Douloureux comme l'Enfer — King.
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Jeu 28 Déc - 19:30



HURT LIKE HELL.
Les couloirs aseptiques se moirent dans les nuances indigos et bleutées qui se dégagent des néons. Pas un bruit, pas un soupir, seulement la valse des aiguilles sur lesquelles tu es suspendue comme un pantin. Tes hanches ondoient à l'arrière des lits aussi blancs que la chemise qui retombe à l'orée de tes cuisses. Les remugles de la mort, des regrets, du « trop peu » s'accrochent à ta crinière brumeuse, à tes griffes rouges et au cuir des bottes qui engloutissent tes chairs pâles. Le trépas est ton quotidien, et l'histoire renfermé par les viscères est un puzzle aux fragments dispersés. Les billes renversées te fixent, l'âme piégée à l'arrière de ce vitraux qui sépare ton monde et le sien. L'étiquette qui entoure sa cheville t'offre quelques éparses d'une existence envolée ; un nom, une date de naissance, une taille... Une silhouette de deux mètres engouffrée dans un linceul, mise à nue. Une identité souveraine appuyée d'un prénom symbolique, une crinière hirsute et turquoise qui s'échappe comme des vagues encore animées. Les roues se butent sur les carreaux usés et font sursauter le cadavre, lui offrant des énièmes mouvements avant que le froid funéraire ne l'étreigne.

Les grandes portes s'ouvrent dans un hurlement transi, heurtées par le brancard métallique et dévoilent une pièce stérile, aux arômes de désinfectant et de deuil. Tes doigts se glissent dans le latex des gants et il claque tes poignets consécutivement. Empoignant les recoins du drap, l'ombre naît contre tes iris quand tu le retires sèchement. Des orifices ornent le thorax et les épaules, encore chauds et fumants. Ton index les effleure et le métal de la balle vibre sous tes ongles. Tu te courbes au-dessus de lui, les arcs de ta silhouette se disposant sur la peau froide comme un filtre électrique. Il semble avoir été façonné dans la craie, tant son teint et sa rigidité rappellent la roche. « Tu t'es retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, King... » Ton visage à la renverse épie son faciès, tes ondulations fauves provoquant celles marines. Le pouce dessine l'angle de son menton et le retourne délicatement pour analyser l'intérieur de son oreille, enseveli dans un cocktail de sang. La respiration brûlante qui s'échappe d'entre tes lèvres embrase ses pommettes, accentuées comme des couteaux sous son épiderme.

Ta pince d'acier fouille les peaux pour en extraire les balles et les rejeter dans la cupule. En les observant, tu remarques avec curiosité l'absence de sang et de tissus sur ces dernières, pourtant logées intimement dans un poumon, des artères cardiaques, une épaule et une clavicule. Tu croises tes bras contre ton corsage féminin, relâchant un soupir. L'étoffe glisse sur ses muscles masculins, divulguant sa nudité. Une crevasse aère son abdomen, comme découpée du bout de l'ongle d'un être suprême. Tu la contournes avec lenteur, effleurant l'anomalie sans en comprendre la nature.  « Quels secrets me caches-tu encore ? » Tu fais volte-face comme une tempête sauvage pour te servir un café noir. Tes cheveux retombent dans ta nuque, à l'image d'une lasse brume d'où des épis roux s'envolent de l'élastique. Le service est désert à l'exception de cette chimère qui tournoie au sommet de ses cuissardes pénombreuses. Vingt-deux heures et quatorze minutes. Les journées semblaient s'éterniser à la frontière des ténèbres.

