tu me prends pour une poire? (alesund)
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C'est le regard animal d'une entité en danger, comme un animal traqué, la méfiance permanente que le plus parfait des jeux d'acteur n'arrive pas à dissimuler ; c'est cette peur quotidienne, ce doute sur chaque personne, chaque regard, chaque entité. Tu te demandes Asriel, quelle est l'image que tu renvoies, le regard qu'on te porte, les préjugés que l'on a. Tu te demandes à quoi ressemble ce fichier qu'ils ont sur toi, le nombre de détails, à quel point ton identité est préservée. Tu te demandes, Asriel. Chaque jour, chaque seconde, et surtout chaque nuit. Chaque nuit agitée, angoissée, le noir à l'image de ta connaissance de ce monde si carré. Tout est tellement différent de la Terre, tellement différent de cette débauche de violence permanente ; tout est noté, enregistré, observé, surveillé. Un jour comme un autre, les personnes de ce quotidien pour lequel tu te bats pourrait se retourner contre toi en t'identifiant à ce criminel que la milice connaît si bien. Un canidé inconnu, insaisissable, un gamin intenable, un rescapé des enfers dont on ne veut rien savoir. Tu savoures chaque respiration comme un cadeau, chaque instant de liberté comme une rédemption méritée ; tu gardes cette image de sagesse au quotidien, amabilité parfaite noyée dans un nombre incalculable de mensonges.

Tu ne veux pas te dévoiler, Asriel. Pas au milieu de ces gens, de ce monde si parfait qu'il t'en semble menteur même si tu commences à t'attacher à ce quotidien. Tu détestes l'idée de te perdre dans le plaisir d'une paix qui pourrait disparaître d'un jour à l'autre. Tu détestes l'idée de dépendre d'un système qui cherche à te faire disparaître. Et pourtant, tu n'as pas le choix. Et pourtant, c'est ton seul échappatoire - un travail moyen, un appartement moyen, des connaissances presque inexistantes en dehors de ton cercle d'amis. Et pourtant, c'est tout ce à quoi tu peux prétendre, et ça te suffit amplement. Livrer de la nourriture mauvaise, faire preuve d'une politesse pour laquelle chaque rencontre est une épreuve, montrer ce faux visage aux clients comme au monde d'un gamin bien trop aimable.

Aujourd'hui, le tableau est différent et c'est avec tout le temps du monde, un soin que ton travail ne te permet pas d'appliquer que tu quittes ta maison de fortune pour rejoindre le marché dans l'avenue commerçante. C'est dimanche et tu apprécies cette ambiance reposante au milieu des personnes souvent plus âgées - un grand sac vide en main, ton argent glissé dans une poche intérieure, tu marches doucement au milieu des différents stands. Les marchands, pour la plus grande majorité, sont tous agréables ; tu prends le temps de discuter avec plusieurs d'entre eux tandis que tu fais tes achats, changeant régulièrement ton sac de main pour en adoucir la masse. Attentif aux alentours, ton regard se perd sur les différentes personnes en pleine discussion sans réellement t'y intéresser jusqu'à ce que tu te surprennes à attarder ton regard sur une fille étrange, mais surtout, probablement attardée. Elle se tient plantée là à parler à un fruit qu'elle tient en main - et ce n'est pas la discussion qu'on a avec son ordinateur ou son téléphone pour les insulter, ou les remarques gaga qu'on lance à ses animaux, non. C'est une vraie discussion - et tu plisses légèrement les yeux pour observer le fruit sur lequel tu ne vois ni bouche ni signe d'un mouvement particulier.

Tu as vu des gens tarés au cours de ta vie mais c'est certainement la première fois que tu fais face à une telle connerie. Tellement que tu restes scotché là à la regarder, le bec cloué, incapable du moindre commentaire pertinent. Ce doit être une blague. Une caméra cachée. Ou un pari, qu'importe. Mais une personne comme ça ne peut pas exister.
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Jeu 14 Déc - 17:37


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Vos grands-mères maintenant, bande de chiens ! Le juron avait fusé net et tonitruant dans l'esprit vagabond d'une idiote penchée au-dessus d'un étalage d'oranges diverses et variées. Interdite, la jeune fille détenait précieusement au creux de ses mains en coupe une orange tout à fait singulière ; qui avait pour le moins que l'on puisse dire le verbe fleuris et un ascendant incontestable sur sa personne tant et bien qu'elle n'osa pas prononcer ne serait-ce qu'un mot. L'histoire de ce drôle de duo avait débuté ce matin-là presque comme n'importe quel autre. Alesund l'itinérante avec ses idées farfelues et ses pensées embrumée posa son regard léthargique sur la voute céleste que les étoiles constellaient encore et qui mourraient bientôt lorsque le soleil que l'on sentait poindre malicieusement à l'horizon réchaufferait l'aube en le parant d'une teinte orangée. Les cheveux affreux, emmêlés, écrasés d'un côté et rebiquant d'un autre, l'herboriste entrepris une longue session d'étirements et de bâillements avant de ne serait-ce que songer à chauffer l'eau de son thé. Il n'était pas rare pour elle de dormir à la belle étoile ; ne trouver ni gîte ni couvert ne la contrariait en aucune façon car à son sens, il n'y avait rien de tel que s'allonger chaque nuit dans un endroit différent. Bien loin des préoccupations que l'on connait aux adultes telle la peur de l'inconnu, des conflits et du mauvais qui agite perpétuellement le monde, Alesund ne retenait de lui que la fraîcheur de ses nuits, le bruissement de l'herbe humide de la rosée durant la matinée sous ses pieds nus, la rumeur les jours de marché qu'elle arpentait sans jamais s'y dérober… Cette fille était tout bonnement simplette, trop imbécile et insouciante pour son propre bien et ce malgré l'omniprésence d'une compagnie des plus toxiques : le bon ami José.

