[Terminé] - Might Makes Me Right
Jarod Campbell
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Rang Jarod
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Age : 20

Dim 6 Jan - 0:40


Jarod "Spectre" Campbell

«citation»
Nom & Prénom Jarod Campbell.
Âge 25 ans.
Métiers Mafioso.
Orientation sexuelle Indéfinie.
Groupe Ombre ( humain à don ).
Hybridité  ICI
3 qualités Cynique - Dévoué - Débrouillard.
3 défauts Apathique - Désinvolte - Détaché.

Avatar  Jason Todd.



POUVOIR
« I'm not a bad guy. I'm just made up of bad things. If the heat come close enough to burn ; then I'll play with fire. »

Absorption de l'énergie cinétique : Pas réellement besoin de description ! Jarod a le potentiel pour absorber tous les impacts d'origine cinétique - comme un coup de poing, de batte, de couteau, une balle, une voiture, etc, a contrario le laissant vulnérable aux dégâts d'autres origines tels que les engelures, le feu, la chaleur plus en général, etc - dans une certaine mesure. Formant une sorte de barrière invisible à l'oeil nu, elle doit être activée pour réverbérer les dégâts. Donc en cas de surprise, incapacité à se prémunir des dommages s'il ne s'y attend pas. La limite des dégâts absorbables est un quota journalier dépendant de la forme physique du personnage à l'instant T, de son état de fatigue, de santé, ainsi que de sa résistance mentale. Aussi elle sera laissée au fair-play, régie avec rigueur et dans la limite du raisonnable par son propriétaire ( sauf avis contraires ! ), avec pénalité en cas d'abus ?

L'idée serait que l'énergie stockée est convertie pour amplifier les aptitudes physiques de son détenteur, là encore dans une certaine mesure. Laissé au choix - car une telle conversion écourterait / réduirait la limite absorbable, car double tranchant.

Le contrecoup serait, quant à lui, le suivant : Lorsque les dégâts atteignent la limite, ou qu'une certaine durée passe entre deux emplois du pouvoir, la tension du personnage chuterait drastiquement. Au-delà de ça, tous les dégâts accusés et absorbés dépassant un certain seuil de gravité - un coup de poing sera ignoré, alors qu'être percuté par une voiture aura des conséquences, par exemple - sont réappliqués à l'entièreté du squelette du détenteur de don. Ainsi, l'ampleur des dommages potentiellement subis a tout de même son importance après coup, même si le fait de sensiblement les résorber en les propageant sur une superficie osseuse plus importante octroie l'opportunité au personnage de survivre à ces derniers, non sans occasionner de graves séquelles !



MENTAL
Alors qu'on se serait attendu à un être totalement effacé, on découvre la partie immergée de l'iceberg. Ceux qui le taxent de misanthropie latente ne pourrait être plus dans le faux. S'apparentant à un fervent nihiliste, Jarod n'éprouve de foi en aucune chose, si ce n'est ses désirs immédiats. Que ce soit pour l'humanité, la société, ou toute vérité compréhensible. Ces existences sont dénuées de sens, et leur valeur en est ainsi atténuée à l'extrême. Comme étranger au monde qui l'entoure, l'homme ressent une profonde rancune, ainsi qu'un détachement abstrait envers l'univers dans lequel il évolue, maintenant débarrassé de sa vie. Spectre n'assimile rien d'autre que le mépris et le dédain qu'il génère naturellement à l'encontre de toute chose. Profondément déprimé par l'absence d'intérêt qu'il porte involontairement à sa vie autant qu'à celle des autres, il arbore en permanence un air dédaigneux qui contraste affreusement avec sa désespérée recherche de sens à l'égard de sa propre conscience. Au milieu de la tourmente libérée par ses émotions négatives, donnant naissance à une déferlante dans laquelle il serait le premier à se noyer, une certaine bestialité mêlée de cruauté semble poindre. Comme si ses habitudes n'étaient jamais bien loin, une nature inquiétante prête à resurgir à tout instant, malgré le fait que cela signifie s'intéresser à autre chose que sa propre unicité. Une vie antérieure qui, à la manière d'un vestige, se fait l'hideuse balafre d'une existence passée, sempiternelle torture qui ne saurait être éclipsée par le temps comme seul baume. En résumé ; Jarod arpente dans ses mauvais jours Ariesten avec une expression sombre qui correspondrait parfaitement à l'image qu'on se ferait d'un ciel nuageux ; funeste prémice d'un orage biblique.
Souffrant de défaillances psychologiques, alliant une instabilité mentale à des Troubles Explosifs Intermittents, Spectre partage une imprévisibilité commune avec celle d'une bête. Chaque événement est susceptible de faire fondre l'océan de givre dans lequel il s'est enfermé au fil des années, afin de faire ressortir le psyché qu'ils ont bâti, et sa malfaisance innée, involontaire. Ses crises de rage viscérales mènent à une soif intarissable de chaos et de violence. Des pulsions qui régissent son être tout entier sous la forme d'ordre insensés, comme s'il était guidé par une voix inaudible.
Il ne semble pas partager une majeure partie des caractéristiques des autres soldats du projet, si ce n'est son attitude capricieuse, joueur, et électrique. Il a cependant conscience d'être son pantin, et s'en contente tout à fait, pour le plus grand plaisir du plus grand nombre. Il n'est porté en avant que par les déboires de tous les jours, incapable de trouver un but à sa propre existence, vivant par procuration. Un pantin de viande acceptant son statut de jouet.  De milicien privé à coach sportif, la mort ne l'aura pas épargné - et devenu une lavette déprimée du quotidien dont la seule utilité est de soulever de la fonte, on pourrait presque le considérer comme un individu lambda.

Physique

« I do the one thing that you, your law, and your natural order, can't. You hit them and they get back up, I hit them and they stay down. You got it. I'm a quick fuse - now move out before I start bashing your skull in. »

Présentant une constitution athlétique, il repose sur deux pieds fermes, manifestement habitués à l'effort, accompagnés de cuisses profilées et de mollets proéminents qui sont preuves d'une capacité à se mouvoir aisément et prestement. Un fessier ferme, surplombé d'une échine dont les muscles dorsaux sont vigoureux, et les trapèzes robustes. La face est à l'image de l'arrière, dévoilant une ceinture abdominale dessinée et sèche, elle-même dominée par un solide plastron pectoral et souligné.  Deux épaules trapues arborant deux puissants bras, et des mains fermes comme des étaux d'acier. Une peau mate, basanée, marquée par le soleil et la chaleur, réduisant son épiderme à l'état de cuir couvert de callosités, réhaussé du regard glacial et tranchant de l'Ombre. Marquée par les années et les combats, elle laisse transparaître un incompréhensible sentiment d'accessibilité vis-à-vis de l'homme, invitant quiconque à lui faire autant de mal qu'on ne lui en a déjà fait, les marques de fouet, des lames, et aux mutilations englouties par les déchirures et lacérations subsistant comme d'inlassables et ineffables vestiges. A ce curieux constat s'ajoute une expression impérieuse et inquisitrice. C'est finalement au sommet de son cou de longueur moyenne, tatoué d'un " 44 " à la base de la mâchoire, que, prenant racine entre omoplates et clavicules, se trouve la partie la plus intéressante de la physionomie de l'entité ; son faciès.