Tu rejoins la bête endormie, une tasse coincée entre tes griffes, l'autre main habillée d'une seringue. Elle se glisse dans ses veines ankylosées, et ses fluides se prélèvent dans le cristal. Tandis que son sang remonte mollement, son enveloppe charnelle se reconstruit. Comme un serpent se parant de nouvelles écailles, les téguments et tissus se rejoignent, s'incombant pour créer un semblant de connexion. Les veloutes ardentes dévorent alors tes lèvres silencieuses, où se murmurent les prémices d'un questionnement.
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Dim 7 Jan - 12:21



Douloureux comme l'Enfer.
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Une odeur de bière embrumait la taverne et imbibait un bar où des voix assourdissantes de joyeux, camouflaient le son de la pluie qui cognait contre les vitres embuées. Pour cette nuit, un brouillard épais faisait sa ronde. Dans un coin de la grande pièce, tel un charognard, je me délectais d'un gibier quelconque et un peu trop cuit. Je ne pouvais m'empêcher d'observer ce petit monde et d'en être écoeuré. Ils riaient et chantaient de la nouvelle où deux terriens avaient été mis aux arrêt dans l'après-midi. Une menace qu'ils considéraient comme bénigne. Des imbus sur leur petite île flottante, des coupables qui se considèrent innocent. Mes mains agrippaient les rebords de la table tandis que mes ongles se plantaient dans le chêne usé. Une seule envie me passait par la tête en ce moment. Je me voyais déjà danser entre les tables pour en décimer quelques-uns. Le plus possible, le plus macabre possible. Le plus violent pour générer davantage de haine, c'est ainsi que je les aime, haineux et idiots. C'est peut-être même ainsi que je suis …

Le bar se vide peu à peu alors que j'ai déjà troqué ma semelle contre un dessert à la vanille. Ça se goûte à peine. Complètement déçu. Je tends à nouveau l'oreille vers la conversation de la table d'à côté et la rage monte à nouveau. Le même sujet, toujours à et jamais les êtres d'en bas, les oubliés. Sans réfléchir plus longtemps, j'abats mon assiette vide sur le crâne du premier venu. Je frappe de nouveau avec cette même assiette brisée encore et encore jusqu'à ce qu'elle se plante enfin dans son crâne. L'amusement monte et je suis certain de pouvoir massacrer un deuxième gars lorsque je me relève, un grand sourire sur les lèvres. Un bruit fracassant retentit et je ne parviens plus à ouvrir les yeux. Mes pensées s'entremêlent et j'entends à nouveau trois fois cet éclat. L'obscurité est totale et je ne ressens plus rien.

Plus tard, les sons reviennent. J'entends des impulsions qui s'éclaircissent peu à peu en une voix féminine. Mes sens reviennent également et un frisson me parcoure l'échine. La sensation bien connue et désagréable de se faire trifouiller la chaire. On s'habitue à toutes choses mais la douleur, on ne l'oublie jamais. Je suis mort. Non, je suis encore mort. Je ne me souviens plus de ce que j'étais en train de faire avant d'arriver dans cette pièce froide, sur cette table glaciale. Je peux enfin bouger mes doigts et mes ongles glissent contrer l'inox. J'ouvre les yeux et j'inspire comme si j'allais plonger profondément.

Elle est enflammée et délicieuse. Ma conscience me trahit un instant pour un désir charnel et aussitôt elle revient à moi comme une privilégiée sur cette miséreuse île flottante. « Ne perds pas ton temps à chercher, ils m'ont loupé. » Plus gros comme mensonge, je n'aurais pas pu trouver mais ça fera l'affaire. Je pivote afin de m'asseoir et m'apercevoir que je suis bel et bien à la morgue. Ma tête me fait un mal pas possible et je me lève avant de chuter sur un basset à roulettes. Des injures improbables me traversent l'esprit mais je tente de rester le plus discret malgré tout. Peut-être n'a-t-elle rien vu. Je me mens à moi-même. Un regard discret à gauche et puis à droite alors que nous ne sommes que deux dans cette pièce, j'échafaude de manière furtive mon évasion en déambulant impudique vers les couloirs. Je dois sortir d'ici, j'ai froid, beaucoup trop froid. Au passage j'effleure la grande rousse sur ses talons aiguille et lui vole sa veste blanche. « Je te l'emprunte darling. » Le ton est ironique.

J'ai l'air d'un clown dans ce vêtement trop petit mais ça cache juste ce qu'il faut. Je passe la porte en espérant croiser personne. Une seconde et ensuite une troisième. Je passe d'un cabinet médical à un bureau. Les couloirs sont tous identiques et cette mort récente me donne un mal de crâne pas possible, j'en perds mon sens de l'orientation. En moins d'une minute, je reviens à mon point de départ où est perchée la même rouquine dans sa robe de jais. « Elle est où la sortie de ce putain de frigo !? » J'en deviens haineux.

