à poings ouverts & cœurs fermés - walter
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Terrien
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Dim 7 Jan - 2:34


Tu détestais ça, Asriel. Tu détestais cette idée d'impuissance, cet aveu de faiblesse, l'idée que n'existe pas ta toute puissance. Tu détestais l'aide des autres, tu détestais t'y laisser couler. Tu détestais le fait de te détourner de ta solitude, de ne pouvoir te débrouiller seul, de douter de tes capacités au point de devoir te préparer. Tu détestais ton doute, Asriel, alors que pourtant, tu restais ce renard divin, impossible à attraper - une bête qui terrorisait une ville sans relâche, imposant sa loi comme un monstre trop rapide et agile, comme un animal hors d'atteinte, au-dessus des lois qu'il enjambait sans peur. Tu détestais te faire honte ainsi, devoir t'en remettre à la violence quand la fuite t'avait toujours suffi. Tu détestais ce doute, qui te submergeait. Tu détestais la pensée trompeuse mais réaliste qu'une personne plus forte que toi un jour apparaîtrait.

Ce n'était pas difficile, pourtant. Mais tu ne t'étais que rarement battu, fuyant la confrontation, te détournant des moindres problèmes.

Tu avais peur, peur du futur, peur de cette société, peur de savoir que ta stabilité pouvait si aisément s'écrouler. Tu avais peur du retour des choses, que ton futur ne ressemble à ce passé si pesant pour être oublié, que tes pas ne te mènent pas vers la défense mais à ta perte que tant tu redoutais. Tu avais peur, Asriel. Indéfiniment peur, et tu compensais en colère, par un calme feint mais si bien maîtrisé, en mêlant des émotions à peine contrôlées derrière un masque si simple d'exhibition. Tu pouvais sentir tes moindres tourments faire battre ton cœur plus fortement que l'idée d'un bonheur, la pensée de la prochaine confrontation te faire frémir d'impatience alors que la paix, pour laquelle tu t'étais tant battue, te laissait presque de marbre - dans le doute permanent qu'elle te soit retirée.

Tes pas perdaient en intense, retranscription parfaite de ton hésitation et alors que tu te retrouvais devant le bâtiment, il te fallut une seconde pour te rappeler les raisons de ta venue. Le club de boxe, bien entendu. Le club, le club, la défense. La boxe. Tout semblait se mélanger maintenant qu'il était venu pour toi d'assumer la vérité - et tu poussais maigrement la porte de l'établissement, soufflant une dernière fois pour te rassurer. Tu pouvais mentir, après tout, ça n'avait rien de honteux. Le mensonge était un quotidien nécessaire, un bouclier humain - et lorsque tu t'avançais vers l'unique personne présente, sans doute le propriétaire, tu blêmis légèrement en reconnaissant son visage.

- Non. Non, non, non.

Et si, pourtant. Parce que c'était ça, le destin qui t'était donné.

- Qu'est-ce que tu fais là ?
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Sam 13 Jan - 23:54


