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[Mission] Quand le passé ressurgit (solo)
Terrien
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Description
Avatar: Leonardo Watch - Kekkai Sensen
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Lun 27 Nov - 21:18
Quand le passé ressurgit.




Tes pas résonnaient sombrement à l’écho du silence, les murmures du vent choyaient dans tes mains comme les derniers secrets du crépuscule. Ton corps avait-il seulement décidé de bouger seul lorsque les rires des enfants s’écriaient que ton abri était dévasté par des rumeurs. Tu t’égarais au monde qui tendait ses bras pour t’envelopper dans tes derniers regrets. Au loin tu guettais les lamentations du soleil qui lentement se faisaient dévorer par les ténèbres. Quelque part, toi-même tu en riais, n’était-ce donc pas ton droit de te moquer des courants de ce monde alors que ce n’était que ce que tu avais toujours connu.

Tu avais déambulé, tu n’avais pas été suspect car tes pas s’éclairaient de joyeux lurons qui sous ton emprise semblaient d’un naturel à en faire pâlir la vie. Les sourires écartelaient leurs joues, les rires écorchaient les cordes vocales, et tu les laissais se bercer d’illusions, tu leur vendais un rêve qui n’était que tien. Ta basse-cour ne tirait sa révérence que dans l’ombre des passants, tu te fondais dans une masse bruyante. Tu tenais en main tes premiers projets d’un monde meilleur. Lentement se dessinait les ébauches de ta scène, le premier acte menait sa valse d’un danse rouillée. Les pages blanches de ton scénario menaient ta créativité vers les bas-fonds des abysses. Tout semblait finalement n’être qu’un décor que le temps t’avait octroyé contre tes gémissements de torpeur, tu le savais que rien ne te mènerait vers la gloire de ta réussite. Tu étais brisé, tu t’étais entouré d’un monde factice dans lequel tu ne pourrais jamais y dégager une étincelle d’espoir. Le malheur plongeait l’innocence dans un chaos que tu ne maîtrisais seulement par la force du regard de la nuit éternelle. Tu plongeais dans le noir, dans la solitude, dans la peur ceux qui avaient la malchance de croiser ton destin funeste. N’y étais-tu pas toi-même dans les tréfonds des ténèbres qui sondaient ton regard bleuté ? Tes danses s’enchantaient par la désolation, et tu étais assis dans ce décor que tu avais dessiné. Tu trompais les gens de ton sourire innocent, tu écoutais ces discours que tu avais toi-même écrit, l’ennui te perdait. Les astres déclinaient peu à peu, le ciel se teintait des couleurs de nacres car peu à peu tu rentrerais dans ton monde, rongé par tes remords, tu serais seul. Mais tu étais toujours seul, tu t’étais encré dans un univers imaginaire. Les larmes ne noyaient même plus ton regard, et seul le vide faisait résonner en toi la mélodie aux accords faussés. Même la mort se moquait de toi, refusant que tu puisses un jour l’enlacer et y sombrer. À la place, tu étais enfermé dans la glace du temps, tu te laissais bercer par des voix qui ne voulaient pas toujours parler d’abattre les intrus d’Ariesten. Tu avais peut-être vu l’espoir en t’éveillant dans la chaleur de ce monde rêvé, mais tu n’étais qu’un étranger du monde d’en-bas. Certains désiraient te voir mourant, te rejetaient comme la peste, d’autres ne te voyaient seulement comme un sujet d’étude du monde qu’ils ne pouvaient connaître. Aussi bien, tu avais muré tes origines dans un silence, jusqu’à rejeter ta propre existence. À ta complainte, ils t’oubliaient et ta rancœur s’éveillait. Pourtant, sur la terrasse de ce café, tu te fondais dans un décor de perfection. Jusqu’à ce que la curiosité n’éveille tes sens. La forêt regorgeait de secrets que tu ne pouvais déceler, mais les récits qui attiraient ton attention semblaient davantage venir du surréel. Tu aimais te bercer d’histoires, tes doigts ripèrent, la mélodie du conte t’animait, tu sentais ton être vibrer, chaque mot se transformait en une pulsation de ton cœur inexistant, une décharge. À nouveau tu te sentais revivre. Un mort ? Que pouvait-il bien arriver lorsqu’un mort pouvait en croiser un autre. La grimace du bien-être efforça ton visage à se tordre dans un rictus que tous ignoraient.

