Trick or treat ? [Ft ma femme Mehel ! ❤]
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Coeur sur la main
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Terrien
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Ven 17 Nov - 2:23


Trick or great ? [Feat Mehel]

« Night is his purge… »



  Il aurait dû faire son temps, ne pas s’égarer dans le flot continu du temps qui lui filait d'entre les doigts. La lame du destin avait frappé, et maintenant il s’en mordait les doigts. Le vent courait entre ses mèches brunes, il aurait voulu ouvrir les yeux et se gaver pleinement du paysage qui l’entourait. À la place, un rideau sombre obstruait les magnifiques orbes d’azur, seules étoiles qui filaient dans une nuit perpétuelle. Tout cela semblait dérisoire.  La mélodie du monde gémissait contre son oreille, il aurait voulu ouvrir pleinement les yeux. Il pouvait les voir malgré son regard clos, mais douce ironie du sort, il ne pouvait profiter pleinement du havre de paix qui s’était installé sur cette terre sainte. Neil avait mal, poignardé en plein cœur par sa solitude, le spectre aurait pu en geindre de désespoir. Tout semblait n'être qu’une paix apaisante. Son cœur inexistant gonfla dans sa poitrine. Ses orbes se seraient noyés dans des larmes brûlantes, mais il n’était plus capable d’une telle prouesse. À peine sentait-il la caresse du vent  sur son visage, alors le poids des sentiments lui devenait inconnu. L’amertume baisait ses lèvres, le vide se démenait tumultueusement au fond de lui. Neil, était-il réellement celui qu’il semblait être ? Il avait mal, c’était si douloureux de ne se sentir. Alors il déambulait au milieu des passants. Le pas lourd, le spectre détestait la béatitude de ces humains, les voir si loin de l’enfer d’en bas.

La déception s’était gravée sur son visage, incompréhension. C’était une torture. Le chemin sinueux de la vie qui l’empêchait de croître dans la simplicité. La jalousie s’imprima dans sa poitrine. La main cruelle du destin ne l’avait même pas arraché d’un berceau de bien-être. Elle ne lui avait même pas permis d’y goûter, ni même d’en savourer quelques instants. Le spectre avait été optimiste, l’espoir dans un monde de désolation qu’on lui tendrait la main. À la place, chaque pas avait été accompagné par la déception. On lui arracha même jusqu’à son être.
Plongé dans ses pensées, Neil ne s’était pas aperçu que sa danse avait cessé, qu’il était à présent, seul, au milieu d’une rue. Nulle ombre d’un chat, ni même la sienne qui aurait dû dévorer les pavés. Il semblait n'être qu’un imbécile perdu. C’était peut-être le cas. Il effleura un instant du regard ce qui l’entourait, de longues flammes sombres venant langoureusement lécher son corps. De faibles fentes azurées colorant son visage de nacre. Son propre pouvoir se riait de lui. Il était venu au monde dans l’ultime but d’être le souffre douleur d’un destin capricieux. À peine entrouverts, ses orbes bleutés retrouvèrent les ténèbres de ses paupières, le feu noir qui dévorait son corps se tarit comme s’il n’avait jamais existé. Le monde lui paraissait à la fois si vivant et si fade.

Le ciel se couvrir d’un manteau gris, dévoilant au monde ses larmes acides. Neil leva la tête, la déception s’ancrant sur les traits de son visage. Même cette sensation lui était interdite. L’eau ne redessinait son corps, elle le traversait comme si son existence importait peu. Pourtant, les astres semblaient verser les sanglots que lui ne serait jamais capable d’émettre.  Rien ne l’atteignait, il n’était qu’une projection de ce qu’il était. L’eau courait à travers son corps avant de s’écraser sur le sol. Était-il seulement là ?  
Le spectre se passa la main sur le visage, douce caresse qu’il était encore en état de ressentir, mais il était las. Si las de cette vie dont il ne pouvait profiter. Il se dégagea de ce cauchemar, traversant la porte sans même s'en apercevoir. Neil observa les alentours scrutateur, son regard se perdit dans la nostalgie que représentait la pièce. Quelque part, cet endroit lui semblait chaleureux, éveillant en lui une étincelle de vie. Il pouvait à ce moment presque ressentir un cœur battre dans le creux de sa poitrine. Bientôt il se retrouva face à un vieil homme. Celui-ci lui lança un regard dédaigneux auquel le garçon ne répondit rien. Son entrée n’avait pas été fracassante mais elle ne s’en était pas montrée moins originale. Ils ne pipaient mot, le silence se fit lourd. L’horloge chantait la louange du temps.

Tic… tac… Le temps se comptait, l’averse de densifiait.

Le silence ne se taisait pas.

Tic… tac… La comptine du sablier s'égosillait.


Enfin, la tension finit par se rompre. Pour la première fois, Neil délia ses lèvres. Le papier peint était de mauvais goût, inconnu totalement au terrien. Quel était cet endroit ? Des sucreries s'entassaient dans ses bocaux en verre. Mais ça ne l'intéressait que très peu. Contrairement à cet homme qui lui semblait bien être sur la défensive. Enfin, les premières paroles découlèrent de sa bouche, un ravissant sourire plaqué sur son visage d’ange.


« Bien le bonjour. Je suis navré de m'imposer, je viens seulement me protéger de la pluie. »    


Baratin. Foutaise.
Il n’y avait pas la moindre goutte d’eau qui souillait son corps. L’homme n’en sembla que bien plus suspicieux. Plutôt perspicace le vieillard.

Il était vrai, Neil se fichait éperdument de la pluie.

Tic… tac… La mélodie ne tapait qu’un rythme ennuyeux.
Le premier pion prenait place sur l’échiquier.

« Pourquoi vous montrez si désagréable ? Le client n’est-il pas roi ? »  

Son joli sourire se déforma puis s'aiguisa en un rictus. Neil se rapprocha de cet homme si taciturne. Il le savait qu’il n'inspirait jamais la confiance. Mais il avait là son opportunité. Ses pions s'épuisaient, la scène se répétait. Il s’ennuyait de son spectacle muni de figurants. Il fallait renouveler. Quand bien même cet homme allait rester sur la touche, il n’allait pas laisser passer l’opportunité d'avoir la main sur des morceaux du quotidien. La fatigue n’en était pas moins sage.
Neil déposa une main bien solide sur le comptoir. Elle s'embrasa d’une flamme noire. Un torrent abyssal entoura le spectre, tournoyant dans une danse folle. Le vieil homme voulut fuir. Le terrien pencha la tête, un sourire mauvaise se dessinant sur son visage.

Tic.. tac… L’horloge s’affola de son chant monotone.

Enfin, les paupières closes dévoilèrent des orbes d’un bleu pur. Les ténèbres explosèrent, dévorant la pièce dans un globe abyssal.

