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❝ naive, still ❞ ft「Kerry Escobar」
Terrien
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Sam 17 Déc - 23:17
Encore coincé dans les coulisses, l'albinos préparait avec soin son entrée sur scène, réajustant une dernière fois la cravate qui enserrait son cou en examinant attentivement son reflet dans le miroir. Ce n'était pas que son travail était très demandeur, seulement, ce dernier exigeait une tenue correcte ainsi qu'une bonne conduite en tout temps. Le genre de boulot chiant où la liberté était rapidement noyée sous une tonne de règles. Et qui plus est, le genre de boulot dans lequel Cherokee n'aurait pas dû, si ce n'est jamais, s'investir. Surtout lui, le type enclin à s'encrasser dans sa paresse et son manque de rigueur. C'est une vérité;- Personne, ni même ses plus proches connaissances ne pouvaient s'imaginer l'albinos dans un job aussi codifié que croupier.

Le terrien relève un peu ses cheveux en arrière, complétant le look qu'il aborde tout les soirs en plaquant quelques mèches en hauteur pour dégager au maximum son visage. Tout semble parfaitement concorder, sauf son air blafard et ses crevasses en dessous de ses yeux. On lui avait déjà fait la remarqua auparavant ; Tâche d'avoir bonne mine, ne va pas effrayer le client avec ta dégaine de malade. Mais rien n'y fait, ni ses petites heures prisent à la volée lors de des mini pauses qu'on lui accorde, ni même les cachets qu'il prend pour se forcer à dormir pendant la journée. Sa mauvaise mine reste là, autant accrochée à son visage blême que l'aurait été une greffe de peau. Pourtant il s'en fiche, il ne tente même pas une autre approche. Parce que même si la présentation comptait énormément dans cette grande école du jeu, ce qui jouait le plus, c'était la dextérité à enchaîner les parties... Ou sinon, à amplifier sa concentration pour ne pas perdre le fil. Son salaire prenait tout son ampleur sur sa capacité à faire miser le plus souvent les clients, ce qui incluait en même temps le fait d'être rapide sur la table ou sur la roulette. Et dieu seul sait à quel point Cherokee pouvait être performant à ce sujet... C'était l'unique chose qui lui garantissait un minimum d'éviter un renvoi. ( Mais aussi, c'était bien pour ça qu'on l'avait gardé après sa formation. )

Il finissait par sortir des vestiaires, rejoignant ses autres collègues qui étaient déjà prêts à entamer une nouvelle nuit mouvementée à ses côtés. Cependant, pour une fois, il se forçait à se tenir bien droit lors de sa démarche, effort incommensurable pour un singe qui adorait se voûter sous l'épuisement. Si on lui avait autorisé à garder sa tignasse blanche sur le crâne, on lui avait formellement interdit d'avoir une mauvaise posture pendant qu'il faisait les jeux, surtout quand son poste le contraignait à rester debout pendant un bon de temps. Une torture toujours anticipée avec un mauvais goût contre le palet. Lui, si fatigué, obligé de tenir bon quelques heures sans toucher une chaise ou un canapé... Quel ignoble affront contre lequel il se trouvait impuissant ! Ses yeux cristallins voguant sur le casino qui était encore vide, il effectuait quelques vulgaires prières pour sa colonne vertébrale tout en croisant ses bras dans son dos, effectuant son petit tour pour potentiellement aider à mettre les choses en place. Si la soirée promettait d'être fatigante, il se sait d'or et déjà sauvé par le gong quand sa nuit atteindra vers les trois heures du matin. Engagé à prendre son tour un peu plus tôt que d'habitude, Cherokee pouvait par conséquent filer tout droit une heure à l'avance pour aujourd'hui. L'albinos en était que bienheureux, surtout en sachant qu'il avait un rendez-vous aux aurores le lendemain matin. Il ne dormirait probablement pas, mais il pouvait néanmoins se poser quelques heures devant sa télévision à éteindre son cerveau, ce qui était toujours grandement apprécié avant d'établir certains plans stratégiques avec les autres terriens qu'il retrouvait alors que le soleil n'était même pas encore présent.

Les choses se mettaient naturellement en place, comme à chaque soir. Lentement, les employés du bâtiment se mettent à faire un ballet incessant, mettant en marche cette grande turbine qu'était le fonctionnement du casino. Préparé aussi à prendre son rôle dans peu de temps, il regarda une nouvelle fois vers la porte d'entrée, avant d'aller à sa table qu'on lui avait attribué il y a peine quelques secondes. Peu importe les clients qu'il avait à sa table ce soir, Cherokee n'était jamais aussi plat que lorsqu'il portait son travail sur ses épaules. La presque interdiction de communiquer tremblait au dessus de sa tête, sauf si ses clients avaient une requête urgente à lui demander. Un grand mal pour un bavard tel que lui, qui veillait toujours à mettre un point d'honneur à communiquer sur tout et n'importe quoi. Le temps passait donc vraisemblablement plus lentement qu'a l'accoutumé, bien qu'il était jonché de calculs mental consistant à chiffrer les jetons trop bien installés sur le tapis vert. C'est sûrement dans ces moments là qu'il s'amusait à venir juger les différentes âmes qui se présentaient à lui ; Ceux des paumés, ceux des fortunés, ou même encore ceux qui n'avaient pas l'air de savoir ce qu'ils fichaient là. Les réguliers, ou même encore les petits nouveaux qui dépenseraient bien plus que la somme qu'ils s'étaient jurés de ne pas dépasser cette nuit là ; Le casino représentait un microcosme particulier où se défiait continuellement un large panel de créatures de la nuit. A force d'habitudes, Cherokee se plaisait à en analyser chaque détail.

Puis rapidement le flux de joueur s'intensifiait rien que pendant la première heure d'ouverture ; Sûrement parce qu'on était en week end. L'île festive n'était jamais aussi illuminée qu'un vendredi ou un samedi soir, ce qui voulait aussi dire que sa charge de travail était doublée. Cartes posées sur sa table, il annonça tout simplement le premier tour tandis que ses convives suivaient le jeu, fin sourire posé sur les lèvres. Ses prunelles suivaient ce qui se passait, mais son esprit n'était plus véritablement présent si ce n'est pour appréhender le bon déroulement de la partie, automatisme géré par la pratique. En y réfléchissant, il se souvenait bien de la dernière fois où il s'était perdu ici, pas si loin de son lieu de travail. Enfin, il se remémorait plutôt facilement vu qu'il n'avait pas arrêté d'y penser depuis les différents incidents qui s'étaient déroulés pendant ce drôle de rendez- vous . Des choses qui avaient bousculé son esprit, d'autres qui l'avaient fait réfléchir à deux fois. Ce fut seulement après quelques baisers et une confusion passionnée que l'échange s'était rompue. A son grand malheur mais aussi à son grand soulagement. Et ceci, bien à cause de Cherokee qui n'avait pas su retenir son malaise face aux sentiments qui s'étaient pressés à sa porte. Au détriment du bien être de son compagnon au sourire si fascinant.

Les conséquences avaient été fructueuses. Le soir même, il lui avait envoyé un sms, auquel naturellement il n'avait jamais répondu. Allons Cherokee, à quoi allais-tu t'attendre après lui avoir ainsi brûlé les ailes ? Toi et ton égocentrisme démesuré n'auriez jamais pu comprendre ne serait-ce qu'une petite portion de ce qu'il avait pu endurer sous vos remarques déplacées. Le terrien lui avait fait mal et en échange, Kerry lui avait donné une telle claque émotionnelle qu'il n'arrivait plus à se relever sans en avoir les jambes qui tremblent. Le pire, c'était l'odeur qui s'était évaporée de son écharpe au bout de quelques jours pour se remplacer par des flagrances imperceptibles, sûrement bercées par la nicotine. Le mieux toutefois, c'est qu'en trophée, il gardait encore et toujours cette laine qui avait fait office de pont un peu instable au rapprochement. Un souvenir si doux, tout comme l'emprunte de ses doigts contre sa peau meurtrie par le froid. Écharpe qu'il avait encore une fois emportée avec lui pour se rendre à son travail aujourd'hui, et qui l'attendait sagement dans un coin du vestiaire quand il ressortirait bien plus tard cette nuit là.

Et même si les sms s'étaient bien vite arrêtés car sans réponses, Cherokee pensait encore souvent à lui. La preuve, ses souvenirs étaient encore tourmentés alors qu'il devait lorgner des yeux la mise d'un homme d'âge mûr sur le coin de la table. Honte à lui ; L'humain continuait à lui défragmenter l'esprit sans avoir à être là... Sans à avoir à lui procurer ses baisers salvateurs qui avait eut le malheur de faire résonner un écho dans la noirceur de son âme. La partie s'acheminant sans aucun problème, le blanc regarda alors rapidement la montre qu'il avait à son poignet pour zieuter l'heure, impatient de pouvoir prendre une pause pour aller griller une cigarette à l'extérieur. Cette soirée passait tout d'un coup... Beaucoup plus lentement. Il souffle, s'impatiente un peu encore quelques minutes, avant qu'un de ses collègue arrive à ses côtés pour discrètement lui chuchoter qu'il reprend la main. Le jeune adulte offre alors un sourire presque trop poli à ses clients, avant de laisser sa place pour quitter sa table définitivement, commençant à se diriger lentement vers un autre endroit. Plus tranquille, moins imprégné de cette ambiance festive où les gens mettaient consciemment leur argent en jeu. Il désirait un moment de calme dans ce tourbillon.

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NAIVE, STILL
feat. cherokee

Déchéance humaine, foule aux monstres contemporaines. C'est la désertion sentimentale, celle qui brûle à en faire mal. La faute qui hurle, résonne et déraisonne. (((pitoyable))) À te morfondre chaque soir, les questions qui te remuent sans cesse. S'agissait-il des bons mots, justes choses, ou tes paroles ne furent qu'un miroir des siennes ? Se haïr plus qu'un autre, à s'en vouloir encore. Coupable de colère, rage face à la haine. Les faux-semblants qui s'amassent, encore et toujours, alors tu agis comme si ce moment n'avait jamais existé. Tu t'accroches à d'autres, t’agrippes sans cesse. Tu te noies dans la foule pour oublier, symbole du dénie exécrable de la nature humaine. Te voilà tes yeux pire qu'un autre. Les paroles que tu aurais du retenir, garder enfermées, que tu as laissé s'échapper. Erreur fatale. La solitude te remémores sans cesse ces dires que tu as logé, incontrôlés. Les plus belles des étoiles sont insuffisantes pour détruire les acides souvenirs qui hantent ton esprit. Il n'y a plus de répit. Vide intersidérale qui se comble par des maux luttant entre eux. Ô, que tu es désireux de t'arracher les réminiscences de cet infime instant, unique moment; d'être fort pour lâcher ces prises qui de toi se sont éprises. Ce n'est pas le cas. C'est loin de ça. – Le plus faible des hommes, c'est toi.

Si ses lèvres avaient pu t'étouffer, tu l'aurais aimé. Il aurait seulement suffit de t'asphyxier assez pour que ton esprit efface les minutes qui vous précédées. Hélas, tout cela c'est bel et bien passé, incrusté dans chaque passerelle de ta peau. Le vous a bel et bien existé, bien que distrait. Ce n'était pas l'amical, le doux qui effleure l'épiderme d'un délicieux soupir. Le stade est bien pire. (((désamour))) Attirance malsaine qui amène à l'alerte, symbole d'autodafé des textes que ta mémoire a pu citer. Besoin de goûter – d'oublier. Encore et toujours, à contraster sans arrêt. c e s s e z ce malheur qui détruit sans se reposer, toutes les choses qu'il ose croiser. Abomination interne. Les boules de feu qui trônent dans le ciel semblent te juger, toi et tes mains qui ne cessent de trembler. Ce n'est pas passé. C'est toujours là, à hanter, à roder, à s'immiscer si près auprès de cette réalité où tes doigts n'effleurent pas ton clavier. Tu l'avais ignoré jusqu'à ce que le téléphone ne cesse de vibrer et enfin, tu avais cru pouvoir respirer. Alors, tu avais quémandé de la compagnie pour diverses activités, fuyant tes sombres pensées. Cela n'avait pas marché.

Tes soirées sont devenues enfers, de ceux que l'on connaît après avoir traversé le Styx. (((l'enfer c'est les autres))) L'absence d'autrui aussi détestable que sa présence, et ton corps qui hurle à savoir – compréhension – alors que ton cœur n'est désireux que de se pendre – désertion –. Le nœud qui ne s'installe pas sur ta peau mais dans ton ventre, qui se serre encore et encore. Nerfs à vifs. Tu finiras forcément pas te faire mal ainsi, à vivre dans ce silence. Tu le sais sûrement. As-tu compté les jours passés ? Tu ne l'as guère fait. Tu ne sais pas en quoi cela semblait être le bon moment, pourtant, cela semblait être ce soir. Il était déjà bien tard lorsque tu décidas à sortir, prétextant une visite vitale chez Sven. (((mensonge))) Tu t'es juste barré, la gorge déjà embrasée par ce froid meurtrier. Si tu n'avais pas été si infecte ce jour-là, tu aurais pu reprendre ton écharpe avant de prendre la fuite, mais tu as été le pire. Désormais, tu te devais d'assumer, quitte à te faire détester plus que tu ne te hais.

Ce chemin que tu connais semble bien plus long que toutes ces autres fois; plus tendu que cette fois là. Marche funèbre – échafaud. Tu retardes l'échéance alors que tu devrais te reprendre. Même pas encore sur place et déjà à la limite de pleurer, le souffle qui ne cesse de se couper. Tu les aperçois déjà, les lumières du bâtiment; signe clignotant de ta fataliste soirée. Tu prends un peu de temps pour respirer, doucement, frottant tes yeux contre les manches de ton manteau. Tu as déjà commencé à chouiner. Alors, tu attends. Tu attends d'être calmé, d'être prêt. En tout, tu es peut-être resté dix minutes sur le côté, à te maudire sans bouger. Finalement, tu as fini par rentrer. Le genre d'ambiance que tu es censé adorer. Mais tu es seul, Kerry, seul et prêt à faire face à ta culpabilité. Tu tentes de chercher du regard le diable lui-même, mais les couleurs appellent tes yeux qui divaguent et se perdent. Distraitement, tu commences à marcher, l'idée de partir qui hurle à ton esprit, encore et toujours. Tu n'es pas prêt pour cela – tu ne le seras jamais.

