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Lost woods. [ft. Ragnar]
Invité
Lun 8 Fév - 4:39
Son premier refuge depuis l'enfance a toujours été ce bois. Il n'a jamais vraiment été un gosse de la ville. Né en périphérie, dans ces petites hameaux qui se sont développés près des plaines et des champs agricoles. Un citadin, lui ? Jamais. Préférant la solitude à ces bancs d'êtres humains se déplaçant de la même façon que des oiseaux opérant leur migration, il n'avait aucun regret quant au peu d'amis qu'il ait jamais eu. Partager ses histoires, ses moments forts, ses secrets ? Pour ça, il avait toujours sa plume et son encrier. Des cahiers noircis de pages et de pages de lignes insensées pour le commun des mortels, mais qui chez lui réveillent tant d'émotions contradictoires. Les Hommes n'ont jamais été sa préférence. Ses parents avaient été là, oui, ce n'étaient pas eux qui avaient déclaré cette asepsie générale de sa part à l'égard de ses pairs. Plus qu'ils étaient du genre bruyant. À se blesser sans comprendre pourquoi les autres, de par leurs faits, pouvaient verser des torrents de larmes. Lui était plus renfermé, malgré les sourires faciles qu'il décrochait ça et là. Plus en retrait, à préférer la nature, soit-elle faune ou flore, se gorgeant d'une douceur délicate et instinctive propre aux créations des dieux. Du plus petit son émis par les sabots d'un nouveau-né foulant le sol par ses propres forces pour la première fois, du museau humide d'une bête traquant au milieu de l'humus l'odeur de sa proie. C'était ça, son chez lui.

Quoi de plus normal alors, qu'après avoir découvert qu'il n'était plus le bienvenu au sein de son propre foyer, il ait trouvé refuge dans son repaire de prédilection. La nuit était tombée depuis de longues heures, et le silence s'était abattu sur le lieu comme une chape de plomb, bien que paisible. Un environnement qui n'éveillait aucune crainte, d'avoir trop arpenté ses recoins les plus obscures en toutes circonstances. La terre mouillée et les branchages morts, l'écorce malmenée par les ramures d'animaux se débarrassant de leur mue, les feuilles en décomposition d'une demie saison laissant naître ou renaître les espèces végétales dans un cycle perpétuel. Il n'aurait pas l'audace de se dire en communion avec la nature. Mais l'harmonie lui restait tout aussi délicieuse. Bien qu'il ne parvienne plus à l'apprécier à sa juste valeur, rendu hermétique à ce qui, en d'autres circonstances, aurait sans doute été l'aide idéale à l'ouvrage tranquille de ses écrits.

Repoussant l'idée du revers de la main – ou n'était-ce pas plutôt un branchage barrant sa route ? – le brun s'enfonce dans l'épais sous-bois, l'odeur musquée des plantes rendant leur dioxyde de carbone calfeutrant l'ambiance d'une moiteur étouffante. Ou avait-il marché depuis trop longtemps ? Levant son regard émeraude vers les feuillages qui, au soleil, aurait été l'écho des nuances chromatiques luisant au fond de ses iris, son observation s'achève sur l'étendue d'une noirceur infinie. Un triste spectacle. Au moins il n'avait pas sur la conscience de devoir s'enfermer dans un état cathartique. Ah, si seulement. Sa paume effleure le bois d'un cèdre centenaire, rappelant à sa mémoire des souvenirs lointains. Un coin où il s'était souvent perdu, en attestait les coups de lame de couteau se juxtaposant sur les couches épaisses du tronc lui faisant face. Un peu de répit. Pouvait-il seulement se l'accorder ? Puis finalement, qui viendrait lui reprocher de ne pas être rentré à temps pour souper... Il n'y avait plus personne à retrouver.

Faust, peut-être ?

Un rire éraillé bruisse dans la torpeur silencieuse, comme le chant d'un oiseau nocturne fondant sur du gibier. Sauf qu'il n'était ni le prédateur, ni celui qui reviendrait paré d'un précieux butin pour sa belle. Être la victime ? Encore moins. Après tout, qui était-il pour oser croire qu'il avait aujourd'hui encore suffisamment d'importance pour pouvoir être considéré par quiconque comme suffisamment estimable ? Son dos rencontre le relief irrégulier du bois alors qu'il se laisse choir en position assise au creux des racines denses et noueuses de l'ancêtre de ces bois. Une place bien connue pour l'avoir faite sienne depuis des décennies. Mais il avait tant d'endroits qu'il pourrait catégoriser comme étant les siens dans les tréfonds de ce bosquet.

