Une Haine Incontrôlable. (Mission) [Feat Best Brother]
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Ach. 1 : a terminé sa fiche rapidement
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Dim 4 Fév - 15:50


••• Une Haine Incontrôlable ft. Marsou •••

Le vent soupirait ses dernières complaintes. Un battement. Puis un second. En écho, ils se battaient la place de celui qui ferait chuter mon ouïe. Je me navrais à ne pouvoir garder la tête froide dans cette situation.  Chaque son résonnait en moi comme le dernier rempart d’un esprit glacial, la vivacité d’un esprit se perd lorsque l’urgence le noie dans un tourment de complaintes.  Le cœur saignait son ultimatum et je ne pouvais faire un choix. Tétanisé sur place, mon sang-froid m’avait déserté et seules quelques pensées farfelues agacèrent mes nerfs, je ne voyais en face de moi, qu’un sort, celui qui étranglerait mes derniers sanglots dans une valse ensanglantée. J’embrasse à nouveau du regard les orbites rougeoyantes, il étrangle mes sens, m’inquiète comme s’il n’était plus que ma fin. La gueule béante, il n’allait rester de moi plus qu’un souffle de désespoir, et une carcasse inerte. Finalement, je n’avais que plus tort de vouloir surpasser mes quelques remords. Mais toi, que dirais-tu ? Que ferais-tu ? L’angoisse me tordait l’estomac, je crois que des larmes d’effroi se dessinaient au coin d’un regard perdu.

Je ne le savais que trop bien. L’orgueil serait ma reddition, mon cercueil. Mais je ne pouvais me laisser aller, mes objectifs étaient ma priorité, la mort ne pouvait me prendre. Je refusais qu’elle m'enlise dans une étreinte glaciale. Un rugissement résonna, et à mon plus grand désarroi, je ne pouvais pas le raisonner. Plus qu’un danger pour les autres, il serait bientôt mon bourreau de la guillotine que j’avais moi-même placée au-dessus de ma gorge… le regard se clôt car pour mon ultime passage, je ne peux lui faire face.



Quel aurait dû être mon choix ?


L’aube se levait à nouveau, les cours m'abrutissaient ne laissant d’intelligibles uniquement mes dernières pensées. Le temps passait, le mien également, j'apprenais à me satisfaire de ton absence. Pesante, elle enrayait mon cœur, parfois encore il tambourinait dans l’espoir qu’un moindre souvenir puisse te ramener à moi. Tout me paraissait si futile lorsque tu te trouvais si loin. Introuvable, dans un recoin de mon imagination débordante, tu aurais tellement pu me relever, mais je le fais seul dorénavant. Tu seras fier de moi car dorénavant j’avance d’un pas serein au milieu d’une voie que je trace moi-même. Tu ne seras plus mon soutien mais l’allié. Enfin, ma journée s'éteignit, je posais mon masque le même qui se teintait de rouge lorsque l’innocence même m’avait déserté. Réalité sournoise. Je me laisse porter par le courant du vent. Les paupières closes, j'écoute le murmure abandonné de la brise. Elle m'enlace, alors j'oublie tout. Parfois j'aimerais oublier. Je ne suis pas si normal alors. Les feuilles geignent lorsque mes pieds les écrasent sans ménagement. Je crois que j'aime cet endroit isolé. Perdu au milieu de quelques troncs, je redécouvre ce monde fascinant. Quel gâchis de le laisser se perdre dans cet écrin de fureur auxquels des innocents sont obligés de s'entretuer pour survivre. Je délaisse ma déception. Juste un peu. Je veux profiter du courant frais qui court entre mes mèches.

Le temps passe et mon chemin se perd. Je virevolte entre quelques branches à la découverte de nouveaux horizons. Lorsque je me perds, je rêve. Et non pas ceux que je dévorais comme un affamé. Non, je rêve moi-même d'un avenir meilleur. Me perdre, quel univers splendide qui m'ouvre ses portes . Le temps passe. Encore. Le mien également. Je me prélasse et m'étends dans un univers serein. Bientôt, ce fut des cris d’effroi qui finirent par scinder ma quiétude.

Le cœur gonflé par une justice qui n’était mienne que par ton héritage, je mis peu de temps à me rendre sur place. J'en ai perdu le souffle, la foule s’affole, agonise de cris stridents. J'accueille les plaintes, je me faufile à travers la population, me dispense de quelques écrasements de pied et de bousculades terrifiées. Je cherche à comprendre, personne ne daigne éclairer ma lanterne. Enfin la lumière éblouit mes questionnements. Enragé, il hurle, grogne et alimente sa violence par les cordes qui brident sa masse imposante. Les fusils pointés sur lui, les pouvoirs activés, ils veulent l’abattre. Je suis pris de fureur. L'adrénaline  porta mes pas devant l'animal qui tentait d’échapper à l’étreinte qui l'étouffait. Comme d’habitude on me prit pour un pauvre gamin.

