un sou le type. Un costume tout blanc, une cape blanche... Le seul point de couleur chez ce type, c’est son visage en fait. Et... what ? Est-ce que ce sont des bombes qu’il a accroché à sa ceinture ? C’est lui les explosions de tout à l’heure ? ça y est, c’est officiel, j’hallucine parce que j’ai pas squatté assez de rêves ces dernières semaines. Verseau doit avoir sa claque de moi et me rappelle à lui.

Si seulement c’était vrai... Je ne me torturerai plus de ta non-présence.

...Même si ça n’explique pas pourquoi j’hallucinerai un poseur de bombe habillé en pervers du dimanche... Il ne sait pas que c’est genre seulement les gens louches qui s’habille tout en blanc ? Je ne l’ai jamais vu sur l’île... mais vu que je sors jamais de ma cellule ou de ma routine, ça ne m’étonne même pas. Mais il arbore un air... j’arrive pas à m’expliquer. Je ne m’attendais tellement pas à voir quelqu’un dans son genre arriver que je ne trouve rien de mieux à faire que de le regarder... Jusqu’à qu’il prenne la parole et brise totalement l’instant. Tch. Sale C*n. A peine deux mots et je sais déjà dans quelle catégorie le placer. Encore un qui ne va que me juger sur mon physique. Physique que je n’ai pas choisi et que je subis bien malgré moi. Comme si c’était déjà pas assez pénible d’entendre toujours ces mêmes remarques encore et encore de la part de mes frères. Même si j’ai eu toutes les peines du monde à le comprendre... c’est fou ce qu’il peut avoir un accent étrange... Vraiment très étrange. Je n’ai pas l’impression de l’avoir déjà entendu et pourtant... pourtant, il m’est assez familier. Où est-ce que j’ai bien pu entendre un accent pareil ?

Je serre les dents, prêt à faire cingler ma réponse à cet idiot, quand de multiples voix s’élèvent. Je regarde autour de moi, m’attendant à voir débarquer d’autres personnes... mais rien. Il n’y a que nous deux, et les voix qui répètent encore et encore un seul et même nom.

Isidore.

Et vu la tronche que tire l’adolescent en blanc, je peux dire que ça lui est destiné. Nom étrange pour gars étrange je suppose.

... La malédiction de la forêt ? Maintenant ? Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi lui ? Wait... Donc, elle est bien réelle cette malédiction ! Ce n’est pas qu’une rumeur ! Donc... Donc ces voix appartiennent à des gens qu’il a perdu ? C’est... c’est qu’il y en a un paquet mine de rien. Il a perdu autant de monde ? Heh... c’est pas cool... Même s’il reste un sale c*n.

« Va te faire, ‘Isidore’. » J’insiste bien sur ce mot qui a l’air d’être son nom. Avec de la chance, c’est même une insulte que je ne connais pas. « T’as pas l’air d’en mener bien large... des amis à toi peut-être ? »

Les voix d’outre-tombe ne cessent pas. Pire, elles s’amplifient, encore et encore... comme si elles se rapprochaient de nous, de tous les côtés à la fois ! J’ai vu beaucoup d’horreur dans ma courte vie, assez pour en remplir au moins deux ou trois, mais, j’avoue que c’est tout sauf rassurant... Surtout lorsqu’aux voix, s’ajoutent d’autres bruits, ceux de pas lents qui se trainent sur un sol meuble. Par reflexe, et sans doute à cause d’un reste d’instinct de conservation, je préfère me rapprocher du pervers en blanc plutôt que de risquer... l’inconnu. S’il est bardé d’explosif, c’est qu’il sait s’en servir je suppose. Je sais pas ce qui approche, mais ça ne me dit rien qui vaille.