Au diable les politesses, tu n’avais plus que faire des quelques pions qui s’étaient amassés autour de toi pour fuir tes ténèbres. Ton envie était viscérale, les mots parcouraient ton corps, hérissant ta peau d’un frisson d’excitation. Chaque phrase résonnait au son de tes pas qui peu à peu te perdaient dans les ruelles sombres. Les flammes sombres léchaient langoureusement ta peau, tu voulais voir, admirer les plus grands spectacles d’Ariesten et pour cela quitte à te perdre dans la noirceur de ton âme. Braver les dangers, que risquais-tu finalement ? Tu ne pouvais pas mourir. Pas encore. Tu étais dévoré par ton feu abyssal, ton regard clair mi-clos dans l’espoir de percevoir ce qui l’intéressait réellement. En face s’étendait finalement ce qui t’aspirait, dévoilant peut-être ton ultime chef-d’œuvre. Tu étais fasciné. Torturé. Mais tu voulais te confronter à la mort, quand bien même celle-ci n’était pas la tienne. Ton domaine était souillé et tu n’en avais que faire, car tu ne pourrais pas éternellement te fondre dans ce décor. Tôt ou tard tu en serais arraché. Pourtant avec la plus grande des fascinations, tu redécouvrais l’entrée de ton entre. Jamais tu ne t’étais laissé hypnotiser par les branches velues qui ne désiraient que t’attirer dans les limbes et te perdre dans ces bois maudits. À travers les souches et les troncs une coulée de brume te faisait face. Elle assombrissait ton univers, enveloppait chaque centimètre de forêt jusqu’à perdre ceux qui auraient l’audace d’y pénétrer. Vous faisiez le tableau parfait, car tout deux, vous meniez à la perdition dans les ténèbres. Tu étais noir et elle était blanche, pourtant c’est elle qui t’enlaça, puis t’entraîna dans sa valse, tu la sentais presque te tournoyer autour et te choyer dans son étreinte glaciale. Sans même t’en rendre compte, tu avais été happé, pris par la prison verdoyante. Tu t’enfonçais, et t’égarais, le sol se craquelait sous tes pas. Ce n’était pas la peur qui t’animait, tu n’étais même pas animé par toi-même, cet univers semblait t’appeler, tu y apposerais ton règne. Les lèvres brumeuses murmuraient tout contre ton visage le chemin mortel que tu devais emprunter. Elle était la Lorelei qui te perdait et tu le savais que tu ne pourrais retourner sur tes pas, elle t’enlaçait de liens puis te tirer en laisse dans le cœur de la forêt. Ta vision était obstruée par l’éclat du blanc abyssal, pris au piège dans sur ton propre terrain. Tu sentais la morsure du froid pénétrer tes vêtements, et le sentiment étouffant d’avoir un organe qui battait lourdement dans le creux de ta poitrine.

Tu ressentais…

Tu sentais ton corps…
Comme s’il existait de nouveau…

Puis… Également, ce rire glacial. Celui qui vint frôler ton oreille de sa douce mélodie… Il était apparu dans ton dos soudainement…

Dans tes ténèbres, lorsque les pupilles écarquillées tu tournais la tête. Ton regard se voila par l’effroi, aucun mot ne saurait exprimer la tension qu’exerçait sur toi cette voix que tu pensais avoir oubliée. Elle s’était pourtant encrée dans ton esprit, marquée au fer rouge. La terreur figeait ton corps. Ce n’était pas possible.

Pas possible…

La voix éraillée du temps te jouait des tours, tu ne pouvais y croire comme tu en mourrais envie. Tu sentais le sang pulser dans tes veines au rythme de ton cœur effréné, allais-tu tourner la tête et faire disparaître ce piètre rêve qui te hantait dans l’ennui de tes insomnies ? Penché par-dessus ton épaule, tu sentais son visage proche du sien, son souffle balayait les quelques mèches hirsutes qui logeaient près de ton oreille. Enfin vos regards se croisèrent…


~


La pluie écarlate s’écoulait entre ses doigts. Le visage se peignait d’un rouge ocre tandis que son regard se portait sur leurs mains enlacées. Il n’avait d’yeux que pour ce lien qui les unissait. Inerte, il ne pouvait y croire, la peau était glaciale, et dans son regard vitreux, il y décernait le reflet qui était sien. Le souffle n’était plus, il était plus pâle qu’un mort, l’enfant secoua son ami. En vain, le cadavre s’effondra inerte dans la mare pourpre qui s’étendait sous leurs corps.