« Pousse-toi petit. Nous devons l’abattre. »

J'agite négativement la tête car je le sais. Je pourrai le sauver.

J’ai été stupide.
©Eris for Ariesten



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Ach. 1 : Aventurier en herbe
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Sam 10 Fév - 19:10


Deux ans. Est-ce long ? Deux ans sur le reste d’une éternité. Ce n’est pas si long. Deux ans passés dans la peau exclusive de l’avatar de la Justice. Deux années de combats, de traques, d’arrestations. Deux années de blessures, de cassures, de bleus. Deux années à sourire, le cœur morcelé, réduit en poussière par les évènements. Le Justicier a vécu d’autant plus intensément son existence qu’il la sait bénie de la main de Dieu lui-même. Il la vit plus épuisante encore qu’il la pense sans lendemain. D’un claquement de doigt, il peut disparaitre, dans l’indifférence générale. Il est personne, juste une ombre, juste un souffle de ce qu’il a été, maintenu sur l’Île par la volonté égoïste d’un Dieu qui n’ose se salir les mains lui-même. Deux ans. Quand il y pense, ces deux années sont passées si vite. Rythmée par son devoir exclusif, il a été emporté, happé par les évènements. Il a vu les êtres d’en bas s’en prendre à sa chère terre natale. Il a vu les ravages qu’ils causent par leur seule présence. Il a vu l’horreur de la nature humaine, la face sombre et cachée de la citée. Il a vu la beauté des races de ce monde. Il l’a goutée, au point d’en être brulé. Il a vu l’intervention des Dieux, des douze glorieux, qui, avec miséricorde, se sont penchés sur la détresse du peuple.
Il a vu beaucoup, subit tout autant. Il avance au milieu des cendres que sont sa vie d’avant. Il meurt d’envie de se retourner, de s’en retourner vers ceux qu’il a élevé.

Mais il n’ose. Il n’ose les tirer avec lui si bas dans la souillure de ce monde. Il n’ose les exposer au danger constant qui l’entoure. Il n’ose...

Il n’ose se confronter à la lueur de l’inconnu dans leur regard.

D’un tout, il est devenu poussière, et même moins que ça. Son cœur ne tiendra pas de revoir l’étincelle de la rencontre dans les yeux de ceux qui l’ont connu par cœur. Souhait égoïste, le seul qu’il a formulé. Le seul qu’il tient malgré tout. Malgré les coups, malgré la solitude, malgré l’envie, malgré la folie.

Combien de temps, Justicier ? Combien de temps avant de fauter ?

Combien de fois ne s’est-il pas égaré sur le chemin l’amenant à la maison ou à l’école fréquentée par tant de ses sosies animaliers ? Combien de fois ne s’est-il pas enfuit en sens inverse, dans l’espoir fou de ne pas les croiser ?

Il n’est désormais que cendre, que l’ombre de ce qu’il a été.

Et son sourire indissociable de son visage est là pour le masquer.

Le soleil décline, la nuit se profile. Une fois encore, le Justicier se prépare à l’héroïsme. Il enfile costume, entraine son corps trop frêle, coiffe un éternel épi. Il range sa vie civile, qui n’a plus guère de place, et devient un autre. Il devient celui qu’il a toujours été, tout au fond de son âme enflammée. Il est l’épaule sur laquelle pleurer, l’être sur lequel compter, le protecteur qui encaisse les coups. Il est celui qui se doit d’être toujours présent, que l’on cherche du regard quand il manque. Il est revenu d’entre les morts pour cette unique mission.

Les toits de la ville sont son domaine. Sa cartographie ne fait qu’un avec lui. Il saute et virevolte par-dessus les jardins suspendus. Il s’accroche et abime les gouttières chargées des feuillages de l’Automne. Il rit et sourit aux oiseaux qu’il dérange. Son étendard rougeoyant claque derrière lui, faisant de sa personne un éclair de carmin et d’écume. Cette soirée ne fera pas exception. Il remplira sa mission, prendra des coups, stoppera l’injustice, se mettra en danger. Conformément à ce qu’il est.

Pourvu que tu puisses oublier l’hémorragie de ton cœur.