La journée avait été calme, les clients peu nombreux ; aussi Walter décida-t-il d’en profiter afin de faire le travail ennuyeux de la journée -les comptes et le rangement. Il aimait son club, tout anonyme qu’il était au fond d’une ruelle, mais certaines tâches étaient plus barbantes que les autres. La paperasse terminée et le dernier client parti, Walter avait commencé à ranger le matériel. Il avait toujours consciencieux en terme d’ordre et de rangement -souvenir de sa vie de militaire- mais il y avait toujours quelques petites choses qui traînaient ça et là ; parfois des objets oubliés par leurs propriétaires, des clients un peu tête-en-l’air. Il avait toujours un peu de mal à comprendre les gens qui ne prenaient pas soin de leurs affaires de cette manière ; lui craignait toujours d’oublier quoi que ce soit.
En déposant un sac empli de gants dans la réserve, il passa devant un miroir. Il ne put constater qu’une chose : ses cheveux étaient gris -non, grisonnants. Non, argentés. Ses cheveux étaient d’un argent royal, et les reflets n’étaient pas blancs ; ils étaient lumineux. Un homme aussi jeune que lui n’avait pas de cheveux blancs enfin. Il ne comprenait pas pourquoi son mari pouffait à chaque fois qu’il disait ça. En pensant à lui, il ne put empêcher un sourire de se former sur ses lèvres, mais il le dissimula bien rapidement.
La clochette accrochée au-delà de la porte sonna. Quelqu’un ? Il était persuadé que plus personne ne viendrait ; mais il est vrai que le club ne fermait pas avant une heure. Il se tira hors de la contemplation de ses cheveux gris -non, argentés- et se retourna.
« Bonj-hey ! Salut gamin ! Tu t’es finalement décidé à venir ? »
Un large sourire sincère vint fendre les lèvres de Walter à la vision du petit bonhomme qui était devant lui ; à vrai dire, c’était l’incompréhension absolue et la panique visible sur son visage qui était divertissants. Par un concours de circonstances, ils en étaient venus à se connaître ; le garçon était sombre et mystérieux, promenant sûrement avec lui son lot de mensonges et d’ennuis, ce qui avait donné envie à Walter de l’aider. Il lui avait même proposé de venir à la salle, de temps en temps. Mais au vu de l’air paniqué sur le visage du garçon, il avait probablement oublié. Il pouffa, ce qui parut un peu étrange sur le visage de ce trentenaire. Il décida de faire celui qui ne comprenait pas -parce que c’était rigolo. Il pencha la tête et cligna des yeux rapidement, en ce que le roleplayeur derrière l’écran pourra reconnaître comme étant une imitation étrange des personnes de jeunes filles kawaii dans les dessins animés japonais. Elle était étrange parce que faite par un trentenaire barbu au bras bionique et aux nombreux tatouages.
« Bah je suis propriétaire ! Je t'en avais parlé non ? », demanda-t-il en battant des cils à toute vitesse. Kawaii.
Il fit de grands pas vers le jeune homme et lui donna une tape vigoureuse dans le dos -vigoureuse voulait dire qu’il le frappait à quelques reprises d’un bras musclé de nombreuses années par diverses pratiques sportives, pouvant entraîner un décollement de poumon chez une personne faible physiquement. Bref, il lui fit son salut habituel.
« Bon, on commence l’entraînement tout de suite ou tu veux t’inscrire d’abord ? », lui demanda-t-il avec un sourire carnassier, faisant attention à ce que son corps bloque l’accès à la sortie.
Maintenant qu’il était là, il allait pas le laisser partir aussi facilement.
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Dim 14 Jan - 12:49


T'as déconné, Asriel. Clairement déconné.
Inspire, expire. Respire Asriel. Rien n'est joué - mais tu n'as pas besoin de plus de temps pour comprendre que ton propre piège se referme. Que ta venue ici, à défaut d'être si mauvaise, est un aveu des doutes qu'il avait à ton égard. Rien ne va chez toi. Rien ne va depuis ta venue ici, depuis ta venue au monde. La milice s'en assure. Inspire, expire. N'y pense pas. Aussi envahissant que soit ce mec, il ne te veut pas de mal - et il ne serait sans doute pas si mauvais de lui confier tes problèmes. Sans doute pas. Comme Enasalin n'est pas mauvaise, comme les méchants comme toi ne sont pas mauvais et les gentils te persécutent.

Déconne pas Asriel, pas encore.
Fais pas l'erreur d'y croire et de faire confiance à quelqu'un que tu ne connais pas. Garde les sens affutés, les yeux ouverts et l'esprit prêt à faire face aux éventualités les plus inattendues. T'as déconné mais ne te laisse pas abattre. T'as déconné mais tu peux encore rattraper le tout en restant comme tu es - méfiant, intelligent, perspicace. Et qu'importe si ses intentions étaient bonnes. Qu'importe ce qu'il te veut vraiment, ce n'est pas ce qui t'intéresse. Tu ne penses qu'à tes propres désirs et ce n'est que ton profit qui dictera tes actions ici.