Par amitié il fallait comprendre qu'Alesund – pour une raison qui échapperait à tout être doté d'un soupçon d'intelligence – nourrissait une tendresse infinie pour le vulgaire agrume qu'était ce dénommé José. Chaque jour du matin au soir et du soir au matin, elle essuyait le courroux de ce fruit qui était son parfait opposé. Ses mots étaient aiguisés comme des couperets, ses idées noires et le fond de sa pensée cynique. Si l'hurluberlue portait sur le monde un regard sans haine, il tenait au contraire rudement à cœur à son acolyte de dénoter toutes les imperfections de sa chienne de vie. C'était avec cet état d'esprit que l'agrume entamait chaque journée et notamment celle-ci, jour de marché.

Après avoir avalé deux tasses rases d'une mixture de thé et plantes diverses et variées glanées au cours de ses balades, Alesund peigna ses longs cheveux couleur de blés qu'elle tressa pour laisser reposer sur son épaule. Elle enfila – loin du regard indiscret et ô combien désintéressé de José – une robe froissée qu'elle extirpa de son sac de voyage, remballa ses ustensiles de cuisine mis à sécher au vent la veille après le dîner puis se mit en marche pour le marché en tenant José d'une main. Ce dernier était d'une humeur exécrable que l'herboriste jugeait bien enjouée ; elle qui subissait ses humeurs depuis quelque temps désormais s'était tant habituée à la sauvagerie de son soi-disant ami que son cerveau atrophié parvenait à trouver du bon là où il n'y en avait définitivement pas.

Aussi paradoxale que cela puisse paraître compte tenu de la nature de son don, Alesund se complaisait à errer dans le marché, malgré l'énorme céphalée dont elle venait à souffrir une fois celui-ci terminé. Elle supportait avec un sourire rayonnant et bête sur le visage le brouhaha de la foule, mais surtout celui des fruits qui n'en terminaient pas de beugler notamment les consœurs oranges de José, lui qui ne ratait jamais une occasion d'aller au conflit. Par malheur et comme un coup du sort, ce n'était ce jour-là pas de simples oranges que le duo avait rencontrer sur sa route non ; il s'agissait de la pire espèce qui soit, celle qui fût affublée d'un sobriquet tout à fait saillant : l'orange sanguine. L'altercation était partie de trois fois rien semblable à un début d'incendie causé par une légère étincelle au cœur de sèches brindilles. Ohé l'autre, matte son écorce, dégueulasse ! Une orange sanguine parfaitement ronde et d'apparence parfaite cracha au milieu de l'étalage. Zé-ro flow ! Renchérit sa voisine, un peu moins belle, un peu moins parfaite. Piqué dans sa fierté, vraisemblablement parce qu'il se savait moins beau avec ses écorchures çà et là qui striaient sa peau. Vos belles races à vous ! On vous a pas demandé d'ouvrir vos claques merdes ! Vous allez finir pourrissantes au fond d'une cagette, v'là c'qui vous attends, y'a pas d'quoi se vanter !

Du reste, le dialogue s'il l'on pouvait réellement appeler cela un dialogue, fut dédié à un échange continu d'insultes diverses et variées ; certaines même à l'encontre de la blonde qui restait plantée là, son orange à la main, à attendre que la tempête en essuyant les regards ronds du marchand et des passants tout autour d'elle sans pour autant y prêter plus d'attention. José, votre langage ! Souffla-t-elle à l'attention de son acolyte tandis qu'elle l'approchait de son visage. Vous gênez tout le monde, voyez comme on nous regarde ! Sans lui laisser le temps de reprendre sa remontrance, José la gratifia d'un sec ta gueule qui la fit déglutir péniblement. Elle soupira puis se confondit en excuses avant de faire un pas de côté et de considérer le garçon qui la dévisageait depuis un moment. L'idiote courba poliment l'échine et fit faire de même à son orange avant de gratifier le jeune homme d'un sourire gêné mais qui se voulait terriblement amical. Oh, excusez-nous, nous vous gênions dans vos emplettes peut-être ? Ah, mais… ! Alesund jeta un regard circulaire tout autour d'elle puis s'approcha en sautillant à hauteur du garçon afin de murmurer. S'il vous est venu à l'idée d'acheter quelques oranges sanguines, je ne vous le conseille pas… Elles sont acides !

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Sam 16 Déc - 9:05


Putain de marché, quand même. Putain de journée pour la pute d'un système simple que t'es pas foutu de surpasser. T'es pas pitoyable Asriel, planté là à observer une blondinette jouer avec les fruits, gamine un peu trop grande pour ne pas comprendre qu'il faut évoluer au regard de ton jugement d'apparence. T'es pas bête à rester figé, dénué de discrétion, pas capable de comprendre sa remarque comme s'il existait un seul univers où tu étais celui à être gêné par sa présence. Réveille-toi pauvre fille, c'est pas à toi de te sentir désolée. Rebelle-toi contre ce dépressif bizarre qui sans raison garde ses yeux rivés sur toi. T'es pas ridicule Asriel, avec tes cheveux pendants, ton regard perdu, ton corps gelé devant une scène peu commune mais pas si surprenante, l'esprit à cran comme si tu cherchais du merveilleux dans une question à laquelle la simplicité répondrait.