Tu t'étais perdu pendant cinq minutes avant que cela n'arrive. Cinq minutes que tu aurais aimé voir transformée en dix, si ce n'est quinze puis vingt. Quand tu as malencontreusement bousculé quelqu'un, tu t'étais dit que c'était à cause du monde qui ne cessait de s'entasser et que tu devrais t'excuser avant de t'éclipser. Quand tu as malencontreusement bousculé employé, tu t'étais soudainement dit que tes souffrances pourraient être abrégées. Rencontre salvatrice, divinement bénie. Tu avais reconnu le style vestimentaire, ce qui t'avait pousser à t'informer avant même de savoir à qui tu t'adressais. Hurm … excusez-moi, je cherche quelqu'un qui travaille ici. Est-ce qu- (((brisée))) Ta voix se casse. Le regard a peine levé, tu te sais condamné. Différent d'apparence mais identique d'identité; d'avance tu te hais. Le destin vous a trouvé et tu te demandes ce que tu as bien pu faire de mal pour que tout cela soit mérité. Es-tu si criminel pour tes mots et ton rejet ? Être sous terre serait tellement préférable. Pression soudaine. Tu ne sais pas quoi dire, pas quoi faire.
Instinctivement, tu as baissé les yeux.

Ces pupilles rougies et ce regard cerné, tu n'oses les lui montrer. Les rôles semblent si inversés, lui ainsi habillé et toi ainsi présenté. Tu t'en veux, un peu. Tu t'en veux d'être ainsi venu le déranger alors qu'il ne semble pas plus toucher que cela par ce qui c'est passé. Il a du oublier; faire ce que tu n'as pas fait. Tu t'en veux d'être venu sans prévenir, de n'avoir jamais répondu à ses messages. Tu t'en veux d'être venu, aussi, face à lui. Cherokee. Ta voix qui s'étrangle et qui se tord, misérable comme jamais. Ce sont les souvenirs qui te reviennent en mémoire et qui te rendent si faible et détestable. Tes doigts qui brûlent sous un souvenir glacial. Le corps qui pique, brûle et hurle. Tu es nerveux, Kerry. Paranoïaque, même, de ce qui pourrait se passer si tu restes trop longtemps, si ton esprit s'embrume sous la culpabilité. Alors, malgré ces trémolos qui détruisent ta voix, tu tentes tant bien que mal de réclamer ce qui semble être votre dernière attache, l'ultime lien qui t'empêche de te pardonner. Je … j'aimerais beaucoup que … mon écha … arpe … Les mots qui disparaissent, qui s'entrecoupent. Le sens qui se perd. Cette ambiance plus bien lourde qu'avant, plus pesante et plus gênante. (((l'enfer c'est les autres))) Tu oses relever les yeux pour savoir s'il a compris, mais revoir ce visage après ce qu'il t'a dit, mais aussi ce que tu as osé lui scander, trouble ta vision de larmes qui commencent à se former. Surpris de toi-même, par toi-même. Tu ne te savais pas si faible, si pitoyable. Tu te retrouves à baisser le regard et tenter d'absorber avec les manches de ton manteau les flots qui commencent à couler. (((merde))) Pleurer en public deux fois de suite. Ce n'était pas possible. Ce n'était pas croyable. Impensable. Tu n'aurais pas du venir, es-tu persuadé, tu aurais mieux fait de t'acheter une nouvelle écharpe et de croire qu'avec le temps, tu finirais par oublier. Tu t'es cru assez fort pour faire face, alors que tu n'es que larmes et tremblements, qui ne cessent et qui noient toute crédibilité auprès du monde entier. Incapable de prononcer ne serait-ce que des excuses qui te mordent la langue. Elles te brûlent de l'intérieur, explosent ces nerfs à vifs que les cieux ne savaient guère calmer plus qu'une présence.

Dire qu'il n'y a plus moyen de fuir, plus d’échappatoire à ta stupidité nocturne. Si seulement vos échanges avaient été suffisants pour te faire oublier le lieu de son travail, mais si tu avais été assez fort pour tout simplement tout effacer de ta mémoire … – Ta vie est une énorme blague, Kerry.
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Dim 18 Déc - 19:59
La porte de sortie se profilait un peu plus loin, juste derrière les nombreux comptoirs qui semblaient  se présenter comme de maigres obstacles à sa course à la délivrance. Encore un peu et il y était, à respirer l'odeur du bitume et à sentir le vent polluée. Encore un peu, et il toucherait pendant quelques secondes la félicité du bout des doigts, il arriverait à s'échapper de l’oppression que lui offrait le bruit des machines à sous et des éclats de voix de clients trop enthousiastes. De quoi chasser ses mauvaises pensées qui se rassemblaient dans les jupons de son cerveau déjà déjà bien grisé par la routine. Cette pause, il en avait cruellement besoin, parce qu'il se sentait étrangement poisseux à force de baigner dans cette atmosphère trop dorée à son goût... Si superficielle, tout comme cette île que son dieu maudissait depuis le fin fond de sa cage de ronces.  Oui, Ariesten toute entière est une farce montée de toute pièce, un endroit où les faux-semblants pullulaient bien plus que les parasites sur un corps en décomposition. La misère y est dissimulée, la violence s'oublie dans les recoins de la société. Ici, les gens mettent un point d'honneur à cacher les tares en les couvrant par de beaux draps blancs, y jouant d'illusions pour faire croire à une idylle inexistante. Un paradis chimérique construit de toute pièces par les plus grands.  Parce qu'en fin de compte ; Yang n'est pas plus terrible que Ying et Ying n'est plus pas bienveillant que Yang. Mais dans un monde où seuls les résultats comptent, l'un fut résolument enfermé pour son excès alors que l'autre trône encore tout en haut de la hiérarchie. Ce même dieu qui avait oublié ses ancêtres en les laissant crever comme des chiens.

Cherokee n'aimait personne, ni les gens d'ici, ni ceux d'en bas. C'était même à se demander s'il avait de la considération pour les autres.
S'il avait de la considération pour lui-même.
S'il avait de la considération tout court.

Il pressait le pas sans faire attention à l'orage qui se préparait dans un coin de la salle. Il avait beau paraître distrait aux yeux des autres, l'albinos avait toujours ses réflexes au ras de la peau quand on rentrait dans son périmètre de confrontation. On l'avait fabriqué pour être le plus rapide possible, mais au final, il était ressortit de son entraînement avec juste un peu plus d'anticipation que la norme. Cherokee était tant dénué d'énergie qu'il s'épuisait au moindre mouvement un peu trop expansif de sa part, ce qui le rendait... A proprement parler, inutile au peuple terrien qui se revendiquait comme de redoutables guerriers. Il avait beau flotter entre le terme 'poids mort' et 'c'est pas si mal', l'albinos s'avançait honteusement dans le rang des moyens. De ceux qu'on oublie ; Trop faible pour être bon, mais assez fort pour ne pas être la risée de ses confrères. C'est à croire que s'il n'avait pas eut son don, il n'aurait été qu'un pion bon à jeter placé dans les premières lignes  des attaques suicidaires portées contre la ville. De la chair à canon que personne ne regrette une fois disparue.

C'est une grande surprise quand on lui rentre maladroitement dedans, parce que cette fois-ci, il n'avait rien vu venir. Ce n'est pas la première fois quand il travaille non, mais ça reste toutefois particulièrement dérangeant lorsqu'il se trouve occupé. Et là, il l'était et ne l'avait jamais autant été. Ses phalanges se serrent entre elles, fort obligé de continuer à faire bonne impression vu que ses talons étaient encore vissés au plancher de la scène. Cherokee coupe donc son soupire lassé, épanchant son désir de fuite en avalant rapidement une bouffée d'air qui aurait dû lui donner le hoquet, sa tête pivotant sur le côté pour appréhender l'individu qui s'était entrechoqué avec lui. Il était prêt à s'excuser, prêt à céder un autre sourire mièvre pour qu'on puisse le laisser partir aussitôt. Et c'est ce qu'il aurait fait, si ses méninges ne s'étaient pas brutalement enflammés en voyant ces mèches brunes pendre sur un visage qu'il avait aimé détruire. Un visage qu'il avait torturé il y a à peine quelques jours déjà.

Il exaltait soudainement, son envie de fumer n'étant désormais plus qu'un mirage dans un désert incandescent ; -Enfer décadent dont il était le seul maître. Cherokee brûlait de nouveau intérieurement, une folle envie de rire lui montant contre les parois de sa gorge. Il avait eut raison. Il était revenu vers lui. Il avait eut raison. Avait-il tant aimé souffrir pour qu'il puisse se retrouver ce soir devant lui ? Où alors était-ce une malheureuse coïncidence que de croiser sa route avec le diable ? Peu importe la finalité, le terrien retenait avec grand mal un air reflétant sa grossière arrogance. Ce qu'il présentait actuellement, c'était un minois indifférent, comparable à celui qu'il montrait à quiconque venant lui adresser la parole. Il était entrain de se de demander si Kerry l'avait reconnu, parce qu'il n'avait pas assez relevé la tête pour s'apercevoir qu'il s'adressait à lui et non pas à un simple employé. Donc pour le moment  il attendait. Attendait avec délice ce moment où les regards se croiseront, le moment où le jeune humain irait se morfondre sous la détresse en voyant à qui il avait à faire... Ou bien se rengorgerait grâce à la colère. Car oui, Cherokee n'a pas oublié à quel point ses mots avaient été cinglant lors de leur dernière rencontre. Mais ils n'avaient été ni douloureux, ni même assez acides pour transpercer sa carapace de béton... Au contraire, il se souvient encore à quel point il avait été fier de son opération en le voyant le fuir désespérément dans le lointain. Kerry s'était enfin relevé pour lui faire face, quitte à ce qu'il vienne lui cracher des obscénités à la figure comme ultime moyen de défense. Il avait rayonné dans son humanité, une énième fois, même en succombant à un penchant qui n'avait pas l'air de le caractériser ; La rage. Une rage qui prend au ventre, une rage qui permet de vivre.

C'est d'un coup d'oeil perdu qu'il le remarque enfin ; Cherokee peut enfin assister à la décomposition de son si joli minois avec une flamme destructrice au creux de ses yeux glacés. Il éprouve encore une fois une jouissance malsaine en voyant l'impact qu'il a sur son être, et il veut aussitôt l'entendre glapir de nouveau sous ses remarques incessantes. Mais il se tait, restreignant son instinct de prédateur ; -C'est beaucoup plus fort que lui, la faiblesse des autres l'attire et l'incite à prendre la route de la chasse, le force à reprendre des instincts primaires qui lui sont inconnus. Il énonce alors son prénom d'un ton plus ferme, ce qui lui donne un frisson qui s'apparente à autre chose qu'a des ressentiments pernicieux. Il ne sait pas, il semble juste aimer la façon dont sa petite voix tremble quand il enchaîne les syllabes que présentent son patronyme. Au point où il désire l'entendre sous bien d'autres façons. Cherokee décrispe ses poings pour se reprendre une tenue bien droite, trop solide et peu avenante, voulant quasiment se faire menaçant. Il fait comme si il avait à faire avec un ultime client trop bavard, ou un de ceux qui demande une information quelconque. Mais ce n'est pas le cas.

Il pense avoir la chair de poule en dessous de son costume trop luxueux pour lui.

C'est ainsi que la catastrophe arrive. Cherokee l'avait pourtant bien vu, ses larmes qui s'amassaient dans le coin de ses perles bleus. De ses yeux étrangement cernés par de la peau violacée, traumatisés par le manque de sommeil. Par conséquent, il sourcille alors, comme s'il ne comprenait pas ce qui était entrain de se passer. Comme si il n'était en rien fautif. Mais ô Kerry,  il ne comprenait que trop bien. Il pouvait sentir ton désarroi comme s'il était sien, comme si il rampait sous sa peau. La seule chose qui perce la bulle, c'est ces regards insistant qui se posent sur eux... Ou plutôt sur son dos. Il pourrait presque les associer à des piques, parce qu’évidemment, on s'interroge leur altercation, sur le pourquoi des larmes de Kerry. Et c'est à ce moment là que le terrien devient légèrement blême, bien que rien ne se remarque sur sa peau déjà trop contrastée. L'idée qu'on puisse se dire l'auteur du malaise du plus jeune lui hérisse le poil, mais dans le mauvais sens du terme cette fois-ci. Sa première réaction pour se sauver la mise ? S'approcher rapidement du pauvre garçon pour venir poser une main contre son dos, l'incitant alors à le suivre, mais un peu plus à l'écart de la foule et des mauvais jugements. Tout compte fait, il ne lui donne pas vraiment le choix, l'embarquant pratiquement de force si ses pas se montrent récalcitrant. Il fallait qu'il puisse vite essuyer cet incident avant que les langues puissent se délier, bien qu'elles le feraient sans doute beaucoup plus tard dans la soirée.

« Viens avec moi. » A son insu, il oublie de le considérer comme un client. Il aurait pu le vouvoyer, mais c'était trop tard.

Il cherche un endroit à l'écart, s'engageant même à se réfugier vers là où les vestiaires se trouvent,  ignorant le fait qu'il puisse paraître encore plus suspicieux si quelqu'un venait à les remarquer là-bas. Avec de la chance, tout le monde serait bien trop occupé pour faire attention à eux. N'échangeant pas un seul mot sur le trajet, une boule d'amertume se bloque au travers de sa gorge, moyennement soulagé une fois qu'ils eurent atteint une portée où était marquée ' employés uniquement'. Il ne l'ouvre pas cependant, regardant simplement autours d'eux pour constater que le flux de personne était largement moins dense dans ce coin là, sans être pour autant totalement désert non plus. Et enfin il le lâche, se reculant alors d'un ou deux pas pour venir croiser ses bras sur son torse, ne réprimant pas un souffle désabusé. Passer de l'excitation à une angoisse certaine n'était pas pour lui.

Cherokee se laisse aller contre le mur, y collant une seule de ses épaules  pour rester face à Kerry. Le vil serpent regarde alors une nouvelle fois sa proie, mais d'une manière bien moins immorale que les dernières fois, les traits de son visage formant un ensemble plus plaisant. Non pas parce qu'il pleure, mais parce qu'il observait son visage esquinté. Son chiot revenait à lui avec une bien mauvaise mine, au delà de ses yeux boursouflées par l'émotion. Dénué de remords, dénué de colère, l'albinos n'a même pas un mouchoir à offrir à son visiteur. C'est bien dommage.