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23/12/2017
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Dim 7 Jan - 21:56



HURT LIKE HELL.
La créature émerge. Elle jaillit des limbes, harponnée par le crochet de la rédemption. Ses chairs sauvages bousculent l'acier et tu sursautes. La seringue vacille sur ce carrelage aseptique, où les fragments se figent en puzzle de verre. Le cocktail de fluides serpente les joints et s'y perd, aussi muet que vos faciès. Il te fait face de toute sa masculinité, de sa puissance d'homme qui t'agresse et sectionne ta respiration. Préalablement, tu surplombais ses muscles comme un vautour, bectant ses lésions de tes griffes, mais il vient d'endosser le manteau du chasseur et sa puissante paume suffit à te briser. Son ombre te silhouette lorsque ses pieds bousculent le sol, ses doigts t'arrachant de l'étreinte de ta blouse. Elle s'enfuit comme un spectre, se juxtaposant sur la nudité. L'étiquette mortuaire menottée à la cheville, King s'évapore dans les pénombres. Le feu-follet se perd dans les reflets des néons, revenant finalement à son point de départ. Des frissons parcourent l’entièreté de tes peaux, mises à nues, et engloutie dans ta robe sombre, tu trembles. Tes lèvres couleurs ecchymoses, comme la crinière qui se déchaîne contre les angles de son visage, s'entrechoquent. Vingt-deux heures et vingt-trois minutes. Deux seules âmes planent dans les corridors de la morgue, submergée au dernier étage de l'hôpital d'Ariesten. Au-dessus de vous, il y a la vie. Autour de vous, des corps entassés par dizaine. Des enfants battus, des vieillards séniles, des prostituées éventrées... Des identités éparses, au même point de rendez-vous. Et dans ce purgatoire, une entité égarée rencontre le scorpion.

Ton index lisse le col. Contre sa gorge, et pourtant il respire ton odeur. Tes doigts retombent sur les manches et en une pirouette, tu le fais s'enfuir des étoffes. Tu troques les tissus étriqués contre l'uniforme de ton collègue qui pendait à l'arrière.  « Ça cachera davantage ce que j'ai déjà vu en essayant de comprendre pourquoi tu as été criblé de balles... Mais tu ne m'as pas laissé le temps d'exercer mon boulot. » Les boutons se ferment sur les tracés charnels. Tu t'appuies à la porte, verrouillant son accès de ton échine. Les bras claustrés contre son corset, la courte distance qui sépare vos visages s'affame des deux respirations. Les volutes expirées se croisent et s'entremêlent, de sa mâchoire, tu respires la frontière de la mort. Il y a plongé comme dans le grand bleu, il s'y est noyé, s'y est perdu dans ses profondeurs, et en a été rejeté – comme largué par une puissante vague. « L'enfer n'a pas voulu de toi ? » Tu devais remettre un rapport aux forces de l'ordre. Mais comme une mauvaise herbe, il s'était échappé des terres, remuant les dalles qui refermaient son existence. Le froid mordant consume tes phalanges tremblantes, comme un tourment qui sourde dans le creux d'un coccyx, d'un estomac ou d'une nuque. Tu observes la chimère, à la peau parfaitement blanche et lisse, comme s'il avait été sculpté dans de la craie. Son visage semble aussi inanimé que celui d'une statue, à l'exception des deux yeux verts et brillants qui te scrute, telles des flammes logées dans des orbites. La soirée s'éternisait dans ce labyrinthe transi, et tu jonglais avec les décisions.