Il y a cette naïveté qui flotte, une ambiance unique et tu restes interdit, ta méchanceté sapée par la stupidité de cet être et cette simplicité qui serait presque touchant si tu en ressentais autre chose qu'une neutralité totale. Tu es trop surpris pour ressentir ne serait-ce qu'un quelconque agacement et ton humeur s'immisce là, à mi-chemin entre surprise et déni, dans une réalité que nul ne veut affronter. Quelqu'un ne peut pas être aussi idiot ; tu ressasses cette pensée, indigné de savoir qu'au regard de n'importe qui, ce pusse ne pas être ta faute alors que ton impolitesse crève les yeux. Comment es-tu censée ressentir la moindre fierté de tes mauvais actes s'il n'y a personne pour s'en indigner ?

- Tu ne me gênes pas, répondis-tu platement. Tu gênes tout le monde.

Ce n'est pas tant de la franchise puisque tu te moques de l'honnêteté de la situation pour autant que tu parviennes à l'en dégoûter. Tu ne cherches pas la réponse la plus juste mais celle qui te satisfasse le plus dans ton humeur actuelle - celle de la quête du plus grand connard de l'humanité. D'un côté, ce n'est pas entièrement ta faute : elle a des bons côtés - elle n'est pas moche, elle a sans doute de très bonnes attentions et tu sens sa délicate odeur fruitée depuis qu'elle s'est approchée de toi, adoucissant ton humeur - mais toute cette grâce et cette féminité s'envole devant la violence réalisation de sa bêtise. Comment apprécier ses qualités lorsque son organisme de réflexion paraît si microscopique ? Ce manque d'intelligence est si important qu'il en est flagrant, s'étend jusqu'à son regard qui paraît perdu devant chaque alignement de tes mots. Tu ne réalises pas qu'elle est réelle, tu en es incapable. Mais son absence de charisme est telle qu'elle t'a ôté de toute intention nocive, comme si la laisser livrée à elle-même était le pire cadeau qu'on pouvait lui faire, et tu comptais bien le lui offrir.

- Alors, pourquoi tu parles à un fruit ? Ou plutôt ce qu'il en reste, à en juger par sa dégaine.
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Ven 29 Déc - 19:08


tu me prends pour une poire
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OooOoOoOh ! fit la jeune fille en réponse aux dires de l'étranger. Le moins que l'on pouvait dire au sujet de ce cri était qu'il venait sincèrement du cœur et possédait une sonorité semblable à celle du chant d'un oiseau qui meurt. Interdite, elle relevait ses mains au niveau de son regard afin de dessiner du regard la courbe de son ami l'agrume. José ! JOSÉ ! Voilà où nous mènent toutes vos jérémiades ! Oh, pardon mesdames et messieurs, pardon ! La jeune fille tournoya autour elle pour jeter un regard circulaire sur le marché, comme pour attester à tout un chacun et ce personnellement de la sincérité de son embarras. Si elle parut bien bête à effectuer sa pirouette, elle véhicula malgré une bien jolie image lorsque les volants de sa robe d'un bleu pareil à celui de ses yeux virevoltèrent au gré du vent. Quant à vous José, je vous prierais de tenir votre langue, vil malandrin ! La demande fût accompagnée d'un geste des plus sévères : l'herboriste agita un index menaçant réservé à l'accoutumé à réprimander les jeunes enfants qui s'aventuraient sur de périlleux chemins. Sans surprise évidemment, le fruit provocateur rétorqua d'une formule dont seul lui avait le secret. Une insulte bien sèche, bien piquante qui ébranlerait les esprits les plus sensibles qui, même si la tête blonde qui lui servait bien souvent de perchoir était d'une bêtise infinie et d'une candeur sans pareil, ne lui arracha qu'un « oh ! » d'indignement en entendant sa pauvre mère en prendre pour son grade.

Une fois les ardeurs de José calmées, Alesund gratifia le garçon d'un regard empli d'embarras, mais qui s'éclaira par la suite une fois qu'elle se vit interrogée. Cette question-là, elle l'avait essuyée un nombre incalculable de fois. Naguère penserait qu'à force d'habitude, l'idiote aurait appris à formuler une réponse digne de ce nom, non pas une sorte d'énigme plus farfelue qu'elle, mais il n'en était rien. D'une certaine façon, cela restait malgré tout attendu. Tout comme le don de feu son aïeule grand-mère Yorda, ce dernier ne prenait pas de forme physique. Il était aussi vaporeux qu'une brume matinale, aussi imperceptible que la dernière miette de pain perdue sur la table après un bon repas. Explications claires et précises ou non, les personnes qui croisaient le chemin de l'improbable duo étaient rangés dans deux cases : les hargneux convaincus d'avoir été pris pour des cons, d'après leurs mots et les pragmatiques qui reprenaient leur route comme si de rien n'était. Dans les deux cas, ni les uns ni les autres ne parvenaient à ébranler l'excentrique hurluberlue.