- Oui. Tu m'en avais parlé, oui. Je me rappelle maintenant.

Tu te souviens, Asriel. Entre quelques divagations, parmi toutes ces paroles.
Walter est intelligent. Très vite, il a compris que quelque chose clochait sans savoir quoi, sans pouvoir savoir, parce qu'il n'avait aucun moyen de le faire. S'il connaissait ta nature, tout serait plus clair. S'il en savait davantage, il serait peut-être différent, plus sage, moins optimiste. Il fait de son mieux, certainement - mais tu ne dois pas te laisser attendrir par sa façon de faire. Tu ne dois pas laisser ta gentillesse prendre le pas sur tes méthodes de survie. Tu dois garder la tête froid et éluder tous ces sentiments idiots et cette empathie envers toute la gentillesse dont il fait preuve.

Tu ne l'auras pas, Walter. Qui que tu sois, quoi que tu veuilles, peu importe où mène votre relation. Car tu es maître Asriel, de ton avenir, de tes propres actes. Car rien d'autre ne saurait te mener à ta liberté. Car rien d'autre, pas même cette paix quotidienne, ne saurait te satisfaire. Rien d'autre, et s'il faut que tu apprennes à cohabiter avec ceux que tu ne supportes pas, tu le feras. Tu en es capable. Ce n'est rien comparé à la Terre. Et ce n'est rien comparé à cette ombre qui te plane dessus, ce danger, cette entité qui te poursuit depuis toujours.

- Je suis prêt à commencer dès maintenant. Je veux apprendre à me défendre quand je ne pourrais pas fuir. Je veux apprendre à rester en vie.

Peut-être que quelque chose en découlera, dans un futur proche. Pas de l'amitié, mais un peu de respect, un grain de réalité. Tu n'as rien contrôlé avec Enasalin, Asriel. N'espère pas contrôler tes sentiments dès maintenant.
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Dim 14 Jan - 20:00


De nombreuses émotions passent sur le visage du gamin ; il tente de les cacher du mieux qu’il peut, mais certaines réussissent à ressortir tout de même. Elles étaient trop puissantes pour être cachées. Walter ne pouvait pas toutes les comprendre -il n’était pas mentaliste- mais il arrivait à identifier la méfiance. Il lui semblait que c’était une émotion intrinsèquement liée au garçon, du moins quand ils étaient ensemble. Il avait peur, et se méfiait de tous et de tout le monde ; il dressait des barrières entre le monde et lui. Walter aimerait bien les abaisser, ces barrières. Un petit peu, pour voir la personne qui se cache derrière. Mais il savait que ça prendrait du temps.
Il lui fit un sourire et lui caressa vivement le crâne, lui ébouriffant les cheveux au passage.
« Pas besoin de me dire pourquoi t’es là gamin, ce sont tes affaires, pas les miennes. Moi je suis là pour t’enseigner à te battre. »
Il regarda autour de lui, se demandant ce qu’il allait faire faire à Asriel d’abord. Ils n’allaient pas véritablement commencer aujourd’hui, il fallait déjà qu’il voit son état physique d’abord pour établir le programme. Il espérait qu’il était pas trop faible, il était pâlichon le gamin. Mais Walter était le roi pour donner des muscles aux cas les plus désespérés -du moins, c’est ce qu’il se plaisait à répéter partout.
« T’as déjà fait du sport avant ? »
Parce même s’il était pâlot, il était plutôt grand et avait l’air d’avoir un peu de muscles sous les vêtements. Avec un peu de chance, ce serait pas un cas trop désespéré. Enfin, même les cas désespérés il les abandonnait pas ; question de principes.