« Ce n'est rien Kerry, prends ton temps. »

Il aimait ses larmes certes, mais pas quand elles noyaient disgracieusement ses joues. Le ton bien trop calme pour cette situation, le croupier reste immobile, sachant pertinemment qu'un geste de sa part serait mal prit vu ce qui s'est passé la dernière fois. Mais l'envie de le consoler paraissait presque évidente... Drôlement évidente. C'est alors qu'il se souvient des mots gauches de l'étudiant. Son écharpe. Enfin, c'est ce qu'il avait comprit au travers des sanglots. Non. C'était non. Il ne pouvait pas lui rendre le bien qu'il lui avait volé... Qu'il lui avait donné. Enfin, donné sans consentement, bien entendu. Cherokee, même avec son envie latente de le détailler, arrête de le scruter de fond en comble en croyant bon de le laisser reprendre ses esprits. Il laisse écouler un silence, une éternité, tout ça pour reprendre ensuite;

« Tu es venu spécialement me voir pour chercher ton écharpe ? Ah... Je te croyais trop en colère pour m'affronter de nouveau... » Il essayait d'avoir une intonation lente, quasiment... Attristée. « Ça a du être difficile pour toi que de franchir les portes du casino. C'est parce que tu me méprise tant que les larmes sont venues ? C'est parce que tu ne veux plus jamais me revoir que tu veux me la reprendre aujourd'hui ? »

Je t'en supplie Kerry, dis moi que je te dégoûte, montre moi à quel point tu me hais encore une fois. Fais moi comprendre pourquoi tu es venu me voir ici, à mon lieu de travail. Même si je crève de revoir tes yeux énamourés.

L'envie de fumer recommençait à lui titller les nerfs. Le manque lui donnait quelques spasmes au niveaux des jambes, le forçant à changer de position pour quitter le mur contre lequel il s'appuyait. Le regard ancré au sol, il le releva pour zieuter le cou de son doux interlocuteur, imaginant son écharpe autours de ce dernier.

« Cette écharpe doit être très importante pour toi. »

feat Kerry
   
 

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NAIVE, STILL
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Polarités incessantes sur lesquelles se basent un monde, ainsi que des hommes; créatures conditionnées pour être formatées à ne pas comprendre les plus profonds désirs du subconscient. Le rejet comble l'envie. (((ils se marient))) Pulsions non assumées,  puis enfermées – l'hystérie est née. Elles sont enfouies au fond de des cœurs, étouffées. D'inavoués plaisirs, elles deviennent perpétuelles souffrances. Celles-ci restent. Ce sont les pires des tâches, celles qui ne partent pas, malgré ô combien on les combat. Elles s'étalent encore et encore, ici et là, devenant reines de surcroît, faisant de l'être l'esclave. Puis, vient un moment où il y a ni désir, ni rejet, plus que des faits. Le voici, le secret du désir humain. Sa faiblesse face à soi-même. Destruction interne, presque invisible. Il s'agit de ces polarités incessantes sur lesquelles se basent un monde, ainsi que des hommes. L'instinct de survie face aux diverses plaisirs maladifs. C'est, hélas, la vie. La tienne aussi. Tu auras beau pleurer, crier, et hurler, les pulsions prenantes étranglent, étouffent, et broient. Que tes mains tremblent, que ta vue se brouille; cela ne changera rien de cela.

La marque n'avait peut-être pas été assez profonde, gravée sur ton corps à travers d'anciens contacts, devenus traces fantomatiques. Il ne s'était sûrement pas assez incrusté sur toi, par son odeur et ses gestes, qui n'ont cessés de te hanter ces derniers soirs, lorsque le silence tombait et que la nuit se levait. Digne d'une pitrerie romanesque, preuve d'un illogisme extrême. Tu n'es guère une protagoniste de roman à l'eau de rose et cette histoire n'est pas sentimentale; tu en es encore moins le héros. Ce fut juste un dérapage parmi tant d'autres, de ceux qui composent une vie. Les erreurs arrivent à tout le monde, es-tu persuadé. Il en s'agit d'une. D'une que tu regrettes et que tu n'arrives pourtant pas à détester.

La douleur ne se transformera pas. Les symptômes sont diverses et variés, mais tous te dévoilent que tu as eu tort de te montrer, d'apparaître dans cette salle remplie de lumières, de voix tonitruantes, que tu perçois à peine. C'est cette blancheur qui prend toute la place, qui te marque, qui aspire ton esprit et que ton regard fuit. Il ne s'agit guère d'une quelconque lumière divine afin de t'indiquer le chemin que tu es censé suivre, mais de cheveux et d'une peau dont le grain de tes doigts se souvient encore. Il s'agit de lui, actuel cauchemar de tes jours et de tes nuits, ne cessant de hanter ton esprit. C'est bel et bien Cherokee. Il s'agirait presque d'une surprise que de le voir ici, alors que tu le savais pertinemment présent. La réalisation soudaine de qui te fait face, peut-être. Tu n'avais pas compris les enjeux que cacheraient cette rencontre imprévue; l'effet que cela pourrait avoir sur toi. Une claque, si violente que des larmes incompréhensibles apparurent sans plus tarder. Tu n'as pas été maître de toi-même, te laissant submerger par un cocktail de ressentis et de regrets.

À peine les premiers sanglots échappés que la main de l'autre homme trouve sa place contre ton dos et t'invite, brusquement, à le suivre. De toute manière, tu n'es pas vraiment en état pour contester cela. Tes pieds bougent presque automatiquement, instinctivement. C'est à peine si tu entends sa voix, si ses mots t'atteignent, si tu perçois la pression à l'arrière de ton corps, ou si tu remarques lorsque vous vous arrêtez enfin, éloignés de la foule. Toi, tu restes là où tu stoppais, sans chercher à t'appuyer contre un mur, les larmes qui coulent toujours alors que tes manches et tes mains passent machinalement sur tes yeux et joues afin d'apaiser les torrents qui te tourmentent. Le son de sa voix si calme les fait repartir de plus belle, sans que tu ne saches pourquoi. (((à bout de nerfs))) C'est seulement grâce au silence qui règne que tu parviens tant bien que mal de reprendre le contrôle de toi, ton regard le fuyant toujours. Tu n'oserais soutenir ses yeux après les mots que tu lui as prononcés il y a si peu de jours. Pourtant, lorsqu'il reprend la parole, tu te souviens presque du pourquoi tu lui as dit. C'est douloureux, de l'entendre parler comme s'il était celui ayant souffert de cet échange, d'entendre dans ses mots des moqueries aussi aiguisées que des fourches, qui te piquent si durement que ton regard attristé se relève vers son visage. Tu encaisses ses mots, ses paroles ainsi que le son de sa voix et son visage, tellement différent de celui d'il y a quelques jours. Tu ne savais pas qu'il pouvait avoir ce côté élégant et charmeur, contrastant violemment avec la dureté de ses paroles. Peu-être ne t'en rends-tu pas compte, Kerry, mais tu as le visage d'un chiot abandonné, laissé à la dérive, au bord d'une route.

Tu as les mains qui tremblent, un peu, tout comme tes jambes. Tout de ton être montre à quel point c'est dur pour toi d'être ici, devant lui. Tu en arrives toujours à ce résultat où tu mordilles tes lèvres à cause du stress, mais cet acte te rappelle certains échanges de votre dernière rencontre, comme tout le reste. La moindre chose te ramène à ce jour que tu as vécu, spectateur de toi-même, acteur de désirs. Et tu as ce poids fantôme, celui de ses lèvres contre les tiennes, puis des tiennes sur les siennes, les souffles qui s’emmêlent. Pas un seul instant ne s'est passé sans que tu y penses, à croire qu'il s'agit du plus intime contact que tu as eu, si ce n'est rendu. C'est douloureux, d'ailleurs, de sentir cette nouvelle chose, incompréhensible, que tu ne sais dompter, et qui te rend presque rassuré de le revoir, alors que ton corps entier n'est que douleur. Peut-être avait-il raison, lorsqu'il t'avait demandé si tu ne comptais plus jamais le revoir. Mais, sincèrement, Kerry, réfléchis quelques instants. Tu n'y arriverais probablement, tu finirais forcément par le pardonner – comme si tu ne l'avais pas déjà fait. C'est si étrange, que tu ressentes presque le besoin de revenir encore, alors que tu ne lui as pas encore tourné le dos.

Tu tentes d'avancer vers lui, faisant un pas, inspirant profondément. Tu ne t'en rends peut-être même pas compte, d'ailleurs, que tu t'es rapproché de lui, alors que tu hoches la tête afin d’acquiescer la majorité de ses suppositions. Tu as l'impression d'être le pire des hommes, actuellement, alors tu tentes de parler pour t'expliquer, espérant qu'il te pardonne. (((illogisme)))  Tu as la voix un peu brisé, sous l'émotion de ne pas avoir pu contrôler tes sanglots. Elle se teinte de quelques secousses, quelques tremolos. Je … je sais pas pourquoi j'ai … pleuré, d'accord ? Je suis … juste venu ici parce que … parce … qu'on est en hiver … et qu'il fait froid … ? C'est un mélange de sincérité et d’incertitude où baignent ces mots. Tu n'as pas vraiment envie de revenir sur le reste de ses propos, sur ce qui te fait le plus mal et que tu assumes le moins. Sur cette colère qu'il t'a cité et que tu ne connais que trop bien, mais aussi sur la difficulté pour toi à être venu ici. Le mépris dont il est question, tu l'as frôlé il y a quelques jours de cela, mais il n'en est guère question aujourd'hui. Tu ne ressens pas de haine, mais plus de la peine. Celle d'être si proche et de ne pas savoir quoi faire. Tes mains s'agrippent entre elles, signe distinct de ta gêne. Tu t'es encore rapproché, instinctivement. Tu as le regard qui fuit de nouveaux, qui se perd contre les murs et face aux autres personnes, et peut-être ne te rends-tu juste pas compte d'à quel point tu es proche.

C'est quand tu relèves de nouveaux les yeux, après une autre inspiration, que tu remarques que tu as déjà connu cette proximité, il y a quelques temps de cela. Immédiatement, l'air se coince dans tes poumons alors que tes prunelles ne lâchent plus son visage. D'aussi près, tu sens les spectres de cette après-midi revenir, la folie passagère l'accompagnant. Et tu te retiens. Tu te retiens de poser tes mains sur ses épaules, autour de son visage, contre son torse ou dans ses cheveux. C'est démoniaque, comme envie. Elle s’immisce et te fait déglutir, te faisant presque oublier ce que tu as à dire. Je …  Elle est plus basse, ta voix, plus lourde et tu ne le savais même pas. Tu es déjà ailleurs, à imaginer ce que cela ferait de retrouver ces lèvres ne serait-ce qu'une fraction de seconde. Savoir s'ils en sont encore froides. Si tu frissonnerais toujours. Si tu en voudrais encore. Si, si – si. (((si))) Avec des si on mettrait Ariesten en bouteille. Avec des actes tu mets juste tes lèvres contre les siennes. C'est rapide, si bref, que tu ne le sens peut-être même pas. Tu as juste fermé les yeux, ne serait-ce qu'un instant, ne sentant pas ton corps s'approcher dangereusement de son visage. La distance s'efface pour laisser place au contact. Pas plus qu'un soupire n'a le temps de s'échapper avant que tu ne t'éloignes, comme électrocuté. Il t'a rappelé ceux que tu as vécu avant et que tu n'as cessé de te remémorer et que tu te disais détester. Et le pire dans tout cela, c'est probablement que tu ne les haïs pas. Tu en réclamais peut-être d'autres, instinctivement, et ce geste inapproprié n'en est que la preuve. Tu ne regrettes pas, car tu ne t'en es peut-être toujours pas rendu compte, persuadé que tu ne l'as pas fait, qu'il s'agit d'un rêve éveillé illusoire qui ne mènera jamais nul part.
Tu en viens à te dégoûter.

Tu as toujours les yeux fermés et le corps si prêt lorsque tu reprends la parole comme si de rien n'était, si ce n'est le rythme de ton cœur un peu plus effréné. S'il te plaît …  Et peut-être ne sais-tu plus pourquoi tu supplies alors que ton cerveau cherche ses mots et que tes yeux s'ouvrent de nouveaux pour tenter d'attraper les siens, de lui montrer que tu es sincère. Je veux juste mon écharpe … Demande presque enfantine, preuve du contraste humain entre la raison et les actes. Tu quémandes quelque chose du corps, en réclamant une autre de mots. L'aveugle face à ses propres envies inexplicables. Car il est bien là, le problème avec toi, c'est que tu ne comprends pas d'où te vient ce besoin si ce n'est d'un sort. Tu ne comprends pas quel est cet étrange plaisir que de pouvoir sentir vos bouches qui se rencontrent, encore et toujours, ne serait-ce que dans ton esprit. Peut-être qu'au fond; cette écharpe, ce n'est rien d'autre qu'une raison pour être venue, une vulgaire excuse que tu lui sors pour excuser tes débordements imaginaires. Sauf que tu as dérapé. En vrai. (((et tu as aimé)))
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Terrien
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Lun 26 Déc - 20:10
Cherokee le sait ; On ne peut pas changer quelqu'un en si peu de temps, même avec toute la volonté du monde. Il le sait, mais il ne peut pas s'empêcher d'effleurer la constante possibilité qu'un miracle puisse se produire. Qu'une étincelle, si faible puisse t-elle être, arrive à enflammer la paille pour démarrer cet immense brasier qui tue et consume tout sur son passage. Lui aussi il est similaire ; Incapable de changer, incapable d'emprunter une autre voie que celle qu'il a commencé il y a des années de ça. Autant il aurait aimé se transformer en un être meilleur dans sa prime jeunesse, mais autant ce passage était durement révolu une fois la vingtaine atteint. Une fois que la réalité lui avait montré son horrible visage. Il n'était qu'une simple cause perdue parmi tant d'autres, coincé entre l'espace et le temps jusqu'à la fin de sa vie, flottant à la dérive. Il tenait compagnie aux étoiles, aux planètes, à une voûte céleste brisée depuis des milliards d'année. S'il ne tends pas sa main vers la sortie, c'est parce qu'elle est invisible à ses yeux, évaporée entre deux cratères difformes. Difforme comme lui. Le manque d'air est devenue une habitude ; La solitude elle, une rengaine qui jalonne le squelette sous sa peau, perpétuant un embaumement fatidique annonçant la fin d'un bonheur possible. Un bonheur qui n'a jamais existé, qui le rend orphelin pour toujours. Il aura beau taper de toute ses forces du poing contre la table, hurler au désespoir ou bien se tailler les veines, elle ne reviendra pas. Elle, cette mère parfaite aux si nombreux enfants, l'avait abandonné tout en lui crevant les yeux pour finalement jeter son corps en pâture à des dieux en colère. Lui qui voulait suivre tout les moutons de Panurge avait été écarté du troupeau d'un bras las, d'un 'je suis occupée' de 'pas maintenant', le forçant à divaguer en solitaire sur une route désertique. Le problème dans tout ça ; C'est qu'il y avait survécu, à cet exil. Survécu sans vraiment le vouloir. Il était devenu une abomination, une bête humaine sans véritable visage.