Tic… t-t-t… Elle ne chanterait plus.

Enfin, le premier pion se faisait sa place en jeu.

« Vous savez, je ne suis pas très magnanime. Et je n’apprécie que très peu votre comportement. »

Dans les ténèbres, il semblait s’affoler. Un rire s’échappa des lèvres du spectre, il ne manquait pas de s’amuser.

« Cependant je suis très généreux. Je peux vous laisser une chance de vous enfuir de votre propre folie. Mais sachez que mon enfer sera votre paradis. »

Neil s'était rapproché sans un bruit, accroupi face au vieillard, ses grands yeux bleus le dévisageant, scrutateur.

« Soyez utile à mes intérêts et je vous libère de mon emprise. Prenez votre temps pour y réfléchir mon vieil ami, je suis patient. »

Tout n'était plus qu’une question de temps.  
 

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Lun 20 Nov - 0:23


ft.
Neil Grim
« Trick or treat ? »
How dare you ?!
Il pleut. De ces pluies qui vous trempe jusqu’à l’os, qui s’insinue entre les fibres des tissus pour glacer la peau, pour glacer le sang. Je le sens... ma peau diaphane est gelée sous ma veste asymétrique. Je la sens grouiller, vibrer, se tordre, la nécrose de mon corps. Face au froid, elle fait toujours ça... Toutes mes veines se compriment, d’un seul homme, proches de m’en paralyser les membres, proche de me clouer sur place de douleur. Tout se compresse et m’asphyxie de l’intérieur. Ah... ça fait mal. Ça fait si mal. Une douleur qui me coupe en deux, comme si une bête roulait sous ma peau, prête à s’en échapper, à me déchiqueter de l’intérieur. La pourriture de la Terre a toujours des effets surprenant et amusant sur les corps. Amusant et douloureux. Douloureux et si plaisant. Il pleut. Je sens l’eau ruisseler du bord de mon couvre-chef pour venir couler dans mon cou, tremper ma chemise blanche, tremper tout mon être.

Pour rien au monde, je ne me mettrai à l’abri.

Cette sensation est juste... délicieuse. Une pluie glacée et glaçante qui fait fuir chaque passant, qui manque à chaque instant de me figer sur place pour l’éternité.

Mais ce n’est pas une simple pluie qui va m’empêcher d’accomplir mon œuvre glorieuse.

Je ne déteste pas la pluie. Mille fois non. A vrai dire, la pluie est plutôt un concept nouveau pour moi. Sûr, il pleuvait et pleut toujours de temps en temps sur Terre. Mais je doute que l’on puisse comparer ces trombes d’acides qui vous ronge les vêtements et la peau avec cette flotte bienfaisante. L’acide est efficace, mais l’eau est plus pernicieuse pour les personnes telles que moi. Ce pseudo-Dieu a même fait en sorte que le climat soit bénéfique pour ces faibles habitants... Même pas de batailles et de guerres pour obtenir de l’eau, pour survivre une journée de plus dans un enfer absolu. Non, tout leur est littéralement donné sur un plateau d’argent. Chaque jour qui passe, chaque semaine de plus que je passe au beau milieu de ces insectes, je ne peux que m’étonner de la facilité déconcertante avec laquelle leur divinité pour faibles leur a mâché le travail. Complètement à l’opposé du monde « d’en-bas ». A tel point que le peu d’histoires et de rumeurs qui ont pu circuler sur Terre concernant ce morceau de caillou flottant sont clairement en deçà de la réalité. A des centaines de lieues même. Une utopie créée pour seulement une seule minuscule fraction des êtres vivants, pour un prétendu peuple élu qui se complet dans la béatitude de l’ignorance, qui se complet dans la faiblesse la plus totale. Alors que chaque Terrien a pu expérimenter dans sa chair et son âme la pourriture et le poison, jusqu’à en être transformé profondément.

Ma conquête... va m’être facile. Si facile.

J’en veut pour preuve le fait que je puisse circuler sans la moindre contrainte dans les rues de la ville. Même si vu l’heure avancée et les trombes d’eau qui me transpercent, il n’y a guère de monde pour me dénoncer.

Même si personne n’a encore eu le cran de le faire jusqu’ici.

Soit. C’est un fait établi. Ils sont faibles, naïfs et benêt. Dire qu’il fut un temps où nous ne formions qu’un seul et unique peuple... Un point de l’histoire que je compte bien ramener au gout du jour. Dans mon royaume, tous seront égaux, tous seront sur un même pied d’égalité. Car tous me seront inféodés, remis à leur place inférieure. Tous deviendront mes serviteurs dociles et dévoués, pour que je puisse établir ma domination millénaire. N’est-ce pas une forme d’utopie que je propose, après tout ? Je règnerai sans partage sur tout ce qui vit pour des siècles et des siècles... Nul besoin de dynastie car après moi, il n’y aura rien.

Juste une terre brulée où plus rien ne poussera.

Mais en attendant que ces jours bénis reviennent, il y a des plans que je dois échafauder, des informations à récolter, des données à interpréter. Chose aisée quad on est doté d’une intelligence supérieure comme la mienne. Si aisée... Sauf que voilà, cette intelligence, je dois la nourrir. Enormément. Et d’aliments sucrés, évidemment. Aliments dont je suis tombé à court plus tôt dans la soirée, mais qu’à cela ne tienne, je sais exactement où m’en procurer en grande quantité et rapidement. Si je me souviens bien... je crois que le vieux m’avait dit qu’aujourd’hui, il comptait réaliser un inventaire après avoir reçu plusieurs cartons de commande. Commande que j’ai passé et aide que je ne lui ai pas donné pour tout ranger. Quand bien même ce serait dans mon ‘travail’, il n’est pas question que j’effectue la moindre basse tâche de ce genre. Au moins, je suis sûr que mes sucettes fruitées et les ours en gélatines sont bien arrivés. Que des parfums fruites, et surtout, surtout pas de ces horreurs à l’anis que personne n’aime. Enfin, que je déteste, ce qui revient au même.

J’ai juste à tourner au coin de la rue et la boutique sera...—

Oh.

Voilà qui est inhabituel. Inhabituel et inattendu même.