« J’espère que tes morts sont moins zarb’ que toi. »

Qu’est-ce que c’est que ça... ? Dans la brume, je crois distinguer des formes... des formes humaines. Elles se déplacent plutôt lentement, c’est très étrange. Je suis pratiquement sûr que le mot qu’on entend proviennent de... de quoi que soit ces choses. Avec cette purée de pois, j’arrive pas à les voir clairement... je peux juste remarquer qu’elles nous encerclent maintenant. Mais j’ai beau scruter ces formes, je n’en vois aucune qui te ressemblent... Certes, elles sont assez petites, mais aucune n’a ta silhouette... Bordel... Rosalyn, mais t’es où ?! Tu vois pas que je suis là ?! Tu vois pas que je t’attends ! T’as pas intérêt à me laisser tomber une nouvelle fois !

« Myles... »

Là ! C’est ça ! Cette voix au milieu des autres ! Ce nom que tu m’as donné ! C’est ta voix ! C’est toi ! Cette foutue malédiction fonctionne vraiment ! Partout, je regarde partout autour de moi, à la recherche de la moindre forme qui pourrait de près ou de loin te ressembler ! Tu m’as appelé et maintenant, je suis là.

Je suis enfin là, avec toi !

Je t’en prie, montre-toi !

« Rosalyn ?! » Je ne parle pas, je crie, ce qui est très rare. Il faut bien ça pour surpasser les morts de l’autre. « Où es-tu ?! J’te vois pas ! »

Je me fous d’être encerclé par des trucs étrange.

Je me fous de devoir me taper la présence de l’autre c*n.

Je me fous bien de crever d’hypothermie tout seul dans une forêt et entouré d’hallucination.

Tu es là.

Tu es là, avec moi.

Le reste n’a plus d’importance.


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Terrien
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Lun 20 Nov - 15:20

• Quand le passé ressurgit •

‘Isidore’. Y’a clair’ment pas trente-six mille p’sonnes qu’connaissent c’nom. ’Core moins sur c’tte Île ennuyeuse. ’S ont pas b’soin d’savoir. J’aime, et j’déteste c’surnom. C’qu’un antécédent sans importance. Et en mêm’temps si imposant dans mes s’venirs. J’l’adore et j’le hais. Ét’nel paradoxe. Mais d’sormais, seul l’nom d’Ange résonn’ra. Et il s’ra immédiat’ment associé au t’rroriste aux bombes. R’dicule surnom qu’la milice m’a d’nné, t’jours plus appréciable qu’Isidore. ‘Isidore’. Les voix n’disparaissent pas. Elles pou’suivent leur appel. J’leur r’ponds pas. P’quoi faire si elles savent d’jà qu’j’suis là ? J’toujours raffolé des histoires d’fantômes. C’bien connu. Tsssk. S’rieus’ment. F’nalement, c’tte Île ’berge des trucs intéressants. J’crois qu’le gamin a entendu les voix ’ssi, donc c’pas juste mon imagination. Bon à savoir qu’j’suis pas fou.

Préservant mon faible sourire, je me ressaisis tout de même et me tourne vers la provenance des voix. Enfin, difficile à dire d’où elles viennent exactement, tellement elles semblent se répercuter dans l’ensemble de la forêt. Elles me parviennent de partout à la fois. Je les écoute simplement. Mon esprit se vide. Il se vide pour mieux entendre les voix distinctement. ‘Isidore’. ’Manqu’rait plus qu’elles s’mettent à chanter. Ça s’rait bien l’gubre. ’Puis non. J’veux pas qu’elles chantent. Ç’va m’casser les oreilles. Y’en a dix. Dix voix f’minines et masc’lines. J’peux même c’ter leur nom. J’les ai r’connues. J’sais à qui elles app’tiennent. ‘Nestor’, ‘Hector’, ‘Igor’, ‘Dior’, ‘Gregor’, ‘Viktor’, ‘Clifford’, ‘Nador’, ‘Ténor’ et ‘Condor’. Ouais, c’eux. Les g’rants d’cet orph’linat avaient d’drôles d’jeux. Une sorte d’classification d’arrivée. D’ce fait, on s’retrouvait s’vent ensemble.