Au sommet d'une échine frissonnante apparaît un visage inexpressif, la plupart du temps. Indifférent. Les traits fins d'un adulte somme toute banal. Une dentition parfaitement arrangée dont la teinte de l'émail s'oppose parfaitement avec la peau de l'homme. Au-dessus de naseaux tout à fait anodins se trouvent les perles éclatantes du personnage, qui lui octroient une aura de suprématie écrasante, et pourtant vide de sens, démentissant l'impression chaleureuse se dégageant de son corps meurtri. Lugubres apparitions, les saphirs céruléens jumeaux dégagent une splendeur dominatrice, autant qu'inquiétante. Un azur pur, électrique, presque surnaturel, crépitant d'une tension omniprésente oblitératrice. Aucune malice, ni émotion, ne semble transparaître. Comme si ce qu'on nomme usuellement les " fenêtres de l'âme " étaient ici scellées, condamnées, et interdites. Et c'est sans doute le regard si particulier, indéchiffrable et énigmatique de l'homme qui s'oppose à cette aura bestiale accablant ses semblables. Ses yeux perçants sont d'une profondeur insondable. Tout ressenti pourrait s'y dissimuler sans que le meilleur observateur n'y perçoive le moindre changement. Effrayant et dérangeant d'indifférence, au même titre que le reste de son faciès impérieux, noyant ses interlocuteurs dans une sublime terreur. Pour les observateurs les plus avérés, il s'agirait plutôt d'une arme terrifiante d'efficacité, à en croire l'acuité visuelle dont Jarod fait preuve. Comme si ses pupilles capturaient la moindre variation de la luminosité ambiante, et donc des potentiels actions et mouvements extérieurs à sa personne. Perturbante caractéristique de la déité aussi effacée  qu'angoissante. Quant à son corps, ce dernier semble avoir été marqué par une violence incroyable, malgré son épiderme constellé de cicatrices mal recousues. A cela s'additionne des capacités physiques qui seraient capable de faire de l'ombre aux autres hommes de sa carrure, trahissant le déséquilibre inhérent à la génétique. En effet, au-delà de sens accrus, Spectre présente également une aisance physique tout bonnement absurde. Ce qui octroie à Spectre l'opportunité de faire preuve d'une puissance potentiellement étourdissante et improbable, d'une force abrutissante semblable à un blizzard déchaîné face auquel un homme n'est rien, malgré son corps félin, inadapté à un tel pouvoir, ce qui se traduit par une détérioration plus ou moins importante de son épiderme. Ses réflexes fulgurants dépassent également la moyenne, les chocs électriques se propageant manifestement plus vite dans son corps que dans celui de n'importe quel autre organisme vivant, en raison d'un pouvoir approprié. Le jeune adulte semble également capable de faire preuve d'une ingéniosité et d'une adaptabilité surprenante, ayant expérimenté la survie en milieu hostile avec le sentiment d'urgence lui pressant la cage thoracique, traduction d'une formation adéquate. La gestuelle de l'homme dégage une maîtrise presque mécanique, dérangeante de par l'absence de chaos et d'erreurs humaines dans sa façon d'être. Toute marge d'erreur semble avoir été arrachée de ses gestes, comme s'ils étaient devenus mécaniques, laissant place à une froide maîtrise et dextérité dans l'art d'oblitérer l'opposition. Une absence paradoxale de chaos chez un être aussi indifférent. Un lac placide. La mécanique subtile et huilée par des années d'évolution, aboutissant en un chasseur sans égal. Son hostilité, violente, qu'il ôte ou endosse comme un manteau, le fait se muer en l'espace d'un instant d'un être passif à un combattant entraîné dont l'unique volonté est la neutralisation de la moindre menace. Dans ces cas, l'aura de l'ex-milicien varie drastiquement, s'effaçant littéralement, supprimant toute suprématie pompeuse. C'est une peur primitive, une angoisse animale, un frisson glacé qui court sous la peau comme un ver insidieux, le long de l'échine. Il inspire une terreur bestiale, un effroi sublimé, une bouffée d'épouvante qui paralyse les poumons, qui fait courir un frisson spinal le long de la colonne vertébrale. Et là où seul un froid tétanisant régnait un instant plus tôt, un éclat cruel et féroce semble poindre, alors que ses iris métalliques harponnent sa première cible, dont le monde semble soudainement immergé, attiré sous l'eau, le temps se distordant pour adopter une dimension ralentie. Une pression incommensurable. L'environnement crépite d'une tension malsaine, comme précédant une tempête. Et cette angoisse s'imprime lentement dans le psyché des témoins. Comme une marque au fer rouge. C'est une certitude déconcertante, mêlant les frissons d'une agonie prochaine à l'effroi incontrôlable lié à une menace imminente, un noir désir d'annihilation.

Pourtant, le seul avertissement que le Jarod accorde à ses victimes est un vague signe de tête, mettant un terme au débat interne, concerné, pesant le pour et le contre d'une telle action prise sans précaution.

Et lorsqu'il entre en mouvement, c'est avec la férocité dégénérée qu'on lui a enseigné. Une célérité incompréhensible, dépassant les normes avec une aisance écoeurante. Une agilité féline, reptilienne, couplée avec une force physique écrasante. Implacable lame d'énergie à peine perceptible, s'abattant comme un assaut frénétique sur ses proies avec une vigueur renouvelée à chaque étincelle projetée par l'entrechoc des armes. Une rage viscérale naissante, un rugissement avide de carnage qui n'est pas sans évoquer le tonnerre et la peur qui lui est intiment liée. Une tempête d'acier et de douleur. Un ouragan de destruction animé par une sauvagerie et une malveillance inhumaine, dès lors qu'on s'attire l'ire du "Soldat".

Tout du moins, sans doute aurait-ce été le cas, si seulement il n'avait pas drastiquement changé au cours de sa mort. Devenu fainéant, paresseux, se contentant de tout et de rien, le laisser-aller n'est pas sans se faire ressentir. Bien loin de l'entité prédatrice aux moeurs douteuses qui l'accompagnaient par le passé. Tellement plus humain maintenant qu'il ne l'est plus, ironiquement.





HISTOIRE
« People waste a lot of time. Then they wish for more.
Want more hours in their days, more days in their years, more years in their lives.
As if they had all that extra time, they could fix any mistake.
I don't need hours or days or years, I only need seconds.
Here's the thing about time;
if you can't make the most out of any given moment,
then you don't deserve a single extra second. »

*****

Torture. Meurtre. Extortion.
Sécurité événementielle.
Protection physique d'individus de marque.
Meurtre. Torture. Extortion.
Composition d'une brigade anti-terrienne financée par de riches particuliers.
Insatisfaits. Arrogants.
Comme si les gardiens ne suffisaient pas.
Extortion. Meurtre. Torture.
Après tout, ce qu'ils attendaient d'eux, c'était qu'ils chassent les terriens.
En spectacle. En enregistrement. Pour leur divertissement.
Comme si on pouvait se divertir d'un truc pareil.

Tant d'exactions attribuées à un gosse paumé en manque de fric.
Une existence inepte pour un bouffon inapte.

*****

Le fracas des bottes (des rangers?) sur le béton. Ses ricanements à la limite de l'excitation malsaine. Sa course puissante et lourde à la fois, conquérante et oblitératrice, qui le rapprochait pourtant à chaque foulée, chaque enjambée. Proche. Plus proche. Et avec la proximité venait son asphyxiante et exhilarating soif de sang, qui attirait toujours plus sa victime dans un univers aux teintes mornes, qui dévoraient sa réalité, dévoraient son avenir, ses espoirs. Un coup de feu, semblable au tonnerre, et le béton sur sa droite volait en éclat, projetant des échardes brûlantes, accompagnées d'étincelles vivifiantes.

Quel était ce sentiment d'impuissance qui opprimait le coeur de la jeune terrienne ? Elle avait beau pousser son corps à ses limites les plus poussées, il lui semblait impossible de distancer le funeste tueur sur ses talons. Comme s'il était inexorable. Pire encore, il lui semblait qu'il s'approchait en permanence. Elle pouvait presque sentir son souffle chaud sur sa nuque. Sentir le tremblement du sol sous ses pieds, lié à son apparition. A la limite de son champ de vision, il lui semblait capter un jeu d'ombre tout à fait anormal. Ses poumons lui donnaient l'impression qu'ils se consumaient. Sa gorge était irritée. Son coeur cherchait toujours plus d'oxygène, en vain. Panique. Angoisse. C'était insensé. Comment ce type pouvait la suivre ? Il était insensé qu'il la poursuive, elle, qui venait d'arriver sur Ariesten. Pas qu'elle ne soit pas un danger. Mais qu'elle n'était pas notoire, contrairement aux autres. Elle maudissait secrètement les résidents du petit paradis, et elle venait de s'extirper des affres de la Terre. Comment pouvait-il déjà être sur ses traces ? Coup de feu ; le sol sous elle se déroba alors qu'elle effectuait un bond prodigieux, franchissant le vide qui la séparait du prochain toit et...