Une sphère noire comme de l’encre englobe toute la boutique, au point qu’il m’est impossible pour l’instant de détecter quoique ce soit à l’intérieur. Je plisse le regard, observant la scène à quelques mètres de distance. Je suis certain que le vieux ne possède pas de pouvoir. Rien en rapport avec l’apparition d’une bulle toute noire. Et ce n’est pas dans ses goûts en matière de déco... ça manque trop de rose et de pastel. Définitivement. Intrigué, je m’avance et m’approche de la nouvelle bizarrerie de la soirée. Etrange matière noire... qu’est-ce que c’est... ? Et qui a osé installé ça sur mon territoire ? Loin d’être impressionné, je passe le manche de ma canne au travers du morceau de sphère. L’épicentre de celle-ci doit se trouver à l’intérieur, mais d’ici impossible d’apercevoir quoique ce soit. Rien. Le manche disparait quelques secondes et ressort intacte. A priori, je pourrai y pénétrer sans le moindre mal. La sphère n’est pas solide... c’est juste... de l’obscurité ? Possible ? Sans doute. La palette des pouvoirs est infinie après tout.
Mon instinct me dit que là-dedans, un intru s’est invité. Un intru qui a cru pouvoir s’emparer de mon serviteur et de ma boutique ? Un intru qui a cru qu’il pouvait débarquer de nulle part et poser ses affaires comme si de rien n’était ? Je serre les poings, la soirée ne se déroule pas comme je l’avais planifiée. C’est un imprévu et je hais les imprévus. Profondément... Celui qui a osé va comprendre dans sa chair et ses os qu’on ne s’attaque pas impunément aux affaires de son Roi !

Ah... la pluie. Si mon corps n’était pas perclus de plaisantes et déchirantes douleurs, j’aurais très certainement défoncé la porte à coups de pied. Entrée fracassante, comme je les aime. Ma colère ne s’est pas dissipée, loin de là. Elle ne s’effacera jamais.

Jamais.

Et il est temps de la déchainer sur l’insecte imprudent qui ose contrarier mes plans.
Sans un mot, sans la moindre crainte, je pénètre dans la sphère de ténèbres. D’instinct, mon œil droit se referme pour laisser le gauche faire son œuvre. Le monde change, et reste pourtant identique. C’est bien ce que je pensais... de l’obscurité parfaite. Pas la moindre goutte de lumière en ce lieu. Pas de lumière, mais toujours de la chaleur... Quel amateur. Un travail grossier. Le monde m’apparait en volutes et vagues rougeâtres. Les contours se dessinent, flous et pourtant si clair pour moi. Jongler entre ces deux visions est un jeu d’enfant pour moi. Me plonger dans l’encre est une douce nostalgie qui gratte et égratigne mes souvenirs. La porte est juste là, fermée. Je ne vois toujours pas l’intérieur, juste le spectre bleu glaçant de la vitre. J’avance ma main et tourne la poignée... verrouillée ? Hm... encore plus étrange. C’est assez rare que l’on referme derrière soit une porte à clef, surtout quand on ne possède pas les clefs. Soit, l’intru a pu prendre le trousseau du Vieux pour faire je ne sais quoi avec lui par la suite. Mais je doute qu’il ait pu penser au fait que j’en possède un moi aussi. Je déverrouille la serrure sans ouvrir. Clic, clac. Ne pas encore ouvrir pour l’instant... pas encore... pas encore... Une seconde, puis deux passent... puis, j’ouvre avec fracas, quitte à en faire sortir la porte de ses gonds.

La scène se découpe lentement face à moi. Les spectres se construisent.
Au sol, recroquevillé, je reconnais le vieux. Pathétique et misérable, comme à son habitude. Donc face à lui devrai se trouver... Une main ? Je plisse le regard, perplexe. Juste une main ? Je ne perçois que le spectre rouge de chaleur d’une main flottant seule. Seule... pas vraiment. Elle semble reliée à une silhouette qui n’émet aucun spectre infrarouge. Juste une ombre noire que se découpe dans le tourbillon d’orange, de jaune et de rouge.

Un pas, puis un second. Je me défais de mon couvre-chef trempé et l’accroche au clou dépassant d’une des armoires. Je remets ensuite un peu d’ordre dans ma chevelure carmin avant de croiser les bras, toisant la scène de mon œil monochrome.

« Est-ce que je peux savoir ce que tu fous au juste ? »

Mon ton est froid, cassant. Il claque et casse le silence. Cet insecte misérable a osé pénétrer sur mon territoire, pour s’en prendre à mon esclave. Personne ne touche à mes affaires. Personnes. Tremblant au sol, le vieux que je devine aveugle à l’heure actuelle essaie vainement d’établir la source de ma voix. Paniqué, il articule à la hâte.

« C-c’est toi... ? F-fuis, Mel’ je t’en – »

« La ferme ! » Ma réponse ne se fait pas attendre, et immédiatement, ma voix le contraint à se taire. Je n’ai pas besoin qu’un parasite de plus s’invite dans la conversation. Surtout pas pour m’ordonner une chose aussi grotesque. Surtout pas pour encore déformer ce nom qui j’ai choisi avec fierté. « Pour la centième fois, c’est Me-hel, insecte ! »

Mais il ne répondra pas. Mon ordre résonne encore dans son faible esprit. Pathétique déchet d’humain. Pathétique habitant sous mon emprise depuis tellement de mois que sa propre perception de moi-même en est brouillée.

Un parfait idiot.

De nouveau, je prends la parole. Seul l’intru m’intéresse pour l’instant.

« T’as deux secondes pour te casser d’ici avant que je m’énerve. »

Plus qu’une seconde désormais. Je sens déjà la lave bouillonner dans mes veines.
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Coeur sur la main
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Mar 21 Nov - 9:33


Trick or great ? [Feat Mehel]

« Light them up… »




Le courant sombre froissait son regard, s'inclinait face au temps qui se dessinait autour de lui. Il était pris dans les tourments qui effraient les gens, Neil se riait alors qu’à grands coups de pinceaux, l’encre dévorait avec passion les seules lueurs qui daignaient lui résister. Les orbes bleutés grands ouverts se mouvaient avec grâce, se gavant pleinement du spectacle que sa future victime lui offrait.
Le terrien lentement préparait sa chasse, installait ses premiers pions sur son échiquier. À travers ses yeux, il voyait le vide qui l’entourait, Neil n’était pas aveugle, il n’allait pas se faire des amis et se vieil homme ne méritait sans doute pas le sort que le spectre lui réservait. La terreur noyait le regard de l’homme pris dans l’étau rien ne pouvait permettre de croire que l’on se trouvait encore dans l’adorable boutique de bonbons, bien pire que l'on pensait être dans une autre dimension. Neil était patient, très patient. En avait-il eu seulement le choix ? Il voyait cet homme supplier, cet homme à qui il avait momentanément privé de sa vue. Quelque part, ce supplice le faisait frissonner, de joie ? De vengeance ? Neil se demanda à ce moment si Ying viendrait aider ce pauvre homme qu’il soumettait à ses ténèbres. Le temps ne chantait plus ses louanges. Le terrien voyait en son regard ce que lui avait ressenti durant de nombreuses années. Bourreau de la Terre du bas, il ne l'avait jamais été, mais l’avait côtoyé en permanence. Alors l'incompréhension gagnait son regard, la rancœur que jamais cet homme ne pourrait lire. Enfin, après de longues minutes sans discours, Neil reprit la parole, d’un ton lent et doucereux.