La voix du gamin aux cheveux bruns interrompt le fil de mes pensées en osant utiliser le surnom par lequel les voix m’ont appelé. ‘Isidore’. Mon sourire s’efface, sans laisser de trace d’une quelconque existence auparavant. Mon énergie magique s’active, parcourant mon corps tels de petits picotements incessants venant s’agglutiner dans mes mains jusqu’à l’extrémité de mes doigts. Des petits picotements semblables à des explosions miniatures. Aucun mot, aucune indication, aucune aura n’indique sa prochaine activation. Le gamin poursuit, inconscient du danger. Il a pas peur. C’rare, j’dois dire. R’pondre comme ça à un T’rrien. P’t-être qu’il a pas compris qu’j’en étais un. S’non, il est int’ressant. Mais j’cherche pas à savoir s’il l’a compris ou non. Les picotements dans mes mains se font de plus en plus forts jusqu’à ce qu’une explosion retentisse, et qu’une partie du sol terreux se rompt en plusieurs petits morceaux, ne laissant qu’un léger trou à l’endroit visé. En somme, aux pieds du gamin.


« T’f’rais mieux d’oublier c’nom. Moi, c’Ange. »

Quelle ironie d’sort. S’app’ler Ange quand on est un t’rroriste. ’Fin, j’suppose qu’ma mère pouvait pas l’deviner. Ceci dit, j’rêve ou l’brouillard semble s’épaissir ? B’sang, d’jà qu’j’voyais quasi’ rien dans c’tte forêt, si en plus, l’brouillard d’cide d’devenir complèt’ment blanc, ç’va pas aider. ‘Isidore’. Et j’ai envie d’faire taire ces voix, occasio’. Elles m’tapent sur les nerfs. ’Puis des fantômes, ç’peut vr’ment marcher ? Ç’flotte pas, d’hab’ ? Autour de moi, l’épais brouillard se divise en une dizaine de silhouettes. Elles se dirigent vers moi – nous ? – lentement, comme si elles traînaient d’énormes poids derrière elles. Même sans pouvoir les distinguer précisément, leurs voix, jusqu’alors combinées en une seule, se détachent plus clairement, me permettant de deviner qui est chaque ombre blanche.

D’fantôme, les voix sont d’venues zombies. G’nial, j’adore encore plus les zombies. ’Manque plus qu’ils tendent leurs bras en ’vant, ça s’ra parfait. C’bien comme ça qu’les zombies s’déplacent, non ? J’en sais rien, j’ai lu ça dans les livres qu’j’ai jamais lus. P’t-être qu’c’qu’une image qu’les gens ont des zombies, au f’nal. Image qui s’transmet d’génération en gén’ration. Le petit brun se rapproche de moi. J’sais pas c’qu’il espère, mais s’il pense qu’j’vais l’protéger, il s’trompe lourd’ment. Malheureusement, par son acte, je ne peux m’empêcher de me souvenir de ces quelques fois où ‘Ténor’ et ‘Nestor’ se cachaient derrière moi ou lui, parce qu’ils étaient terrifiés par le champ de bataille. Sauf qu’c’était pas sans conséquence après. Malgré tout, j’leur en veux pas. ’Puis, d’toute façon, s’ils font partis d’mes morts – comme dit l’gamin – alors j’peux plus rien faire pour eux.

En tout cas, mes morts m’encerclent – nous encerclent ? – maint’nant. J’les observe l’un ’près l’autre. ’S ont pas changé d’la d’nière fois qu’j’les ai vus. J’suppose qu’ça prouve qu’sont bien morts. ’Fin, j’le savais pour c’tains, mais pour d’autres, c’t’une découverte. Un faible sourire revient se dessiner sur mes lèvres. J’devrais pas être triste ? Ou d’solé ? Probabl’ment qu’si. P’t-être qu’j’le suis, que’que part. J’sais pas. C’bête. ’S ont pas été assez forts pour su’vivre. C’t ainsi. J’l’ai d’jà accepté. Pa’ce que m’ap’toyer sur leur sort les ramèn’ra pas. C’était tuer ou être tué. ’S en étaient conscients. Donc p’quoi ils s’montrent à moi ? Une nouvelle voix s’ajoute dans le tumulte. Une voix féminine, profonde et lointaine prononçant un mot différent : ‘Myles’. Et le gamin à côté de moi commence à s’agiter à ce mot.