King semblait venir d'ailleurs ; ses pommettes aiguisées comme deux couteaux et un menton anguleux, sa face était le masque des ténèbres. Ton instinct carillonne et tu devines l’identité d'un Terrien camouflé dans cette carcasse. Sous ta langue, le poison s'amasse et vient lustrer tes lèvres d'une lèche fougasse. « Tes habits sont dans le vestiaire. J'accepte de te les rendre si tu me donnes une bonne raison de ne pas te dénoncer... Et vue l'heure, ça se fera autour d'un bon café, ou d'un whisky. » La vengeance ne t'intéresse pas. La vengeance intéresse ceux qui à un moment ou à un autre sont vaincus. Et la victoire est bien plus intéressante à envisager... Un délicieux combat autour d'ivresses, d'un sombre regard et d'une paire de cuissardes.
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Lun 8 Jan - 20:02



Douloureux comme l'Enfer.
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Elle reste calme et cherche à comprendre. Elle ne me paraît pas idiote et je suis certain qu'elle a déjà saisi l'affaire avant même que mes pupilles ne s'ouvrent. Des menaces flânent et je suis resté bloqué à son purgatoire. Elle en parle avec aisance mais ni elle, ni les autres sur cette fichue île flottante ne savent réellement ce qu'est l'enfer. Alors non, l'enfer n'a pas voulu de moi et pourtant je l'ai assez côtoyé. Toutes les chaires qu'elle a scalpées dans son cabinet et tous les organes qu'elle a dû remettre en place, c'est encore loin de l'idée de ce qu'est réellement le fond de cet abîme. Je baille. C'est ennuyant et j'ai froid. Mon esprit s'embrume et pourtant je sais qu'elle a très certainement un atout en poche. Dans le cas contraire, ce serait absurde de se tenir en face. Mes plaies terminent enfin leur cicatrisation et un frisson me parcoure l'échine. Même sa robe velours serait plus agréable que cette nudité glaciale. Ma main tremble et j'hésite à la lui arracher. La bête se réveille et s'endort aussitôt en soupirant. « Bon d'accord mais file moi mes fringues avant, ça caille ici ! » C'est rapide et sans détour, elle a le sang qui bout ou quoi !?

Elle me tend mon lot de vêtements étiquetés que j'enfile devant elle sans aucune pudeur. À quoi bon se cacher après avoir été vu. Je ne distingue plus l'entrée pour les bras sur mon t-shirt, il est criblé de balles, je soupire et l'enfile tant bien que mal. Ma veste par contre, je n'arrive même plus à l'enfiler. Il manque une manche et elle n'a plus aucune tenue, c'est un désastre. Une calamité difficile à avaler et je la jette de nerf. « Rahhh bande de cons ! » J'hurle et passe une main dans mes cheveux. Un fichu toc. J'attrape son poignet pour l'extirper de la pièce. Sa peau est chaude, brûlante, trouble d'une mort récente. « Une bonne raison j'en ai pas mais je suis pas contre un bon whisky. Et c'est toi qui paie, j'ai pas un rond. » Qu'est-ce que je fous putain ? J'ai pas la moindre idée de ce que je vais pouvoir lui sortir, le mieux reste encore de la tuer ici-même, la démembrer et cacher chaque morceau.

Le temps de la réflexion, nous sommes déjà dans l'ascenseur et j'entends les voix d'autres personnes. Dans tous les cas, je suis déjà grillé. Un son retentit et j'entrevois une foule de gens, tous de blanc vêtu. Au loin, la porte menant à l'extérieur, enfin de l'air frais, j'en veux plus. « Tu m'emmènes où ma belle ? » je me colle comme un vieux voyou à cette jeune femme, un bras autour de sa taille, la crainte d'être reconnu. Je me souviens que de très peu de choses mais avec toutes ces balles, j'ai dû passer aux infos. Son odeur est enivrantes et mes joues s'empourprent naturellement. Ça en devient contrariant. Ces quelques mètres qui séparent cet ascenseur et l'entrée paraissent interminables. Des pas lourds et des voix bruyantes. Je l'entraîne et j'évite toutes personnes en blouse blanches. Se faire remarquer par une de ses connaissances serait le comble. J'ai l'impression de jouer ma vie sur ces vingt mètres. Ce n'est qu'à l'extérieur que je peux enfin m’éloigner de cette rouquine et retirer mes mains de ses hanches.