Sauf que ces lieux ne sont pas sa propriété. Ils appartiennent aux créatures sylvestres. Aux plantes qui renaissent chaque jour en ces lieux, aux ossements sous ses pieds, aux fondements de cette île qui leur a été offerte. Ramenant sa jambe contre lui, repliée, il rejette la tête en arrière, son crâne prenant appui contre le conifère. Tentant de calmer sa respiration, le battement incessant du sang à ses oreilles, des pensées macabres le hantent. Fermant les yeux, s'oubliant dans ces bois perdus, il prierait presque pour devenir l'une de ces ombres oubliées. Devenir autre. Ou se faire dévorer par le grand méchant loup.

Mais déjà le bruissement des feuilles s'émeut sur le passage d'un fauve. Sanguinaire ? Il n'en aurait cure. Le crépuscule se voulait-il si avancé qu'il en aurait manqué les premiers mouvements de l'aube ? Pour l'intérêt que ce détail lui apportait... son mutisme contenterait ses tergiversations.
Lost woods. [ft. Ragnar]
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Pouvoir/Hybridité: Loupe
Âge: 19 ans.
Ven 19 Fév - 5:20
    Ses muscles s'étaient contracté, traversés par des spasmes violents. Bientôt, il sentait arriver la faille qui allait le faire tomber dans le néant. Il savait que rien ne pourrait rattraper sa chute, ni parois, ni un quelconque sol moelleux qui aurait pu atténuer la douleur du réveil. Une chaleur intolérable pulsait sous sa peau, dirigée par une seule envie. L'envie d'en avoir à chaque fois un petit peu plus, de satisfaire cette faim insatiable qui le tiraillait depuis des années, celle qui grouillait comme un parasite dans sa chair. Ses crocs demandaient quelque chose à ronger, son corps demandait à se mouver en harmonie avec la nature. Bien plus que l'instinct du loup, l'agressivité dont il faisait trop souvent preuve resurgissait comme un diable sortant de sa boite. Et aujourd'hui, son appétit se montrait incommensurable.

    Ses pieds se frottaient nerveusement contre le parquet de sa maison ; Quand il était en proie à ses penchants d'animal, il tâchait de se calmer comme il le pouvait. Parfois, rien que de le fait de se blesser d'une quelconque manière suffisait à dompter la bête qui grimpait en lui. Dans ces cas là, il n'avait pas été rare de le voir se donner intentionnellement un coup de boule contre une surface solide ou alors de le percevoir entrain d'enfoncer ses crocs dans sa propre peau, que ce soit dans ses bras ou ses mains. Tout était bon pour faire surgir la douleur à son maximum sans pour autant risquer sa vie inconsciemment. Au point où il en était, il considérait toutes les options possibles et imaginables. Pour autant, il lui fallait aussi éviter de faire couler trop de son sang... Si là était le cas, le danger devenait encore plus profond. L'odeur mais aussi le goût du fer l'excitait de façon malsaine, sûrement en conséquence du fait qu'il partageait ses gênes avec un prédateur... Un carnivore. Un de ceux qui traquait pour se nourrir.

    La douleur devait en temps normal garder captif ce fauve en lui. Depuis qu'il avait fuit de sa forêt plus jeune, il avait comprit à peu près comment il fonctionnait. Et pour ça, il devait remercier son tortionnaire qui n'était que son propre père. La violence dont il avait usé sur lui lui avait fait comprendre qu'il devait avoir mal pour reprendre ses esprits, parce que la douleur lui faisait prendre conscience de son propre corps, de ce qu'il était réellement. Un humain et non un loup. De toute façon, il devait se punir ou être puni pour étrangler ses envies sanguinaires. D'après Ragnar, ce n'était que justice. Il se considérait dangereux, potentiellement mauvais alors il devait recevoir son fardeau mais aussi, ses répercutions. Une vie de solitude ponctuée par des moments de folie.

    Mais l'insolente bête devait avoir d'autres projets pour cette nuit... Alors que l'un de ses bras était couvert de morsures sanguinolentes, ses pupilles commençait à se dilater pour en devenir noirâtres. Le blond s'arrêta donc de tourner en rond pour trembler faiblement une énième fois, finissant par rejoindre la porte de son cabanon afin d'en sortir.