Les autres silhouettes blanchâtres sortent peu à peu du brouillard, devenant plus distinctes. Je les vois plus nettement. Les zombies se rapprochent. Le cercle se restreint lentement. Le gamin n’y prête aucune attention. Il est trop concentré sur une certaine ‘Rosalyn’. Quant à moi, mon sourire s’élargit. Mon esprit change le paysage forestier par l’un des champs de bataille du passé. Un champ de bataille au plan désertique, sans arbre, ni source d’eau, ni rocher. Juste un terrain vague où le soleil de plomb frappe le sol toute la journée. Juste un terrain vague où une poussière rougeâtre se soulève du sol à cause des affrontements et vient assécher la gorge. Mon domaine. Et j’me laiss’rai pas battre sur mon t’rrain.

D’moins, si c’gamin pouvait être aut’e chose qu’un poids, ç’m’arrangerait aussi. L’un des zombies se jette brusquement sur le côté du gamin, la gueule ouverte et les bras tendus devant lui. Tsssk. Sal’té d’gamin imprudent. Instinctivement, l’énergie crépite dans ma main. Je la lève vers le zombie, visant son estomac. Dés’lé, mais j’suis pas dés’lé, ‘Igor’. L’explosion retentit dans l’air, heurtant et repoussant instantanément le zombie. Les zombies s’écartent de la zone de chute d’‘Igor’. D’ac’. ’Plus, ’sont solides. ’Cune caractéristique comme celles des fantômes. T’jours pratique. Mais cette réplique n’a pas fait reculer les zombies. Ils continuent d’avancer comme si de rien était. Même ‘Igor’ se relève et revient déjà à la charge. Magn’fique. Comment j’dois m’déb’rrasser d’ces trucs ?


« Mylor ! D’gage d’là ! »

Ou que’que soit l’nom d’gamin, j’m’en tape. J’veux juste qu’il reste pas dans mes pattes. J’déteste c’gosse. Il m’rappelle trop ‘Ténor’ et ‘Nestor’. Ces choses sont arr’vées en mêm’temps qu’ce brouillard. ’Faut-il qu’je trouve l’manipulateur ? Où peut-il s’cacher ? J’vois rien au-d’là d’cercle d’zombies. D’ailleurs, un autre d’entre eux bondit sur moi, cette fois. ‘Viktor’. Je le repousse à l’aide d’une nouvelle détonation. Heh. J’espère pas qu’ils d’viennent plus rés’tants à chaque attaque, s’non ç’va m’saouler. Mais, tout d’un coup, l’ensemble des zombies s’arrête. Ils ne bougent plus, ils ne parlent plus. Je n’peux dire combien d’temps il s’est écoulé dans l’silence l’plus total. Jusqu’à ce que le cercle s’ouvre pour laisser passer un… une nouvelle zombie. Malgré la clarté de mes souvenirs, cette fille ne me dit rien. Peut-être la fameuse ‘Rosalyn’ du gamin ?

C’pendant, son entrée m’indique rien d’bon à v’nir. Au contraire. J’sens plutôt d’gros ennuis approcher. ’Faut bouger d’là, et vite. ’Faut trouver l’manipulateur d’la brume. Sauf que le cercle s’est refermé. Je porte la main à ma ceinture pour décrocher l’une de mes bombes, prêt à employer la manière forte pour sortir de ce traquenard. Pour remp’ter une bataille, ’faut p’fois prendre la fuite, afin d’trouver une m’lleure approche. Merci à toi.


