fox and ghost - neil
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Terrien
Ach. 1 : a fini sa fiche rapidement
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Ven 5 Jan - 0:49


Les pattes redevenaient mains, les griffes une forme de doigt et toute cette fourrure brûlante disparaissant au profit d'une crinière d'ébène. La transformation d'hybride à humain, contrairement à ce qu'on pouvait croire, n'avait rien d'agréable. Les os se déformaient pour s'adapter à la nouvelle silhouette, la peau s'étirait et changeait de forme et tout, de l'odeur à la moindre cellule subissait une totale transformation. Les premières fois, Asriel avait hurlé - une douleur cuisante, instinctive, le prenant à la gorge, littéralement ; au point qu'il en perde sa voix, ses iris rouges brûlant d'une haine envers le monde qui lui avait dédié un don si douloureux. Comme si sa vie ne suffisait pas, quelque part. Comme si les origines, le parcours, la rancœur d'un système absurde n'était pas un rempart suffisant au bonheur d'un quotidien qu'il rejetait déjà.

Cette méfiance perpétuelle est ce qui te conduisait ici, n'est-ce pas ? Un entraînement aussi rare que régulier, une souffrance contrôlée afin d'en éviter la surprise le jour où il serait nécessaire de la supporter. Tu détestais l'idée de ne pas pouvoir te laisser submerger par le bonheur de ce quotidien que tu avais adopté, mais tu n'avais pas le choix. Cet instinct, ce doute, cette façon d'être toujours sur tes gardes est ce qui te maintenait en vie - et depuis que tu avais croisé Enasalin, tu n'en étais que plus nerveux. Tes entraînements se faisaient plus intenses, et ta rencontre avec elle hier t'avait exhorté à venir ici. Tu étais incapable de définir tes pensées à son égard mais tu avais été assez affecté par votre entrevue pour te pousser au-delà de tes limites et, tandis que tu remettais ta veste, de nouveau sous forme humaine, tu pris conscience de ta respiration hachée.  La fatigue, quel que soit ton état d'esprit, demeurait omniprésente. Tes jambes tremblaient légèrement et ton cerveau, occupé à t'éviter un malaise, ne réfléchit pas davantage à la direction de tes pas.

Asriel Asriel, pourquoi tant de colère impossible à oublier ?
Asriel, pourquoi ton corps doit-il subir cette haine qui te fait vibrer ?

Il est si lucide, pourtant. Conscient du coupable, du système et sa réponse se grave dans la situation qu'il a tant lutté pour obtenir. Il connaît la réponse, sait contre qui diriger sa colère, pourquoi poursuivre ses efforts. Mais c'est la vie, quelque part. Une influence silencieuse et puissante - il a tant été ainsi traité qu'il a fini par croire qu'il le méritait. Il a tant subi sans raison apparente que c'est peut-être ce qu'il a fini par valoir. Il s'inflige ça, par besoin de préparation, par besoin de se voir ainsi subir ce qu'il n'a jamais demandé. C'est comme ça, ça doit l'être parce que ça ne sera jamais autrement - c'est comme ça parce qu'il s'oppose au monde qu'il a décidé de rejoindre. Asriel Asriel, pourquoi ne pas juste tout laisser filer ? Mais il ne peut s'y résoudre, se refuse à voir sa vie lui glisser entre les doigts dans une impuissance frustrante qu'il remplira de regrets.

Mais quelle bêtise, Asriel. Si déraisonnable - et lorsque tu arrivais dans une église en ruines au milieu de la forêt, tu ne te posais pas la question de la présence d'humains en son sein. Le bâtiment, à l'instar de l'illusion d'un oasis, était l'espoir d'un repos anticipé - et pourtant, ton instinct animal refusait de s'y cloître aussi aisément. Danger, te soufflait-il - mais tu étais déjà sur le palier du bâtiment et il était trop tard. Tu voyais cette silhouette présente mais tu étais incapable du moindre mot, le souffle court, fatigué, cherchant tes repères alors que tu ne parvenais toujours pas à déceler sa nature-même. Quel que soit cet être, tu étais à sa merci - et tu le fixais, silencieux, incapable du moindre mot, comme dans l'attente de la sentence du destin pour avoir fait l'erreur de ne pas naître ici.
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Terrien
Ach. 1 : Coeur sur la main
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Mar 16 Jan - 22:41