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Lun 8 Jan - 21:41



HURT LIKE HELL.
Ses membres pâles comme la craie s'engouffrent dans les hayons. Les échos des balles semblent encore résonner au travers des tissus, où des spirales fumantes décousent les coutures. Son blouson cuir ne ressemble plus à rien et la carcasse bovine retombe à vos pieds, dans un tourbillon chaotique d'insultes. La tornade bleue se fracasse dans les recoins du frigo, s'éparpillant dans ses tourments puis s'agrippe à ton poignet – comme on s'agripperait à la vie. La divergence de vos peaux te fait frémir, et l'ardeur de tes doigts semble faire fondre les siens comme de la glace. Vos corps se silhouettent sur les corridors néonisés, presque irréels. Le velours embrase tes genoux à chaque pas, l'aiguille de tes talons miroitent dans les carreaux polis et ton chignon se défait langoureusement. L’ascenseur, comme l'enfer intime, se referme sur vous et tu reprends ta respiration. Tu semblais être en apnée, vos mains entrelacées. « Le temps d'aller au bar, j'espère que tu auras une histoire crédible à me raconter. » Les portes s'ouvrent sur l'effervescence, la panique, la masse. Une vague humaine se hâtant à maintenir, sauver, récupérer des vies – pendant que tu côtoies la mort et ses rejetons. King te harponne, se dissimulant dans une étreinte forcée.  Le temps se suspend à une tête d'épingle. Un brouillard sourd, où tes cuissardes claquent, où sa mâchoire masculine se rétracte lentement. Vingt-deux heures et trente-six minutes. Le coton blanc s'échappe de tes épaules et glisse sur maigres bras, et dans une poigne féline, tu renvoies cette boule usée dans les paumes d'un collègue prêt à t'interpeller. « Je dois partir. Ma boîte téléphonique sera ravie de recevoir un de tes énièmes messages... »  Un clin d'œil et tu t'évapores du hall.

La nuit et son aquarelle couleur pénombre coulent sur vos corps. Il respire la fièvre des rues, de ses boulevards, de ses ruelles démonisées ; là où les lèvres envinées et les langues toxiques se rencontrent. L'hôpital est le jardin d'Eden dans ce quartier, dans lequel se devinent les masques les plus sombres. Vous vous noyez dans le mouvement, consumée par le cocktail du cuir et du velours qui ajustent tes formes. Il fait humide, l'air paraît presque buvable mais ta gorge réclame une mixture plus ardente, aux arômes boisés. Ton aura s'éveille à ses côtés et tu devines sa nature du bout de tes griffes. Il est l'ennemi. Et cette idée te fait sourire. Il articule des mots rauques, tu flaires l'odeur du mal, et tu l'as suivie. Aussi naturellement que ta bouche expire le contenant de tes poumons. Tu marches dans les pas de la créature – ses cheveux ont la couleur des pensées et le tonnerre de tes aiguilles rappelle le bruit des souvenirs.

À l'arrière d'une vitre, vos âmes se font face. Une banquette en skaï bordeaux, un Irish Coffee à tes lèvres et un whisky écossais aux siennes, le silence électrique se nourrit de vos regards. L'émeraude et le miel se mélangent, se domptent et s'adoucissent. Les remparts s'effondrent et les armes se reposent. « La Terre a un meilleur goût que l'Enfer ? » Touché. Tes cils papillonnent et le nuage de mousse dégivre ton œsophage. Les accrocs de son vêtement se dissipent dans l'obscurité dansante du bar. Et comme une chimère rouge, tu te noies dans l'atmosphère fausse. Des femmes dansent et tournent contre des barres froides, se juxtaposant dessus comme des filtres brûlants. Les hanches et les crinières ensorcellent les hommes les plus hypocrites, tandis qu'elles attisent la pitié de ceux qui tirent sur leurs cigarettes, dans les limbes du bar, le regard se baladant sur les imperfections de ces corps mutilés. Des Terriennes, des hybrides, certaines esclaves, d'autres contraintes et forcées ; mais dans certains faubourgs, il n'y a qu'un pas avec l'illégalité.
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Mer 10 Jan - 18:57