« Ok Mylor, on bouge d’là. ’Faut trouver l’manipulateur d’c’brouillard. »

[Mission Halloween] Quand le passé resurgit feat. Ange I. Khayzon
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Sam 2 Déc - 0:35

Quand le passé resurgit


« You're here. Nothing else matters. »


Je ne parle pas, je crie.

Je ne crie pas, je hurle.

Je hurle à m’en arracher les cordes vocales. Encore, encore et encore. Je hurle ton nom, fort, trop fort, quitte à me rompre la voix. Quitte à l’éclater, quitte à éclater ma cage thoracique, quitte à vider mes poumons. C’est eux... ils me bloquent la vue, ils me bloquent le passage, ils me bloquent ta venue. Je suis forcé d’élever le ton pour que tu puisses m’entendre. Parce que... Parce que tu es là, n’est-ce pas ? Je le sais. Je t’en entendu ! Tu l’as dit... tu l’as dit... ! Exactement comme avant, exactement avec ce timbre, exactement avec cette intonation, exactement avec ce grain. Tu l’as dit... ! Ce nom que tu m’as gravé au fer rouge à l’âme. Ce mot qui m’a façonné.

« Myles »

Encore... encore une fois ! Juste une dernière fois... Cinq petites lettres sorties de nulle part. Cinq petites lettres qui chantent quand tu les prononces. Cinq petites lettres qui ont été le commencement, l’instant où j’ai véritablement pris conscience que j’existais.
Tu m’as tout donné.

Une identité, une personnalité, un but, un pourquoi, un comment.

Tu m’as tout donné et tu m’as tout repris.

Je ne me souviens même pas de la dernière fois que j’ai hurlé aussi fort. Pas ici, pas dans le monde réel. Je n’ai jamais hurlé dans ce monde-ci. Dans celui des rêves, celui où nous nous retrouvions, j’ai hurlé, trop hurlé. Hurlé de douleur, hurlé de tristesse, hurlé d’horreur, hurlé d’incompréhension. J’ai hurlé à m’en briser l’essence, à m’en briser l’âme, à m’en briser le cœur. Juste quelques membres désaxés et je n’ai jamais pu m’empêcher de hurler. Jusque cet instant. Tu t’en souviens ? Bien sûr que tu t’en souviens, tu dois forcément t’en souvenir... ! C’est quelque chose entre toi et moi. Ce moment de trop plein, ce moment où je n’ai plus pu supporter ce spectacle. Ce moment où j’ai abandonné, tout abandonné. Ce dernier coup de folie qui a précipité ta fin. Et la mienne aussi.

J’ai failli en mourir.

J’aurai préféré en mourir.

Pourquoi n’en suis-je pas mort ?

Peut-être qu’en refusant d’entrer dans les rêves de qui que ce soit, je cherche juste à en finir ? Je n’ai pas le courage d’user d’une méthode plus efficace.

Je n’ai pas le moindre courage, mais ça, tu le sais. Bien sûr que tu le sais.

Je suis tel que tu m’as modelé.

Ces silhouettes sont si pressantes. Elles nous encerclent. Elles m’empêchent de te trouver, de te localiser, de te retrouver. Je dois te retrouver. Je dois te voir. Une dernière fois. Une seule fois. Plus rien... Plus rien d’autres n’a d’importance. Rien n’a jamais eu d’importance en dehors de toi. Une à une, les silhouettes crèvent l’épais voile blanc. Aucune... Aucun d’eux ne te ressemble de près ou de loin. Aucun d’eux m’appartiennent...

Quoi que soit ces choses.