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Dim 14 Jan - 21:56


Pas besoin de me dire pourquoi t'es là, gamin.
Et tout de suite, c'est une grande bouffée d'air. Tout de suite, le poids se dissipe, la tension s'atténue et se dilue dans un soulagement implacable. Tu ne lui dois rien Asriel, et tu commences à comprendre. Ta main glisse doucement dans ta poche pour frôler l'argent du bout des doigts et tu fais volte-face pour le regarder dans les yeux et le jauger durant quelques instants. Walter Walter, tu as toujours essayé. Walter, tu es sincère et tu refuses de laisser votre relation s'envoler. Walter, tu as tendu la main et pour ça, Asriel accepte de se donner. Rien qu'un peu, et c'est contraire à cette méfiance, mais cet intérêt ne peut s'accomplir que s'il donne un peu de lui.

Tu comprends, Asriel ? Tu comprends les faits, l'évidence, car des attentes ne peuvent être satisfaites si elles n'ont jamais existé. Il te faut un moment pour te rendre compte de ce fait évident et tu saisis une liasse de billets que tu lui tends. Le prix exact est là, tu l'as vu sur la porte. Le prix exact pour un trimestre, pas même un an, parce que tu ne sais pas si tu seras encore là pour en profiter. Tu sais pour quelle raison tu viens ici, tu ne sais même pas de quelle main tu es arrivée dans ce monde - et tu ignores de quelle main, si proche, tu pourrais si vite le quitter.

- Très bien. Je vais te faire confiance, Mr. Feuerbach.

Car c'est son nom, ce nom qui traîne toujours sur les commandes. Car c'est ce nom, si compliqué, à son inverse, peut-être salvateur. Et c'est à ce moment que tu te rends compte que tu ignores son prénom alors que vous vous êtes croisés tant de fois. Tu ignores également où votre relation vous mènera et si ces leçons porteront leurs fruits mais il est évident que tu ne peux déjà plus te reposer sur tes talents de renard. Tu ne peux pas, Asriel. Parce que ta légende est loin, qu'elle a toujours été faussée. Parce qu'une mythologie n'est pas à moitié fausse, et si elle a deux vérités alors tout sera avéré.

- Voici le prix pour un semestre. Je remplirai ma fiche d'inscription en partant mais je tiens à ce que tu acceptes ça maintenant.

Le renard n'est pas apprivoisé, loin de là, mais il choisit le meilleur moyen de survie, quitte à en abandonner cette solitude qui l'a toujours guidé. Tu sais que c'est dangereux, une prise de risque sans retour en arrière mais tu n'as pas le choix. Et pour mieux illustrer les choses, avant de répondre à ses questions, tu décides de lui répondre aux interrogations qu'il a toujours eu. Tu prends une longue inspiration, laisses planer le silence entre vous et c'est alors que tu lui découvres ton dos.

Ôtant délicatement ton haut, acceptant de baisser ta garde pour regarder dans la direction opposée. Ne te retourne pas, ne leur laisse pas le loisir de te frapper librement. C'est une philosophie de base que tu rendais nulle par ta propre nature, celle d'un renard insaisissable, littéralement, un animal divin que nul ne pouvait attraper. Et pourtant, il y a cette cicatrice. Elle traverse ton dos, semblable à une griffure d'animal, pas tellement imposant mais sur ton corps qui n'est pas si grand en comparaison avec le concerné, l'impact est redoutable.

- Quelqu'un est après moi. Je ne sais pas qui et je ne sais pas vraiment pourquoi. Depuis toujours, depuis ma naissance, il me court après. C'est le seul qui ait jamais été capable de m'attraper et alors, il m'a fait ça. Et depuis ce jour-là, j'ai compris que la fuite ne suffirait pas. Il faut que je sache comment me défendre.

C'est dur de se sentir ainsi mis-à-nu - littéralement - mais tu tiens le coup encore quelques instants avant de remettre ton t-shirt et ta veste, posée dans un coin, pour lui faire face de nouveau. Tu respires de nouveau, frottes tes épaules pour te réchauffer en repensant à la main qu'il a glissé dans tes cheveux il y a de ça quelques minutes. Sa main était chaude et chaleureuse, comme cette idiote d'Alesund à ce moment-là. Eux mis-à-part, personne ne t'avait jamais touché comme ça.