La jalousie est un monstre qui s'engendre lui-même et naît de ses propres entrailles.

Nous sommes tous un monstre pour quelqu'un. Et cette fois, il voyait clairement dans ses yeux qu'il était devenu sa bête noir. Pourtant, pas dans le sens où il l'incarnait la dernière fois où ils avaient pu faire un bout de chemin ensemble. Il avait fait bien pire. Il l'avait rongé de l'intérieur, s'était installé au plus près de son être dans une place où il ne pouvait pas être ainsi facilement délogé. Ou alors était-ce bien lui à croire qu'il continuait à planer constamment au dessus de la tête de Kerry tel un vautour attendant sa charogne ? Ou peut-être, voulait-il tout simplement élargir sa folie des grandeurs en déclarant qu'il venait à hanter son pauvre petit corps ? L'albinos n'en savait rien. Lui, ce qui le hantait pour le moment, c'était un mélange de son odeur et son envie de nicotine, ni plus ni moins. Sa pause, il savait d'or et déjà qu'il pouvait l'oublier pour le moment avec le pauvre étudiant à ses côtés. A qui la faute néanmoins ? Au plus odieux. A celui qui détruit en toute conscience. A lui. Il est vrai qu'il aurait pu tout aussi rapidement le libérer en lui accordant son bien, toutefois il en restait hors de question. Le voleur ne désirait pas perdre ce butin si difficilement acquit... Même si ce trésor avait perdu instantanément de sa valeur une fois son odeur volatilisé.

Il était sa bête noire oui. Celle qui avait fait naître des sentiments paradoxales, celle qui l'avait fait migré bien loin de chez lui de nuit pour le retrouver dans ce lieu édulcoré, les yeux immergés par un torrent de confusion. Rien qu'un petit moineau tombé trop tôt du confort de son nid. Cherokee lui avait donné le bâton et ce pauvre animal en redemandait encore, geignant dans ses jambes, queue rabattue entre ses pattes. Il l'avait blessé, mais il osait lui montrer un visage torturé par le remord. De quoi pouvait-il s'en vouloir après ce qui s'était passé quelques jours plutôt ? L'ironie enflait tellement qu'elle était devenue écœurante. S'il ne se retenait pas, le croupier aurait pu lâcher un juron entre ses dents, agacé par le scénario qu'il avait lui-même monté de toute pièce. Il avait eut ce qu'il voulait, mais tout en même temps, il trouvait la situation incroyablement absurde et n'ayant ni queue ni tête. Et désormais, il devait s'arranger avec le résultat de son ignominie. Ses yeux bleus cherchent alors à le transpercer sans aucune délicatesse pendant qu'il s'approche, tel un animal sauvage cherchant à faire fuir les plus curieux. Cherokee était terrible, si lunatique. Il changeait d'avis aussi rapidement qu'une boussole déréglée. Il était lui-même victime de la propre mutinerie que formait la ronde de ses idées. Elles avaient beau se tenir par la main, elles tournaient si vite qu'il ne savait plus où poser ses yeux de glace. Le repousser, l'étouffer dans ses bras jusqu'à n'en plus pouvoir. L'embrasser à s'en couper le souffle, s'amuser de ses dépends. L'aimer ou bien le haïr.

Toi aussi Kerry, tu es capable de faire naître le paradoxe chez un être pourtant dépourvu d'empathie.

Les choses s’enchaînent si vite qu'il n'a pas le temps de tout intercepter. Ses excuses maladroites qui n'avaient aucun sens, ses sanglots qui s'apaisent dans l'incertitude... Ses lèvres sur les siennes.

Ses lèvres sur les siennes.

Le Cherokee insatiable revient au galop pour reprendre les commandes d'un corps laissé à l'abandon. Il suffit de quelques secondes pour que son esprit se cicatrise au fer chaud, sous le goût de ses lippes. Les idées ne se bousculent plus... Non, tout devient si clair que c'est déconcertant. Il arrive à voir le soleil à travers son masque de plomb. L'automatisme l'aurait poussé à venir lui attraper les avant-bras pour l'attirer contre son âme gelée, pour l'étreindre comme il l'avait fait autrefois. Cherokee se souvient qu'il est à son travail, mais il parvient à surpasser les inconvénients de ce dernier pour se concentrer sur ce minois fatigué. Toujours aussi mignon , seulement délavé par les émotions. Et il ne se demande même pas pourquoi. Pourquoi ce baiser alors que la gifle lui sied mieux en ce moment. Pourquoi il persiste à lui quémander son écharpe malgré tout. Enfin, était-ce vraiment ce qu'il venait de lui demander ? Cherokee, de ses yeux avides, percevaient tout un autre univers. Un univers où il avait entendu un 'Je veux juste être avec toi', celui où quelqu'un aurait désiré plus de lui. Supplie moi encore J'ai besoin de me sentir aimé. J'ai besoin que tu m'aimes, que tu me regarde. Un monde où quelqu'un lui offrirait une tendresse sans retenue, où on aurait encore et toujours besoin de lui. Alors c'est bien plus fort que lui, ses paumes se relèvent pour venir attraper les mains du jeune homme. C'est presque enfantin, un peu trop innocent de la part d'un homme comme lui, déjà rongé de l'intérieur par le malin. Là est sa manière de dire qu'il veut qu'il reste près de lui... Encore un peu.

Mais cette image s'évapore. Le soleil s'en va, se détourne une nouvelle fois de lui à cause de sa laideur. Très vite... Beaucoup trop vite. Cherokee a de nouveau froid et il est de nouveau isolé, perché sur le flanc d'une montagne enneigé. Son long souffle lui tord les boyaux, lui fait se rappeler qu'il est entrain de s'émouvoir pour trop peu... Pour un artifice qui a vite fait de lui filer entre ses doigts osseux. Bon sang, qu'il est idiot de croire qu'on peut encore le sauver du vide. Ses menottes se resserrent sur la peau halé de l'étudiant, les yeux du croupier se ferment sous la honte soudainement éprouvée. Car oui, il se fait honte à fondre sous les beaux yeux larmoyants de son interlocuteur, à espérer une quelconque reconnaissance de sa part. Sincèrement, qui est l'animal en mal d'amour entre eux ? Ses tympans le font souffrir, le sang bat trop fort dans ses veines. Il veut encore une fois ses lèvres, pour tenter de rattraper l'astre lumineux une dernière fois. L'albinos a presque mal, à se sentir si soudainement délaissé. Il commence presque à lui en vouloir.

« Je l'ai porté, il est vrai. Plusieurs fois. »

Cherokee, ce n'est pas ce qu'il veut savoir. Oh non, qu'il ne veut pas. Personne ne veut savoir

« C'est toi qui est parti en la laissant autours de mon cou. Puis tu es partit à ton tour en courant, sans venir la reprendre. Est-ce qu'il fait si froid dehors pour que tu en ai autant besoin ? »

Le terrien vient à esquisser un petit sourire. Ni dur, ni cynique, juste un rictus. Probablement un peu vide, parce qu'il n'a jamais apprit à sourire correctement. Cherokee se voûte alors un peu plus encore, pour essayer de réduire un peu la distance entre eux. Il a l'impression que quelques employés les frôlent pour aller directement dans le vestiaire, mais ça ne le dérange pas. Plus rien ne le dérange à l'heure qu'il est. Il pense profiter de la proximité pour entendre son souffle, le sentir effleurer son visage. Il s'est tenté à essayer de le taquiner, mais finalement, sa capacité à encore lui arracher des larmes est plus vraisemblable vu la situation. Son pauvre chiot est si mal en point. Ses mains viennent longer ses poignets, suivant le chemin que formaient ses bras pour s'arrêter tout contre, les empoignant à peine. Cherokee n'a plus envie de le tordre dans tout les sens, car il sait qu'a force de le faire se plier, il reviendrait cassé entre ses mains. Ange malheureux qui en se posant sur terre, s'est fait ensorcelé par un démon aux envies farfelues. Le plus âgé s'égare un peu plus encore, lorgnant son visage entièrement, sans enjamber le moindre détail ; De plus près en plus près, il s'enivre puis se dissous sous sa présence. Si près que ses lèvres touchent presque de nouveau les siennes. Mais au lieu de l'accaparer, il préfère seulement lui murmurer, à seulement quelques millimètres du but ;

« Je t'ai attendu. Trop longtemps. »


Tel un pacte qui se ferme, ses lèvres vont se clore pour s'appuyer contre ses lippes une nouvelle fois. Une nouvelle fois, mais peut-être une dernière fois pour le moment, il n'en a plus l'idée. Il a l'impression de se suspendre dans le vide du bout des doigts à chaque fois qu'ils deviennent si intimes. Mais c'est si bon, trop agréable pour nier ces échanges. Dans une caresse, ses mains redescendent une nouvelle fois pour rejoindre les siennes, regrettant alors le fait qu'il ai encore son manteau pour le couvrir. Lentement, toujours avec la même douceur, il attrape ses petites menottes pour les faire relever vers son visage qui est toujours penché vers le sien. Le baiser s’interrompt alors dans la toute conscience du terrien, venant rapporter uniquement les paumes si chaudes, si avenantes de Kerry contre son visage fantomatique. Il les coince alors contre ses propres joues, gardant ses mains par dessus les siennes encore un instant, frissonnant de tout son saoul à la chaleur qui s'éparpille sur son épiderme. Dieu qu'il en est fou, de sa peau contre la sienne.

A un tel point que c'était bien lui là, qui réclamait caresses et attentions. Fallait-il croire qu'il avait réussit à lui manquer malgré ses grands airs.

C'était surement le cas, oui .

feat Kerry
   
 

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merci à Puppy pour l'avatar. ♥️
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Humain
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Lun 26 Déc - 23:11




NAIVE, STILL
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Sans se mentir, il semblerait bien que tu as dépassé un certain stade dans ta vie, un de ceux que l'on traverse lors de l'adolescence, parfois dicté, selon certains, par les hormones. Ce palier n'est peut-être pas sentimental, mais sans aucun doute relationnel. Il est venu, le temps où, tel du métal par un aimant, tu te retrouves attiré. Magnétisé par cet homme, sans en avoir conscience. Cela ne t'était jamais arrivé avant, ne serait-ce qu'avec une seule personne, même pas à l'âge du syndrome d’œdipe, là où l'enfant possède des désirs d'une pureté éblouissante. Mais tu as grandi, et même durant cette croissance, tu n'as jamais rencontré quelque chose de comparable. Alors, tu ne sais pas comment nommer cette attraction divinement maladive. Tu ne sais pas quel mot lui mettre dessus, de quelle essence il s'agit le mieux. Tu peux juste espérer avoir quelques autres extraits, raffolant de ces contacts. Contacts rêvés car tu es persuadé que tu refuserais les vrais. Tu n'as jamais eu peur de faire une quelque action, mais tu crains aujourd'hui que celle-ci ne fasse mal, qu'elle casse et brise sous son passage le petit barrage à peine réparé du jour passé. Après tout, le désir n'est-il pas, bien souvent, comparé à une vague déferlante et indomptable ?

Tu as déjà connu ce violent torrent, à croire que l'écho de ses vagues n'a cessé de résonner dans ton esprit ces derniers temps. Ce n'est peut-être pas faux, après tout. Peut-être t'es-tu laissé bercer par cette tempête incontrôlable sur laquelle l'homme n'a aucune maîtrise, incroyable force de la nature. Nature humaine, peut-être, mais nature tout de même. Alors, tu avais pensé que tes lèvres sur les siennes n'avaient été qu'un mirage, une résonance des flots. Tu en étais persuadé, que tu n'avais pas osé, que tu avais gardé pour toi cette petite flamme de désirs qui crépite quelque part sans que tu ne le comprennes. Tu en étais sûr, que ces compères ne s'étaient pas vraiment attardées les unes sur les autres, dociles jumelles sympathisant entre elles. Oui, tu étais certain que tu n'étais pas encore arrivé à ce stade où discerner le faux du vrai devient impossible. Où Cherokee ne s'était déjà pas installé dans la métaphysique de ton être. Où il y avait peut-être encore une chance de partir indemne, de pouvoir tout oublier une fois que tu aurais récupéré ta laine. Cette même laine que tu aurais tout aussi bien remplacer par une autre, ne possédant pas de réelles valeurs, ni même signification. Une écharpe comme une autre, dont tu t'étais séparé il y a peu, soit disant désireux de la retrouver. À ne pas se mentir, tu n'avais pensé à elle que deux fois, ces jours-là. Le premier et le dernier. Ce n'était pas ce manque qui avait rampé sous ta peau, qui s’était immiscé partout où il avait pu. C'en fut un autre, plus dévastateur.

Hélas, la réalité te rattrapa bien vite. Elles sont soudainement bien froides, tes mains. Elles sont aussi bien accompagnées, désormais. Cela t'as remis les idées à leur place, posé les pieds sur terre. Installé un doute, discrètement. Avais-tu osé le faire ? Car tu ne vois pas d'autres explications à ce contact innocent qui se resserre un peu plus alors que tes yeux s'écarquillent à la soudaine réalisation. Ses yeux clos ne mentent pas, tu crois. Ils sont le preuve que tu as dépassé la limite entre fantasme et réel. (((fantasme))) qu'il est étrange de nommer ainsi ces chimères plus virulentes que les harpies. Pourtant, c'est le nom qui leur sied. Fantasme. Qui brûlent tes joues sous une chaleur gênante. Qui rendent tes mains un peu moites. Qui te retournent de l'intérieur jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien. Son aveu n'aide à rien à calmer tes rougeurs, te colorant d'une délicieuse teinte pivoine. Il l'a porté. Il l'a porté. Pas une, mais plusieurs fois. Et tu ne sais pas pourquoi tu as cette envie de disparaître, si c'est par un incompréhensible bonheur ou par une explicable gêne. Après tout, tu ne sais pas ce que cela signifie. C'est peut-être juste à cause de l'hiver. Il aurait très bien pu en porter une autre, si quelqu'un avait eu le même geste que toi en lui enroulant de force le vêtement bleu autour du cou. Mais il n'est pas question des autres, là, mais de toi. Un battement déraille déjà, premier signe de ta perte.