J’en sais rien. J’en sais fichtre rien du tout. Toutes ces silhouettes étaient... qu’est-ce que c’est... ? Je n’ai même pas envie d’y réfléchir, mais sans cesse, ma logique implacable s’impose à mon esprit. Des corps... qui marchent ? Ces gens... sont clairement morts. Décomposés, ça explique pourquoi ils sont si lents, pourquoi ils n’articulent pas. Ça explique les dires de mes frères au temple. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi ils sont tous si... jeunes. Tous, tous semblent avoir plus ou moins ma stature. Vu que je n’en reconnais aucun, j’en conclus que mon hypothèse était correcte. Ce sont les morts de l’autre freak en blanc -Ange, je crois ? Heh, ‘s’appelle pas Isidore ? Des morts revenus pour le hanter... ? Ils ne semblent pas très...amicaux, non ?

En fait, j’en ai rien à foutre.

Je ne veux pas y penser, je ne veux pas les voir, je ne veux pas. Je ne veux que toi. Je ne suis venu que pour toi. Toi et encore toi. Il n’a toujours été que question de toi.

Est-ce que toi aussi, tu auras cette apparence étrange et décomposée ?

Je m’en fiche.

Quelque ce soit ton apparence, je suis venu pour toi. Pour te voir. Pour te retrouver.

Rien d’autre n’a d’importance en cet instant.

Pas même ce froid qui me perce les os. Pas même l’un de ces cadavres qui s’apprête à se jeter sur moi. Pas même le fracas des explosions qui envoient valser l’un ou l’autre être plus loin. Pas même la mise en garde du pervers du dimanche.

Je m’en fous.

Je te cherche, frénétique, fanatique.

Je te cherche au milieu de ce qui ressemble de plus en plus à un champ de bataille.

Mais j’ai beau dévisager chaque recoin de la forêt, hurler à pleins poumon ton nom, je ne parviens pas encore à te trouver. Pourtant... Pourtant, tu es là ! Tu es la ! Alors, montres-toi ! Ne me laisses plus et montres-toi ! Je t’en prie ! Je t’en...

... Silence.

Soudainement, le calme tombe. Comme une chape de plomb au-dessus de nos têtes. Tout son a été happé par le néant, pas même le craquement ignoble des corps m’entourant ne se fait entendre. Tous, tous se sont stoppés, même le pervers. Tout est silence, stoppé dans une seconde qui ne semble jamais s’écouler. Ça me rappelle... tellement, tellement d’instants. La plénitude d’un instant suspendu... j’en ai vécu tellement en ta compagnie... des bons, parfois... puis des horribles, souvent. Un engrenage sans fin de carnage. Lequel de ces instants as-tu décidé de me montrer ? Car c’est toi, n’est-ce pas ? C’est toi qui fait s’écarter ces monstres. C’est toi qui les a fait se taire dans un fracas blanc. Un écart se forme dans la masse compacte de la chair en décomposition. Je retiens mon souffle, à deux doigts d’imploser en plein vol. Cette seconde me tue, comme toutes ces autres secondes t’ont tuée jadis. Une onzième silhouette crève l’écran opaque. D’abord floue, ses contours se dessinent. Menue, fine, frêle. Je reconnais... Même sans te voir complètement, je te reconnais. La douceur de ces mouvements qui ne sont pourtant que saccades grotesques. La grâce du tracé de tes ailes qui papillonnent dans l’air. Une moitié seulement rempli son rôle d’ornement de ta personne, l’autre pendant mollement, manquant à chaque instant de s’arracher.

Tu es comme eux, n’est-ce pas ?

Un cadavre.

Tu éclates enfin le voile qui nous sépare et mon être entier se fige, coincé entre l’horreur, la familiarité et le soulagement.

Tu es bien un cadavre. Un cadavre aux membres désaxés qui se traine avec difficulté.

Si... familier. À croire que ce camion vient à peine de te heurter.

Je le sais pourtant. Je le savais. J’en ai l’habitude, la douloureuse habitude de te voir ainsi. Je ne peux pas oublier, je ne pourrai jamais oublier ces moments que nous avons vécu encore, encore, encore, encore, encore, encore et encore. J’en ai l’habitude.

Alors pourquoi je ne parviens pas à m’empêcher de plaquer ma main sur ma bouche ?

Pourquoi je suis à deux doigts de rendre la bile qui digère mon estomac ?