 « Pourquoi avoir peur ? Les ténèbres vous effraient ? Je trouve ça étonnant. Il n’y a rien de plus grisant que cette sensation où vous pouvez être seul et tranquille. Ici, personne ne vous voit et vous pouvez bien profiter d’un moment de répit. Je ne comprends pas pourquoi l’humanité et tant attaché à vivre dans le jour alors que le plus beau des décors se dévoile la nuit. »

Le terrien semblait parler seul, se découdre du temps et redécouvrir le sien. Il ne parlait peu, n’avait pas encore commencé son petit jeu d’horreur. Non, il était pensif et plongé dans ses réflexions. Peu enclin à la conversation habituellement, cet homme lui faisait de la peine et il ne pouvait s’empêcher de déblatérer. Il se souvenait encore de cette sensation où ses lèvres ne bougeaient plus tant l’angoisse avait pris possession de son corps, pénétrant son être. Le spectre s'était attaché ce masque de méchant qu’il ne pouvait plus lâcher. Il prenait dans sa toile les derniers ricanements puis dévorait ceux qui lui résistaient. Ses souvenirs sont aussi tristes que douloureux, pourtant il s’y rattache en espérant que ce sang ne couvrirait plus ses doigts. Tout autant qu’il aimait le sentir pour se dire qu’encore il était vivant. Il l'était, n’est-ce pas ? Quelques glaçants souvenirs auxquels ses derniers souvenirs se rattachaient.  Neil en aurait pleuré. La nostalgie primait par la terreur de son quotidien dans laquelle ils s’étaient terrés tandis que la joie et la prospérité veillait sur les terres d'Ariesten. Il avait eu foi en Ying, il avait espéré que celui-ci les prennent en pitié. À la place, il avait tout perdu. La jalousie le rongeait, chaque pas qu’il faisait l’emmenait vers la décadence. La justice n’existait pas dans ces mondes si différents. Il étouffait dans ses regrets. Ses abysses les feraient tous chuter. L’espoir n’avait plus de raison d’être. Mais sa priorité serait celui qui s’est délecté de son corps. Celui qui lui a pris ce qu’il avait de plus cher. Le terrien associerait les deux mondes afin que tous puissent déguster aux bienfaits d’un univers égalitaire. Enfin la main de la justice viendrait caresser leurs visages pour que l’idylle soit une réalité chaque jour.

Il s’égarait dans ses propres songes, masse informe dont le sourire égayait un visage innocent. Son décor était fade, et sa victime d’elle-même ne crierait pas son infortune, ni ne se laisserait happer par da dégénérescence. Neil avait bien des choix pour le faire sombrer dans la folie. Il peut le temps pour y réfléchir, il ne voulait pas que cet homme meure d’une crise cardiaque. Alors il prendrait son temps. Consolateur, jusqu’à emmener ses proies se jeter dans sa bienséance et le penser lui comme leur sauveur des ténèbres qui enflaient autour de lui. Sa comédie allait bientôt débuter.

Tic… tac… L'horloge se remit en route.
Sa voix allait combler son décor vide. Sa pièce se brouilla, son échiquier vola en éclat. Le vent balaya le silence si durement acquis. La contrariété marqua le bleu azur. Les ténèbres couvrent le champ de bataille qui prenait désormais place. Le bruyant intrus venait d’arracher son monde avec quelques cris colériques.  Un soupir échappa à l’emprise de ses lèvres, il le toisa aussi bien que lui semblait le faire. Voilà une situation amusante, il semblait le discerner. Sa main disparut, inutile d'épuiser  ses ressources inutilement. Le terrien observa le jeune rouquin qui chamailler le vieil homme. Dans ses ténèbres, il tenta d’analyser la situation. Un membre de la famille ? Il hésita un instant.

« La ferme ! »

Peu probable. Il suivit l’échange qui s’approchait davantage du monologue, opta pour un client capricieux.

« … insecte. »

L’histoire de jouait différemment dorénavant. Voilà qui lui semblait amusant. Se pourrait-il que l’ordre d'Ariesten flambait sous les hordes de terriens qui se disséminait peu à peu sur lui. Loin d’être sûr, la gestuelle de ce prince ne ressemblait en rien à ce qu’il avait déjà pu observer sur l’île. Lentement, son jeu reprenait place. Neil s’amusait de ce ton autoritaire. Ça lui semblait presque adorable. La colère de dessinait sur ses traits et son regard fulminait. Nul doute que ça allait être assez amusant. Cependant, plutôt que d’avancer sur un terrain inconnu, il allait devoir prendre des précautions. Le jeune prince avait l’avantage de connaître ses ténèbres, lui-même ne sachant ce qui se trouvait face à lui. Si c’était physique, il n’aurait pas hésité à s’approcher, mais le doute pesait lourdement. Il allait falloir le jouer finement afin de tisser sa toile malicieusement autour de sa future victime.

Ses azurs finirent par se recouvrir d’un voile abyssal, la lumière se dévoilant à nouveau dans la petite boutique de bonbons. Rien ne semblait avoir altérer l’adorable endroit. Mais il ne restait pas sûr de ce qui allait suivre au vu de la conversation houleuse qui l’attendait. Neil savait amadouer gracieusement les gens, mais il restait peu certain de la continuité des événements.

« Deux secondes, cela ne vous paraît pas bien court jeune prince. »

Ses épaules se haussèrent, il s’avança, indifférent de son ancienne victime, il semblait avoir beaucoup plus amusant devant, de quoi décorer ses ténèbres d’un peu de joie. Un sourire charmeur dévora ses lèvres et étira son visage malicieusement.

« Quand bien même, il semblerait que j'accéderai à votre requête. Je ne pouvais savoir que cet homme avait déjà trouvé son bourreau. »

Respectueux et bienveillant, le terrien n’agissait pas à l’encontre du rouquin, ses pas se dirigeaient pourtant vers lui, et sans le contourner son corps passa à travers le sien, contre quoi il murmura tel la brise afin que seul lui l’entende.

« Mel si j’ai bien compris. Il semble qu’une guerre de territoire vienne de commencer, tu ne crois pas ? »

Sa main reprit forme, et caressa sa joue. Un sourire malicieux se dessinait sur son visage et enfin, il se retrouva dehors, sous la pluie, attendant patiemment que sa victime lâche ses nerfs.

