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Dim 14 Jan - 1:44



 
- your heart is stupid as shit. “Lost - yesterday, somewhere between sunrise and sunset, two golden hours, each set with sixty diamond minutes. No reward is offered, for they are gone forever.”
Soirée de merde. Ouais. Simple, efficace, t’avais pas mieux pour décrire ta soirée. T’étais là, à te faire chier chez toi, à nettoyer tes armes d’un geste mécanique, habitué. C’était ton petit rituel à toi. Tu avais démonté chacune d’entre elles tour à tour, nettoyant et huilant les pièces au fur et à mesure. Ça te prenait un certain temps. T’étais quelque peu… Maniaque sur ça. Après tout, c’était tes seules alliées et tu ne pouvais pas te permettre que l’une d’entre elles s’enraille en plein combat. Parlant combat, c’était toujours aussi plat. Pas un cul de vermine ; de terrien pardon, en vue. Fallait croire que les bisounours divins faisaient leur taff et t’enlevaient donc le tien. Alors tu passais ta frustration sur le premier innocent qui te donnait une raison de le flinguer. Ah. Mensonge. Tu ne cherchais même pas une raison. T’avais envie de tirer, tu tirais. Voilà tout.

T’étais déjà condamné depuis des siècles. Quand tu ne leur seras plus utile, tu seras effacé. Détruit. Oublié. Tu t’en fichais. Tu ferais de cette île ton enfer personnel avant que ça n’arrive. T’avais tant à leur faire payer que t’allais au moins les traîner en enfer avec toi. Un gémissement se laissait entendre dans l’atmosphère calme du soir, entre quelques clapotis de l’eau contre tes vitres. Pluie. La pluie ne cessait de tomber et toi, t’étais là à t’emmerder ferme plutôt qu’à cavaler dehors après une cible. Quelle misère. Ton chien couinait de nouveau, te faisant baisser tes prunelles dorées sur lui. Celui-ci te lorgnait d’un air compatissant, tête affalée sur tes genoux. Tes lèvres dessinaient un sourire presque tendre, ta main venant affectueusement caresser la caboche de l’animal. Soma. Tu l’adorais ton doberman. Tu ne te voyais pas vraiment vivre sans.

Il était devenu la seule preuve que tu pouvais encore être humain. T’habitais une grande baraque en périphérie de la ville, moderne et quasiment vitrée de partout. Habitude de militaire. Une façon de voir si tu étais pris pour cible. Le grand jardin qui s’étendait derrière faisait le bonheur de Soma et aussi le tien. Un parfait stand de tir et d’entraînement. Ta main délaissait le crâne de ton compagnon pour venir coincer une cigarette entre tes lippes, crachant ta fumée. Tu te laissais choir sur ton fauteuil, un instant perdu dans ton monde intérieur. La machine que tu étais était un peu près chargée et vu que tu n’étais pas de service, tu ne cherchais pas spécialement à faire attention à si oui ou non, tel ou tel geste allait dénoncer que tu étais un être de métal derrière cette image si humaine que t’avais offerte tes concepteurs.

Seule cette marque à ton poignet droit, pour les observateurs avertis, laissait un léger doute sur ta condition. Elle ressemblait bien plus à une cicatrice qu’à une prise amovible où tu te connectais pour récupérer ton énergie perdue. Tu inspirais, lorsque ta sonnette retentit. A cette heure-là ? C’était pas non plus comme si minuit était passé. Comme toujours, tu traînais, restant torse nu et en pantalon, calant ton M16 contre toi, méfiant. Tout pouvait arriver. Surtout à une heure aussi incongrue. Ton chien t’emboîtait naturellement le pas, tandis que tu te plantais devant ta porte, tournant la serrure de tes clés pour entrouvrir celle-ci, ton fusil chargé et pointé sur l’heureux couillon ou couillonne qui venait te déranger. Un géant. De peu par rapport à toi mais tout de même. Une carrure semblable à la tienne, il y a fort longtemps.

Tu le toisais, impassible, ton arme toujours pointée sur lui, Soma sur ses gardes. Il avait pas la tronche d’un mauvais gars. Ni d’un ennemi. Plutôt… D’un étudiant ? Tu baissais ton arme, coulant un regard à l’inconnu.

« C’est pas ici la bibliothèque si tu veux bosser. »

A peine dit, à peine fermais-tu sèchement la porte à son nez. Sérieusement, c’était quoi ce foutoir ?
acidbrain
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