Douloureux comme l'Enfer.
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Elle est vicieuse et intelligente. Je n'ai rien trouvé de crédible à lui dire. C'était bien l'une des rares fois où je me retrouvais coincé à ne pas savoir quelle excuse sortir. Et pourtant, rien ne me retenait. À tout moment j'aurais pu partir, j'aurais pu prendre la fuite par n'importe quelle ruelle et jamais elle serait parvenue à me suivre. Malgré cela, j'étais assis sur cette banquette en skaï juste face à elle. C'est comme si je n'avais rien pu faire pour la contrer. Et ô grande peut-être mon imagination, loin était l'idée que ce genre de bar aurait pu l'intéresser. Des estrades de danseuses, des terriennes pour la plupart. J'y voyais là une attaque en plus de ses mots sélectionnés avec précision. Qu'attendait-elle réellement de moi ? Elle sait mes origines bien qu'elle joue la carte de l'ignorance. Elle veut l'entendre ? Très bien. Je termine une petite gorgée de ce single malt qu'elle a très certainement pris au hasard et je repose le verre avec tact. Les odeurs s'entremêlent et parmi elles se distinguent cet irish dont elle se délecte. Un mélange qui ne m'est guère appréciable. Une boisson où l'amertume se confond aux notes boisées et ça m'agace.

« Ne mélange pas tout Darling. ≫ Je souris et je plonge mon regard dans le miel de ses yeux. « La terre est bien plus douce que ce qui attend cette île. » Pour un démon qui n'a jamais connu que la répression et la souffrance, l'habitude à rendu ce cycle assez doux. L'ange qui quant à lui chute de son arche pour se faire arracher ses plumes une à une et subir les tortures les plus terribles qui soient, il considèrera cela comme un véritable enfer. J'imagine qu'il existe plusieurs sortent de terriens aux personnalités bien différentes et si je devais les classifier, il y a ceux qui cherchent un endroit meilleur, paisible où y passer le restant de leurs jours quittent à être esclave. D'autres ne sont pas assez haineux et s'y prennent mal pour les faire culpabiliser. Ensuite, il y à moi. Et j'espère ne pas être le seul extrémiste qui se contre fou complètement de leur culpabilité à deux balles et qui ne cherche qu'une seule chose, leur faire payer. Faire chuter cette île, s'y mêler, tout anéantir, tout raser et puis seulement en être satisfait.

« Tu voulais quelque chose de crédible ? Que je te supplie peut-être ? » Un rire éclaircit ma gorge qui vibre de vendetta. « Vous vous pavanez en toute innocence. Vous vous fichez bien de ce qu'il se passe en dessous de vous. As-tu même la moindre idée de comment est la vie en bas ? Aucune ! » Mon rythme s'accélère. Il faut absolument que je me calme. J'ai tellement de choses à dire que ça en devient étouffant. Autour de nous, la quasi-totalité des tables sont vides et pourtant je cherche une victime. Ses cheveux ondulent et je me perds à la vision de son cou pour relever mon regard. Dans la précipitation, j'ai vidé le fond de mon verre. Je suis calme à nouveau. « Regarde ces femmes, cicatrices et brûlures pour terminer comme esclaves pour des hommes imbus. Une vie de merde du début à la fin. Vous connaissez l'histoire et vous vous en contentez. C'est pour ça que je vous déteste, j'vous hais. »

Quand le serveur passe de nouveau à côté de nous et qu'il propose de me resservir, j'attrape la bouteille pour la poser sur la table. C'est elle qui régale non ? Elle veut jouer après tout ! Le second verre ne fait qu'une descente dans ma gorge déjà en feu. J'ai monopolisé la parole jusqu'ici et étonnamment, j'attends sa réaction. Je n'ai aucune attente ou peut-être la raison qui me poussera à lui faire pousser des cris.