 

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Jeu 7 Déc - 15:25


ft.
Neil Grim
« Trick or treat ? »
How dare you ?!
Je déteste que l’on touche à mes affaires. Les déranger sans ma permission n’est rien d’autre qu’une forme d’irrespect. Et l’irrespect, je ne le tolère jamais en ma présence céleste. Comment pourrait-il en être autrement ? Je suis le Roi. L’unique monarque vivant dans ces mondes décadents. L’unique souverain qui compte bien soumettre et inféoder tout ce qui vit, bouge, parle, à ma seule et unique parole. Il est naturel que je sois ainsi, autoritaire, cassant, implacable, sans pitié. Sans la moindre pitié. Il est parfois bon de rappeler aux rampants ma supériorité en tout. Cela est nécessaire, car ces sans-logiques oublient les choses bien trop rapidement à mon goût. Et que vois-je en cette délicieuse soirée qui avait débuté sous de doux et douloureux hospice ? Un intru. Un être qui se cache à mon regard ardent. Un être misérable qui va comprendre dans sa chair l’erreur irréparable qu’il vient de commettre. Le vieux est ma propriété. Moi et moi seul peut lui faire subir mille tourments, selon mon bon plaisir. Il n’est donc absolument pas question qu’un autre que moi mette ses sales pattes sur mon esclave personnel. Cela fait des mois que je le travaille presque chaque jour pour entamer et grignote le peu de jugeotte qu’il possède. Si bien que je me pose parfois la question... Sait-il seulement qu’il accueille les bras ouverts un terrien ? Qu’il me couvre d’attention sans même que je n’ai à le lui ordonner alors que je suis son bourreau et son plus gros problème actuellement ?

Aucune idée. Quelle importance ? Sa cervelle est tellement fondue par toutes ces années qu’il a passé à vendre de la guimauve que c’est à peine s’il doit se souvenir de son nom.
Soit. Là n’est pas le sujet.

Je me l’avoue volontiers, mon incapacité apparente à pouvoir définir les contours de l’intru m’intrigue. Jamais quelqu’un n’avait échappé à ma perception du spectre infrarouge. Personne. Il n’est tout simplement pas possible en règle générale de n’émettre aucune forme de chaleur ou même de froideur. Mais visiblement, cet étrangeté en est capable. Partiellement capable si j’en juge par cette espèce de main flottante qui doit lui appartenir... et qui disparait. Etrange... Si je n’avais pas l’envie irrépressible de lui coller mon poing en pleins dans les côtes, j’aurais presque pu me montrer curieux. Presque. Sauf qu’ici est mon territoire et que je hais qu’on le souille d’une faculté aussi grotesque. 

Une seconde et il accède à mon ordre. Les ténèbres d’encre se retire et laisse place à la boutique telle que je l’ai toujours connue. Pas la moindre jarre, pas le moindre bonbon ne manque. Urgh... finalement, l’endroit était bien plus intéressant plongé dans le noir le plus profond. Cette déco’ finira un jour par me retourner l’estomac tellement elle est kitch et ignoble. Note à moi-même, ordonner au vieux de prendre un décorateur digne de ce nom... Même s’il risque de demander à ce professionnel de lui faire un travail plus ou moins similaire... Hm, ça ne servirait à rien, à moins que je ne supervise moi-même les travaux. Sauf que je n’en ai ni le temps, ni la moindre envie. 

Bien, je n’aurai même pas à user de mon pouvoir s’il se plie aussi facilement à ma volonté et mon autorité naturelle. Simultanément, je bascule vers le spectre ‘normal’ pour éviter de m’aveugler inutilement. Pas question de blesser ma rétine monochrome bêtement. Oh... l’apparence de mon gâcheur de soirée est si... banale. J’en suis presque déçu. On ressemble à n’importe lequel de ces jeunes que je croise sans cesse par ici. Juste un habitant de ce caillou... ? Ah ! Comme si. Jamais les habitants ne s’attaquent aux leurs de la sorte. Je n’en ai pas la moindre confirmation encore, mais il pue le terrien à dix bornes. Raison de plus pour me montrer particulièrement dur avec lui. Sa voix s’élève et continue de me décevoir. Il est presque correct en me désignant comme prince mais prince je ne suis pas. Je suis un Roi. De la flatterie ? S’il est bien de ma race alors oui, ça d’en en être. Monnaie courante dans le monde d’en bas, tenter d’apaiser son ennemi par de douces paroles pour lui faire baisser sa garde.

Et lui coller un poignard entre les omoplates.

Mon cher géniteur est particulièrement doué à ce petit jeu. C’est bien grâce à sa fourberie qu’il peut se maintenir au conseil des Terriens depuis toutes ces années. Fourberie qu’il a transmis à bon nombre de ses foutus descendants. Moi y compris. S’il pense m’endormir il se trompe lourdement. Forcément, il se trompe lourdement, puisqu’il n’est guère doté de mon intellect supérieur. Sans esquisser le moindre geste envers le vieux qui semble reprendre plus ou moins ses esprits, je me contente de rester parfaitement immobile. Ma posture parle pour moi. Si je pouvais bruler cet impertinent de mon regard, je le ferais. Bras croisé, je me sais imposant, tout simplement, il a beau s’avancer, je ne bougerai pas de mon socle. Je suis ici chez moi, et il est temps que cette horreur s’en--...

Bordel.

Il vient de me traverser. 

Il vient de me traverser et de me lancer une déclaration de guerre.

Un foutu spectre ! Ce type banal et sans le moindre intérêt est un foutu spectre ! L’espace d’une seconde, je suis surpris, puis me crispe. Comment... Comment ose-t-il me toucher ?! Comment cette saloperie de fantôme ose poser ses sales doigts ignobles sur ma céleste personne ?! Ne sait-il pas qu’il a affaire au plus grand des souverains que ce monde n’a jamais connus ?! Non... évidemment que non, puisqu’il n’est même pas foutu d’être doté d’un minimum d’instinct de conservation ! Sale insecte... Sale insecte... je te ferai payer cet affront envers ma personne. Personne ne touche à mes affaires, mais surtout, personne ne me touche sans avoir reçu mon autorisation expresse. Autorisation que je ne donne jamais.

Personne. Ne. Me. Touche. 

Personne.

Je ne laisserai pas cet affront impuni. Il veut la guerre ? Il va l’avoir. Et je recevrai ses lamentables excuses avec grand plaisir quand j’aurai fini de le mettre plus bas que terre. Spectre ou pas, il reste un être que je vais pouvoir soumettre sans la moindre difficulté. Je serai son Alpha et lui, mon esclave docile.

C’est une promesse à ma gloire. 