Fox and Ghost

Inextricable, il ne pouvait leurrer éternellement son corps. Il ne connaissait pas la fatigue mais était épuisé. Il s’effritait peu à peu, abusant de ce qu’on lui avait laissé. Noyé dans ses mensonges, le spectre perdait même foi en ses propres lois. Trop souvent contraint à devoir paraître ce qu’il n’est plus.  Les yeux clos, il voyait pourtant son corps se défaire, perdre ce qu’il était avant de s’envoler en poussière. Sans douleur, il disparaissait à l’orée de la forêt, invisible, douce masse informe, l’épuisement avait atteint son paroxysme. Neil ne savait ce qu’il se passait exactement dans ce genre de moment, mais baigné par la lumière du ciel, cet état était proche d’un sommeil humain, mais bercé sans songe, il ne voyait le temps s’éclipser, le repos éternel n’était qu’épuisant et si lourd à porter sur ses épaules.  Comme endormi, perdu hors du temps, il n’avait eu le temps de rejoindre son repaire. Car oubliées de tous, ces ruines étaient son sanctuaire et son havre de paix.

Lentement, ces ténèbres qui ne lui appartenaient pas l’enveloppèrent. Longtemps. Sûrement trop. Oublié de tous, la cime des arbres couvait son corps informe. Combien de temps passa ? Il ne le saurait qu’une fois éveillé de son doux sommeil. Coupé de toute réflexion, tout reprit telle une cassette rembobinée, à l’aube d’un jour nouveau, il fut de nouveau, à la même place, immuable, simplement lui. Une déception caressa ses traits, souvent, il espérait ne jamais reprendre forme pour ne plus pleurer sur son cruel destin. Scellé dans un gouffre où plus rien ne pourrait le toucher émotionnellement, à la place sombre imbécile qu’il était, il revenait… Toujours… Pourquoi diable la mort ne voulait-elle pas l’étreindre de son souffle glacé ? Aspirer les derniers fragments d’une âme déchirée, arrachée à son bien-être.  Un soupir mort s’échappa de ses lèvres et finalement, il suivit son chemin, prêt à poser son esprit meurtri dans le cœur luxuriant de cette forêt.

Le spectre s’égarait, passant à travers les arbres en écoutant les bois s’animer au rythme du chant des chanterelles. Il semblait si las de tout, errant comme une âme en peine, à la recherche de sa tranquillité encore quelques pas, enjambant ruisseaux, pénétrant la roche, il n’attendait qu’avec hâte de pouvoir se complaire dans son mal-être et dans sa solitude. Son pas s’accélérait, son souffle ne se perdait pas, car même ceci ne lui était même pas utile. Neil méprisait tant cette vie qui grouillait autour de lui, étouffait ses larmes pour mieux se prélasser dans son malheur.

Plus que quelques pas, quelques mètres à franchir pour enfin demander le repos de l’âme. L’eau claire ruisselant le long de la roche, il maudirait à nouveau son destin pour ne pouvoir sentir la fraîcheur effleurer ses doigts. Il se lassait de l’air de la ville, de ces faux-semblants, mais il regrettait tant de ne pouvoir s’approprier ce décor de rêve dans lequel enfin, il pouvait souffler un semi bien-être. Il foula enfin son entrée, glissant sa main sur la roche moussue, elle passa à travers. Happé dans sa contemplation, il n’avait été alerté par la respiration tranchée qui menait sa mélodie.  Quand bien même, il se savait hors de danger. Juste importuné dans sa quiétude. Le spectre s’accroupit, prenant soin d’inspecter son domaine.

Un halètement, la panique.

Sans bouger, Neil ne tourna pas la tête, pourtant une brume sombre s’exhala de son corps, dévoré par des flammes noires, le spectre semblait contrarié. D’abord Ahléa qui s’était permise de fouler son domaine, voilà qu’un autre intrus se permettait d’y demander son asile. Une tâche sombre rampa sur le sol, vive, elle semblait prête à dévorer les entrailles de sa demeure. Voilà qui était étonnant de la part de ce simulacre, habituellement si patient, il ne lui arrivait que très peu de se montrer agressif. Enfin, il tourna la tête, dénaturant son profil d’un éclat bleuté, deux ailes brunes éclatant dans son dos avant de les enfermer dans une prison ténébreuse.

« Décline ton identité. »

Neil… Que lui arrivait-il ?
Le masque tombait enfin.