Elle se heurta à son poursuivant.

*****

Le halètement de sa respiration emplissait son crâne. Sa pupille capturait la moindre parcelle de lumière lunaire, étrangement alerte. Le sens transmettait les informations au centre névralgique, qui les envoyait tout droit au cerveau. Les synapses les analysaient, froidement, sans rage, sans frénésie. Pas encore.
Mécanique parfaite du prédateur : la proie qu'il traquait laissait des empreintes profondes, aisément lisibles dans la neige. Et ses yeux, son cerveau, lui indiquaient que la piste était brûlante. La Bête aux yeux vides s'était élancé, traversant la nature en direction de sa proie. Il se rapprochait à chaque foulées, semblant s'arracher au sol, avec une vitesse inquiétante. Il n'aurait même pas eu besoin de voir pour suivre les traces. Son odorat suffisait, parce qu'il était d'une espèce supérieure à tout autre. Un chasseur parfaitement adapté. Une mécanique subtile et mortelle. L'aboutissement de siècles d'évolution.
Le gibier qu'il traquait courait. L'individu venait de franchir l'orée de la forêt, morne et intemporelle à cette époque de l'année. Les vents émettaient comme des hurlements, en se frayant un chemin à travers les branches garnies du sous-bois. La proie laissait derrière elle une piste claire, et nette. Une odeur musquée, de sueur rance. Malgré la chaleur accablante qui filtrait à travers son épais attirail, constratant avec le froid ambiant, le soldat se plaisait à l'exercice de la course. Les chocs électriques traversaient son corps à une vitesse infernale. La pointe de son pied orientait sa course. La plante de ce dernier lui donnait l'appui nécessaire à l'utilisation de sa force physique terrifiante. Une nouvelle décharge neuronale, et le voilà qui se propulsait en avant avec une impulsion sauvage. Le harnais qui retenait son sac sciait ses trapèzes, sans même qu'il n'y prête la moindre attention. Il clouait son débardeur sombre à sa peau, ses massives rangers l'empêchant de se briser les chevilles à chaque foulée. Un treillis sombre restait insensible alors que ses mains écartaient les obstacles de son chemin. Les branches qui défilaient, cinglantes, cherchaient à le fouetter, comme pour le ralentir, alors qu'il accélérait progressivement pour atteindre une vélocité surnaturelle. Il fonçait à travers l'environnement forestier comme sur un terrain vague, son acuité visuelle incroyable lui octroyant une vision globale des obstacles qui se trouvaient sur sa route. Lorsque c'était nécessaire, le jeune adulte réorientait sa course, et générait mentalement une nouvelle trajectoire.

Son corps réagissait à la moindre interaction entre son cerveau et ses pensées. Ses poumons se gonflaient et dégonflaient à une vitesse croissante, alors que sa consommation en oxygène atteignait son maximum. Repérant un roncier droit devant, il identifia d'un regard un potentiel appui, et il bondit. Sa main gauche attrapa la branche à proximité, alors que ses deux pieds se stabilisaient contre l'écorce de l'arbre. Une brutale pression, et il effectuait un nouveau saut prodigieux, l'élan offert par ce geste lui permettant de rapidement ré-atteindre sa vitesse optimale. Il était bon. Excellent, même.

Enfant, déjà, il était naturel chez lui de pourchasser les autres. Parce qu'il était bon. Et qu'il poursuivait instinctivement cette voie. L'oblitération des fuyards par l'imposition de sa suprématie physique à laquelle il était impossible d'échapper. Cible en vue. Alors que lui-même l'aurait cru impossible, il accéléra, ses muscles s'enchâssant les uns dans les autres pour former un parfait assemblage, ramassant sa masse comme un fauve, avant de se propulser en avant, le goût métallique du sang dans la bouche, l'avidité du "plus" dans l'esprit.

Après tout, il en avait toujours été ainsi. Il avait toujours dominé les autres. Naturellement. Instinctivement. C'était son droit, et son devoir, lui disait-on. De ne jamais échouer. Car il était prédisposé. Avait des facilités. Malheureusement, le domaine du physique était bien le seul endroit où il excellait. Résultats scolaires en chute. Financièrement au bord du gouffre. Vie sociale à remettre en doute. Absence totale de géniteurs. Et alors, il déchira les fourrés, un simple mouvement du talon éjectant un couteau aux normes militaires droit devant lui. Avec une dextérité surprenante, ses doigts se refermaient sur le manche en composite, le faisait tourner au creux de sa paume pour l'orienter vers le bas, et son bras s'armait. Il percuta le flanc de sa victime qui avait à peine eut le temps de le percevoir et de l'entendre qu'un éclat de terreur était né au fond de ses yeux. S'abattant avec une précision chirurgicale, la pointe de la lame perfora la cage thoracique entre deux côtes, pour venir transpercer le coeur du supposé adversaire, qui s'éteignit sur le coup.

Lentement, le Soldat se redressait, impavide, les alentours se brouillant comme un mauvais rêve, alors que l'homme s'effondrait. Mission accomplie. Ariesten était un endroit détestable, dès lors qu'on baignait un peu trop dans le domaine des riches privatisants ses compétences. Tant qu'ils payaient, après tout, ça importait peu. Observant la vie quitter le Terrien à ses pieds, Jarod déclippait la GoPro de son casque, scrutant avec dégoût ceux qui visionneraient cet enregistrement, dans le futur.

Morbide chasse à l'homme.

*****

Pliée en deux, elle venait de s'empaler sur le tibias de son poursuivant. Quand l'avait-il dépassée ? Cela faisait un mal de chien. L'onde brûlante de la douleur qui se répandait dans tout son épiderme. Elle roulait sur le flanc, observant la funeste figure nocturne de son oeil entrouvert, la vision trouble. Alors, c'était donc ça. Un treillis et un débardeur luisant à la lumière de l'astre lunaire épousait les formes de son corps athlétique, ses cuisses constellées de poche dédiée au maintien des balles de calibres épars. Engoncé dans son étrange attirail, son visage était dissimulé par un ventaille intégral bardé d'une caméra, et quand bien même l'astre de minuit n'avait pas décidé de renier cet individu, elle n'aurait pas pu percevoir ses traits. Et elle le savait. Un masque d'argent à l'expression faciale caricaturale, dépravée et dépouillée d'humanité, évoquant le dégoûtant pinacle de la technologie. Elle ne pouvait même pas percevoir son souffle. Respirait-il ? De toutes les rumeurs qui couraient à son sujet, aucune ne pouvait la convaincre. Un esprit ? A cette époque ? Bah. S'il était employé par ce foutu gouvernement dictatorial, il allait la coffrer, tout au plus.

Alors, pourquoi élevait-il l'un de ses deux revolvers à hauteur de son visage ? Les yeux exhorbités, elle comprit la gravité de la situation, les traits tirés par la terreur, un effroi sublimé. La scène se déroulait comme sous l'eau ; le regard glacial de l'homme se rivant sur sa proie, qui semblait être littéralement laissée sans défense. A cet instant précis, c'était comme si l'air tout autour d'eux se mettait à vibrer, comme prit d'une terreur incontrôlable. Accompagnant les frissons spinaux qui se répandaient le long des échines, vulgaire traduction de l'épouvante primale qui emplissait leurs poumons, c'était sans pareil. Il inspirait une terreur animale, un effroi sublimé. Une pression incommensurable, se dégageant de la simple présence de l'entité dont la malfaisance était littéralement éclipsée par l'imminente menace naturelle qui alarmait les instincts de survie. L'environnement crépitait d'une tension malsaine, comme précédant une tempête. Et cette angoisse s'imprimait lentement dans le psyché de la jeune femme, dont le regard était attiré par les inscriptions sur le canon des fusils. " CHEERS ".

La réduire à néant avec une telle ferveur qu'un orchestre ne suffirait jamais pour jouer la composition qu'il s'apprêtait à jouer. Nul ne pourrait jamais interpréter l'hymne au carnage dont la première note fut jouée sur l'instant. L'ode d'une hécatombe.
Clic.


Elle allait mourir.