Ces paroles ne tarissent pas. Elles annoncent ces faits que tu connais, que tu n'as cessé de te ressasser, à la recherche d'une quelconque signification, explication. Sa question semble si obsolète, à croire que la réponse est évidente. Bien sûr, qu'il fait froid. Tu as toujours du mal à supporter ces températures, te couvrant jusqu'au ridicule afin de te protéger du mieux que tu peux. Alors oui, dans un sens, tu en as besoin pour cela. Pourtant, ô pourtant, ce n'est pas ce que tu te retrouves à lui répondre. C'est plus fort que toi lorsque tu lui réponds d'un murmure timide. Pas plus que sous tes doigts. Et tu ne sais toujours pas. Tu ne sais toujours pas ce que cela veut dire, alors qu'il s'agit de tes propres mots. Tu ne sais pas si c'est une critique, ou bien juste l'exposition d'un fait. Pourtant, tu as juste l'impression que cela sonne niais alors que l'ambiance ne s'y prête guère – ou que trop bien. Il y a ce sourire qui apparaît sur son visage, dénué de toutes moqueries, et c'est presque salvateur; seigneur ! Tu as l'impression que ce moment est sincère, soulagement de savoir qu'aujourd'hui, en cet instant, ce n'est pas l'odieuse personne de l'autre jour qui se tient en face de toi, à tout prévoir, mais peut-être bien quelqu'un de plus semblable à un homme.

Et voilà. Une fois de plus, tu perds pieds. Tu es une proie bien trop facile, Kerry, une de celles que n'importe qui pourrait capturer sans difficulté. Tu es aussi, celle qui fuit. C'est bel et bien la première fois que tu reviens ainsi, à croire que les sourires et compliments de l'infâme monstre t'ont charmés, que l'orgueil et l'ego de ta pauvre petite personne ont été si bien appâtées. Mais, il n'est pas encore arrivé, le coup final; la fatale déclaration. Tu ne sais même pas qu'elle arrive, alors qu'il se rapproche de toi, tout comme tu l'avais fait plus tôt. Que ses mains remontent autour de ton poignet, t'arrachant quelques frissons, alimentant le feu de tes pommettes. Que son regard prend en note les moindres détails du tien. Que ses lèvres frôlent presque les tiennes alors que tu retiens ton souffle, abasourdi par ce spectacle qu'il t'offre à toi, aux premières loges. Puis, sans prévenir, l'annonce.

À en couper le souffle. Tu n'as pas le temps de réagir, de réfléchir, que ses lèvres retrouvent les tiennes; à ton plus grand plaisir. Il y a ce bruit qui s'échappe de ta gorge, alors que tu te laisses envahir, tes sens à l'affût. C'est trop. C'est un mélange de trop. Ces mots, ces gestes, cette odeur qui te fait tourner la tête. (((merde))) Tu aimerais, un seul instant, que jamais ne cesse ce moment. Tu te fiches très bien de ce que tu as pu te dire ces derniers temps, car ces quelques instants semblent avoir tout balayé. « Je t'ai attendu. Trop longtemps. » Cela se répète sans cesse dans ton esprit alors que tu lui rends son baiser, non pas désespéré, mais charmé. Tu le laisses agir à sa guise alors que tes mains, portées par les siennes, se posent sur ses joues. C'est une morsure glaciale qu'elles rencontrent, entourées de toute part par sa peau toujours si froide. Et puis, il y a aussi vos lèvres qui se séparent de nouveau, bien que tu refuses d'éloigner ton visage, que tu cherches la moindre trace d'une raison qui puisse te permettre d'être en colère, de le haïr autant que tu te hais d'avoir cédé, encore, à ces douces promesses silencieuses. Tu ne trouves rien. Tu ne vois rien si ce n'est un étrange sentiment de réconfort qui s'installe dans ta poitrine. Il t'a attendu, et tu es prêt à le croire. Finalement, peut-être es-tu une de ces héroïnes de romance, prête à sombrer dans les bras du premier homme un tant soit peu charmant faisant preuve d'intérêt.

Quelques fois, dans une certaine langueur, tu sens tes lèvres s'écarter alors que ton visage se rapproche automatiquement du sien, mais tu te reprends bien vite, les refermant et t'éloignant à peine. Elle est là, l'envie de te perdre contre ses lèvres, que vos souffles s'emmêlent et que plus rien n'ai de sens. Elle est là, plus violente que jamais, ravivée par une tension invisible, interne. Mais à la place, tu frottes juste tes pouces, dans un simple mouvement presque circulaire, contre ses joues, comme si cela pouvait apaiser ces diverses feux qui incendient l'esprit. À la place, ton regard le dévore tout comme son être consume ta raison. Tu perds toutes notions, celle du temps comme du lieu, n'osant te demander combien de temps cela pourrait bien durer. C'est presque trop beau pour être vrai, trop sincère pour être faux.

Alors, à contre cœur, tu te dis que tu aimerais savoir, que tu aimerais comprendre. Tu es un peu moins serein, tout d'un coup. Tes yeux perdent peut-être une de leur flammes, ton visage un peu de douceur. C'est de l'anxiété que tu y gagnes, alors qu'une boule se forme dans ton ventre et que tu déglutis malgré toi. Tu te humidifies à peine les lèvres avant de prendre la parole, le ton incertain. C'est toi le premier a … Première cassure, tu hésites sur ce que tu peux dire, ce que tu voulais dire. Le brouhaha autour de vous n'aide en rien, pourtant tu tentes de reprendre. Tu inspires, peut-être l'inspiration la plus profonde de toute ta vie, et tu reprends, un peu plus assuré. … a m'avoir embrassé. Toi aussi, tu exposes des faits. Pourtant, ce n'est pas cela que tu veux savoir. Tu cherches à comprendre dans quel piège tu es prêt à tomber, dans quel piège tu es tombé. Le sien, certes, mais encore ? Il aurait du s'agir de votre dernière rencontre, comme tu te l'étais si bien dit, comme il l'avait si bien compris.

Pourtant, vous vous étiez embrassés, presque comme deux jeunes amants. – Voilà le terme qui fait trembler. Et tu aimerais le refaire, encore et encore, bien que craintif, apeuré. Alors, tu devais repenser à cela. Qu'il te fournisse peut-être sa dernière explication, celle dont tu n'attends rien et qui pourrait tout dire, tout clarifier. Tu poses le mot, le ton plus intrigué que jamais. Pourquoi ? Tes doigts cessent tout mouvement, comme pour te concentrer entièrement sur ses réactions à lui lorsqu'il te répondra, s'il te répond, d'ailleurs. Tu précises sans trop savoir pourquoi, comme si la précédente évidence n'était pas suffisante. Pourquoi l'as-tu fait ? Parce que … parce que je ne sais pas, moi ? Je n'arrive pas à savoir pourquoi, tu vois ? La fin sonne peut-être plus comme une plainte geignarde, si ce n'est douloureuse, que tu accentues en éparpillant un peu plus ce que tu as au fond du cœur. C'est pas mon genre de faire ça. Oh que non, cela ne l'a jamais été. D'embrasser ainsi. Ce n'est même plus un murmure, à ce niveau là, et tu es persuadé que si vous n'étiez pas si prêt, il n'y aurait aucune chance qu'il ai entendu ces derniers.
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Mar 27 Déc - 18:40
Les âmes mortelles sont complexes. Elles virevoltent allègrement en suivant les courants d'air que la vie veut bien lui offrir, jusqu'au jour où un poids invisible vient les écraser au sol. La Précarité.

La vie, les gens. Le monde  tourne avec ou sans lui, infatigable roue qui dessine dans les cieux le jour puis la nuit. Le soleil puis la  lune. Ceci en va de même avec les sentiments. Ils changent, se transforment ou bien arrivent à s'oublier dans les méandres du temps. Ils se perdent pour un moment défini ou pour l'éternité. C'est en voyant ses yeux saphirs que Cherokee pense comprendre enfin cette notion à laquelle il s'était confronté il a fort longtemps. Il se souvient encore de lui, tout enfant qu'il était, à regarder les plus âgés faire la loi dans ce taudis qui servait d'orphelinat. C'est toujours la raison des plus forts qui gagne, peu importe ce qu'on peut dire ou fabuler . Tout du moins, c'est comme ça que les choses marchent sur terre depuis des centaines d'années. Plus tu frappes fort, plus tu incarnes le respect. Et c'était bien pour ça que les costauds s'amusaient à ramper en gang, cognant à tout va quand un regard était lancé de travers. Les autres quand à eux, s'écrasait contre les murs en priant pour que leur tour n'arrive jamais. ' Les choses changent' s'entêtaient parfois à dire les plus faibles alors qu'ils montraient un visage boursouflé d'hématomes 'Ça ne peut pas durer éternellement comme ça' parvenaient ils à supplier lorsqu'ils étaient recroquevillés sous les draps la nuit. Cependant, Cherokee n'y avait jamais cru. Parce qu'il avait eut à faire à des constats durables qui frôlaient l'absurde, à une finalité dure comme une chape de béton. Bien sûr que non, les choses ne changeront jamais. Pas dans un monde où les adultes encouragent ses rejetons à martyriser son prochain pour imposer sa dominance. C'est pour ça qu'il ne s'était jamais fait d'illusion, étendant cette façon de penser sur tout les horizons possibles et imaginables.

Oui, voilà ce qu'il n'avait jamais vraiment eut ; L'espoir d'un renouveau. Ce même espoir qu'il arrivait à entrevoir dans les billes d'yeux du plus jeune.

Il aurait aimé pendant l'espace d'un instant, cesser de jouer les durs pour se laisser aller totalement à la tendresse. Il aurait aimé oublier un moment son passé pour continuer d'avancer. Mais encore et toujours, il restait sur la même marche de l'escalier, à s’essouffler comme un beau diable, le cœur prêt à rompre sous la fatigue. Cherokee stagne, puis se morfonds en silence. L'albinos se transforme en tourbière, emprisonnant tout ses maux sous des couches de sédiments. L'amour, la reconnaissance, la tendresse désirée. Tout aurait pu continuer d'avancer ainsi, si seulement Kerry n'avait pas fait son apparition. L'humain aurait pu être l'élément déclencheur de son réveil prématuré, la chaleur qui aurait eut toute la force nécessaire pour faire fondre cette épaisse couche de ciment. C'est ce que le terrien ressentait, lorsque ses lèvres s'allongeaient sur les siennes, aspirant une nouvelle fois l'essence même de ce pauvre être qui n'avait encore une fois rien demandé. Cherokee n'avait cure de savoir s'il accepterait sa présence dans l'immédiat, surtout avec les événements passés. Il avait besoin de lui, besoin qu'il se préoccupe d'un pauvre fou en manque d'attention. Les mains plaquées contre les siennes, il congédiait pendant un moment sa rationalité pour se consacrer uniquement à la seule chose qui paraissait illuminer la noirceur de son âme, petit feu follet s'efforçant à tenir bon pour ne pas se faire trop vite engloutir. Si seulement pouvait-il encore une fois rapprocher de corps délicat du sien pour le sceller à tout jamais.

Kerry lui criait des choses, mais désormais, ce n'était plus des échos qui se percutaient en lui. C'est de loin qu'il arrivait à voir un univers bien différent de ce qu'il côtoyait d'habitude ; Une large plaine où la nuit n'existait pas. Où L'étoile du berger parvenait enfin à lui tendre les bras pour l'inciter à suivre son chemin. Et cette étoile, c'était Kerry, aussi fébrile qu'innocent. Ce même Kerry qui  venait à caresser ses joues disgracieuses, tandis que lui, se penchant plus en encore pour recevoir avec une grande humilité l'importance qu'il pouvait bien lui donner. Ce fut l'allégresse presque totale, la preuve ultime que la compassion pouvait exister, même pour un individu éviscéré par le froid. Sa chaleur était intenable, mais si satisfaisante qu'un grondement interne lui prit au niveau de sa poitrine, geignement silencieux qui annonçait la fin d'un supplice ayant duré trop longtemps.

On est capable de te pardonner.
Les choses changent, toi aussi tu peux aimer de nouveau.

Mais la chute est plus douloureuse, surtout lorsqu'on pense toucher les nuages. Cherokee le réalise bien assez tôt quand il parvient à entendre la petite voix de l'adolescent, découpée par des interrogations qu'il interprète comme de l'angoisse. Ce n'est pas du pardon qui lui offre. C'est de la peur. La vision idyllique de la plaine s'immobilise pour venir s'effriter contre de la pierre ponce, laissant transparaître l'immonde vérité. Cet amour, c'est bien l'albinos qui venait de l'extirper de force de ses entrailles. Il était faux, monté de toute pièce, mit au monde par un monstre qui avait expérimenté dangereusement le jeu des sentiments. Il avait perdu, et maintenant, il se retrouvait à apprécier l'idée qu'on puisse l'aimer. Pourquoi est-ce que tu l'as embrassé, Cherokee ? Tu ne vois pas que tu continues à lui faire du mal ?  Encore une fois, tu es incapable de te faire aimer naturellement. Tu es toujours obligé de forcer les choses, d'épancher ta mégalomanie maladive sur ton entourage. Le terrien sent comme une pointe s'enfoncer dans ses muscles et soudainement, il éprouve le besoin de tourner le dos à cet enfant torturé. De se voiler les yeux sur la situation dans laquelle il prenait racine. Le seul problème, c'est qu'il avait indéniablement tiré Kerry dans sa chute.

Le terrien décrocha ses menottes des siennes, laissant ses bras pendre le long de son corps.  Il aurait été si cruel de le laisser flotter à la dérive... Si cruel que Cherokee y songea, avant d'incliner un peu plus sa tête vers l'avant, presque dubitatif. Lui-même devait se remettre de la claque précédemment administrée, et l'envie de se cacher derrière des propos ignominieux lui tendant les bras. Il aurait pu lui dire que c'était pour se moquer de lui, pour voir sa réaction et à coup sûr, aujourd'hui aurait été la dernière fois qu'il aurait eut la chance d'avoir sa petite présence à ses côtés. Les choses pouvaient se terminer ici et maintenant, et seulement et si seulement il exécutait son caprice odieux. Cherokee avait le plein pouvoir... Et malgré tout, pour une fois, ça ne l'enchantait pas plus que ça. Sans doute parce qu'il était incapable de faire un choix rapidement. Il se souvient alors de ses mots, s'agaçant d'avoir été si fragile pendant un bref moment, d'avoir cédé à des paroles influencées par son manque affectif.  C'est en adoptant ce genre de comportement qu'il alimentait cette routine toxique entre eux.