- Voilà pour mes raisons. Cependant, je n'ai jamais fait de sport en club, mais je pratique la course régulièrement. Pour survivre. Je ne suis pas en restes. Je pense que je pourrais me débrouiller avec un programme intermédiaire.
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Lun 15 Jan - 10:11




Le gamin a l’air soulagé. Qu’avait-il dit, qu’avait-il fait pour provoquer ce relâchement ? Non, pas un relâchement. Les muscles sont toujours tendus, les jambes toujours prêtes à la fuite. Mais son regard est déterminé, fort. Il veut changer les choses et veut se défendre. Il n’avait encore jamais rencontré ce regard chez lui. C’était le regard d’un survivant.
Walter sentit quelque chose s’enflammer en lui ; c’est ce qu’il attendait. Il avait l’impression d’être devant un petit oisillon bien décider à s’envoler. Un enfant bien décidé à s’émanciper de chez papa et maman. Il retint une petite larme d’émotion quand le gamin voulut lui donner l’argent. Il ne pouvait pas le prendre, c’était lui qui lui avait proposé de venir. Il avança la main pour repousser la liasse, ouvrit la bouche mais la referma immédiatement. Le gamin allait insister pour qu’il prenne l’argent, et lui allait refuser, et ça allait continuer dix bonnes minutes de frustration, et il risquait de faire peur au gosse. Il ne voulait pas faire peur au gosse.
Il passa une main dans ses cheveux et rigola bruyamment. Un plan de génie -du moins, c’est ce qu’il pensait- venait de lui traverser l’esprit.
« Oh, il y a trop, beaucoup trop ! Le mercredi après-midi, l’inscription est à moitié prix ! Je l’ai pas affiché sur la porte ? »
Un rire bruyant, qui servait à recouvrir son grossier mensonge. Le gosse allait-il y croire ? De toute manière, il avait pas le choix. Le roi, c’était lui. Son propre génie l’impressionnait ; son ego un peu moins, de toute évidence. Il pouvait sentir son nez s’allonger. Il prit la liasse, la divisa en deux tas de taille égale, en mis une dans sa poche et donna le reste au gosse.
« Oh, et pas besoin de m’appeler M. Feuerbach d’ailleurs. Ici, c’est soit Walter, soit Coach. »
Il aurait bien voulu un « Maître Tout Puissant » jusqu’ici, mais personne n’avait encore accepté. Et quelque chose lui disait que le garçon non plus n’allait pas vouloir. Il allait dire quelque chose -d’insignifiant probablement, encore une fois- mais se stoppa quand le garçon commença à dire quelque chose.
« Hé, on n’est pas encore à ce stade d’intimi- »
Il se tut et son regard se fit dur. Ses poings se resserrèrent, furieux. Le gosse avait une vingtaine d’années et la cicatrice semblait ancienne. Il écouta en silence les paroles du garçon, trop furibond pour réussir à articuler quoique ce soit. Il voulait le prendre dans ses bras, le consoler, lui dire que tout allait bien se passer. Mais ce n’était pas le cas, et le garçon n’était pas un môme à consoler -malgré tout ce que Walter pouvait penser.
Pourtant, quand le garçon lui fit face à nouveau, Walter avait mis son propre masque et avait (tenté de) cacher la fureur qui l’habitait. Il lui fit un sourire -un peu figé peut-être.
« Je vois. Tu auras droit à l’entraînement spécial alors. »
Il alla dans un placard et en sortit une corde à sauter. Il l’envoya à son nouveau membre -la donner main à main, c’est pas assez viril, et moins spectaculaire. Ici, on était des macho men. Bon, elle était rose, mais le rose était la couleur des hommes virils.
« Utilise-la pour t’échauffer. Dix minutes. Et garde-la pour l’utiliser chez toi, ça muscle. »
Il abandonna son tout nouveau client pour aller chercher du matériel dans un placard. Pendant ce temps-là, il réfléchit. Walter était un ancien de l’armée ; il allait lui enseigner certaines techniques qu’il avait appris là-bas. Il faisait la même chose pour certains de ses protégés. Ils avaient un horaire spécial, le soir, plusieurs jours par semaine, pour des entraînements durant lesquels il leur enseignait un peu plus que la boxe. Ce n’était pas régulier, mais rares étaient les entraînements où il n’y avait personne ; même certains qui n’en avaient plus besoin venaient toujours, pour donner un coup de main.