L’odeur. C’est la même. L’odeur de sang à la fois pourri et séché. L’odeur de la chair brulée au soleil, trainée sur plusieurs mètres de distance. L’odeur n’a pas changé, elle ne changera jamais. La première fois, j’en ai vomi. Deux fois, même. Mais cette fois-ci, je n’ai plus rien à rendre. Simplement parce que je n’ai plus le moindre intérêt de manger.

« Myles...»

Mais cette voix d’outre-tombe est la tienne. Les os brisés sont les tiens. Ces chairs vertes sont les tiennes. Ces ailes délavées et fracassées sont les tiennes. Cette silhouette de poupée désaxée est la tienne.

Tu es ici.

Tu es ici, avec moi.

Le reste n’a plus la moindre importance.


Avec difficulté, je parviens à ravaler la bile qui menace de s’échapper, à ravaler la boule d’horreur et de terreur qui me coupe la voix. Mes doigts s’écartent et descellent ma gorge. Ils viennent soutenir mon estomac trop fragile encore. Trop fragile. Trop lâche. Trop moi. J’articule, presque brisé par une apparition maudite, osant un pas.

« Rosalyn... Tu... tu es enfin là. » Une deuxième. J’en ose un deuxième. Me fichant royalement de tout ce qui m’entoure, ce qui nous entoure. Je crois percevoir une mise en garde lointaine... Mais quelle importance ? « Ne me laisse plus ! »

Pourquoi ? Pourquoi me refuses-tu la délicatesse de ton regard ? Est-il lui aussi bouffé par les vers ? Je m’en fiche... Je m’en fiche, tu sais. Est-ce que tu ne parviens plus à soutenir ta tête ? Je... Je trouverai une solution ! Je trouverai une solution à tout, du moment que tu restes ici... ! J’hésite...pourquoi est-ce que j’hésite encore ? Je crève d’envie d’à nouveau l’avoir proche de moi, à mes côtés. De t’avoir enfin proche de moi. Dans la réalité de ce monde sans la moindre fantaisie. Même si ta peau est froide comme la mort, ton souffle inexistent, ton cœur qu’un amas de pulpe sanguinolente. Comment avant... Je lève une main en ta direction. Je n’ai qu’à briser cette distance entre nous. Juste quelques centimètres et enfin...fin... ! Un craquement sourd et sec retentit alors que tu forces péniblement ton cou à se redresser. Je ne peux m’empêcher une grimace de dégoût à la nostalgie de ce son. Qu’essaies-tu de faire ?

« Myles... »

Je sens mon essence gardienne se serrer à l’entente de ce mot sur lequel elle s’est calquée. Je reste suspendue à tes lèvres gonflées d’humidité.

« Tu m’as laissée mourir ! »

Tu ne parles pas, tu cries.

Tu ne cries pas, tu hurles.


Un hurlement perçant de banshee.

L’instant d’après, je suis au sol, tes crocs sales et souillés plantés à la naissance de ma gorge. Des crocs qui fouillent, mordent, déchiquètent. Du sang qui s’écoule, gicle, réchauffe. Au milieu de ce festin que je suis devenu, au milieu de ce champ bataille qui reprend son souffle, un rire brisé s’élève. Le mien. C’est... C’est donc ça que tu penses de moi ? C’est à ce point que tu me hais ? Tu avais confiance en moi pour te sortir de ton enfer, de notre enfer. Confiance envers un gamin doublé d’un lâche. Et j’ai échoué. J’ai échoué et tu es morte. Tu es morte et pourtant, je n’ai cessé de te chercher. Je t’ai cherché et maintenant, tu me dévores la peau, lacères mes côtes.

Je n’ai pas la force. Je n’ai jamais eu la force.

Je ne me défendrai pas.

Tu es là, avec moi.

Tu es là.

Le reste n’a jamais eu d’importance.



[Mission Halloween] Quand le passé resurgit feat. Ange I. Khayzon
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