Des cris s’élèvent dans les rues et ruelles. Le danger guette. Il n’attend pas une seconde pour descendre de son perchoir, ses deux pieds claquant son arrivée sur le pavé sale. Un mouvement de foule. Des dizaines, des dizaines de personnes fuient une horreur soudaine. Son sang ne fait qu’un tour. Il doit y aller, se fondre au cœur du danger, faire corps avec lui. Alors, il s’avance, écarte, et part à contre-courant. La marée humaine est encore dissolue, il peut la remonter sans mal. Il peut indiquer sans mal les points à l’abri qu’il connait. Certains le traitent de fous, d’autres, reconnaissant son étendard, le portent plus loin encore. Au cœur d’un enfer qu’il a choisi de gouter. Les commerces se font rares et sa course le mène au sein des habitations.

Le voilà.

Le voilà, le danger que tous fuient.

Les forces de l’ordre l’encerclent déjà, compactes. Le héros en reconnait plusieurs dans leur rang. Des personnes de bien, dont le devoir se confond au sien. Son œil dévie et dérive. Que visent-ils ? Une bête ? Un terrien ? Les grognements ont stimulé son imagination tout le long du chemin de croix. Un pelage brun, des pattes énormes et pourtant courtes, des griffes, des crocs. Il frissonne. La proie en lui frémit de la menace animale. Elle fouette nerveusement l’air de sa traine rayée. Un prédateur. Un immense prédateur déchainé. Un ours brun. Un ours qui s’est échappé d’un zoo, de la forêt ? Non et mille fois non. Son regard de sang indique son humanité derrière sa bestialité. Un hybride qui a perdu le contrôle. Un hybride qu’ils tiennent en joue, prêts à l’achever.

Hors de question.

Le Justicier s’indigne de la sentence offerte à l’être de sa race. Une autre solution est toujours possible... même si elle est extrêmement dangereuse à la vue de la bête immensément agressive. Sa décision est prise, il interviendra. Seule une question l’empêche de se jeter immédiatement dans la bataille. Pourquoi n’ont-ils pas encore tiré ? Il s’approche.
Et l’apparition d’une effigie fige son être sur place.

Son pire cauchemar se réalise pour la seconde fois. A croire que le destin se moque allégrement de lui pour lui jeter aussi régulièrement au visage chacun des êtres qui l’ont oublié. L’azur s’écarquille et se brise dans une larme. Ses lèvres s’entrouvrent mais aucun son n’en sort. Ce mot qu’il souhaite hurler ne lui vient pas, il reste bloqué dans sa gorge nouée.

Il doit agir.

Il doit agir.

Il doit agir !

Il agit. Sans autre plan que celui de servir de bouc-émissaire, de bouclier, de jouet. Il bouscule et écarte le cordon de sécurité, ignore les protestations, esquive les mains tendues qui essayent de l’attraper. Ils ne comprennent pas. Ils ne comprennent pas ! Le Justicier brise la barrière de la loi, brise son instinct qui lui hurle de trouver un trou où se terrer. Il s’élance, force du désespoir, sur le dos de la bête et referme ses bras autour de son cou. La surprise est avec lui, du moins, il l’espère. Il s’accroche, tire, étrangle. Il s’attend au rodéo qui finira par lui briser les os. Mais peu importe, peu importe s’il parvient à sauver une vie.
Pas n’importe quelle vie.

Sa propre chair, son propre sang.

Cet éclat de peur qu’il aurait aimé ne jamais voir dans ses yeux, dans ses traits semblables aux siens.

Questions seront pour plus tard. L’adrénaline courant, la danse avec son bourreau s’amorce. Tous deux tournent, volent. L’un tente d’achever la valse dans un grognement du tonnerre. L’autre s’y accroche comme si sa vie en dépendait. Pas la sienne... mais une autre tout aussi important.

Combien de temps avant que tu lâches, Justicier ?

Si peu. Il n’a que peu de temps. Il a pu détourner l’attention du monstre sublime. Le prédateur a une autre proie, offerte en sacrifice. Mais la proie n’a pas dit son dernier mot. Dans un cri, elle rudoie l’imprudent. Elle aurait tant aimé ne pas le revoir dans ces conditions.

« Erwan, vas-t-en ! » Un cri qui tient presque de l’ordre, alors qu’il en est si peu friant. Son corps s’engourdit à chaque soubresaut. « Je le retiens, alors vas-t-en ! »

Tu auras beau prier, les cieux ne t’accorderont plus de faveurs.
© Eris pour Ariesten
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