Le spectre se redressa, d’un pas lent il s’approchait, sans un bruit qui martelait le sol, brisait les feuilles ou faisait écho au vent. Il menait sa pièce de théâtre dans le creux de sa main. D’un geste lent, il effleura la joue d’albâtre, si proche de lui, il le perdait dans ses prunelles luisantes.

« Tu es la deuxième personne à errer dans mon antre. La forêt, n’est-elle pas assez grande pour que vous trouviez refuge ailleurs ? »

Dans sa brume noire, il était l’unique voyant, l’unique meneur. Observant d’un calme qui contrastait si bien avec son accès de colère. Il lui permet cependant de croiser le circuit de ses yeux anormaux.

« Que viens-tu donc faire ici ? C’est un endroit suffisamment reculé pour que personne de cette si belle civilisation ne puisse y pénétrer. »

© Eris pour Ariesten



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Terrien
Ach. 1 : a fini sa fiche rapidement
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Mer 17 Jan - 0:15


La tension se dessine dans l'air comme un nuage toxique, l'air ambiant se dilue en une atmosphère dense et omnisciente comme si les rares vestiges de la sérénité venaient s'étouffer en cet antre unique. Ce lieu, qui à valeur universelle, représentait un point de repos avait tout à coup les contours d'une place dominée par une impression qui n'y avait pas sa place. Ta respiration s'accélérait légèrement au rythme d'un cœur irrégulier et baladé par l'improbabilité de tes sentiments ; ton cerveau tournant, lui aussi, à plein régime dans la recherche perpétuelle d'une réponse à ce malaise que rien ne semblait pouvoir contrebalancer.

Quelque chose était là, tapie dans l'ombre. Quelque chose, quelque chose, quelqu'un peut-être. Quelque chose existait, quelqu'un respirait, quelque chose grondait et quelqu'un ressentait l'imminence d'un danger réciproque, car tu étais toi aussi sur tes gardes en ton état de lucidité presque total. Il n'était pas plus question de baisser ta garde que de ployer face à une silhouette qui se déployait, ange noir, créature transparente comme si sa présence s'imposait en un lieu où elle n'était pas vraiment. L'observation visuelle de cet être vivant ne te permettait pas d'en déduire la nature et ton regard restait à l'affût en prédiction d'une éventuelle attaque dont l'origine pouvait être de toute forme - l'esprit demeurant dans l'ignorance la plus totale des capacités de cet individu.

Sa voix, à l'instar de toute son apparence, t'accorda la même impression que ton corps traduit en un léger frisson - comme si elle venait de loin, comme s'il l'était ; le mélange d'une mélancolie qui cherche l'espoir et d'un esprit résigné. Qu'avait traversé cette entité pour être si déroutée par la simple présence d'un humain ? Il était certain que son existence, et même sa vie au sein de cette église n'était pas de tout repos à en juger par ses manières si uniques - et au contraire, tout en lui appelait à l'aide. De son regard au moindre détail de son apparence, la solitude, comme une couronne d'épique, lui apportait ce confort de douleur unique que seuls ceux qui ont touché le fond pouvaient comprendre.

Noble entité, commençais-tu prudemment. Cette belle civilisation que tu décris n'est pas plus un refuge pour moi qu'elle ne semble l'être pour toi. En ces heures sombres, je te demande le droit de me reposer ici le temps que mon corps se remette de la fatigue et des blessures qui l'affaiblissent.

Tu restais à l'entrée, interdit et observateur mais abandonnant l'idée de ta prudence au profit d'une amabilité nécessaire pour la suite des choses. Il te semblait évident qu'en ton état actuel, tu ne serais pas plus capable d'affronter cette créature, quelle que soit son origine, que de fuir la confrontation. Son intonation témoignat de sa détermination et te confrontaient dans l'évidente idée que ta seule possibilité était la négociation. Ce n'était sûrement pas ton point fort mais tu savais faire montre de sincérité eut égard des sentiments que tu semblais, au premier regard, parfaitement comprendre.

- Je m'appelle Asriel. Je suis un terrien et je viens dans la forêt pour m'entraîner en vue du jour où cette société découvrira mes origines.

Un clignement d'œil. Et en l'espace de ce geste, d'un instant, tu trouves le courage. Non, le culot d'assumer la curiosité que sa rencontre t'incombe.

- Et toi... qu'est-ce que tu es ? Tu ne ressembles à rien ni personne de tout ce que j'ai pu voir au cours de ma vie.
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