« T’es-tu déjà confronté à la mort ? »

Le garçon releva la tête, ses prunelles bleutées se brouillant par les larmes de terreur. La mort, qu’était-elle si c’est qu’une idée abstraite de la fin de la vie. L’enfant n’en savait rien et secoua la tête. Il n’avait pas la moindre idée de ce qui venait de se passer. Si naïvement protégé de l’enfer, côtoyait-il enfin la dure réalité du monde ? De ses deux mains il saisit celle de son ami puis y pressa sa joue. Elle était gelée. Il avait mal. Au fond de lui, son cœur semblait imploser, le terrifiait d’imaginer l’impossible. Sa voix se confronta au silence ravageur, il hurla. Sa gorge s’écorchait, ses poumons étaient en feu, mais il continua. Son cri déchira le ciel, les larmes brûlaient ses joues, traçaient des sillons sur le masque de sang qui souillait son visage. Le regard tourné vers le ciel, ébahis, les épaules tressautant au rythme de ses sanglots. Dévoré par une aura noire mouvante, le mot prit sens dans son esprit.

Mort…

L’enfant saisit son propre faciès, plantant ses ongles dans la chair, la déchirant sous la rage. Il avait mal, à l’intérieur, à l’extérieur, partout. La puissance de son cri dépassa à outrance ce qu’il avait bien pu provoquer.

Mort… Mort… Mort ! MORT !

Il secoua la tête, se couva de sa détresse, écartela la chaire meurtrie, le sang ruissela, les larmes le torturait. Une fumée noire s’échappa de ses blessures.

Les ténèbres explosèrent.



~


Un sourire naïf te faisait face, même dans la mort il n’avait pas changé. Ta main agissait d’elle-même, effleura la joue d’albâtre. Tu étais plus grand que lui maintenant, pourtant tu te sentais redevenir l’enfant au contact de son regard. Tu savais que malgré ton océan abyssal, lui-même pouvait te voir. Mais tu ne savais pourtant pas comment réagir.

Douleur.

Un flot écarlate jaillit soudainement de ton épaule, ses dents s’étaient plongées dans la chaire. Ton cri ne manqua pas de résonner dans le silence imposé par la forêt. Avais-tu oublié le goût de la souffrance physique ? Probablement, car tu ne l’aurais jamais repoussé comme tu venais de le faire à l’instant. Des larmes brunes s’écoulaient sur ses joues tandis qu’il se redressait, vous vous faisiez face. Tes idées s’embrouillaient, la situation était bien trop surréaliste pour que tu puisses encaisser autant d’informations.

« M-Ma-… aal… »

Tu le voyais, il tenait sa poitrine. Il souffrait. Toi aussi. Tu ne pouvais supporter qu’il doive supporter le fardeau de la douleur. Elle devait être à toi. Il n’avait pas le droit de souffrir. Vos regards se croisèrent à nouveau, une grimace déformait ses lèvres, il hurla.

« J’AI MAAAAAAL ! »



~


Neil courait droit devant lui joyeusement, les bras tendus. Puis trébucha. La panique éveilla son ami. Neil n’aimait pas avoir mal. Et lui n’aimait pas voir Neil pleurer. Pourtant celui-ci se redressa, il reniflait, et il était prêt à éclater en sanglots, pourtant… Il ne pleura pas.

« Je n’ai pas mal ! »

Puis il croisa le regard de son ami et finit par s’effondrer en courant se réfugier dans ses bras pour pleurer. Finalement, si, il avait mal.



~


Il fonça vers toi, sa détresse te brisa le cœur. Il voulait ta mort et tu ne pouvais même pas lui en vouloir. Entre vous ricochait la douleur et le rire. Et toi aussi tu voulais ta mort. Alors qu’est-ce qui réellement te poussait à esquiver ses assauts ? Tu sentais ton corps lourd que tu avais oublié. Tu sentais le souffle te manquer, et tes poumons cracher du brasier. Tu voulais l’étreindre pour que ton dernier souffle résonne avec sa rage. Ton corps agissait seul, tu ne pouvais qu’éviter chaque morsure et chaque entailles sur ton corps décuplaient ses hurlements.