*****

L'homme n'était plus rien qu'une statue de chair, taillée à vif par la lame de son implacable bourreau, vernie par le sang qui, quelques instants plus tôt, coulait dans ses veines. Golem frêle et difforme modelé par la dévotion d'un tortionnaire, il ne lui restait plus d'humain que le peu qui ne lui avait pas été arraché par l'acier. L'atmosphère était pesante, suffocante, comme imprégnée des malsaines intentions de l'Artiste. S'il avait été capable de parler, ou même de murmurer, il aurait sans doute levé les yeux au ciel et imploré son Dieu. Mais il semblait que ce dernier ne puisse lire sur les lèvres, ainsi il les remuait en vain, et souffrait en silence. Le poignard allait et venait sur sa peau, sous sa peau, lui arrachant, bien au delà de ses entrailles, sa dignité. Il attendait son dernier souffle comme un criminel sa libération, il rêvait sa délivrance comme on rêve de ses plus grands espoirs. Elle ne venait pas, toutefois : comme si la Mort elle-même, plus grande sadique que le monde ait portée, aimait à se faire désirer, à venir lentement, à pas feutrés, à petites enjambées, pour savourer la douleur des autres, plaisir pourtant bien humain. Le sourire glacial de son tortionnaire, ses lippes livides et pâles dévoilant un rictus carnassier, angoissant... C'était une peur primitive, qui continuait de le ronger de l'intérieur, une inquiétude viscérale, qui s'insinuait dans son être comme un serpent pernicieux, glissant dans son être comme l'once de folie qui semblait poindre. Un frisson qui grouillait le long de son échine. Une terreur sublimée, animale, primitive. Une sentiment d'injustice ; une rancoeur asphyxiante qui empêchait ses poumons meurtris de se gonfler, de s'emplir d'un oxygène sans doute porteur d'une odeur âcre, et propre au sang qui maculait tous les outils de son bourreau. Celui-ci allait et venait, comme ses couteaux, d'une table à l'autre, s'emparant de nouveaux instruments, sans que ses traits ne perdent leur tranchante cruauté. Lorsque ses iris céruléens s'abattaient sur lui, c'était comme si le hachoir d'un boucher labourait son épiderme déjà en pièces. Ils partageaient le froid de l'acier ; l'effroi de la mort. Si seulement il pouvait encore pleurer. S'effondrer. Mais il ne le pouvait plus. Sa gorge lui donnait l'impression d'être plus rugueuse que sa chair mise à vif et cherchant à cicatriser depuis plusieurs heures. Abandonné aux affres de l'agonie depuis une éternité. Plongé dans une semi-léthargie, funèbre spectateur d'une scène bien trop morbide. Au même titre que sa vie, sa sanité s'étiolait. Et tout ce dont il avait pu se vanter de son vivant - car c'était bien son statut, un cadavre en sursis -, sa verve, son art de la rhétorique, sa naturelle humanité, lui étaient arrachés. Ne subsistait qu'une amère souffrance, et un fielleux sentiment résiduel de peine. Même le goût métallique du sang ne lui parvenait plus, sa langue sectionnée un peu plus tôt résidant sur une table adjacente, crasseuse. L'ouverture dans sa gorge avait été méthodique ; afin qu'il ne puisse s'étouffer du sang réagissant à la scission de l'organe, vidant sa cavité buccale. De temps à autres, son tortionnaire réajustait une curieuse lunette, dont l'utilité lui était bien inconnu. Il le maintenait presque artificiellement en vie, et ce uniquement avec des connaissances anatomiques. Au-delà d'un meurtre, c'était un crime contre la vie elle-même. Le Bourreau ne dissimulait même pas son exultation, se traduisant par de légers tremblements malgré sa précision chirurgicale. Il tiquait, par instant, comme si le plaisir insensé était proportionnel à la souffrance infligée à son patient. Aux mains de ce malade, la victime n'était qu'un pantin de viande. Et les lames continuaient de le lacérer, de le déchiqueter comme les griffes d'une bête corrompue. L'expertise aberrante, ajoutée à la dextérité horrifiante du meurtrier, n'avait rien de commun. Ce n'était pas une étude, ou une torture à proprement parlé. Simplement la déferlante de pulsions malsaines. Il s'attelait à la tâche avec une fascination macabre, les sillons tracés par les lames s'infectant presque aussi vite qu'ils étaient tracés. C'était une invitation à l'agonie, dans sa forme la plus pure. Une moisson sanguinaire, cruelle, hymne morbide jouée par un orchestre squelettique, une mélodie sépulcrale basée sur les craquements des os, le chuintement des couteaux, et le crépitement des flammes du brasero résidant au fond de la pièce. Les ombres dansaient, tout autour d'eux, sur les murs ternis, narquoises. Au-delà de l'exaltation du meurtre, il y avait un noir désir qui croissait au fond du tueur. Une bile noirâtre, qui emplissait son esprit, et enfiévrait son corps. Une rage viscérale qui grouillait dans ses entrailles, se déversant dans ses veines comme un feu vorace, une coulée d'acier fondu, qui forgeait et changeait son corps. Soudainement, l'auteur du carnage se figeait, ses traits se tirant sensiblement, alors que sur son faciès se composait une moue enfantine, contrariée. Il échangeait un regard avec sa victime, et ses yeux vitreux, pivotant d'un demi-tour, lui présentant son dos, s'éloignant de lui d'un pas avec une théâtralité tout à fait simulée. Ses jambes se fléchirent, alors qu'il s'emparait d'une masse énorme, la calant sur son épaule, se retournant vers son patient sans se défaire de cette expression de déception innocente qui contrastait affreusement avec la nature des actes précédant cette fin de soirée. Empoignant le marteau à deux mains, il traçait un arc-de-cercle désinvolte et loin d'être professionnel, armé d'un certain dédain. Suivant une courbe latérale, la tête du heurtoir broya dans l'instant le visage mutilé de l'homme, lui ôtant le temps de vie tout relatif lui restant. Grimaçant, il se hissait sur l'une des tables adjacentes, se débarrassant de sa lunette de travail et de la masse employée pour achever sa victime. Ses iris ocrés suivaient le mouvement des ombres projetées tout autour de lui par le brasero. Et maintenant que le son des lames et du sang coagulé qui jaillissait s'était tu, si ce n'était l'infâme gargouillis ayant succédé au meurtre en bonne et dûe forme, seul le crépitement du bois consumé par les flammes, aussi voraces et avides que leur écho mortel, juché son loin, subsistait. Glissant une main dans sa crinière, le jeune homme se redressait, étirant ses deux bras en liant ses mains au-dessus de sa tête, poussant un soupir d'aise. Celui-ci ne dirait plus rien.

Doucement, le Chasseur portait une main à la caméra résidant sur la table, à ses côtés.
Poussé à des horreurs selon les préceptes du dieu unique, Argent.

Bip.
[...]


DERRIÈRE LE PC
Pseudo(s) Sthelios.
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Jarod Campbell
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Age : 20

Dim 6 Jan - 0:40


Histoire

17 : On attend l'arrivée du fourgon.
1 : Reçu. Le colis ne tardera pas à arriver. Ramenez 44 au Centre dès que ça sera fait.
32 : Copy.

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Acculé. Vaincu. Défait. Celui qui était voué à être le Prédateur Alpha, surpassant toute autre entité surnaturelle qui arpentait ce monde torturé et tourmenté, était dos au mur, à genoux, braqué par une multitude de fusils d'assauts, des ordres fusant d'un côté à l'autre du rang de soldat qui le gardait en joue. Tout ça pour un test de pouvoir, eh ? Voir ses limites ?