Je sais... je sais qu’il va m’attendre dehors. Je le sais parfaitement. C’est une déclaration de guerre qu’il m’a faite. Une intrusion sur mon territoire, puis sur ma personne... Aucune chance que je laisse passer ça. Colère... colère...colère. Je serre les poings, enfonce mes ongles dans ma paume, sur le bois de ma canne. Ah... la colère me dévore, dire que la soirée avait été si délicieusement douloureuse. Si je sors dans cet état, je risque de la laisser voiler mon jugement. 

Il n’en est pas question.

Brusque, dans un grognement de contrariété, j’enfonce mon poing dans la première chose que je trouve, soit un bocal rempli de ces délicieux ours en chocolat que j’étais venu chercher à l’origine. Le verre cède et se brise. Ses éclats volent, percent et transperce ma peau fine. Ma main nécrosée n’a besoin que de fines coupures pour se teinter du rouge de mon sang. Ma paume immobile s’empare d’une lame translucide et la serre, serre, serre si fort. Hmmm... cela fait trop longtemps que je n’avais pas senti de pointe s’amuser avec les os et les nerfs de ma main. Au moindre frôlement, c’est une véritable décharge qui se répand dans mes veines anarchiques. 

Une délicieuse décharge de douleur qui a le don de calmer si peu le brasier ardent qui me dévore complètement.

Au moins, je peux également sentir les brumes s’évacuer de mon esprit. Sans ça... sans ça, je sais que j’aurai tenté de m’en prendre physiquement à ce déchet. Mais cela aurait été... trop inutile. Trop inutile et presque de l’ordre du ridicule. Si ça, ce n’est pas la confirmation que j’attendais... ça explique pourquoi je ne parvenais pas à déceler sa chaleur, il n’en possède tout simplement pas. Il existe à peine... même pas doté d’un corps physique pour subir mes coups. Je ne m’attendais pas vraiment à ça. À l’œil, il a l’air si réel... alors qu’il n’est en réalité pas plus consistant qu’un souffle de vent. Tch... bonne nouvelle ou horrible nouvelle... ? Difficile à dire. Une capacité pareille, pour sûr, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue, ce qui le classe dans la catégorie « pion presque intéressant ». Mais s’il ne craint pas la violence physique... je vais devoir le contraindre d’une autre manière. Après l’avoir brisé en un millier de morceaux. Avec ma voix, ce sera chose aisée, mais sans savoir quelle sera mon influence exacte sur sa cervelle, je vais devoir me la jouer beaucoup plus... subtil. En somme, user de mon intelligence, comme d’habitude.
 
Le tout en essayant de ne pas perdre mon sang-froid.

Hm... vu l’état de ma main, c’est déjà trop tard. Le liquide rouge s’échappe doucement de mes veines et tombe, goutte à goutte, sur le sol trop pastel du magasin. Je porte mes doigts à mes lèvres et recueille ce nectar métallique. Aussi plaisant qu’une sucrerie, bien évidement que je possède un gout des plus délicats. Je porte un regard oblique à mon esclave à terre. Lui m’observe, à la fois horrifié et... reconnaissant ? Est-ce possible ? Le déchet peut bien attendre encore un peu, je suis intrigué par ce que ce vieux pense. Je m’approche alors et m’accroupis face à lui. Magnanime, et c’est si rare, je lui offre ma main ensanglantée. Pas pour l’aider, je ne fais jamais preuve de pitié. Il s’en saisit. Je déteste toujours autant le contact, mais cette fois-ci, c’est différent. Tout simplement parce que j’ai choisi. J’ai autorisé mon esclave à saisir ma main des siennes. Rien à voir avec ce souffle de vent grotesque. Un hochement de tête de ma part lui permet enfin d’ouvrir la bouche. Le tremblement de ses cordes vocales est... assez amusant.

« M-Mehel... ta main... » Vient-il enfin de remarquer ma difformité ? Il était temps. Va-t-il s’en effrayer ? Enfin, plus qu’il ne l’est déjà ? « T-tu es blessé. » Hm ? Et c’est tout ce qui l’intéresse ? Pas de ‘mais tu es un terrien ! comment ai-je pu ne pas m’en rendre compte ?’ ou autre joyeuseté de ce genre ? J’hausse les épaules en réponse. Je suis blessé, et alors ? Rien que de sentir ses doigts faire pression sur ma plaie m’envoie d’autres décharges de douleurs alors. Je crois qu’il a compris que je n’avais guère de temps à consacrer à me soigner ou à sa pseudo-bienveillance. « M-merci, tu m’as sauvé. C’était si horrible... »

Il est sérieux ? Il pense réellement que je l’ai sauvé ? J’ai juste défendu mon territoire et mes affaires, rien d’autre. Qu’il soit en vie me permet d’avoir la vie plus facile, mais qu’il meurt ne me fait ni chaud, ni froid. C’était donc bien de la reconnaissance que j’ai décelé chez lui. Etrange, étrange... Il est plus que temps de la briser dans l’œuf.

« Je n’ai jamais eu la moindre intention de te sauver. »

Sec, cassant, froid. Mon ton ne laisse pas le moindre doute. Je m’échappe de sa prise, laissant ma marque rouge vive derrière moi. Il est temps que j’aille retrouver mon ennemi de la nuit. En chemin vers la sortie, je ne manque pas de m’emparer de la raison de ma visite nocturne : un gros sachet de mini-sucettes multicolores. Aux fruits, mes préférées. Je sens que je vais en avoir besoin. Je le fourre dans la large poche de ma veste et saisit délicatement l’une d’entre elles. Hm, jaune citron. Le papier fini par terre et les effluves artificielles de sucre se répandent dans ma gorge. Acide, suffisamment pour attaquer mes plaies à vif à force de me dévorer les joues. Cela rend ce moment encore un peu plus plaisant. Je récupère mon couvre-chef extravagant et le replace sans vraiment me presser. Je choisis le timing, et pas l’inverse. Je m’apprête à sortir et...

« I-Il est de ta race, n’est-ce pas ? » ...Le ton hésitant de mon esclave me stoppe net. Je ne me retourne cependant pas, attendant la suite de ses mots mal assurés. « I-Il vient d’en-bas, c-comme toi. »

Oh. Donc il le savait. Intéressant. Il est dès lors encore plus idiot pour n’avoir même pas essayé une seule fois de me dénoncer aux autorités. Là n’est pas la question... je vais devoir remettre mon interrogatoire à plus tard. J’ai à faire dehors, sous la pluie. Un rendez-vous en galante compagnie si je puis dire. 

« Exact’. »

Une seconde, deux secondes passent.

« ... Fais attention à toi. »

... Et je sors de la boutique. 