Vous savez… commença-t-elle sur un ton qui relevait presque de celui de la confidence. Avant d'être un fruit, cette orange est avant tout mon amie ! Ladite orange pesta d'un « et ça recommence » des plus agacés. Et mon amie s'appelle José ! Je dis amie parce que c'est une orange, mais il s'agit bien d'un homme. Son langage ne conviendrait pas à celui d'une lady. Soudainement intéressée par un pétale de fleur balayé par la brise, Alesund pris une poignée de seconde pour l'observer se faufiler entre les preux arpenteurs des étales du marché puis repris avec un air sérieux qu'on ne lui connaissait pas souvent. Voyez ! Preuve à l'appui, elle tendit les mains près du visage du garçon de façon certes brusque, mais suffisamment éloigné de lui pour ne pas lui faire craindre de se manger une orange en pleine figure. Ce fruit n'est pas un fruit comme les autres. Tous les fruits ne sont pas des fruits si ordinaires. Pas avec mon… Un ange passa, dans un étrange souci de créer un inutile cliffhanger. DON ! Elle rapprocha son amie l'orange de sa poitrine puis s'en suivis un récit bref de sa petite vie. De la façon dont elle avait découvert son don, des conseils de grand-mère Yorda qui possédait un don similaire au détail près qu'elle entendait les légumes lui parler, des diverses personnalités dominantes des fruits : les pommes étaient égocentriques et narcissiques, les raisons de vraiment pipelettes... Elle lui conta également sa rencontre d'un magnifique jeune homme qu'elle avait rencontré aux confins de ce monde, sur une terre glacée et qui avait eu un sa possession un artefact fabuleux qui permettait l'interaction entre les hommes et les objets inanimés. A ces mots, José souffla un soupire mélancolique. Quand reverrait-il son bel Apollon ?

Finalement – certains diront que ce n'était pas trop tôt – le récit toucha à sa fin. Du reste, tout allait dépendre de l'imperturbable garçon. C'était assez inexplicable, mais Alesund semblait déjà nourrir un certain intérêt pour ce garçon. Mais ne c'était pas quelque part aussi étrange que cela pour une jeune fille qui prenait pour meilleure amie une orange qui n'en finissait jamais de l'insulter.

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Lun 1 Jan - 19:13


Le battage de couilles était une expression récente et propre à la jeunesse de nos jours. Elle pouvait sembler absurde étant donné la significatif littérale de ce qui était utilisé comme métaphore mais pour une raison encore obscure, la référence aux attributs génétiques semblait être la clé pour appuyer la force de ses propos au quotidien. Ce qui pouvait sembler étonnant ici, c'est que tu n'étais pas une personne vulgaire : la plupart des gens qui te connaissaient de réputation - ça signifiait la milice - s'attendaient à crouler sous les insultes d'un jeune homme plein de haine et de colère et il est vrai que ton éducation ne jouait pas en ta faveur. Cependant, tu savais te maîtriser et tu faisais preuve d'un calme à tout épreuve lors de la majorité des cas.

Cette situation était particulièrement unique pour ces deux raisons : non seulement ton self-control tant vanté semblait mis-à-l'épreuve mais il s'agissait d'un miracle de constater que le battage de couilles semblait être une parfaite illustration de cette situation. Il était rare que tu manques de politesse au premier abord envers les gens - malgré ta méfiance universelle, tu accordais toujours le bénéfice du doute à chaque être vivant - et si cette demoiselle était loin d'être méchante, sa stupidité semblait être à l'image de ta négativité : interminable. Force était d'admettre que son don - bien que particulièrement ridicule et dont tu cacherais l'existence si tu le possédais - était assez amusant, en plus de rendre la situation amusante étant donné le climat alentour. Il te parut impossible de te retenir de lui demander l'état d'esprit des aliments qui traînaient misérablement au fond de ton sac, cependant, lorsqu'elle enchaîna sur le récit de sa vie, ton peu d'intérêt pour elle sembla fondre comme neige au soleil.

Étant toi-même un pauvre terrien dont le passé était aussi vide que l'espace crânien de cette demoiselle, tu n'étais pas à même de juger son histoire mais tu n'étais pas loin de te battre complètement les couilles de ce qu'elle te racontait. Par là, tu te sentais prêt à te défaire de ton bas et d'administrer de gigantesques claques à tes appareils reproductifs pour autant que cela puisse te libérer de ce récit terriblement chiant. Mais hélas, à l'image de la masturbation, cette pratique semblait fort inadaptée en public - et si le plaisir de cette dernière manquait à l'appel, tu n'avais aucun intérêt à extirper ton splendide derrière du vêtement dans lequel tu l'avais fourré.

- Quelle histoire passionnante, crachas-tu ironiquement.

Il va de soi qu'elle était certainement incapable de comprendre toutes les subtilités du sarcasme qui constituait la majeure partie de ton discours auprès des gens. Tu ne savais pas ce qui te retenait de tourner les talons, yeux levés au ciel et de laisser cette entité sous-intelligente livrée à elle-même mais un mélange de curiosité eut égard de ce qui avait bien pu concevoir une telle personne et une envie d'amusement te maintenaient en compagnie d'Alesund.

- Moi, je suis un terrien.