« MAL ! MAL ! MAL ! »

Il le répétait comme un mantra. Tu voulais l’aider, apaiser sa souffrance. Mais réguler ton corps était un exercice déjà suffisamment épuisant pour toi, tu n’arrivais pas à cerner la situation. Tu n’étais même pas sûr qu’elle fût réelle. Tu ressentais pourtant bel et bien la douleur qui perçait ton corps de part en part, chaque fois que le sang recouvrait ton corps. Tu riais presque maintenant, quelques années auparavant tu en aurais hurlé avant de te cacher. Le temps t’avait bien changé, t’avait dessiné à sa vision. Pourquoi t’avait-on arraché à une bulle où ton bonheur était à son comble ? Tu avais tes croyances et tes espérances, si bien qu’elles étaient fausses, tu n’avais pas besoin de semer le désespoir sur ton chemin. Et encore maintenant tu refusais de croire que l’on te l’avait arraché, qu’il était mort à ta place. Tu étais faible, lui aussi.

Pourtant, lorsque maintenant, tu te retrouvais face au fait accompli, tu n’avais pas évolué, et lui si. Même dans sa mort il continuait à te surpasser sur bien des points. Tes mouvements étaient réduits et tu ne pouvais fuir. Tu ne voulais pas fuir. Lui était vif et précis, et tu l’avais bien compris, il ne serait pas apaisé tant que ta tête ne tomberait pas de tes épaules.

Un moment d’inattention et tu l’avais perdu du regard. Tu ne le vis que bien trop lorsque son poing s’écrasa sur ta joue pour t’envoyer valser contre un arbre. Une chose dont tu étais sûr c’était que le combat n’était clairement pas fait pour toi. Ton souffle s’était coupé net, le choc t’avait sonné quelques instants et tu peinais à te redresser. C’était drôle, toi qui aimais faire crier tes poupées sur ton théâtre sanglant, tu n’avais jamais versé le sang sciemment. Mais plus étrange pour le moment. Dans ton moment de répit, il ne t’avait pas achevé, ta main posée contre ta poitrine, tu en profitais pour reprendre ton souffle. Enfin, tu levais ton regard sur ton bourreau afin de comprendre ce qui l’avait arrêté.

Un éclair de compréhension perça ton regard.

Dans ce chaos abyssal dans lequel vous étiez deux. Tu avais enfin compris. Il se tenait face à toi, le regard perdu dans le vide, il empoignait à deux mains ses mèches blondes en hurlant de terreur. Les larmes brunes dévoraient son visage. Il chancelait et se perdait dans ses pas manquant de tomber à plusieurs reprises.

« MAL ! MAL ! MAL ! MAL ! »

Poussé par quelque chose que tu ne pouvais comprendre, un éclair de lucidité te traversa ; il ne voulait pas te tuer. Il devait de tuer. Chaque contradiction le déchirait. Il souffrait non pas à cause de toi. Mais pour toi. Tu t’égarais dans tes ténèbres, mais tu n’avais toujours pas de solutions à ce problème. La brume était bien trop dense pour que tu puisses en réchapper, et aussi vite il aurait ta peau. Tes idées étaient confuses, ton corps était fourbu par la douleur et lui ne tarderait à reprendre ses assauts auxquels tu ne pourrais bientôt plus résister. Lentement, tes orbes bleutés s’obstruèrent d’un voile noir. Tu avais besoin de réfléchir vite, tu tentais d’analyser la situation et la faire tourner à ton avantage. Trop de choix s’offraient à toi et tu n’étais sûr de rien.



~



Les astres s’étaient voilés de sa cape sombre où même les étoiles peinaient à étendre leur lumière bienfaitrice. La lune avait été dévorée par les ténèbres, dès lors les vieux démons venaient hanter le village. Aucune ne lumière ne filtrait dans cette nuit dangereuse, préférant se perdre dans les échos de l’oubli. L’univers miniature de ce monde s’ouvrait pleinement aux joies de leur liberté. Tout semblait finalement prospère au milieu de ce désert du chaos. Isolés de l’enfer, ils avaient espéré y échapper.

Ils étaient alors tout deux blottis l’un contre l’autre se cachant sous une maigre couverture. Après quelques gloussements, il donna un petit coup de coude dans les côtes de Neil qui gonfla ses joues. Alors pour se faire pardonner, il l’attrapa dans ses bras en rigolant.

« Ne boude pas ! J’ai un secret à te montrer ! »



~


Enfin, ta voix s’éleva dans la pénombre. Il pencha la tête un instant après avoir cessé ses jérémiades. Les bras ballants le long de son corps et le dos courbé, tu sentais ta poitrine se serrer. Il avait tant perdu de sa superbe. Tu ne savais pas vraiment par où commencer, mais quitte à prendre un risque, tu n’étais de toute façon jamais sûr.