Le sifflement suraiguë lui arracha un grondement douloureux. Cette fréquence sonore qui vrillait ses tympans, déchiraient son psyché, le déformait intérieurement. Qui s'attaquait aussi bien à son corps qui, soudainement, laissait déferler une vague de souffrance insoutenable, cette drogue brûlante qui consumait son être se répandant dans sa veine à une vitesse affolante, dévorante. La détente fut pressée, et une balle perfora son épaule, s'immobilisant dans la chair meurtrie. L'acier déchira son intégrité physique. La puissance du choc lui fit faire un pas en arrière, alors que du sang jaillissait déjà de la plaie, le liquide carmin rendant le tissu de son débardeur noir graisseux, en plus de le tâcher de sombre. Sous les yeux ébahis et horrifiés de l'assemblée, Jarod enfonça son index et son pouce dans la blessure, et extirpa la balle en grognant. La douille heurta le sol en même temps que l'acier projeté par le canon, teinté d'écarlate. Son bras gauche était légèrement ballant. De concert avec les battements du coeur des humains tout autour, c'est comme un choeur sombre s'était mis à réciter leurs prières funestes, une mélopée sépulcrale matérialisant la crainte de voir à nouveau le monde trembler sous les vents de la rage du Prédateur formé et entraîné à réagir lorsque ce son résonnait dans son cerveau. Dont le regard assassin se releva pour se braquer sur ses opposants. Les commissures de ses lèvres s'arquèrent, ses lippes dévoilant un immense sourire qui prit la forme d'un rictus prédateur en forme de lame de faux. Au diable leurs tests. Ils s'attendaient à ce qu'il ne bronche pas ? C'était leur erreur. L'instant suivant, lame et fusil du soldat s'élevèrent, accompagnant le macabre spectacle de concert de craquements osseux et sonores. Une mélodie sordide, au même titre que la Créature, infernale, achevant d'éviscérer sur place l'homme le plus proche. Son couteau dégoulinait, la chair de la dépouille gonflait et explosait, et les vêtements réduits en lambeaux glissaient au sol, épars. La Bête se dressait, du haut de son mètre quatre-vingt cinq de férocité pure et simple. De cruauté. Son arme scintilla en captant et réfléchissant la lumière de lampes maladives qui l'éclairaient, renforçant son aspect d'aberration arrachée aux entrailles de la terre. Et sa masse musculaire se ramassa. Ses iris luisants d'une rage viscérale se braquèrent sur les antagonistes, pétrifiés d'effroi pour certains, enragés pour d'autres. Qu'ils crèvent, avec leurs tests ineptes. Son pouvoir n'était pas une attraction de foire. Buter des gens devant une caméra ne leur suffisait plus ? Ils voulaient du carnage en direct ? En voilà.

L'instant suivant, la Bête bougea. En contraste total avec son calme mortel préalable, son sang-froid mécanique, il semblait animé d'une fureur vindicative, et bestiale, d'une hostilité angoissante nuancée d'un désir noir d'annihilation. La lame, dans sa main, s'était transformée en tempête d'acier et de douleur ; arc de lumière vive de mort pourpre, engagée dans une célérité tranchante dont les assauts frénétiques, implacables, et répétés, taillaient cruellement leurs victimes en pièces de chair méconnaissables. Chacun de ses coups trahissait une maîtrise inquiétante. Une suprématie absolue, une prestance royale qui éclipsait même l'opposition du groupe armé. Il était une force phénoménale, lancée dans une frénésie de carnage, ses grondements de rage et douleur agissant comme autant de défaites cuisantes sur le moral inexistant des adversaires aux yeux desquels surgissait le châtiment d'un Dieu courroucé. C'était une peur primitive, une angoisse animale, un frisson glacé qui courait sous la peau comme un ver insidieux, le long de l'échine. Son arme s'élevait et s'abattait à une cadence soutenue, comme le hachoir d'un boucher rendu fou, libérant des torrents de sang, se répercutant comme une symphonie de brutalité et d'audace dans la pièce dévastée, n'abandonnant que des cadavres lacérés, déchirés, des poupées de viande cassées par un enfant colérique, face contre terre, la vie fictive qui avait été insufflée dans leurs dépouilles leur ayant été retirée. Une moisson sanguinaire, cruelle, hymne morbide jouée par un orchestre squelettique, une mélodie sépulcrale basée sur les craquements des os, le fracas des armes, et le crépitement des coups de feu. Au-delà de l'exultation de la bataille, il y avait un noir désir qui croissait au fond de l'Arme. Une bile noirâtre, qui emplissait son esprit, et enfiévrait son corps. Une rage viscérale qui grouillait dans ses entrailles, se déversant dans ses veines comme un feu vorace, une coulée d'acier fondu, qui forgeait et changeait son corps. Les hommes étaient comme happés par cette danse de métal, ce tourbillon de violence, cette valse martiale impitoyable, incapable d'identifier clairement la menace à cause des lumières qui faiblissaient, ou se balançaient de droite à gauche, secouées par une secousse adjacente. Son arme chantait, broyait, brisait, fendait, répandant entrailles et organes. La maigre étincelle de vie torturée et distordue insinuée en ces dépouilles massacrées était balayé par un ouragan de destruction.  Ce qui était frappant, dans cet affrontement, c'était l'absence paradoxale de chaos. Comme si tout était paramètré, calibré. Une mécanique huilée et inhumaine, dont toutes traces d'erreur, toutes marges de faux-raccord avec le reste de l'art de la guerre, avait été supprimé. Des giclées de sang coagulé peignaient le tableau sinistre du champ de bataille, tout autour de la Bête dont un soudain fou rire démoniaque emplit l'endroit, déserté par toute vie si ce n'était son existence viciée. Un virtuose du meurtre n'usant que des dégradés d'écarlate.

Lorsqu'il franchit le seuil du bâtiment, s'engouffrant dans le fourgon noir, son expression était redevenue placide.

Après tout, la mort était devenue monnaie-courante, dans ce monde de fou. Une face bien sombre d'un paradis qui lui semblait si accueillant, avant de rejoindre la Milice.

*****

La porte arrière du fourgon s'ouvrit. L'immense boîte d'acier renforcée réfléchissait les rayons ardents d'un astre solaire asphyxiant, dominant l'étendue aride de sa suprématie tyrannique. La silhouette aux contours rendus ondulants par la canicule dévorante s'immobilisa, sur le marche-pied du fourgon. Déjà, son oreillette crépitait. La musique en fond sonore voyait son volume diminuer, alors que la voix bienveillante d'une femme l'incitait à descendre de son perchoir. Portant l'une de ses mains en visière, protégeant ses yeux azurés et étincelants de l'éclat agressif de l'étoile diurne, le jeune homme faisait un pas vers l'avant, chutant abruptement sur ses deux pieds jusqu'au sol. Le sable formant de petits cratères, véritable coussin amortissant le coup, le choc dû à son poids se répartissant de façon égale dans ses mollets proéminents et puissants. Ses deux puissantes rangers noires, elles, ne bronchèrent pas, s'ancrant profondément dans l'océan doré. Pas la moindre remarque, le moindre soupir, malgré la chaleur accablante, véritable affliction, qui s'abattait sur lui et l'enveloppait, avare d'humidité, capable de dépecer sa peau tannée pour s'emparer du contenu de cet épiderme si fragile et de s'en abreuver. A sa hanche pendait un revolver huit coups de gros calibre, le barillet chargé, prêt à en découdre. Le long de sa cuisse, une épaisse et longue lame, semblable à une machette si ce n'était ses dimensions plus fines et acérées qui démentait cette hypothèse, l'orientant plutôt vers une arme de contact destinée à la perforation propre et sans bavure. Un treillis militaire, accompagné d'un débardeur noir qui se gorgeait peu à peu d'une transpiration tout à fait naturelle, en raison de la canicule qui transformait les bourrasques d'un vent trop rare en rafales hurlantes et lacérantes, cherchant à déchirer un faciès inexpressif, indifférent, trahissant une concentration intense et dévorante. Un harnais ceignait la ceinture abdominale, les trapèzes, et les obliques, permettant à ces derniers de mieux absorber les coups en les forçant à se raidir en permanence. La musculature développée du jeune homme s'allait parfaitement avec l'image idéalisée de l'adulte militaire parti en territoire ennemi, avec comme seule volonté celle de servir sa patrie.