C'était un pur manque de respect que de lui communiquer quelque chose d'aussi vital. Asriel Holmes était un citoyen lambda là où le renard était recherché pour son évidente origine illégale. Tu t'exposais clairement à des arrestations si elle avait la présence d'esprit de réaliser la situation mais jouer avec le feu te semblait être une option bien trop intéressante pour que ton envie de défi y résiste. Cependant, c'était aussi une illustration parfaite de ton manque d'estime pour les performances intellectuelles de ta pauvre interlocutrice qui commençait à en prendre sérieusement plein la gueule au sein de cette narration.

- Ce n'est pas facile. Je suis recherché par la milice alors que j'essaie simplement de vivre normalement bien que je n'ai pas de famille ou d'amis. Mais ne dis rien à personne, d'accord ?

Quel connard peux-tu être, parfois.
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Dim 14 Jan - 15:17


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Ce n'était pas de simples étincelles qui s'étaient mises à ruisseler sur la toile des prunelles azurées de l'imbécile, mais bien un incroyable feu d'artifices des plus éblouissants. Trop aveuglée par l'euphorie pour pouvoir déceler dans les mots aiguisés du garçon poindre une bonne dose de cynisme, Alesund posa adroitement José sur son épaule puis frappa vigoureusement les paumes de ses mains entre elle. Le moins que l'on puisse dire était que d'aventure, ses récits ne rencontraient pas un si grand succès. La plupart se désintéressaient bien vite et demandaient à la tête blonde de payer ses achats, les ménagères prétextaient avoir une soudaine course à devoir effectuer ou allaient même parfois jusqu'à gronder faussement leur enfant afin de se tirer de ce faux pas. Bien loin d'imaginer que l'on puisse aller jusqu'à cette extension pour s'extirper de ses serres, Alesund se contentait bien souvent de hausser mollement les épaules avec un José des plus agités s'égosillant depuis sa poche, puis reprenait le cours habituel de sa vie.

Si la réaction du jeune homme avait été particulièrement clémente et peu anodine puisqu'elle n'avait pas été une seule seconde interrompue, ce qui venait par la suite laissa bien plus hagard la drôle d'herboriste. Terrien. Le mot résonna longtemps dans les parois de son crâne où jamais rien ne se bouscule d'accoutumée. Alesund fit papillonner ses yeux, laissa légèrement sa bouche ouverte et gratifia le garçon d'un air idiot de poisson mort. D'abord parce que selon elle, le mot voulait dire quelque chose entre tout et rien. Hurluberlue vivant la plupart du temps dans la forêt, clandestinement dans un parc ou chez l'habitant quand celui-ci était trop bon pour son propre bien et l'y invitait, c'était naturellement qu'elle n'était pas au courant de ce qui secouait le monde. Son monde à elle était fait de dessins de plantes griffonnés dans son carnet, de choix hasardeux comme la dégustation spontanée d'un champignon rouge vif au pied d'un arbre centenaire, des noms d'oiseaux que son amie l'agrume l'affublait ainsi que des jours agités du marché. Ni plus, ni moins. Évidemment, elle avait eu vent au cours de ses journées à arpenter les étals les jours de marché de la menace que représentait ces terriens, mais si la couleur peu rassurante d'un champignon toxique dans la forêt ne l'affolait pas assez pour qu'elle renonce à le goûter, ce n'était pas un simple terme générique qui allait lui mettre le feu aux poudres. C'est pour cette raison qu'après s'être résignée à effacer son air idiot du visage, ce n'est qu'un simple « OH !! » qui fendit l'air.

La suite toutefois, l'affola plus que tout le reste. Ce garçon, recherché ? Un si gentil petit homme qui remplissait dans la plus grande allégresse ses mains de produits primeurs de qualité, d'une beauté et d'un goût sans pareil. Quelqu'un qui devait faire face au grand bain qu'est celui de la vie, effervescent, bouillonnant, trépidant, le tout seul. Seul, sans même une orange pour amie pour lui faire voir la vie sous un angle radieux.

Le reste avait bien peu d'importance tant cette pensée déchirait le cœur d'artichaut d'Alesund. L'eau vint gondoler sous ses yeux et les animer d'une triste et instable lumière. Elle se saisit de José, le considéra un instant puis l'enfonça dans la poche secrète de sa robe dissimulée adroitement dans l'un de ses plis puis fondit sur le garçon sans l'ombre d'une hésitation. La blonde le saisit par le bras avec une force ridicule mais suffisante pour l'entraîner dans son sillage. Sans mal, elle l'attira avec elle au travers du dédale du marché jusqu'à un coin un peu plus reculé où seul une grand-mère arquée reposant sur son petit tabouret attendait avec impatience qu'on vienne lui acheter une botte de radis. Alesund s'accroupit, tirant le garçon par la même occasion à sa hauteur puis jeta un regard sérieux aux alentours afin de s'assurer que personne ne les ait suivis. Une fois assurée d'être tranquille, l'imbécile itinérante soupira puis plongea son regard océan dans celui du garçon. Si José avait été de sortie et pouvait être entendu, il aurait prévenu le garçon qu'il s'agissait de l'instant ou jamais si l'idée de s'échapper lui était venue durant leur folle course.