Cherokee perds son air placide pour froncer clairement les sourcils. Ça ne lui était pas arrivé publiquement depuis des lustres, si ce n'est de temps en temps quand ça lui échappait pendant quelques altercations. Le charme avait opéré pendant le temps d'un baiser, mais ainsi venaient les choses plus sérieuses. ' Je t'ai attendu.' Il regrette encore plus, parce que maintenant, il ne sait plus comment expliquer son comportement paradoxal sans se mettre  à nu. C'est si compliqué, l'être humain. Son faciès reste indéfiniment dur alors qu'il regarde de nouveau Kerry, décidément en colère contre lui-même.

« Tu sais... »

Confusion. Il se coupe la parole pour ne pas paraître plus faible qu'il ne l'est déjà, mais aussi pour laisser finir son interlocuteur qui continuait à parler. Son aigreur s’intensifie un peu plus ; Il était une calamité, à s’emmêler les pinceaux. Cherokee n'arrive même plus à reprendre son rictus habituel, sa détermination périssant sous le murmure de fin du jeune Escobar. Il n'a pas l'habitude d'embrasser ainsi. Ça paraissait évident, mais l'entendre lui provoquait une autre fracture intestine. Le croupier s'agite tant qu'il arrive à se redresser entièrement, ne se courbant plus au dessus de l'humain, l'envie de fumer remontant à son cerveau frustré. On venait de lui donner le parfait argument pour prouver à quel point il influençait leur relation. Ces baisers, ni rien d'autre, n'étaient naturel. Tout était le résultat d'une pression qu'il avait mise sur le brun. Il vient à se mordre discrètement la langue, préférant regarder droit devant lui plutôt que plus bas, plutôt que d'affronter ses erreurs et ses lèvres tentatrices. Il fallait qu'il se rende compte de l’évidence ; Il n'arrivait plus rien à contrôler désormais, ni ses envies, ni le remord qu'il croyait depuis longtemps enfermé en cage.

« La vie est jonchée de 'pourquoi' et de 'comment' Kerry, et pour la plupart de ces questions, personne ne sait y répondre. »

La seule chose qu'il pouvait lui procurer c'était cette réponse fade, sans intérêt. Cette philosophie à deux sous qu'on entends partout juste pour gagner du temps et des excuses. Parce que pour une fois, il n'avait pas la force d'être aussi âcre que d'habitude, ni même le courage de lui avouer la véritable raison de ses baisers fougueux. Il n'avait pas forcément envie de voir le sillage de ses larmes se remplir à nouveau. Ça ne lui ressemblait pas forcément et l'albinos se maudissait de plus en plus, à devenir plus compatissant que cynique. Et il maudissait Kerry pour influencer son tempérament acerbe, plus que tout. Car ça ne lui était jamais arrivé auparavant, avec quiconque mis à part lui. C'était à se demander ce qu'il ne ferait pas pour ses beaux yeux céruléens.

« C'est parce que tu trouves ça malsain, peut-être ? D'embrasser préavis. Je suis forcément qu'un maigre chapardeur, celui qui cherche à te faire tourner en rond. Je ne suis pas un homme avec de nobles intentions, bien au contraire, parce que quand j'aime, je suis prêt à tout dévorer. Tu peux croire ce que tu veux quand à l'origine de mon baiser, je ne t'en tiendrais pas rigueur... Vu que moi-même, je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi mes lèvres se sont portées sur les tiennes. Ni même pourquoi il me semble avoir un peu trop apprécié ce dernier. Et encore moins pourquoi j'ai toujours envie de recommencer, ou même de l'envie terrifiante d'aller envahir ta peau de ma présence. Alors ne me demande pas des 'pourquoi', Kerry, parce que je n'en sais pas plus que toi. »

Profondément agacé. Son air n'allait pas avec sa petite déclaration maladroite. Bon sang Cherokee, tu n'es plus un gamin de dix-sept ans pour venir t'exprimer ainsi. Il réprime alors un râle, pour reculer d'un ou deux pas, posant ses doigts contre l'arrête de son propre nez pour venir le masser, dans la perspective de se détendre un peu. Les hauts et les bas ne lui réussissaient pas. L'albinos devenait irritable... Mais contre lui-même. Car cette contrariété n'était pas tournée vers l'objet de son intention. Le croupier ferme les yeux, puis les rouvre aussitôt pour soupirer, fatigué jusqu'à la moelle. Il murmura alors d'un ton très bas, se parlant tout seul

« Les choses auraient été plus faciles si tu me me haïssais, comme la plupart des gens. » Puis il se mit à renchérir aussitôt, commençant à se décaler pour pouvoir passer. « Je vais aller fumer, d'accord ? Tu n'as qu'a me suivre si tu veux, on verra pour ton écharpe dans le vestiaire. »

Puis il passa pour atteindre la porte, agrippant un peu trop fortement la poignée pour l'ouvrir, cherchant au passage à s'échapper de ce qu'il venait de lui dire publiquement.
Il avait fait l'idiot.
Et Il avait gaffé comme jamais.


feat Kerry
   
 

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Sam 31 Déc - 11:56




NAIVE, STILL
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Forcément, tu l'eus haï quelques jours auparavant. Il avait, après tout, été tout aussi détestable qu'aimable, et tu n'avais pu te résoudre à assumer le réconfort qu'avaient procurés ses gestes à ton égard. Sa peau glacée ne t'avaient guère dérangée, tout comme ses lèvres étrangères. Tu avais réclamé avant de rejeter, t'étais serrer avant de t'échapper. Tu en étais devenu dépendant en un rien de temps. La vérité ne t'était pas apparue immédiatement, et il avait visiblement fallu que tu le revois pour t'en rendre compte, que ton être bouge machinalement à la recherche de son confrère. Ce qui était incontrôlable était tout autant gênant, mais pas indésirable. Après tout, une fois haï, il t'était dorénavant plus simple d'apprécier, bien qu'appréhender d'aller jusqu'à aimer, sans pour autant nier d'adorer. Il aurait été agréable que tu trouves quelque chose de comparable, mais il est clair que tu n'as pas assez d'expériences pour cela. Si tu embrassais la voûte céleste, peut-être redécouvrirais-tu la même saveur; celle d'ailleurs.

Hélas, alors que certains évidences devraient crever les yeux, il n'en est rien. Qu'il est dur de se comprendre, de connaître les racines qui nous tourmentent. Pourtant, tu n'as fait que cela des jours durant. Tu as cherché à les appréhender sous toutes les coutures, jusqu'à vouloir les étouffer à tout jamais. Un cauchemar d'apparence bien trop réel pour que cela soit supportable, qui plus est un charmant. Si les explications nécessaires avaient été fournies avec vos échanges, cela aurait été bien plus clair. Or, il n'y a pas de notice pour ce genre de choses, ce qui t'avait poussé à oser demander la raison du pourquoi. Tu n'aurais peut-être pas dû. Lorsque ses mains quittent les tiennes, tu sais qu'il aurait mieux fallu que tu te taises, ne serait-ce que pour profiter du calme après la tempête. C'est trop tard. Il n'a même pas encore répondu que tu veux déjà t'excuser, que tu regrettes tes mots. Ce visage confus ne lui va pas – surtout lorsqu'il est aussi bien habillé. Car oui, Kerry, tu l'as peut-être oublié, mais vous êtes bel et bien en train d'avoir cette conversation sur son lieu de travail, alors qu'il est en service, bien qu'en pause. Il a toutes les raisons du monde pour ne plus te regarder, et tu n'en as aucune qui explique ce pincement au ventre, n'est-ce pas ? Tu te sens si misérable, à l'écouter raconter une de ces phrases que gardent les adultes pour leur enfant. Tu as presque l'impression qu'il te hait pour avoir osé poser une telle question. Tu en sépares tes mains de son visage avant qu'elles ne tremblent sur sa peau, et cette odieuse honte te donne l'impression d'étouffer, te forçant à ouvrir ton lourd manteau. Tu as le regard baissé, à ne pas oser le regarder.

Néanmoins, tu l'écoutes, lui qui, sans l'annoncer, répond à tes interrogations de manière bien plus personnelle. Cet aveu est l'une des claques les plus agréables de toute ta vie, Kerry. Certes, il eut un avant goût de douche froide, mais la suite de ses mots ne fait que lancer les battements de ton cœur dans une course insolite, apportant de nouveau une couleur pourpre à ton visage. Au fond, il est à l'air aussi perdu que toi, Cherokee. Il a l'air d'arriver à mettre les mots sur ce que tu ne comprends pas, bien qu'il se trompe vis-à-vis de ton opinion ces échanges que sont les votre. Ce n'est pas avec malsain que tu les aurais définis, mais avec quelque chose d'autre que tu n'arrives pas à trouver, un mot qui se refuse à ton esprit. Et si lui ne sait pas pourquoi il désire recommencer, tu connais peut-être la raison. Après tout, chaque baiser devient alors l'irréfutable preuve d'une indissociable dépendance. La découverte de ce nouveau territoire, de ce terrible plaisir, est quelque chose qui semble posséder ce que tes anciennes relations n'avaient pas : le désir, l'envie. Une passion incompréhensible qui alimente doutes et questions, le tout accentué par ses mots, terrifiant aveux que tu n'oses tenter d’interpréter. C'est à ne plus rien y comprendre, ce qui est probablement l'une des raisons du pourquoi, ni lui ni toi ne connaissez les origines de ces flammes qui brûlent le sens commun.

Tu as fait face à ta peur en relevant timidement la tête afin de décerner un signe. Lequel ? Tu n'en as pas la moindre idée – peut-être un qui te prouverait que tu n'as pas rêvé. Après tout, tu ne t'étais pas attendu à tout cela, déclaration on ne peut plus personnelle de la part de l'albinos. Il t'était impossible de revenir sur toutes ses paroles, bien que tu aurais aimé pouvoir le faire. Ses gestes refrènent peut-être un peu tes ardeurs. Il a l'air contrarié, un de ces visages que tu ne connais pas avec elle. C'est brisant, dans un sens, de savoir que c'est de ta faute, que tu es sûrement la raison de son état. Tu t'en veux, un peu. Tu en baisses juste les yeux, encore. Fais toi violence pour ne pas t'en vouloir jusqu'à en pleurer, Kerry, car tu te sens tellement coupable avec cette boule qui s'est formée dans ta gorge. Le poids de la culpabilité n'a jamais été aussi lourd qu'en ce moment même. Il t'enfermerait presque sur toi, chassant le brouhaha incessant, preuve que vous n'arrivez visiblement pas à parler de ce genre de choses en privé. Mais dans tout ce vacarme, ton esprit ne se focalise que sur une seule personne, en plus de toi. C'est comme un murmure, quelque chose que tu n'étais pas censé entendre et auquel il te manque tout d'abord des mots, avant que cela ne trouve un sens. Une fois de plus, c'est paradoxal. Tu as la gorge qui se dessèche un peu, puis se serre. Tu lui en veux. Tu t'en veux. Tu en veux aussi à « la plupart des gens ».
Et il est hors de question que tu le laisses s'enfuir après ça.

Tu t'en fiches bien, de s'il a été violent ou non en appuyant sur la poignet. Tu ne te questionnes même pas de savoir si tu as le droit de le suivre ou non. En fait, le monde pourrait être en train de brûler que tu serais encore occupé avec cette conversation. Alors, tu le suis à la trace, plus déterminé que jamais. Déterminé n'étant, néanmoins, pas le synonyme de courageux. Il va falloir que tu prennes sur toi, que tu mettes de côté le malaise que tu connais on ne peut mieux lorsque tu es en sa présence. Tu ne sais pas si tu en seras capable, seul face à lui, probablement à l'écart du reste du monde. Franchir cette porte, c'est un peu comme te condamner. Tu ne le sais que trop bien, pourtant, tu y vas. De toute façon, tu ne vois pas comment le laisser seul après ce qu'il a dit, après tout cela, pourrait arriver. Tout ce que tu veux, c'est mettre au clair cette situation intenable. C'est de savoir si tu aurais mieux fait de disparaître plutôt que de revenir. C'est de savoir s'il aurait été plus raisonnable de te brûler les lèvres plutôt que de recroiser les siennes. Si tu aurais mieux fait de le haïr, encore, plutôt que de ne pas savoir.

Tes lèvres, elles brûlent déjà, mais dans d'autres sens. Elles brûlent à te rappeler les siennes. Elles brûlent de questions qu'il a créé. Elles brûlent peut-être du froid que tu as du traverser, aussi. C'est sur les interrogations que tu préfères te concentrer, désormais que plus aucune oreille indiscrète n'est autour de vous. Tu te racles la gorge en te demandant par où commencer. La manière d'aborder le sujet n'est plus vraiment importante, vous n'êtes clairement plus à cela près. Bon sang, Kerry, avec d'autres cela aurait été si simple. Là, tu as tellement de mal que tu as l'impression de faire de la cardio juste en étant à côté de lui. Tu ne t'entends même pas penser. (((comment))) Une des immortelles questions. Comment en es-tu arrivé ici ? Comment en sortiras-tu ? Sûrement pas en un seul morceau. Tout est tellement plus simple lorsque cela rentre dans le cadre d'une relation, car tu sais de quoi il est question. En ce moment, tu ne fais que jouer avec l'inconnu, à te souvenirs sans cesse de son visage d'il y a quelques instants à peine, ainsi que de ses mots. Il s'agira probablement de quelque chose que tu ne pourras pas oublier, qui finira par te hanter comme ses horribles mots de votre dernière rencontre. Ces mots auxquels tu ne penses plus, à croire que les regrets de ce que tu lui avais dit ont disparus. Ils ne sont pas si importants que cela. Tu as d'autres préoccupations, bien plus tourmenteuses. Tu essaies de te dire que c'est maintenant ou jamais, qu'il faut que tu en profites derrière ses pas pour lui faire part de tes craintes. C'est de la faiblesse, cela, Kerry, car tu en profites en même temps pour ne pas voir son visage lorsqu'il entendra tes mots. C'est te voiler la face. Pourtant, tu le fais. Tu oses demander, de cette timide voix, une des questions que tu trouves tabou. Tu n'as parlé que d'un seul baiser, mais qu'en est-il des autres ? La curiosité est un bien vilain défaut, mais en cet instant tu la trouves excusable. Mais Kerry, dans un sens, il y a déjà répondu. Il t'a dit qu'il ne savait pas pourquoi il voulait recommencer, alors il ne sait probablement pas non plus pourquoi il a recommencé. De toute façon, tu es celui qui fut à l'origine de la majorité de vos échanges. Entre vous deux, c'est toi qui en a réclamé sans cesse, avant d'oser lui dire qu'il n'avait pas droit d’épancher ses besoins sur toi. Ironie, quand tu nous tiens. À croire que tu te fous de sa gueule.