Immédiatement, la pluie m’accueille en son sein. Douce pluie verglacée. Elle roule, roule, roule et m’enveloppe d’un cocon glacial. De quoi me rappeler la déchirure qui coupe mon corps en deux. A quelques pas à peine, l’intru. L’humidité ambiante ne semble même pas l’effleurer. Immédiatement, mon regard se durcit et je me souviens de l’horrible sensation de sa peau sur la mienne. Saloperie de spectre... S’il pense avoir gagné la bataille, il se fourre le doigt dans son œil inexistent. C’est pourtant avec lenteur que je le rejoins, retirant le nectar sucré calé dans mes lèvres. J’aime ce sucre, mais il ne doit pas interférer avec ma voix. J’impose mon rythme et il va bien vite s’en rendre compte.

« A genoux ! Déchet ! » Impérieux est mon ordre. Empreint de magie sont mes mots qui claquent et résonnent dans la nuit. Je sais ma voix irrésistible, surtout lorsque l’ordre n’est guère complexe ou lié à une quelconque moralité. J’aime toiser les insectes de toute ma hauteur. « Si c’est la guerre que tu veux, tu l’auras... mais tu n’as pas la moindre chance de l’emporter face à moi. »

S’il n’était pas un spectre si agaçant, j’aurai bien écrasé ma canne dans ses côtes, histoire de soutenir mon propos. Mais soit. Je dois deal avec ça aussi. Maintenant que j’ai imposé mon ton, je peux mener la danse. 

« Tout ce qui vit ici-bas m’appartient et je ne compte pas laisser un cafard poser ses sales pattes sur mon royaume. » Je m’agenouille, histoire d’être à sa hauteur. Si je pouvais saisir son visage entre mes doigts crispés... ah... j’adorerais, mais je ne peux pas. A la place je m’amuse à laisser le goutte-goutte carmin -qui s’est légèrement ralentit- traverser ses traits si banals. Un spectre. S’il n’était pas bon pour un voyage vers la mort, il pourrait faire un pion utile, exactement comme Niel. Ce que j’ai envie de le fracasser au sol. « Donne-moi une raison de ne pas te renvoyer directement dans les jupes de notre saloperie de Terre. »

Sait-on jamais. Il est peut-être suffisamment intéressant pour que je l’épargne... Ah ! Mais à qui je vais faire croire ça ? Je replace ma sucette en bouche et la tourne nonchalamment. Je le sais. Encore un peu de temps et mon ordre va se dissiper. C’est le souci avec les ordres courts, ils ne durent pas. Puisqu’il l’a accompli... Enfin, ce n’était guère qu’un avertissement. 
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Jeu 28 Déc - 3:39


Trick or great ? [Feat Mehel]

« When your heart is the pain… »




Lentement, sans même entrouvrir les yeux, les ténèbres égayaient peu à peu le ciel, la nuit peignait son monde d’une lueur abyssale. Les larmes acides ne semblaient toujours pas atteindre son corps disparate qui semblait crier ses derniers instants d’agonie.  Il leva la tête, voulant dégager du ciel ses nuages sombres qui obstruaient sa vue, dissimulant les tares de son mal-être.

Son entourage ne semblait n’avoir rien d’intéressant à lui dévoiler, la maigre population qui continuait sa valse au creux des flots n’était que ce prince aux allures mégalomanes, c’est alors assis sur le rebord d’un muret qu’il se mit à le contempler lui et ce qui lui semblait être sa grandeur autoproclamée. Le vent décida  de s’engouffrer dans l’habitacle, écrasant sa force et faisant ployer les arbres, sifflant tout autant son désarroi qu’il ne semblait même pas effleurer les mèches brunes du jeune garçon. Ses deux billes bleutées toujours closes, il pouvait toujours apercevoir la couleur carmine des cheveux de l’étrange phénomène qui se déhanchait avec ses grands airs ? Quelque part, ça lui semblait bien amusant, il prenait son rôle tellement au sérieux qu’il pourrait en être crédible.  Ses gestes théâtraux, son visage fermé et la colère rongeant son regard. Le Terrien ne savait finalement pas ce qui poussait sa curiosité vers cet être qui venait tout de même de briser son charme qu’il mettait peu à peu en place autour de cette île trop parfaite.  Quels étaient finalement les desseins qui poussaient sa Némésis – visiblement – à conserver une ridicule boutique de sucreries et son détenteur ? Toujours plus, cet énergumène se faufilait dans l’esprit brouillé du spectre qui ne savait comment interpréter ce « roi », sa crédibilité était rattachée à une naïveté qui lui crevait ce cœur qu’il ne possédait plus.

La mélodie du vent hurla, déversant sa rage par sa pluie torrentielle, impactant le monde autour de lui. Et pourtant, toujours assis au milieu de ce désastre, lui, l’âme damnée à errer avec un unique but, luisait enfin de ses lueurs spectrales, s’égayant d’une lueur bleutée dans cette pénombre qui ne permettait pas même aux luminaires de s’étendre dans ce quartier. Son poing enfermé dans sa poche se délia face à son visage, la même main qui avait effleuré la joue de ce jeune prince. Il savait qu’il l’avait touché, que leurs peaux s’étaient rencontrées en une caresse inhabituelle. Pourtant, Neil n’avait rien ressenti dans leur échange, rien de plus que ce qu’il avait l’habitude, c'est-à-dire le néant. Ses orbes s’entrouvrirent en deux fentes lumineuses, des éclairs noirs venant lécher le bout de ses doigts d’albâtres. Même ce qui lui semblait intéressant perdait toute sa saveur avec cette malédiction qui le suivait jusqu’aux tréfonds de son âme. Ses peurs n’étaient même plus les mêmes – en avait-il seulement dorénavant ? Ses désirs s’étaient brisés en même temps que ses rêves lorsque la lame du destin l’avait frappé en pleine poitrine. Sans même s’en rendre compte, le temps l’avait perdu dans ses ténèbres solitaires, son corps entouré d’une auréole bleutée s’était retrouvé figé dans un habit abyssal. Il en arrivait au point qu’il ne maîtrisait même plus ses émotions qui laissaient son pouvoir le consumer peu à peu. À nouveau son regard se ferma, quel triste sort que de ne plus être confronté à une destinée.