C'est terrible ! susurra tout bas Alesund qui prenait visiblement cette situation très à cœur. Viennent-ils vous chercher jusqu'au marché ? Sèmeront-ils la haine jusqu'à faire couler le jus des fruits sur les étals ? Quand cessera donc toute cette haine ?! La gamine secoua la tête ce qui eut pour effet de très joliment faire se balancer les longues mèches dorées de sa chevelure. Vraiment, elle aurait pu être adorable si elle n'avait pas été si bête. Écoutez ! fit-elle, plus fort cette fois, avec une conviction dans la voix dont se méfiait très franchement José, même blottis au fond de sa poche. José et moi-même veilleront à ce qu'il ne vous arrive rien céans ! Afin d'attester de ses propos, elle sortit d'ailleurs l'agrume des abysses de sa robe pour le porter à leur hauteur. Ce dernier pesta et lui commanda autant de lui foutre la paix que de ne pas l'intégrer à ses dépends dans une nouvelle entreprise hasardeuse. Si elle ignorait tous les signaux d'alarmes, la nature du garçon n'avait pas échappé à José qui voyait d'un bien mauvais œil leur toute nouvelle et auto-proclamée association. Il demeurait malgré tout une orange statique que ne pouvait rien faire d'autre que de souffrir des choix périlleux de sa propriétaire.

Je ne vois pas ce que vous faites de mal ici ! Au contraire, vous ne chapardez pas et faites vivre l'économie locale en injectant votre argent dans les poches directes de nos preux agriculteurs qui suent afin de nous nourrir de produits frais et de qualité ! Vous faites bien plus pour Ariesten que tous les cochons qui achètent des produits en boîte ! La véhémence de ce discours attestait d'une seule et unique chose : on ne rigole pas sur les fruits et légumes avec l'idiote qu'est Alesund. Elle attrapa par la suite les mains du garçon dans les siennes et exerça une très douce pression sur celles-ci. On ne choisit pas non plus sa naissance, mais on choisit la façon dont on vit sa vie ! Alors n'ayez crainte, je connais ce marché plus que je ne me connais. S'il vous arrive quoique ce soit à mes côtés, je pourrais nous tirer de ce faux pas en moins de temps qu'il n'en faut pour dire topinambour ! Après tout, maintenant nous sommes amis ! La notion d'amitié pour Alesund est d'une simplicité simple : vous lui répondez, vous gagnez une amie pour votre plus grand malheur. Tristement, c'est ce que ce garçon s'apprêtait à expérimenter à ses dépens.
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Dim 14 Jan - 16:14


Perdu, c'est le mot. Dans ta vie, tu as été confronté à de nombreux périples, allant du danger de mort à la signature pour l'obtention d'un appartement - une épreuve qui n'était pas moins redoutable que les combats, que ce soit dit. Cependant, on pouvait comparer la présence d'Alesund à un combat contre les Tofu Ninja de Dofus : elle n'était pas bien robuste et plutôt facile à cerner mais sa présence créait des sentiments entre l'agacement, l'envie de meurtre, l'impatience, un côté mignon et un besoin soudain de suicide. Si les PM des Tofu les rendait clairement inaccessible sans la bêtise incommensurable de l'intelligence artificielle, le manque de pertinence intellectuelle d'Alesund la plaçait en tête des esprits les plus improbables de l'humanité. Elle était sur un socle inaccessible qui lui était propre, loin de toute la souille qu'incombait l'appartenance normale des personnes du quotidien à la plèbe.

Chiens qu'ils étaient, ils ne pouvaient saisir l'envergure de cette intelligence négative et tu te sentais comme assistant à un phénomène astrologique unique, une représentation théâtrale de première envergure. Cette personne n'était pas normale, son quotient intellectuelle la faisait voguer par-delà le commun des mortels. Elle aurait pu être un personnage de RP ou le PNJ d'un jeu médiocre qu'elle n'aurait pas apporté davantage de frustration à ceux qui arrivaient à son encontre - son habileté à la parole ne semblait pas être plus étendue qu'une intelligence programmée en la répétition d'une dizaine de mots.

Et pourtant, bien qu'elle soit entièrement humaine, son esprit la rapprochait davantage, swag en moins, d'un squelette assis sur un tas de bois. Cette image intéressante en tête, tu te laissais entraîner par ses gestes frénétiques qui vous rendaient encore plus louches que tu ne l'avais été en des mois de vies quotidiennes. Tu ne comprenais pas l'attrait des gens pour l'excentricité, la simplicité faisait très bien les choses et se fondre dans la masse était bien plus efficace que le reste. Cependant, tu n'attendais pas grand chose venant d'une fille incapable de saisir de l'ironie simple - et tu te jurais, une fois ton amusement passé, de lui couper la main, ou pire, de la lui cogner contre l'encadrement d'un meuble. (Cette sentence était trop cruelle pour que tu l'appliques à son petit orteil.)

Malgré cet élan de pitié, elle méritait quand même une sanction. Le contact avec les gens t'embarrassait : tu étais un gamin sans éducation et tes sentiments eut égard de la majorité des normes du monde t'étaient inconnus. Tu n'étais même pas certain de détester les gens ni même le fait qu'on te touche mais tu fuyais les réponses comme la peste alors tu ne supportais pas qu'on te force dans la situation contraire.

- Tu n'as pas tort, je suis un excellent citoyen.