Pas à un seul moment tu ne t'es moqué de lui, pourtant. Tu ne te moques jamais de ce genre de choses. Ce n'est pas un jeu, les embrassades. Tu le prendrais si mal d'apprendre que tu n'as vécu ces moments que pour rire, s'amuser. Mais ce n'est pas ce qu'il t'a dit, oh non. Et tu as envie de le croire que tu as cru en ses promesses. Tu ne sais pas si c'est raisonnable, mais tu en as juste envie. Peut-être même lui pardonnerais-tu, si tu apprenais qu'il s'agit de la raison de tout cela. Difficilement, mais sûrement. Néanmoins, ce n'est pas ce qui t'effraie, te rebute. Ce n'est pas le poids qui presse dans ta poitrine depuis des années déjà. La crainte qui ne pardonne pas, elle. Il faut bien que tu lui demandes, après tout. Il faut bien que tu tentes de le comprendre, cet inconnu. T'es-tu rendu compte que l'une de tes mains était venue attraper le dos de son vêtement ? Non, tu ne l'as même pas remarqué quand tu recommences de parler, le ton inquiet. Tu as un peu baissé ta voix, à croire que tu as peur que les murs n'entendent ce que tu prononces. Tu … tu ne fais pas ça juste à cause de cette connerie de respect que les gens ont pour … C'est de l'acide lexical qui te prend à la gorge avant même que tu ne l'ai dit. Cela s'entend à peine, à travers quelques pointes de dégoût qui teintent tes mots. … pour les humains « purs », hein ? Tu as un peu l'impression que tu viens de dire la pire des insultes, alors que tu sais que tu n'as pas été si amer que cela dans tes mots. Et pourtant, tu as osé lui demander s'il avait cela juste pour ça. Tes sentiments envers ta propre « race » ne sont vraiment pas roses, et tu es tiraillé entre l'envie de garder cela pour toi et celle qu'il comprenne. Que cela sonne comme une légitime peur plutôt que pour le mal être qui se cache derrière.
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Sam 7 Jan - 0:30
Pourquoi Cherokee était-il si idiot ?

Une nouvelle fois, l’effervescence s'éteignait dans ses entrailles pour lui laisser seulement un repos morbide. On lapidait son humanité pour la remplacer par cette même attitude toute faite, s'attelant à lui encombrer ses bras pâles par de lourds bagages dont il n'arrivait pas à se débarrasser. C'est de peu qu'il arrive presque à les voir s'ancrer dans sa peau s'il baisse son regard de cristal, incapable de fléchir ou bien de les jeter dans le vide en implorant le ciel pour qu'ils ne reviennent plus. Car c'est avec cet échange avec Kerry qu'il approche une nouvelle fois dangereusement la compréhension ; C'est en essayant que la douleur devient intense. C'est parce qu'il avait tenté de se délivrer de ses poids que l'étreinte autours de son cou se resserre, lui interdisant d’effectuer un pas devant l'autre pour atteindre cette foutue lumière qui pourtant, le nargue. A quelques millimètres ou à des lieux de là, peu importe. Ce n'est plus la distance qui compte désormais ; -il aura beau détourner le regard, lui faire dos, elle sera toujours là, à venir le tenter avec une sournoiserie sans pareille. Supplicié comme Tantale l'eut été, la cause de son châtiment est devenu trouble à force de tentatives désespérées. C'est bien, tu as fait de ton mieux, mais ce n'est pas assez. Ça ne sera jamais assez. La rédemption, c'est un concept trop méritant pour une crasse qui grouille dans l'ombre des autres. Plus il tire sur la corde qui l'entrave, plus il le nœud coulissant déchiquette les miettes restantes d'espoir. Elles pourrissent maintenant en lui comme telle une gangrène, pauvres morceaux oubliés dans le ravin de ses souvenirs, maltraités pour mieux être désirés. Morceaux d'étoiles ; clés de voûte n'ayant que pour seul effet de le maintenir sur ses deux jambes. La tête relevée vers le ciel, il n'est rien d'autre qu'un de ces pendu accroché à la branche d'un arbre, une bête dont on a rendu l’exécution publique pour donner le bon exemple. C'est dans son dernier souffle qu'il maudira les autres, hurlant qu'il n'a été que la victime et l'enfant qu'engendre la haine. Que ce n'est pas, et n'a jamais été sa faute. Cependant, cette torture, elle ne découle pas des autres comme il a pu le croire pendant longtemps. La torture c'est lui-même, c'est sa respiration désorganisée, ses sourires infâmes et ses cheveux décolorés. C'est sa tête, son existence, ses mots qui font l'effet d'un poignard rouillé.

Mais maintenant il n'y a plus personne à par toi. Toi et ton no man's land chaotique. Toi et ta conscience qui fait trop mal pour vociférer des appels à l'aide pendant que tu t'arrache les ongles à tenter d'enlever cette corde inexistante qui te fait tourner de l'oeil. Ta perte, c'est toi qui l'a planifiée.

Tu n'a rien de touchant Cherokee, crois-moi.

Peut-être jugeait-il que la position de martyr serait plus adéquate. Souffrir pour apporter la pitié, pour être aimé même si ce n'était pas à sa juste valeur. Ce n'était pourtant pas ce qu'il avait visé lorsqu'il avait murmuré ses mots. Ce n'était pas parce qu'il voulait que Kerry le plaigne qu'il avait exprimé son plus profond désarroi lorsqu'il passait du temps en sa compagnie. En fait, cette phrase, elle n'aurait jamais due être prononcée. Cherokee avait dépassé la frontière maladroitement et il était trop tard pour rattraper ses mots en disant que toute cette scène n'était que le synopsis d'une pièce romantique ratée. Et malgré cette honte éprouvée suite à ses paroles qu'il considérait comme profondément déplacées, le terrien persistait à y voir une vérité douloureuse. Celle qui l'obligeait pour la première fois à se plier face à des tourments dont il n'était plus le maître chanteur. Tout simplement parce que la limite entre haïr et aimer est faible... Non, parce que lui, était intensément déficient quand ils partageaient bien plus que de faibles caresses peau contre peau. Le désir afflue sous ses nerfs , incontrôlable force qui lui fracasse les os quand il parvient à dévorer les lèvres du plus jeune. Et il avait peur oui, peur parce qu'il savait qu'il ne s'agissait pas uniquement d'une phrase passionnelle et éphémère provoquée par la découverte d'un nouvel horizon. Ce n'était pas ce qu'il ressentait habituellement lorsqu'il venait à goûter ses conquêtes, ni même quand il flirtait avec des âmes de passage pendant les nuits mouvementées. Il avait bien sûr cette flamme au creux de l'être, celle qui remue et qui embaume l'esprit à ne plus réfléchir, mais rien n'était équivalant à ce qu'il pouvait éprouver alors que la petite menotte brûlante de Kerry s'enfermait dans la sienne. Et encore moins lorsque ses lèvres s'étaient posées contre sa paume, l'envie d'y loger ses dents pour estampiller sa peau de sa présence lui provoquant une drôle de fureur intestine. Ça le terrifiait.

Cette porte symbolisait l'ultime échappatoire à tout ce stress. Plus il s'éloignait, mieux ses épaules avachies supporteraient ce qui venait de se dérouler. Oh que non qu'il n'était pas prêt et Kerry l'était sûrement encore moins que lui. Probablement encore plus après les événements tumultueux de ce soir. Au delà d'une excuse toute bête pour trouver une sortie de secours, Cherokee pensait aussi que la nicotine était une très bonne solution pour calmer ses nerfs en pelote. Lui qui grillait de toute façon pratiquement un paquet par jour ne comptait plus les fois où sa drogue avait joué un rôle important quand il était l'heure de panser ses déboires émotionnels. La colère, la frustration latente, l'ennui, tout et surtout rien était un excellent prétexte pour dégainer son zippo argenté. Mais là, il savait que c'était un effort inutile ; Rien ne pourrait enlever ce qu'il venait d'avancer, ni la fumée grisâtre ni les mégots tombant au sol. Si seulement le présent pouvait se consumer aussi rapidement qu'une clope.

La dissonance cognitive est trop forte. Trop forte pour être domptée en lui mettant simplement un harnais. Sa route se coupa tandis qu'il sentait quelque chose contre son dos, une présence assez forte pour lui barrer la route le temps d'une respiration. Puis d'une deuxième et enfin une troisième. Kerry dégoupille une autre grenade pour la lancer de son côté sans le savoir, ses questions se teintant encore et toujours de la même innocence. Il fait sonner son droit ; Celui de savoir, de comprendre. Impossible de lui en vouloir. L'albinos se contente de ressasser sa dernière réponse en regardant droit devant lui, le visage cassé entre deux émotions. Il en profite puisqu'il ne peut pas le voir, c'est bien plus facile pour s'expliquer sans prendre de précautions. Sans jouer une mascarade déjà bien trop compliquée pour l'acteur fatigué qu'il était ; Il n'avait plus qu'a gérer le son et non plus les images. Ses masques auraient été absurdes, fragiles parures aux détails tremblants. Mais c'est au détour d'un caprice qu'il évite consciemment de prendre la parole, malgré ses lippes qui s'ouvrent et se ferment à plusieurs reprises comme s'il gobait l'air. Comme s'il voulait mieux respirer. Il arrivait en fin de course, et mauvais perdant, il n'arrivait pas à continuer le discours qu'on lui avait fourgué dans les pattes. Bon sang Kerry, c'est une blague. Avait-il envie de lui dire, la peau de ses avant-bras commençant à lui démanger sous la nervosité. A force d’interagir avec l'ours qui arpentait son âme, il était presque prêt à mugir des grognements bestiaux coincés dans les tréfonds de sa gorge. Et encore, le terrien ne fut pas au bout de ses peines, car le plus gros l'attendait. L'abominable question, celle qui allumait la mèche reliant son esprit et ses actes. Le terrien se gonfle presque, à un tel point où il n'est pas si loin de feindre un mouvement d'épaule pour se libérer des doigts qui le retiennent. Cependant, la dissonance se répète encore puisqu'il ne le fait pas, docile carnivore adorant beaucoup trop sa proie pour entretenir un rapport physique violent avec elle. Même sous l'énervement, Kerry avait encore le droit de venir frotter sa fourrure opalescente sans se prendre un coup de dent.

La réponse était si nette qu'il lui avait répondu juste après, sans prendre compte le fait qu'il ne lui avait peut-être pas tout dit. Son ton tranchait un peu sans le vouloir ;

« Non. Humain ou non, les choses restent inchangées. »

Entre temps, il avait pu réguler son ton agressif. Il eut comme le pressentiment que sa question était plus importante qu'elle en avait l'air, sous ses dessous curieux. Pour autant, il n'était pas le genre du terrien de s’intéresser aux différentes races peuplant l'île volante ; Et encore moins aux humains. Certes, ils étaient pratiquement inexistants sur la terre, mais au moins là-bas, ils étaient probablement traités comme tout les autres. Ce qui n'avait pas l'air d'être le cas ici. Etait-ce un problème pour Kerry ? Être vu différemment ? Même si ça signifiait être mieux lotis que ses confrères dans le cas présent ? Pour une fois, l'albinos n'en avait strictement aucune idée. Mais ça devait être important... Important pour qu'il vienne lui poser directement la question alors que le sujet n'était pas là. Un 'pourquoi' lui chauffe alors les lèvres, mais l'appel des vestiaires lui offrait un champs de vision bien plus large. Tout deux auraient le temps de discuter... Plus tard. Si seulement Kerry arrivait à tenir le coup jusqu'à là. Et si à côté, Cherokee arrivait à supporter ses propres contrariétés. C'est donc qu'il prit la tangente, bifurquant vers sa seconde option sans plus trop attendre. C'est à peine qu'il vérifia s'il le suivait.

« Hybrides, humains à don, cyborgs... Ces appellations sont présentes pour classifier la population. Elles ne font pas entièrement ce que tu es. » Il reprit la marche, toujours l'échine bien droite alors qu'il avait quitté le devant de la scène depuis quelques secondes. « ... Ta rareté ne s'arrête pas à la pureté de tes gênes. Les êtres vivants ont toujours beaucoup plus à offrir qu'une simple étiquette. »

Pour un homme qui percevait la beauté dans toute chose, tu n'éclaircissais pas beaucoup tes idées. Une fois devant son vestiaire où était logés ses affaires, il regarda une nouvelle fois le plus jeune pendant une fraction de seconde, le toisant de sa pupille anormale. Kerry était bien plus qu'un humain, bien plus qu'une convoitise tant adulée par la populace à cause d'un héritage dont il n'avait probablement jamais voulu. Et encore, Cherokee s'interdisait d'insister trop longuement sur le sujet, ne désirant pas déballer un paquet d'émotions alors qu'il n'y avait pas de raison à le faire. Encore, s'il connaissait la cause de son embarras, ils auraient pu travailler plus longuement dessus... Travailler dessus ? Il secoue légèrement son visage de gauche à droite, se châtiant pour s'attendrir devant une cause qui lui était étrangère. Il n'était pas un grand gourou à qui on se réfère pour soulager son chagrin. Et même si Kerry en valait peut-être la peine, il n'était sûrement pas le meilleur pour soigner ses blessures sans y insérer une pointe de malfaisance. Sa main ouvre alors le compartiment qui lui est dédié, louchant sur l'écharpe qui était légèrement roulée en boule contre ses affaires. Peut-être que Kerry l'avait vu ; Seul un gros distrait aurait pu la louper alors qu'elle était grossièrement exposée au premier rang.

Là se déployait ses nombreux choix. Lui rendre, le faire mijoter, le faire chanter. L'albinos tendait sa main tout au fond de son casier, ses doigts frôlant le si précieux tissu. Mais c'est seulement pour le contourner qu'il s'en approche de si près, attrapant sa veste qui était coincée derrière elle. Il arrive à l'extirper sans faire tomber le premier accessoire, se contentant de le repousser tout au fond de son autre main alors qu'il avait choppé le vêtement. Une fois dehors, il referma alors le casier sans plus de cérémonie, pivotant totalement du côté de l'étudiant pour lui faire face.
Il n'y avait jamais eut de choix.
Cherokee s'était déjà décidé à peine avait-il posé ses yeux sur lui tout à l'heure.
Son écharpe, il n'allait pas lui la rendre ce soir.