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Jeu 11 Jan - 19:34



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Les corps se collent aux barres, y laissant le filtre d'un rouge à lèvres, l'esquisse de quelques larmes, le fouet de leurs crinières. Elles s'y enroulent, comme des vipères, les peaux miroitant dans un cocktail de néons. Le bordeaux se juxtapose sur ta bouche et inonde lentement tes traits, t'engouffrant dans les nuances démoniaques. Ses gorgées sont avides, et les verres s'enchaînent. Le tourbillon noir tourne entre tes doigts et le verre à moitié rempli, tu l'observes déchaîner sa rage. Il ressemble à un môme endoctriné par des conspirations et qui se balance au fil d'un seul avis... Ta mâchoire se décroche d'un bâillement, tu ne dissimules pas l'ennui que t'apporte ses mots. « J'ai passé la journée au milieu de corps morts - dont le tien. Tu aurais l'amabilité de me laisser boire sans beugler ? » Tes jambes se croisent, et leurs nudités vont de pair avec la pâleur chaude des lumières. La musique est forte, une odeur chargée de senteurs différentes plonge l'atmosphère dans une lourdeur entêtante. Tes chevilles se mouvent sur le rythme démonisé - même aux marges de l'enfer, l'atmosphère est plus savoureuse que dans les limbes terriens. Elles en reviennent, ces danseuses détruites, ces pantins enroulés comme des couleuvres, dont les cuisses nues glissent douloureusement sur l'acier. Des cornes déforment leurs tempes, des masses sombres défigurent leurs pommettes ; elles n'ont rien d'humain et c'est ce qui excite les billets. Ils retombent comme des battoirs sur leurs peaux, forçant les corps à se tendre, à se cambrer pour le plaisir malsain de l'homme. Tu les observes, plongée dans le whisky, le cuir et le velours. « Le whisky te fait oublier la douleur ? » Les plaies se sont refermées, mais la torture de son âme l'étouffe comme un manteau ardent. Il ne semble pas trouver la sortie de son chaos intime et tu devines les flammes qui brûlent sous sa peau.

Deux visages si proches, la délicatesse du décor qui vous entoure... Enveloppée d'une brume de chaleur, elle ne vit plus rien d'autre que lui, comme un reflet barrant la vue d'une vitre. Il avait pris l’ascenseur des abîmes pour rejoindre le paradis, se glissant parmi les anges en dissimulant sa queue de serpent et ses ailes noires. Cette Terre était à la fois le plus noble et le plus vil des mondes ; on y trouvait les émotions les plus belles, les plus délicates, et en même temps, les pulsions les plus noires, les plus sinistres. Peut-être était-ce inévitable ? Peut-être sans le Très-Bas ne pouvait-on toucher au Très-Haut ? Vingt-trois heures et douze minutes. Le bar est saccadé. « Va les sauver, alors. Tu restes là, avec tes verres, alors que d'autres sont massacrés, violés, éventrés, que certains sont étouffés dès la naissance... Et tu restes dans ton confort. C'est moins dangereux et ça évite d'être criblés de balles... » La provocation est rousse et s'appelle Athéna. Un clin d'œil et tes griffes rouges écorchent le dos de sa main. Ton talon écrase son ventre sous la table pour l'empêcher de fuir. Le poison te quitte, la noirceur de tes veines marbrant tes poignets pour s'infiltrer en lui, comme un virus, une bactérie destructrice. « Chacun sa malédiction. » L'auréole de Scorpion ondule au-dessus de ta crinière, comme une aubaine ou un blâme. « Je n'ai pas besoin de mes flèches pour te tuer à nouveau. Tu peux continuer à être polluant, et tu seras sûr d'avoir un lieu où dormir ce soir... Comme tes autres confrères que j'aie enfermés dans un bac à glaçons. Ça serait dommage de gaspiller une aussi bonne soirée... » Tu es le loup et lui l'agneau, et il danse dans ta patte. Il est ancré en toi, comme tu es ancrée en lui. Les gardiens avaient ce lien particulier, guidés dans les pas des Terriens pour les confronter. Un combat entre le bien et le mal, sans savoir qui portait la cape noire...

Tu claques les billets sur le bois enviné et t'engouffres dans la nuit. Suspendue sur tes cuissardes, tu l'abandonnes dans ce monde onirique, le froid plantant ses crocs en toi. Le zéphyr soulève l'orée de ta robe et dévoile des cuisses striées par les combats. Autour d'elle s’érigeant enseignes lumineuses, panneaux aguicheurs, publicités futiles. Les géants de béton, immortels, ancrés dans le sol comme des arbres, assombrissaient les pourtours d'Ariesten. Et dans la pénombre, tu es là, semblant sortir des Sept Enfers, le goût du pêché au bout de tes ongles.
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Dim 14 Jan - 19:14



Douloureux comme l'Enfer.
King & Athéna.