A ceci près qu'il n'était ni un soldat, ni parti en guerre. Il transitait de ce qu'ils appelaient un terrain de chasse vers un autre. Son contrat arrivait à son terme, au sein de la Milice. Ces peu scrupuleux civils, ou ex-militaires, qui offraient leurs services à de riches dignitaires dont l'intérêt morbide pour la mort dépassait les bornes. Sauf que lui, lui, il en avait assez. Assez des tests, de prendre des balles de calibre 5.56 dans l'épaule pour tester son pouvoir, de donner la mort malgré le salaire plaisant qui suivait, de torturer. Assez d'avoir perdu son innocence aussi jeune, pour quelques zéros sur un compte en banque. Assez d'être contraint au silence par un contrat. Enfin, assez des prises de conscience pour aujourd'hui, surtout.

Deux autres miliciens le flanquèrent, dès lors qu'il toucha le sol, le laissant dans son expression glaciale, fermée, hermétique, en franchissant la distance qui le séparait d'un autre fourgon. Oh, bon sang, n'était-il qu'un animal, au final ?

Tant qu'il recevait sa paie, au final, cela importait peu.

*****

Le souffle qui franchissait ses lèvres sonnait comme un glas aux oreilles des vermines grouillant tout autour du Prédateur Alpha, dont les yeux usuellement mi-clos étaient grands ouverts, presque exhorbités, imprégnés d'une lueur froide et féroce, d'une sombre splendeur. Comme en transe, ses épaules avachies, sa démarche nonchalente et désinvolte disparaissant au profit d'une posture conquérante, dominatrice. Cela transparaissait même dans l'atmosphère ambiante, qui se chargeait d'une tension électrique et malsaine, l'ambiance crépitant comme en précédant l'arrivée d'une tempête. Où était passé le jeune adulte innocent et passif qui contemplait les fleurs en passant par ici chaque matin ? Ce jeune homme si doux qui galérait à joindre les deux bouts à la fin de chaque mois ? Souriant en toutes circonstances ? Dans la pénombre naissante du début de soirée, une chasse prenait forme.

Son expression placide demeurait. Seulement, elle contrastait désormais affreusement avec son regard vide et meurtrier. Hermétique à tout sentiment, détaché de la réalité, véritable spectateur de son existence. Doucement, il portait une main à sa joue, tâtant la peau meurtrie par le coup de poing qu'on venait de lui asséner, le faisant vaguement tituber. C'était ces déchets, qui avaient levé la main sur lui ? Son regard métallique perfora la cage thoracique de son premier opposant, désormais aussi pétrifié que ses comparses, avant de remonter vers son visage, fixant ses traits gras et porcins. Ses lippes hâlées s'entrouvraient, et son souffle devenait sonore, rôdant et teintant contre l'ivoire de ses dents, devenant un véritable écueil d'une mer houleuse et chaotique. Intellect froid, mécanique. Analyse adroite, experte. Imperturbable. Glacial. Car nul n'entrave la réflexion mathématique d'une véritable arme biologique calibrée pour l'extermination pure et simple de ses opposants, nullifiant l'opposition.

Doucement, Jarod inclinait la tête de côté, alors que le picotement brûlant de la douleur atteignait son cerveau, qui traduisait la sensation, dubitatif, à son hôte.

Ses veines s'embrasèrent. Son être tout entier s'ancra dans ses instincts primitifs. Sa prestance gonfla, lugubre augure de carnage. Son désir de destruction, son appétit pour la violence, ne fit que croître, lui nouant les entrailles. Sa rage viscérale paralysa sa langue, alors que son être tout entier semblait se rétracter. Ses muscles s'enchâssaient les uns dans les autres, formant une mécanique parfaite et absurde. Ses iris devinrent acérés. Sur son front jaillissaient les vaisseaux sanguins. L'apogée de sa colère. Spectre était libre. Il allait lui arracher la moindre once d'humanité. Le déposséder de son existence même.

Décharge neuronale. Impulsion sauvage.

Battement de coeur.
Où était-il, déjà ?

Sa célérité était telle que même en cherchant à réagir à temps ; même en ayant perçu très clairement ses intentions, il semblait impossible à arrêter. Il avait brisé la distance le séparant de sa cible avec une aisance déconcertante, enfonçant la garde de la racaille encore figée ; une facilité surnaturelle. La scène se déroulait comme sous l'eau ; le regard glacial de Spectre se rivant sur sa proie, qui semblait être littéralement laissée sans défense, comme agissant au ralenti par rapport à cette entité inquiétante qui filait et tranchait l'air, transformé en une pensée pure, d'une simplicité foudroyante, qui s'imprimait dans le coeur et l'âme comme une certitude des spectateurs.

Douleur insupportable, alors que le tibias de Campbell fendait l'air comme un couperet, horizontalement, s'abattant directement avec une froide maîtrise entre la cage thoracique et les hanches de sa victime, droit dans son flanc. Choc électrique ; le temps que l'onde de douleur brûlante se répande dans les nerfs sensitifs de l'homme, dont la posture vacille à cause de l'impact, un coup de coude venait le cueillir au menton, sa mâchoire émettant un craquement dérangeant. Seulement alors, son avant-bras se détendait comme un ressort, et le revers de sa main, phalange comprise, explosait brutalement en plein faciès du fonctionnaire, achevant la démonstration martiale avec une dextérité pétrifiante, et une rapidité d'exécution tout bonnement absurde.

L'homme s'effondra. Le regard vitreux. Il n'était pas humain. Seule sa malveillance inquiétante en était la caractéristique, avec son apparence. Le reste - tout le reste - appartenait à une bête féroce dont l'éclat cruel régnant au fond de ses iris lupins d'une clarté primitive évoquait déjà un funeste destin. Les racailles sortirent enfin de leur torpeur létargique, s'arrachant à l'effroi sublimé qui paralysait leur esprit, réagissant brutalement à l'assaut qui s'était déroulé en l'espace d'une seconde.

L'aura sauvage du soldat noircissait à vu d'oeil, couvrant la scène comme une nappe de plomb insupportable. Il était impossible de soutenir son regard électrique. Ni même de le regarder directement. Le temps de cette rencontre, il était devenu leur pire cauchemar, même si leur fierté masculine les empêchait de le discerner, trop peu à l'écoute de leur instinct de survie. Nul n'avaient la moindre idée de ce qui se déroulait ici. C'était un bien un massacre, qui se profilait à l'horizon.

Tristement, ils étaient le bétail.

C'était une toute autre créature. Ces émanations de destruction pure et simple. Cette épouvante primitive, inspirée par sa seule présence. Qui était-ce ? Jarod ? Ou plutôt, Spectre ? Chaos, tumulte, carnage. Tant de définition pour ce fléau bipède. Le sang se heurtait à ses tempes, créant une cacophonie sonore insoutenable. Un orchestre squelettique, jouant une mélopée sépulcrale et funeste, prémice d'un cataclysme s'approchant au même rythme que les racailles. Son regard suivait les vermines, qui essayaient de communiquer avec lui. Mais il était sourd. Rendu ivre par l'excitation. La sombre exultation liée à l'approche du combat. Ses iris rayonnaient d'une férocité aberrante. Une haine irradiante de dégoût et de mépris pour l'existence même de la réalité. Mécanique subtile ; une impulsion sauvage le faisait reculer, évitant le swing dévastateur d'une batte qui aurait brisé son crâne avec aisance. Mais déjà, il revenait, brisant la distance. Avec cette même agilité, cette vélocité féline insensée. Spectre changeait. Il mutait en quelque chose d'autre. Son corps était indiscernable. Déjà, il était encerclé. Déjà, l'assaut des misérables volait en éclat. Il bloquait, évitait, avec une précision chirurgicale absurde. Comme si il avait une vision globale du combat. Une acuité visuelle surprenante. Une valse martiale s'engageait. Et l'ancien milicien se mouvait sans le moindre geste superflu. Ce qui était frappant, dans cet affrontement, étant sans doute l'absence paradoxale de chaos. Comme si toute chose était calibrée pour obéir à l'intellect froid et guerrier du soldat.