Il fallait admettre la vérité, et si cette attardée savait faire preuve de pertinence, il n'y avait pas de mal à le reconnaître. L'économie était une part importante de la ville et bien que tu n'avais aucune foutue idée de la façon dont elle avait bien pu apprendre le système économique d'une ville étant donné le ravage de son cerveau, tu haussais les épaules, estimant que ce n'était pas le point le plus bizarre à propos d'une blondinette qui parlait aux fruits.

Cependant, tandis que tu t'apprêtais à prendre congé suite à ses propos mélioratifs, elle saisit tes mains et continua sur sa lancée en énonçant des propos parfaitement incongrus. Tu étais parfaitement imperméable à cet élan de gentillesse idiote mais le contact fit chauffer et rougir tes joues. Il faut dire que, pour un garçon qui n'avait l'habitude que des contacts violents au milieu d'un univers hostile, la sincérité de ce geste te surprit. Ce qui ne t'empêcha pas de te dégager aussitôt afin de lui fournir une réponse fort aimable :

- On est pas amis, je te connais depuis 10 minutes.

Et ta main vint, en un geste fort recherché, trouver le milieu de ton visage pour en écraser les moindres parcelles. Un soupir s'échappa de tes lèvres aplaties par ce facepalm improvisé et tu devais avouer que tu étais à court de mots face à une bêtise d'une telle envergure.
Bêtise, intimidation, méchanceté, rien ne marchait. Elle était le pire boss des jeux vidéo, tels les poulets de Zelda, une entité bête et faible, mais impossible à battre. Au milieu de ton indifférence totale vis-à-vis de cette citoyen aussi bête que ses pieds se glissa un peu de pitié, et tu ajoutais avec autant de motivation que les scénaristes de Walking Dead :

- Mais on pourra le devenir un jour, si tu veux.

Avec un peu de chance, elle oubliera.
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Dim 14 Jan - 22:00


tu me prends pour une poire
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Ah ! s’exclama la gamine lorsque la vérité sortit de la bouche du garçon. Il était un bon citoyen, le doute n’était pas permis. Car Alesund avait l’œil, et toujours le bon. Elle savait reconnaître le bon de ce monde et en trouver là où personne n’aurait pensé à chercher. Dans tous les cas, pour ce garçon, sa simple présence au marché suffisait à le propulser au rang de bénédiction même. Certains diraient que cette dénomination est sujette à débat aux vues de ses origines, mais pour Alesund, ce garçon valait bien mieux que ces fainéants pour qui le supermarché est bien plus pratique qu’une excursion sur les étals odorantes du marché. Ces petites gens qui n’ont le temps de rien, même plus celui de savourer un délicieux repas en famille concocter avec les légumes primeurs d’un modeste agriculteur qui passe son temps à rêver dans son champ de la sauce à laquelle seront mangées ses petites carottes. Ceux-là même qui n’ont, grand dieu, pas de temps à accorder à la marchande de pommes qui était certes bourrue, mais qui avait à cœur à dispenser son savoir douteux du haut de ses cinquante printemps. Grand-mère Yorda soufflait souvent à Alesund à son sujet qu’elle étalait d’ailleurs sa culture comme de la confiture, mais l’herboriste n’avait jamais saisis la subtilité de ce petit pic, même une fois expliqué. La seule pensée qui lui venait à l’esprit était dirigée à ces pauvres fruits transformés qui se voyaient malmenés sur une tranche de pain beurrée même dans la mort.

Du rouge qui venait habiller ses joues, Alesund n'en vit rien. Pas plus qu'elle ne s'offusqua lorsqu'il se déroba à son toucher. On aurait pu penser qu'elle arborerait une mine défaite d'où aurait coulé la tristesse universelle qu'est celle d'usage lorsque l'on essuie un tel refus d'affection, mais il n'en fut rien. Soudainement interdite et bien trop sérieuse, la gamine pinça ses lèvres et opina lorsqu'il l'informa qu'ils n'étaient effectivement pas amis. Pas encore, comme il l'avait plus tard renchérit. Assise sur ses mollets, les poings serrés sur ses cuisses et la tête baissa, Alesund murmura d'abord faiblement. Tu as raison. Elle secoua la tête plus vivement sans pour autant que le geste ne paraisse exagéré. Dans le fond de sa poche, José en revanche cru défaillir. Elle ? Accepter une défaite ? Ou encore réussir à avoir un semblant de réflexion pour se rendre compte qu'elle était dans l'erreur et que rien ne pouvait y faire ? Cela lui aurait bien scier les jambes s'il n'avait pas été un agrume. Pour un peu heureux que son esclave en ait pris de la graine, José ne tarda toutefois pas à tomber une nouvelle fois de haut. Mais après tout, n'avait-il pas l'habitude avec une hurluberlue pareil ?