Je reste figé à la garder. Je n'ai pas peur d'elle. Que du contraire, elle éveille en moi cette colère déjà grande. Je ne sais pas à quoi elle joue mais elle m'a indéniablement fait quelque chose. Il m'est impossible de bouger, impossible de ternir cette image de femme prédatrice qu'elle se donne. Même mes lèvres ne veulent plus se mouvoir, un million de picotements les parcours et je suis obligé de l'observer en silence. Mon coeur s'arrête un instant avant de se relancer aussitôt. Je n'ai manqué que quelques bribes de ses paroles et elle s'en va déjà. Je ressens chaque partie de mon corps, chaque parcelle de souffrance. Mes veines se rétractent avant de s'ouvrir à nouveau et il en est de même pour chacun de mes muscles. Lorsque j'entends enfin la porte se claquer derrière et que je la sais enfin partie, la rage prend le dessus. Autour de moi, l'activité n'a aucunement cessé. Quelques femmes tournoies toujours autour de ces grandes barres d'aciers tandis que nombreux sont encore aux éclats, un verre à la main.

« Monsieur, votre amie est partie, vous souhaitez boire autre chose ? » C'est le serveur et son enthousiasme exaspérant. Dès l'instant où il me parle, je retrouve enfin le contrôle de mon corps. « Ferme là ! » J'explose et mon verre se brise en morceau contre sa tempe. Des yeux se posent sur moi et je les balaies d'un regard plus sombre encore. Je sors sans tarder. Il fait nuit et des lumières jaillissent de partout tout autour. Des bars par dizaines et des restaurants encore ouverts. C'est un quartier festif et je n'ai pas la moindre idée où cette catin a bien pu passer. J'essaie de faire un travail sur moi-même en me disant que je devrais oublier cela et en profiter pour trouver un endroit où dormir ;mon hôtel étant assiégé par la police; mais je n'y parviens pas. Je n'arrive pas à me retirer son visage satisfait de mon esprit. J'erre comme une âme vagabonde. La foule remuait. Poussait. La violence prenait possession pour la nuit. Satisfaction ? Peut-être. Sans nul doute. Chaque douleur transmise m'arrachait un sourire narquois.

Je marchais à vive allure vers le bout de la ruelle. Là où les lampadaire clignotaient, mise en scène dramatique. Toutefois, c'est un peu plus loin que j'aperçus nouveau l'objet de mes délits. Talon aiguille, noire jusqu'à mi-cuisses où se dissimulaient quelques stigmates. Pour la énième fois mon esprit me hurlait de partir, que tout cela était inutile. Mon corps niait l'inutile. Je tentais une première fois de l'interpeller mais la ruelle n'était pas sans bruit et les rires de la foule camouflait tout appel. Des mecs chiants et d'autres qui ont simplement beaucoup trop bu se bousculent et l'espace d'une seconde j'y suis entraîné aussi. Nul ne s'immisce entre ma cible et moi. D'un coup de coude je pagaie pour avancer.

« Hey ! » Ma main se pose sur son épaule et je la colle contrer le mur. « La discussion n'est pas finie chérie. Crois moi ma vie serait bien plus confortable sans mort constante. » Elle n'a pas eu l'intention de me dénoncer alors je tente une approche plus violente comme un avertissement. Nos visages sont proches et son odeur se glisse à nouveau dans mon esprit. « Tu vois, à chaque mort je perds toute identité. Une punition que vous m'offrez. » J'attrape son poignet tout en faisant attention à ses ongles et je la tire tout en avançant. « Et toi t'es quoi ? Un putain de poison ambulant ? » Tu veux jouer ? On va jouer. Il n'y a ni loup ni agneau là où les gardiens et les démons s'affrontent.

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Douloureux comme l'Enfer — King.
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