« Je doutais un peu de ton identité, j’avoue avoir peiné un instant à te reconnaître. »

Ah tes belles phrases cyniques, tu ne pouvais décidément pas t’en empêcher n’est-ce pas ?

« Mauvaise réponse visiblement. »

Un hurlement furieux t’avait répondu et heureusement que tu avais eu la décence d’éviter ce coup là, tu n’étais pas sûr de quel aurait été ton état s’il t’avait touché. Du moins tu le devinais quand il percuta le tronc qui explosa littéralement. Bien, tu allais devoir éviter les mauvaises blagues.

« J’étais pourtant certain que tu adorais plaisanter plus jeune. »

Le temps s’arrêta soudainement autour de toi. Quelque chose te paraissait limpide. Tu l’observais un moment. Les larmes brunes s’étaient taries pour devenir de simples perles nacrées. Avais-tu enfin compris ? Tu hésitais. Qu’avais-tu à perdre réellement ?

Tes lèvres allaient se délier enfin, tu avais tant besoin de relâcher ce mal qui t’emprisonnait. Mais il n’allait vraisemblablement pas te laisser faire, non presser de mettre fin à tes dernières paroles. Tu n’esquivas pas. Tu encaissas même. Si ton corps survivait à cet assaut, tu serais bien chanceux. Ses doigts avaient perforé la peau, il tenait de peu ton estomac dans sa main. Au moins tu étais sûr de le tenir. Ta main s’était refermée autour de son poignet. Tu haletais doucement, le sang remontait dans ta gorge et tu peinais à ne pas montrer ta douleur. Une gerbe écarlate cascada le long de ton menton en s’écrasant sur le sol. Un sourire effleura tes lèvres. Le véritable, celui que tu ne sortais pas dans ta bienséance. Tes yeux se rouvrirent lentement, vous baignant tout deux dans tes ténèbres. Ton front rencontra lentement le sien. Tout s’était peu à peu figé entre vous.

« Dis… Tu te souviens ? Un jour tu m’as dit. »


~


« Ne boude pas ! J’ai un secret à te montrer ! »

Le garçon se tut prêt à écouter ce qu’il avait à lui annoncer. Tout contre son épaule, il vit avec émerveillement ses mains s’éclairer d’un halo de lumière pure. Une douce chaleur s’en échappa. Peu à peu les ténèbres s’éclipsèrent au contact de la faible lueur. Neil s’extasia devant la beauté du moment.

« Waaah ! »

Il posa ses mains sur les siennes, un large sourire étirant son visage.

« Je veux faire la même chose ! »

Puis en fronçant les sourcils, il étendit ses bras devant lui, les mains à plat face au vide puis poussa un petit cri pour se donner de la motivation. Une dent manquant à sa jolie dentition. Il attendait, et avec tout l’espoir du monde, il ne parvint pas à produire la moindre étincelle. Il leva les yeux, ne cachant pas sa déception.

« Je n’y arrive pas ! »

Son ami rit doucement, puis posa une main sur les siennes afin d’y imposer une lumière vierge. Puis après avoir retiré sa main, la rémanence de son pouvoir éclaira celles du petit.

« J’ai réussi ! J’ai réussi ! »



~


Au fur et à mesure de ton récit, tu n’étais plus celui qui tenait dans les bras, il était celui qui te tenait. Ses mèches blondes caressaient ton visage, vos mains s’étaient soudées et dans ta pénombre, sa lumière vous éclairait tous les deux. L’émotion écrasait ta voix, Ces souvenirs te semblaient si douloureux, car tu les avais coincés dans un coin de ta mémoire. Tu ne voulais plus te rappeler.

« Tu étais resté trois semaines à pleurer dans les jupes de maman parce que tu n’y arrivais pas. »

Sa voix c’était le même timbre, mais elle était plus grave, tu ne voulais pas lever la tête. Tu savais que le rêve allait s’achever bientôt. Alors doucement, tu repris.

« Tu m’avais fait croire que je pouvais y arriver. J’étais vexé. »

Tu fermais les yeux, et l’aube embrassait lentement l’horizon. Tu ne voulais le voir partir pourtant son corps s’effritait peu à peu s’envolant en de multiples particules de lumière.

« Tu as réussi sans moi, tu sais. »

Il ne resta dans le silence plus que toi, tu ne souffrais plus. Ton corps n’était plus que spectre, mais les larmes ne pouvaient s’empêcher de rouler pour ce frère que tu avais perdu, délaissant comme seul souvenir une marque de dents apposée sur ton épaule.



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