    La dangerosité de Ragnar s'étendait au point ou il était catégorisé comme un dérivé 'particulier'. Bien entendu, il avait aussi un pied dans ceux qui étaient classé comme 'communs' ; Des accès de rage suite à un sujet fâcheux jusqu'aux réminiscences qu'on aurait aimé oublier. Ces choses qui étaient connues par tous. Le garçon était lui, soumis à un tempérament aléatoire. Ses 'crises' pouvaient apparaître sans raison, ouragan sur une eau vraisemblablement calme. C'était bien ce qui était d'ailleurs entrain de lui arriver en cette soirée. Ragnar le savait lui-même, il était naturellement trouble, fragile.

    Ces tempêtes internes naissaient à partir de là, rattachées à une racine bien profonde.

    Ses pieds nus s'encraient dans l'herbe fraîche de la forêt. Il lui restait désormais peu de temps avant que sa raison devienne opaque... Oui... Très bientôt, elle ne pourra plus lui dicter quoi faire ni comment se comporter. Sa soif intestine, primaire, ferait de nouveau surface pour hurler avec rage. Ces arbres qui l'entouraient deviendront une fois de plus les témoins de chasses folles, de course-poursuites nocturnes sans queue ni tête qui n'avaient que pour but d’épancher ses envies atroces. Chaque bruit, chaque odeur ; Ragnar arrivait sentir et entendre âme qui vive respirer dans un périmètre certes court, mais bien déterminé. L'adrénaline soudaine y était pour quelque chose, sans hésitation.

    Se revêtir de son apparence lupine allait être la prochaine étape. Avant ça, il continuerait encore à marcher. Jusqu'au point ou un élément perturbateur s'interposa sur sa route. La bête se mit alors à gronder intérieurement... Un corps étranger se trouvait là, dans les alentours. L'hybride ne prit néanmoins pas le temps d'analyser plus de quoi il s'agissait qu'il suivait déjà la trace de sa future proie. Tout paraissait déjà trop tard ; Son corps était encore celui d'un homme mais son esprit s'apparentait à la monstruosité qui se tapissait en lui depuis toujours. Ce fut au détour d'un arbre que tout s'arrêta de façon abrupt.

    L'odeur effleura de nouveau son nez avec plus de force. Ses muscles s'arrêtaient de trembler pour se détendre dans l'immédiat. Une sensation de douceur l'entourait maintenant. La peur... La violence... L'ensemble s'enfuyait pour laisser place à une nostalgie soudaine. Le prédateur se calmait... Pour le moment, laissant à son hôte la chance de voir une carrure posée contre un tronc d'arbre. La senteur émanait clairement de cet individu. Jamais auparavant il eut une telle aubaine... Celle d'avoir eut la possibilité de redevenir lui-même alors qu'il avait d'or et déjà dégringolé dans le précipice. Tout du moins, jamais un corps extérieur n'avait eut une telle emprise sur lui.

    La vent effleura ses cheveux ébouriffés. Ses yeux encres passaient de nouveau vers son bleu océan habituel avec lenteur. L'odeur devant lui l'interpella, cette fois-ci, l'incitant à venir plus près. Oscillant, le jeune homme s'approcha encore de quelques pas avant de s'écrouler à genoux. Il était parfaitement prostré, loup affamé devenu un louveteau perdu. Quelle dégaine il devait avoir... Son futur interlocuteur avait de quoi pour le considérer comme fou ! Bras nus, pieds nus, l'air ailleurs... De quoi donner une drôle d'image. A l'instant même, Ragnar essayait plutôt de se concentrer sur le visage de la personne face à lui. Jamais auparavant il ne l'avait croisé... Un visage tout à fait miné, comme le sien. Un visage nouveau qui possédait pourtant le mérite d'avoir pu contrôler sans aucune violence la bête. Peut-être qu'au final, ils s'étaient bien trouvé, tout les deux. Peut-être était-ce même le destin qui l'avait fait croiser sa route.

    Le son du vent se fit entendre dans les feuilles au dessus d'eux.

    L'animal sauvage se montrait de plus en plus dépité. Son cœur lui faisait mal, plus mal que tout. Son bras intact se releva alors pour se tendre, ses doigts s'arrêtant juste à quelques millimètres du minois du brun aux yeux émeraudes sans pour autant essayer de le toucher. Il ne se serait pas permis de le faire de lui-même. Ragnar était encore asphyxié par ce qui venait de lui arriver... Il avait peur que par le simple effleurement, il puisse être capable de blesser son 'sauveur'.

    Un seul mot se fit entendre, transmit par un murmure presque inaudible

    « … Pourquoi ? … »

_________________


merci Lacinou ♥♥♥♥

Citation :
Droits de modération donnés à Ragnar le batard par Fuji la tapette

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