Une dextérité incompréhensible. Une force hors du commun. Une maîtrise telle que tous ses enchaînements donnaient l'impression d'avoir été répétés un nombre si important de fois que toute leur humanité, leur marge d'erreur, avaient été bannies. Un homme brisa la formation, armant ses épaules pour décocher un nouveau swing de batte. Les genoux du Spectre se flèchirent avec une coordination surprenante, puisque l'homme n'avait quitté son angle mort qu'un instant. Ses hanches effectuèrent une brève rotation, alors que son épaule et tout son poids accompagnèrent son poing. Le coup qui atteignit l'opposant de 44 au flanc l'arracha à la gravité et au monde terrestre, avec une puissance absurde, qui n'était en rien comparable à celle d'un peu plus tôt, qui ne semblait en être qu'un vestige dépassé d'une époque révolue. Non. Ce qui le faucha au flanc, explosant comme une onde de choc, semblait appartenir à une entité toute autre. L'aboutissement d'années d'évolutions, l'apogée d'un prédateur alpha implacable dont la vigueur résultait d'une abyssale soif de meurtre liée à une virtuosité morbide dans l'art du carnage, ainsi qu'une haine dévorante, l'arrachant à son oisiveté pour le replonger dans sa perpétuelle recherche de suprématie.

Sa main libre fendait l'air, transperçant la garde d'un autre adversaire avec la même efficacité qu'une lance de lumière. Compression de la carotide ; réduction de l'apport en oxygène. Bien sûr, à en croire la force de la poigne qui s'exerçait sur le cou de sa victime, ses doigts auraient été capable de briser os et métal indifféremment, véritables étaux desquels il était impossible de s'extirper. Une lugubre et sanglante moisson était sur le point de se dérouler ici, et maintenant. L'espace d'un instant, il conservait cette posture statique, profitant de la stupéfaction de ses adversaires, pétrifiés de surprise face à l'incroyable démonstration de talent martial de leur opposant, alors qu'ils comprennaient lentement l'ampleur de la situation, reculant à pas lents, terrorisés par la suprématie suffocante dont exhalait l'arme biologique.

« Total victory is scoring an easy win by doing what you always do.
Shall we start the massacre? »


Ses poumons s'emplirent avec une lenteur théâtrale, alors qu'il plissait les yeux, ses mollets se tendant, sa musculature se ramassant, prêt à se servir de l'homme immobilisé comme bouclier dans l'attente du massacre, semblable à un boucher rendu fou. C'était insupportable. Ce sentiment de supériorité écrasant dont il exhalait. Comme s'il pouvait éteindre la vie de ses victimes avant même que leur coeur ne batte. Ce type n'était pas un homme de loi. Un flic. Un soldat. Ou quoi que ce soit de naturel. Il transpirait de cette noirceur si rare et caractéristique des individus voués au meurtre, instinctivement. Sauf qu'il n'aspirait pas au meurtre. Car il en était devenu quotidien. Aisé. Ridiculement banal. Nullifiant l'opposition.

Un héraut du carnage, harnaché seulement par des lois qui semblaient peiner à restreindre ses pulsions de massacre et de violence. Un génocide personnifié.

Cependant, un faisceau de lumière le harponna, et Spectre se figea en entendant une voix, qu'il mit plusieurs millisecondes à comprendre, relâchant sa prise sur le jeune adulte qui tombait à genoux, à deux doigts d'asphyxier. Les racailles ramassèrent leurs blessés en prenant la fuite sur-le-champ, alors que Jarod pivotait doucement vers son interlocutrice, dégageant toujours cette présence oblitératrice. Se protégeant de la lumière, il brandissait son avant-bras devant ses yeux. Vêtu de son habituel blouson en cuir, de son jean délavé, de ses massives rangers, et d'une chemise aux manches retroussées et à la cravate mal lacée, il conservait cette espèce d'innocence intemporelle qu'aurait eu un enfant face à une société qu'il ne parvenait pas à appréhender, totalement immature. Lorsqu'il reconnut le visage de la jeune fille, un éclair de lucidité filtra au travers de l'océan de rage qui le caractérisait, ses veines retrouvant leur lit originel, alors qu'il inclinait doucement la tête.

Les bras du soldat retombèrent mollement sur ses flancs, alors qu'il reprenait cet air absent, spectateur, livide, glissant les mains dans ses poches. Qu'était-il devenu, depuis l'arrivée des Terriens ? La violence était tellement devenue quotidienne qu'il ne parvenait même plus à appréhender un comportement socialement aux normes, d'apparaître comme un individu capable d'évoluer en communauté. Devenu intolérant. Virulent. A deux doigts d'exploser en permanence.

Regard par-dessus son épaule.

Au final, malgré son compte en banque, il était plus pauvre qu'avant d'accepter ce taff.
Incroyablement démuni.


*****

Le coup qui l'atteint sous la mâchoire le laissa en état de choc, alors que son opposant lui adressait un sourire méprisant, son épiderme tout entier irradiant d'une énergie crépitante. Soulevé du sol, c'était un miracle qu'il ne bascule pas en arrière, haletant, ses flancs se soulevant comme des soufflets de forge. Titubant, son pouvoir convertissant l'impact en pouvoir, les yeux hagards, il observait les cadavres de ses comparses jonchant le sol comme des pantins de viande désarticulés. C'est à cet instant précis que la fureur si caractéristique de cet humain si torturé entreprit de se manifester, devant les railleries auxquelles s'adonnait le Terrien frivole. Moqueur. Tapageur. Il avait brisé les corps de ses compagnons avec une aisance dégoûtante. Cet écart de force titanesque. C'en était injuste. N'était-il pas celui qui était supposé nullifier l'opposition ? Alors pourquoi se retrouvait-il dans une telle position de faiblesse ?

Le coup qui l'atteint sous le menton n'eut guère plus d'effet que de projeter Jarod dans les airs, qui repliait son corps sur lui-même pour mieux retomber sur ses pieds après une acrobatie improbable. A nouveau, cette agilité reptilienne, qu'on apparentait pourtant clairement à tort à un Fauve. Ses muscles s'enchâssaient les uns dans les autres, formant une mécanique sans faille, tandis que son épiderme tout entier s'embrasait. L'exultation à l'idée du combat. Ses iris perçants chargés d'une étincelle de férocité cruelle, générant la tension électrique qui englobait les deux combattants. Un appel au carnage ouvert. Et son expression, usuellement impavide et hermétique à tout sentiment, était saccagée par un rictus prédateur trahissant l'excitation du soldat. Son coeur s'éveillait également, battant de plus en plus fort. Avec suffisamment de force pour qu'il ne perçoive plus que le sang qui battait à ses tempes, alors que Spectre émergeait enfin de la stase dans laquelle on le maintenait, libérant la rage déchaînée et nihiliste reclue dans les tréfonds de son âme distordue.

Son sang ? Ce liquide brûlant qui courait dans ses veines à toute vitesse, au même rythme que son coeur s'affolait ? Cette colère viscérale qui s'éveillait dans les profondeurs de son être, dans ses entrailles ? C'était exaltant. Son corps tout entier lui donnait l'impression d'enfin émerger d'un sommeil millénaire. Il se sentait en vie. Abyssal besoin de meurtre, qui vrombissait dans ses veines embrasées, se faisant l'écho de sa colère noire, à peine contrebalancé par les liens du contrat signé avec lui-même. Les doigts de sa main droite se refermèrent avec une lenteur mesurée, presque théâtrale, sur le manche de son couteau. L'important, c'était bien qu'il le tue, pas vrai ?

Il les percevait. Les battements incessants du coeur de son adversaire. Cette cacophonie insupportable qui le faisait sortir de ses gonds, irradiant de mépris et d'une malveillance antique. Ses deux bras se refermaient autour de sa poitrine, alors que le feu glacial dans ses yeux glacés, éperons de métal glacial, s'amplifiait. Ses instincts meurtriers formaient comme un manteau d'ombre tout autour de lui, tant ses noires intentions devenaient perceptibles. L'hostilité qui l'habitait avait de quoi faire flancher tous ceux qui croisaient son regard fantôme, caché derrière les étincelles de férocité animant ses saphirs céruléens. Ses muscles se tendaient à l'extrême, alors que sa colère abondait sauvagement.

Chuintement sonore.

Les lames jaillissaient de toutes parts, depuis des trajectoires peu probables. Des couteaux de lancer fendaient l'air à une vitesse ahurissante, s'abattant comme un déluge d'acier sur la déité, avec une précision chirurgicale, projetés avec une dextérité inquiétante, absurde. Un instant d'inattention, alors qu'un crépitement suffisait à l'entité pour ignorer l'assaut, se déplaçant avec une vitesse telle qu'on l'aurait cru capable de téléportation.