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Mar 16 Jan - 23:16


Tu acceptes, ranges les billets froissés dans ta poche sans le quitter du regard parce que, dès à présent que la confiance semble s'installer, tu es décidé à ne pas la laisser s'en aller. Tu gardes tes yeux rivés sur lui en attente de réaction et ce n'est que lorsque tu lui tournes le dos et jettes un coup d'œil en arrière que tu peux voir son expression changer. Dur, sérieux, bien au-delà de cette légèreté qu'il offrait au quotidien, comme une aide dont tu n'avais pas besoin. Ça, oui, c'était ça. C'est ce qu'il te fallait. Ce n'était pas de la gentillesse ou des mots rassurants, c'était cette sauvagerie contrôlée, cette colère, ces sentiments qui te poussaient à aller de l'avant. La tendresse ne t'avait jamais guidé vers une quelconque rédemption ni vers une paix autre que ce quotidien illusoire où tu faisais face aux accusations. Ta nature de renard était l'unique raison pour laquelle tu ne t'étais pas déjà fait attraper et cette cicatrice était l'unique raison pour laquelle tu te questionnais sur ta liberté actuelle.

S'il existait quelqu'un, quelque chose à même de t'atteindre, il te fallait pouvoir faire face. Dans la nature comme sur le plan émotionnel, le renard était dur à attraper - et Walter était l'un de ceux qui, jusque ici, avait réussi à te toucher le plus de part son attitude. Cette gentillesse sincère, presque écœurante. Car tu étais encore mitigé sans savoir si tu voulais le croire mais il jouait le jeu. Il respectait ta personnalité, tes décisions, ta façon de faire les choses. Il avait accepté l'argent. Il respectait la distance, le silence. Et il n'avait rien demandé sur tes révélations, alors il acceptait que tu les fasses à ton rythme.

Walter semblait être digne de cette confiance si difficile d'accès - et tu t'autorisais à hocher la tête suite à sa remarque, parce que, depuis que tu lui avais montré cette part de toi, il avait changé d'attitude. Il était encore plus respectueux qu'auparavant. Walter et toi, c'était une certitude : les bases étaient mauvaises. S'il existait une infime possibilité que tout s'arrange, tu étais prêt à faire des concessions. Si tu pouvais tirer profit de votre lien, tu étais prêt à t'y impliquer sérieusement.

- Très bien, coach, répondis-tu sérieusement, un goût légèrement amer dans la bouche à la prononciation de ce mot.

Ce n'était pas facile, cela dit. Quoi qu'en pense la raison, ton instinct te dictait de fuir comme tu l'avais toujours fait. Tes sens animaux, si prévenants que froussards, refusaient cet endurcissement comme si le combat devenait l'option obligatoire mais ce n'était qu'une bête illusion. Tu ne ferais pas l'erreur de surestimer tes capacités, quel que soit le moment. Tu te refusais à perdre de vue tout ce pourquoi tu te battais jusqu'à présent - et cette discipline, comme toute chose, ces sauts, depuis maintenant dix minutes, n'avaient servi qu'un seul et unique objectif : la survie.

- C'est bon, l'informas-tu, une fois la dizaine de minutes passée.

Tu soufflais longuement, laissant ta respiration s'habituer à ce nouveau rythme.

- Je ne connais rien à la boxe, mais je suis prêt à venir tous les jours. Je refuse de me laisser mourir sans avoir essayé... Je m'en remets à ton enseignement.
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