Nous ne pouvons pas être amis si je ne connais même pas votre nom ! D'une impulsion rapide, la blonde releva la tête pour ancrer à nouveau son regard dans le sien. Elle se releva légèrement sur ses genoux pour se donner de l'aplomb plutôt que pour s'approcher du jeune homme avant de gonfler sa poitrine d'air. Je m'appelle Alesund ! Et vous, comment vous appelez-vous ? Ah, peut-être que je devais vous vouvoyer… Je ne sais pas trop. La seule fois où j'ai tutoyé mon meilleur ami José, cela s'est très mal passé. En effet… La blonde débuta son récit dans lequel elle expliquait que l'agrume l'avait menacé de faire de sa bouche une soupe de sang et de quenottes flottantes si elle s'avisait à l'avenir à lui manquer de respect. Trop effrayée par cette image mentale des plus répugnantes, Alesund décida sagement de ne plus importuner de la sorte son ami en ignorant allégrement la logique et le fait que pour la blesser à ce point, il faudrait déjà qu'il possède des membres. Et comme il s'agit de mon unique ami à ce jour, ajouta-t-elle ensuite, je ne sais pas trop comment je devrais me comporter avec vous… Enfin, j'espère que ce sera moins mouvementé qu'avec lui malgré tout ! Ah, et puis tenez ! Accompagnant les gestes aux mots, Alesund extirpa de son sac une magnifique pomme d'un rouge vif et alléchant. Celle-ci lui avait scandé pendant dix minutes qu'elle serait la meilleure à déguster ce jour-ci et non un autre, qu'il fallait donc l'acheter sans plus tarder et la déguster au summum de sa saveur. Un rayonnant sourire peint sur les lèvres, l'imbécile tendit le fruit tel un cadeau à son nouvel ami dans l'espoir d'améliorer l'humeur maussade de son nouvel ami, même si elle n'en tenait pas réellement compte car elle n'imaginait pas le quotidien de malheur qu'il devait vivre tandis qu'elle vagabondait le cœur léger. Cette pensée seule suffit à lui serrer le cœur, alors pour chasser la douleur, elle pria de toutes ses forces pour qu’il accepte son frugal présent.
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Mar 16 Jan - 22:52


Pour toi, les jeux étaient faits. Le débat n'avait pas lieu dans une discussion aussi fermée et dénuée de bon sens, car irrémédiablement, la stupidité de cette personne était au-delà de tout espérance humaine. Si dans la plupart des œuvres, les protagonistes possédaient un talent incomparable pour aller au-delà de leurs limites et ignorer superbement la science du corps humain en se dépassant, Alesund était capable de la même prouesse eut égard de la taille de son organe cérébral en se montrant capable d'en ignorer l'existence. Elle n'était pas simplement comédienne du rôle de l'une de ces jeunes filles simplettes au cœur d'une pièce de théâtre créée à une époque loin d'être valorisante pour le statut féminin, car son comportement relevait de le sincérité, elle était tout bêtement - une expression qui, ma foi, lui convenait parfaitement - incapable de faire montre d'intelligence.

Pour une personne comme toi qui faisait montre d'un incommensurable sérieux dans ton quotidien pas forcément joyeux, cette fille était autant une cible parfaite d'insultes qu'une source interminable d'amusement. Il va de soi qu'elle n'était pas méchante et c'est d'ailleurs sa sincère gentillesse - preuve parfaite que le rapport bêtise-amabilité était l'une des lois imparables du monde - était la seule raison pour laquelle tu ne t'étais pas déjà débarrassé de cet amant à problèmes. Si adorable qu'elle soit, elle aurait probablement une utilité négative si elle cherchait à t'aider dans tes aventures et tu avais beau t'amuser de la révélation que tu lui avais faite, tu te demandais ce n'était pas la pire idée que tu aies eu. Cette pauvre fille serait certainement capable de délivrer l'information à un officier de la milice si ce dernier prétendait être l'un de tes plus proches amis.

Alesund n'était certainement pas une lumière, mais étant donné qu'elle avait certainement déjà oublié cette information capitale à ton sujet, l'erreur n'était pas si grave. Tout du moins, tu devais t'assurer qu'elle oublie cette information et tu ne voyais qu'une seule solution à cette situation de crise : noyer ses pensées derrière une flopée de bonnes nouvelles en jouant à la dinette avec elle.

- Je m'appelle Asriel, répondis-tu à brûle-pourpoint.

Visiblement, elle n'était pas la seule à faire montre d'un manque d'intelligence et tu te rendis compte de la grossière erreur d'avoir ainsi dévoilé ton identité. Il était certain qu'un faux nom aurait aisément réglé tous tes problèmes mais tel l'imbécile de joueur de Josué qui blamait ses coéquipiers au lieu de remettre en question sa chienne d'existence, tu avais le réflexe très humain de choisir la solution la moins optimale pour un problème pas si compliqué. Enfin si, dès à présent, il l'était. Et tu n'avais plus qu'un moyen, celui de continuer sur ta lancée - et tu n'avais d'autre choix que de te la coltiner au quotidien si tu voulais éviter qu'elle ne fasse une bêtise.

- Tu peux me tutoyer, c'est ainsi que font les amis ! J'ai également un cadeau pour toi.

Tu aurais pu insister sur le fait de ne rien dévoiler de ta situation mais tu avais le sentiment qu'il ne valait mieux pas lui rappeler cette information sensible. Mieux valait la laisser oublier ! Et puis, quand bien même, détourner son attention avec un cadeau n'était pas une si mauvaise idée - et tu fouillais dans ton sac jusqu'à trouver une charmante montre. En échange de ce splendide présent, tu te décidais à accepter son fruit dans lequel tu croquais sans la moindre comédie - ton dernier repas datait de la veille et les satisfactions de ton capricieux estomac étaient ce qui t'avait conduit ici.

- Voilà pour toi ! Ce cadeau est la preuve de notre amitié, je compte sur toi pour le garder précieusement.
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tu me prends pour une poire? (alesund)
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