C'est à ce moment-là que le Terrien comprit l'ampleur de la situation.

Seulement dirigé par ses instincts meurtriers, le Spectre avait littéralement anticipé l'emplacement où il réapparaîtrait. Et sa lame mordit profondément sa poitrine, une gerbe de sang les éclaboussant tous les deux, illuminés par le sourire en lame de faux argentée de Jarod. Désormais, ils étaient tous deux engoncés dans un univers de carnage et de violence. Et plus l'affrontement perdurait, plus l'ex-Milicien semblait se renforcer de façon oppressante, capable d'ôter la vie d'un revers de lame chirurgical. Qu'est-ce que c'était, ce délire de tenir tête à un Terrien sans même avoir peur de la mort ? Quand bien même ce dernier semblait atteindre les limites de sa magie après avoir fait face à une dizaine d'autres miliciens, pourquoi avait-il l'impression de se mouvoir moins vite que le Spectre ?

Rugissement assourdissant. Première note d'un concert voué à l'annihilation, à la destruction pure et simple. Une hymne à la violence sans pareil, qui engonçait ses auteurs dans un monde de sang et de massacre. Une ode de rage inégalée qui embrasait les veines d'une fureur incomparable, les yeux luisant d'une cruauté féroce et animale.  Son être tout entier était submergé par une vague intarissable d'émotions négatives, qui le plongeait dans une transe sanguinaire sans équivoque. Une frénésie primitive qui l'enchaînait dans les tréfonds de ses instincts meurtriers, son aura menaçante croissant en proportion, augure de carnage et de meurtre. Un nouvel arc meurtrier était tracé, manquant d'ouvrir la gorge de l'entité terrestre.

Il lui avait dit que cette situation risquait d'arriver. Que cette irréelle pièce risquait de se dérouler. La description de son frère était exacte jusqu'au moindre détail : une abomination adoratrice de la mort, riant au nez de sa propre fin. En revanche, ce dont il ne lui avait pas parlé, c'était l'aura de malfaisance dont émanait le Soldat. Celle-ci le frappa avec la violence abrutissante d'un coup de tonnerre, pétrifiant sur place cette entité supérieure incapable de soutenir la férocité à peine contenue au fond de l'homme. Que les humains étaient effrayants. Lui qui pensait qu'Ariesten avait affaibli leur espèce. Cette capacité à dévoiler la facette la plus enfouie de leur personnalité au pire moment, caractérisés par cette malveillance maladive qui engouffrait les opposants du Spectre dans une profonde terreur sublimée. D'un geste précis, il ramassait une seconde lame. Une lame asiatique, courte, capable d'estoc. Et la danse mortelle reprit, les étincelles électriques se mêlant à celle du fer qui s'entrechoque, aux rires déments, aux rouages de la guerre.

Il ne se défendait presque pas. Ses deux terribles lames jumelles tuaient plus qu'elles ne blessaient. Pour abattre Campbell, il fallait être prêt à mourir. Non, pas seulement prêt. Il fallait attaquer le colosse en sachant pertinemment qu'il allait vous tuer. Personne ne souhaitait affronter un tel adversaire. Et le mercenaire était plus terrible encore, car il avait toutes les vertus d'un berserk, mais il gardait le contrôle. Il pensait clairement. Chaque échange de coup le renforçait progressivement. Son don approchait de son paroxysme, avant que le contrecoup ne le heurte de façon mortelle si l'affrontement ne touchait pas à sa fin. Et si on ajoutait à ça sa force et vitesse prodigieuse, il en devenait une formidable machine de destruction. Il gardait toujours l'équilibre. Il était toujours en mouvement, et ses yeux ne s'arrêtaient jamais. Il avait une incroyable vision périphérique. Il arrivait à sentir le danger, même en plein chaos. Il sentait l'adversité, établissait un plan d'action, et l'exécutait. Comme une mécanique froide. Tel est l'instinct du guerrier-né. Frappant comme la foudre, infaillible, doté d'un calme mortel.

C'était sans doute pour ça qu'il parvenait à tenir tête à un adversaire qui le surclassait très largement. Qui commençait à paniquer, sans doute inexpérimenté. Que c'était curieux, comme un être infiniment plus puissant pouvait être désemparé par un ver résilient. Quand bien même il était sensé être physiquement bien meilleur, malgré son infériorité martiale. Le Terrien disposait d'une vitesse et une force surnaturelle.

Une vitesse telle qu'en essayant de contourner Lukas, il s'empalait de lui-même sur l'arme ramassée un peu plus tôt. La lame s'était frayé un chemin entre ses côtes, jusqu'à ses poumons, son coeur. Et aussitôt, le goût métallique du sang lui grimpa dans la bouche. Les yeux vitreux roulèrent dans leurs orbites, scrutant les traits déformés par le plaisir du combat de son adversaire. Un démon ? Il n'en ressentait pas l'essence. Est-ce que ce type était juste vicié au point de faire pâlir des entités foncièrement mauvaises ? Frisson d'horreur.

Sans un mot, le Terrien s'éteignit dans l'étau de Jarod.

Qui tombait lourdement à genoux. Les traits tirés par une fatigue sans borne, ses membres secoués de convulsions douloureuses, alors que le contrecoup de son pouvoir le heurtait d'ores et déjà de plein fouet, le catapultant au sol, les craquements sonores de ses os résonnant à l'intérieur de sa boîte crânienne, serrant les dents à s'en faire saigner les gencives, les tendons de ses mâchoires apparaissant sur son visage balafré. Les yeux roulant dans leurs orbites, l'adrénaline agissant en anesthésiant de fortune. Fébrile.

Au moins, le contrat était rempli. La cible était abattue. Et il pourrait enfin sortir de ce cercle vicieux de violence, de meurtre, de torture, incessante. Le frisson de la chasse ? Ramassis de conneries. Quand bien même il s'était bien trop rapidement adapté à cette situation à son goût, il n'en était que plus heureux d'achever son expérience de milicien sur une victoire. Damn, son corps tout entier lui donnait l'impression d'être passé sous un bus. Ricanement amer, rapidement interrompu, aux aguets. Percevant quelque chose, au travers du voile de souffrance asphyxiant qui l'accablait, sa conscience comme immergée sous une masse aqueuse de censure.

Quelqu'un approchait.

Le Spectre n'eut, ironiquement, que le temps de se redresser sur un avant-bras avant d'être abattu de sang-froid, d'une balle dans le poitrine, rapidement suivie par trois jumelles.

Le pseudo héraut de l'outre-tombe s'écroula de côté, son regard féroce virant au vitreux.
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Rose Cuningham
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Humain
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Dim 6 Jan - 0:48


Hey you, w e l c o m e   b a c k. ♥️

Hâte de ressortir les rps du tréfonds des enfers, yo !

Enfin bon, bon retouuuur ! ♥️
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Alan D. Montgomery
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Dim 6 Jan - 0:52


HELLO. ♡

ptdr rebienvenue, grave content de te revoir. J'ai de ouf hâte aussi de reprendre un fucking rythme où je vais galérer à répondre pendant 1 semaine pour qu'au final quand j'y arrive tu me répondes 1h après hihi. (j'veux mourir)

Bref, bon retour, la bise. ♡
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Jarod Campbell
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Dim 6 Jan - 1:00


Salut les beaux gosses. ♥️

De retour pour vous jouer un mauvais TOUR.
Merci de m'avoir laissé reprendre ma fiche et de m'autoriser à relâcher Jarod dans la nature.

Je partage votre promptitude ( n'est-ce pas heymama ) à l'idée de casser du Terrien avec Alan, et de péter à nouveau le pare-brise du Hummer de Rose.
Et maintenant que t'as promis de suivre un rythme, Alan, t'y échapperas pas, on a des migrants Terriens à casser au nom de la Sainte Famille. heyyou

On se voit très prochainement pour reprendre les RPs. ♥️
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Alan D. Montgomery
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Dim 6 Jan - 1:31


c bon.
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