La conversation avec le vieil homme s’éternisait, et bien que Neil était réputé pour sa patience, il n’aimait pas cette solitude qui lui pesait. Même si ce n’était que fictif, il s’habituait à l’entourage qui braillait dans ses oreilles que demain serait un jour meilleur, et c’était sans convictions que ce sourire bienveillant qui n’était pas le sien, ourlait ses lèvres. Chaque contact qu’il ne pouvait ressentir lui prouvait que peut-être toutes ses idéologies n’étaient pas fichues et que bientôt chacun n’aurait plus peur dans un monde juste où la loi du plus fort serait également celle d’Ariesten. Les prières n’étaient de toute manière entendues seulement par ceux qui en étaient privilégiés, alors pour quelles raisons avait-on abandonné à leur sort des êtres qui ne le méritaient par forcément. Tout était si sombre, pourtant la lueur d’espoir semblait rayonner dans ce rouge écarlate qui s’animait dans la petite boutique. Ce même rouge qui avait découlé des lèvres de son vieux père lorsque leurs chemins s’étaient croisés. La folie meurtrière s’était dessinée, marquée au fer rouge sur son visage. Il en frissonnait encore de cette terreur qui l’avait parcouru à ce moment. Alors il se raccrochait à ce souvenir malaisant pour lui rappeler qu’il était encore capable d’avoir des émotions bien qu’elles s’affaiblissaient de jour en jour.  Il briserait chacune des particules de son esprit jusqu’aux souvenirs les plus douloureux afin d’atteindre ce but encore conscient qu’il avait été humain et bien vivant un jour. Il ne voulait que les souvenirs s’effacent, quitte à faire souffrir ce cœur qu’il ne possédait plus, jusqu’à s’écoeurer de se revoir cette scène qui l’avait fait pénétrer dans ses premières ténèbres.  Ses mains tremblaient et lui-même s’égarait à en oublier la situation actuelle.

C’était toujours ainsi, Neil broyait du noir lorsqu’il était seul sans personne avec qui converser des banalités quotidiennes qui l’épuisaient. Des images. Elles le hantaient toujours jusqu’à lui faire cracher une larme qu’il n’était pas capable d’émettre. Son pied perdait sa matière, s’enfonçant sans difficulté dans les pavés qui recouvraient le sol d’Ariesten. Quel intérêt de retourner dans le monde du bas, plus rien ne l’y attendait alors il allait devoir av-…

« À genoux ! Déchet ! »

L’ordre claqua d’une violence qu’il ne connaissait pas, s’insinua dans chaque pore de sa peau inexistante, effleura les nerfs, l’enveloppant d’une force qu’il ne connaissait pas, l’empêchant douloureusement d’y résister. Sous ses paupières, un rideau blanc voila pendant quelques secondes ses iris, et avant même que les propos atteignent son cerveau, ses deux genoux s’écrasèrent sur le sol. Son corps lui-même avait fait le travail pour que son corps ne s’enfonce pas dans la terre sacrée.  Il le sentait, il ne pouvait résister, implosant en lui une sensation qu’il ne connaissait pas. La contrariété, l’impuissance, la résistance douloureuse de son esprit qui ne voulait s’y soumettre. Le terrien était pourtant bien cloué sur le béton, dans l’incapacité la plus totale de s’en défaire comme des liens qui l’entravaient. Un frisson d’excitation couvrit sa nuque, un sourire ravi étira ses lèvres. Ce pouvoir l’aurait poussé à fuir  un pareil phénomène s’il possédait toujours son corps. Pourtant, il rêvait en ce moment de l’étreindre pour lui offrir de telles sensations qu’il ne connaissait plus depuis presqu’un an.  Les paroles du jeune roi lui apparaissait comme un bourdonnement incompréhensible, seule une satisfaction qu’il ne se connaissait pas demeura dans ses pensées durant ces poignées de secondes.  
Il fit tout de même l’effort d’écouter les dernières lamentations que lui offrait l’homme en rouge, visiblement, il n’avait pas spécialement la déclaration de guerre que lui avait déclaré le spectre quelques minutes plutôt. Effectivement, il y avait encore cette histoire que le terrien avait calfeutrée au loin après cet échange violent où son corps se retrouvait aux emprises d’un simple mot. Toute cette histoire de territoire lui paraissait si futile à ses yeux. Devant lui se tenait celui qui méritait finalement son titre splendide. Se laisser corrompre par une sensation, il ne demandait rien de plus. Il y aurait bien d’autres manières de faire sombrer Ariesten et ce Dieu qui les avait lâchement abandonnés à leur sort.

« Donne-moi une raison de ne pas te renvoyer directement dans les jupes de notre saloperie de Terre. »

Il n’en avait probablement pas à ce stade, il ne savait même pas ce qu’il fichait ici, il avait simplement suivi son instinct qui lui crier de se venger de l’affront que l’on avait commis, de lui et de sa mort, condamné à n’être qu’une âme en peine.
Bientôt, l’étau qui s’était refermé sur lui se délia, les liens se relâchèrent, et son corps ne luttait plus contre cette voix, il ne fut bientôt plus obligé de se tenir à genoux. Pourtant, il conserva cette position, respectueusement, la tête inclinée par-dessus son autre genou, toute hostilité avait déserté le corps de l’esprit, laissant place à une sincérité inhabituelle.

« Il me semble que je t’ai rapidement jugé jeune prince. » Ce langage ne le quittait pas, bien que moqueur, mais sans méchanceté, les paroles s’échappèrent dans un flot confus, car l’émotion semblait difficile à contenir. Il était prêt à tout pour ressentir à nouveau ce pouvoir le contraindre, le blesser, lui faire connaître cette douleur. « Il semblerait que tu sois digne de succéder à ce monde plongé dans l’injustice. »

Le spectre se redressa, il fit face au terrien écarlate, un large sourire étirant son visage. Il s’approcha jusqu’à ce que leurs visage se jauge à la même hauteur. Il ne le défia pas, quel intérêt alors que leurs buts semblent si proches. « J’ai eu tort de te défier, mais comprends-moi, jeune prince, tu contraries mes plans, j’étais en colère. Mes paroles ont dépassé ma pensée. »

Leurs visages étaient si proches qu’ils auraient pu se toucher si Neil avait eu un corps physique. Ses mains, s’égarèrent de chaque côté de son visage. Il mourrait d’envie de le saisir, de croiser leurs regards. Pourtant, il ne fit pas un geste de plus, reprenant sa mélodie.

« Je reconnais que ce serait une terrible erreur que l’on en vienne à se battre. Quand bien même, j’ose espérer que ça ne t’apporterait rien de me renvoyer sur notre terre natale. Peut-être de la satisfaction. Mais réfléchis bien à ce que, moi, je peux t’apporter en soutien dans ce monde hostile. »


Sans même s’en être rendu compte, les ténèbres les avaient enveloppés tout deux, les yeux ébahis, il se recula de quelques pas, lui laissant l’air et le temps de respirer. Si proches, il lui avait permis de voir les deux étoiles bleutés qui lui servaient d’yeux.  Uniques lueurs qui disparaissaient lorsqu’il s’éloigna.

« Je m’en remets à toi jeune prince, je ne chercherai plus à contrarier tes plans. Il me faudra une liste des boutiques de sucreries que tu fréquentes, j’ai bien peur que nous risquions à nouveau d’entrer dans un désaccord. »

 

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