Par contre, il eut comme une autre idée en tête. Malgré le fait qu'il était déjà couvert, il avait restreint un de ses sourires taquins du bord des lèvres pour venir passer son manteau bleu autours de ses épaules, telle une cape qu'on remettait à un empereur romain. Étrangement, il eut encore ce plaisir malsain en le voyant porter l'un de ses vêtements, tout comme il avait eut un attrait particulier lorsqu'il s'était retrouvé avec la laine autours de son cou. Le terrien inspire, puis lance tout d'un coup, son regard délavé portant en son creux un éclat un peu plus vif. Il était bel et bien amusé.

« Un bien pour un bien. Mon manteau t'appartiens le temps que je te donne à nouveau ton écharpe. Ainsi habillé, tu ne risque plus d'avoir froid, n'est ce pas ? »

Ses doigts ne décrochaient pas de ses épaules, presque trop fier de son idée tordue. Son cœur pulse un peu, soudainement revigoré. Il accoutrait son chiot de ses affaires.
D'une partie de lui.

feat Kerry
   
 

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Sam 7 Jan - 2:00




NAIVE, STILL
feat. cherokee

Le principe d'un sujet tabou est généralement de l'éviter, de ne pas en parler, allant jusqu'à l'esquiver lorsque celui-ci apparaît soudainement dans une conversation. On ne te l'a peut-être jamais appris, ce principe là. Ne venais-tu pas, comme un idiot, de mettre toi-même ce dit sujet sur la table ? C'est à croire que tu aimes te faire mal, soit ce qu'on nomme le masochisme. Il faudrait être malade pour poser une telle question, si ce n'est sans gêne. Toi, tu ne corresponds à rien de cela, et en rien à cela. Elle est pourtant là, la question du malaise. Elle a rampé en dehors de tes lèvres, sans aucune innocence. Il y a cette peur qui rôde, celle qui l'accompagne, celle qui te fait attendre une réponse maudite. Cette dernière, elle est pire que la descente aux enfers, c'est la descente aux enfers sur terre. Ce sont les mots que l'on espère irréels, mais qui sonne, dans la bouche des autres, si vrais. Ceux tirés d'une crainte sans fondement, créée par une psychose d'enfant désormais adolescent, qu'on se persuade inexistante jusqu'à tant qu'elle frappe sans prévenir et qu'on ne puisse se détacher de ce douloureux souvenir. C'est tout ou rien. Soulagement ou tourment. Une question à double tranchant. Et toi, tel un imbécile, tu avais osé l'affubler à Cherokee.

Tu aurais très bien compris, s'il avait refusé d'y répondre. Tu n'aurais pu que te plier à son choix, incapable de forcer quoi que ce soit. Si certains l'ont déjà fait, tu ne vois pas de raisons qui l'en empêcherait. Bien sûr, tu aurais cessé tout ce surplus relationnel entre vous, ou tout du moins, tu aurais tenté d'y mettre fin. Sauf que ce n'est pas le cas. Il est surprenant, ce croupier. Malgré son ton presque blessant, il est rassurant. C'est sa fermeté qui sonne sincère, qui donne envie d'être crue. Alors, tu te laisses appâter et tu y oses y croire. Tu en fus tellement ravi, car il s'agit du bon mot, que tu faillis louper le tournant que pris le plus grand. Et il continue, de son infime expression vis-à-vis de sa vision des choses. Cela a assouvi tes questionnements, car le reste semble bien moins important – même ta précédente question. D'ailleurs, lorsqu'il tourna son visage vers toi, tu ne trouvas que juste de lui offrir un sourire. Un timide, dont les plus jeunes ont le secret. Tu ne sais pas quoi faire d'autre, de toute façon, car le remercier semblerait tellement étrange, bien qu'adapté. Un sourire, ça veut tout et rien dire; il pourra bien le prendre comme il le voudra, que ton geste fut quand bien même là.

Lorsqu'il ouvra son casier, tu attendis patiemment, persuadé qu'il en ressortirait ta tendre laine. Tu ne prêtas alors pas attention à grands choses, si ce n'est à son visage. C'est bel et bien la première fois que tu peux l'observer ainsi, à l'abri des regards. Tu te hasardes à te demander si d'ordinaire, il est ainsi. Il paraît irrémédiablement plus soigné que les autres jours. Si ce n'est mieux ? Tu n'en as pas la moindre idée. Cela n'enlève en riant ce petit malaise qu'il traîne avec lui, mais après tout, n'est-ce pas naturel de ressentir cela pour la personne que l'on embrasse sans réellement connaître ? Et que l'on embrasse consciemment, qui plus est. Néanmoins, à l'état d'aujourd'hui, tu ne pouvais pas nier qu'il dégageait un certain charme, de ceux qui sont généralement propres aux parieurs ou autres fanatiques maîtres des cartes et du hasard.

Tu en sursauterais presque lorsque la porte du compartiment se referme, que ton attention se concentre pour observer ton écharpe entre ses mains. Or, ce n'est guère ton écharpe. Tu en fronces les yeux, en lèves un sourcil. Est-ce bien sa veste que tu aperçois dans ses mains et qu'il approche de toi. Il n'y a pas de doute possible. Ton regard fait des allers-retours entre celle-ci et son visage, ce qui fait que tu ne manques clairement pas le début d'un des sourires de l'albinos. Ô, il a l'air bien amusé lorsqu'il te cape de celle-ci, comme si de rien n'était, et qu'il te sort une explication aussi bien compréhensible qu'illogique. Tu hésites entre rire et rester stoïque. Tu hésites vraiment. Tu hésites longuement. Tu n'as peut-être jamais autant hésité. Et puis finalement, les réactions se mélangent un peu. Tu as un rire qui s'échappe de ta gorge alors que tes bras passent autour de ta taille, comme si tu allais te tordre, bien que tu restes droit. Et, comme une évidence, tu prononces d'un ton présenté comme étant un mélange d'amusement et d'incrédulité. Mais … mais une veste ça ne se met pas autour du cou ! C'est une évidence même. Félicitations Kerry. Tu en ris encore, comme s'il s'agissait de la chose la plus amusante au monde. Il est tellement imprévisible, cet homme, que même tes réactions n'ont pas vraiment de sens. Peut-être est-ce les mots de plus tôt qui t'ont apaisés. Peut-être es-tu juste de bonne humeur car cela est au goût de ton humour. Tu ne chercheras pas vraiment à aller plus loin que cela. Et puis, il y a l'absurdité de mettre une veste sur un manteau, qui n'aide en rien. Cela t'arrache juste une petite larme de rire, avant que, d'un ton bien plus amusé, tu ne dises. Tu aurais du me déshabiller avant de me le mettre. Il ne serait pas mentir que de dire que tu ne te rends pas compte du sens de tes mots, ou tout du moins de toute leur portée. C'est le genre de phrase que tu aurais pu dire pour rire avec tes amis, en sachant pertinemment le double sens dedans, or, il n'est ici question que d'enlever ce lourd manteau pour y mettre le vêtement à la place.

Il y a ce moment où tu tournes un peu la tête, afin de tenter de calmer tes petits éclats de rire. Tu espères qu'il ne les a pas mal pris, et tu es même prêt à t'excuser si c'est le cas. Tu prends le temps d'inspirer longuement pour reprendre ton calme, mais tu perçois quelque chose qui titille ton odorat. Ce n'est pas un parfum inconnu, mais quelque chose que tu es persuadé d'avoir côtoyé de très près. Cela coupe tout rire, à croire que tu es désormais entièrement concentré sur ce petit quelque chose qui a attiré ton attention. C'est assez vite et logiquement que tu comprends que la source de ceci est la veste, et une chose après l'autre, tu finis par reconnaître l'odeur du tabac que tu avais fréquenté il y a quelques jours, quand ton nez s'était retrouvé contre la nuque de Cherokee, dans un moment que tu avais cru d'une intimité extrême, bien qu'aux yeux de tous, soit disant passant. Tu fermes les yeux pour essayer d'aspirer plus précisément cette odeur, bien que tu ne colles pas tes narines contre le tissu, toujours tenu sur tes épaules par ces mains que tu sais froides. Elle n'est pas désagréable, cette odeur, mais uniquement pour les souvenirs qu'elle ravive en toi. En réalité, tu la sais horrible à en tousser. Pourtant, il y a quelque chose dans cette synesthésie que tu ne peux pas rendre disgracieux. Ton sourire en coin est un indice visible aux yeux de tous. Tu rouvres les yeux tout en les posant de nouveau sur le visage de cet homme dont tu commences à connaître les traits à la perfection. (((juste un instant))) Un de ces moments qui semble dompter le temps, qui te permet de réfléchir à beaucoup trop de choses en quelques minutes, trop pour que cela soit vraiment possible. Pourtant, à travers ces flashs d'idées, il y en a une que tu ne connais que trop bien. Quand es-tu devenu si faible pour le contact des autres ? Tu l'as toujours été, mais sans pour autant chercher cette intimité que tu désires ici. (((alors)))
Alors –

Tes mains passent contre sa nuque pour mieux se poser derrière celle-ci. C'est toujours le même contraste que tu ressens lorsque vos peaux se rencontrent directement, celui qui t'arrache quelques frissons tout aussi désagréables qu'appréciables, semblables à une brûlure glaciale. À cet instant, c'est déjà trop tard. Tu pourrais te persuader que tu peux encore faire marche arrière, mais il s'agirait d'un terrible mensonge. Il est déjà passé, le point de non-retour, et depuis bien longtemps. Tu attires son visage vers le tien alors que ton corps tourne légèrement pour s'appuyer contre les différents casiers. Pertinemment, tu sais ce que tu t'apprêtes à faire. Vos lèvres se rencontrent encore, preuve de cette mauvaise habitude prise. Mais, plongé dans son odeur, tu te laisses emporter. Tu ne l'avais pas prévu, ça, que tu quémandes l'entrée à sa bouche, que tu approfondisses ainsi l'échange. La plus étrange surprise de ta soirée, sans doute. C'est comme si tout ton corps se tendait et se relaxait au même moment. La respiration se perd, ou tout du moins est-ce ton impression. La vérité, c'est qu'elle est déréglée, bien moins efficace en s'échappant de tes narines sans que tu ne t'en rendes compte. Tu es bien trop occupé à découvrir ce qui t'est offert, à goûter l'amer odeur de la nicotine. Tu ne savais même pas que c'était possible, de dévorer un parfum, pourtant tu le fait avec un plaisir passionnel. Il y a même ce bruit dont tu ne te savais pas capable, celui qui s'échappe de ta gorge, comme brûlé par la chaleur qui irradie de toi. Tu as perdu toutes les notions du monde. Tu ne te rends peut-être même pas compte que certains de tes ongles se sont enfoncés dans sa peau avec l'espoir que cela aide. Aide à assouvir ces choses inconnues qui se dévoile pas à pas, à sceller vos visages de plus près. Il n'est peut-être même pas possible de réduire encore l'écart, mais tu n'en as pas la moindre idée. C'est la première fois que tu embrasses comme cela. Jusqu'à alors, il n'était question que de discrets effleurements, dignes de ceux d'enfants. Pourtant, te voilà franchissant par toi-même l'étape, de manière probablement bien maladroite. Tu vis l'instant présent. Ce n'est peut-être pas une bonne idée, mais c'est un bon geste. Il y a cette sensation que ton cœur va s'échapper à tout instant, tellement il bat fort, et que tes jambes ne te supporteront peut-être plus pour longtemps. Mais surtout, c'est le fait d'être aussi intime, durant cet infini moment, qui te gêne. Pas dans le mauvais sens, ô non, mais cette nouveauté est inhabituelle. Pourtant, ça te passe par dessus le tête; ce n'est qu'un détail. Il est préférable d'apprendre les mouvements de cette chaleureuse danse plutôt que de réfléchir. Alors, tu te laisses suffoquer sous sa présence. Tu profites jusqu'à en étouffer. Et, même quand ton souffle devient presque inexistant, tu tentes de tenir, de survivre, comme si ce tango pouvait remplacer l'air. Mais finalement, tu craques et tu te sépares douloureusement de ses lèvres, la respiration aussi lourde qu'après une longue course, si ce n'est plus.

Lorsque tu rouvres les yeux, car tu les avais bel et bien fermés instinctivement, ils sont plus vitreux que vivants. Et tu trembles, trembles tellement. Pas de panique, mais d'émotions. Tu viens peut-être de commettre la pire erreur de ta vie, Kerry, mais tu sembles n'en avoir que faire. (((exalté))) Ta respiration s'en remet à peine, mais ton esprit n'y arrive pas. Tes mains sont toujours accrochées à lui, comme pour le retenir de partir, de s'enfuir. Tu as fait bien plus que de l'embrasser sans prévenir. Tu ne sais même pas comment on pourrait nommer cela, et il n'est même pas certain que tu aimerais le savoir. Pourtant, tu sais on ne peut mieux que cela n'avait rien avoir avec vos premiers échanges. Cela te retourne même l'estomac, te noue une sévère boule au ventre. Tu as peut-être dépassé les bornes. Tu es peut-être allé trop loin dans ce que votre relation t'autorisait. Tu n'en as pas la moindre idée. Tu n'en as pas la moindre idée et tu serais inéluctablement prêt à recommencer. Néanmoins, tu ne te jettes pas de nouveau contre ses lèvres. Tu ne bouges pas, comme si le moindre petit mouvement pourrait détruire l'image et les souvenirs de ce qu'il vient de se passer. Alors non, tu ne bouges pas un seul instant. Tu fais bien pire que cela; à croire que tu ne sais pas quand te taire. Tu parles, Kerry, tu oses. C'est un murmure bien trop bruyant dans ce silence. Il s'échappe de tes lèvres probablement rougies, inhabituellement rougies par la savoureuse rencontre. Pourtant, ce murmure, tu te demandes si tu n'aurais pas du le dire encore plus bas, s'il n'aurait mieux pas fallu le garder pour toi. Tu as l'impression qu'il te met à nu, symbole d'abandon de toutes formes de résistance. … C'était mauvais ? Et tu ne sais quelle réponse espérer.
Tu ne sais même pas ce que cela signifie.
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Terrien
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Sam 21 Jan - 5:46
Il lui lançait un sourire. Un de ces sourires qu'il ne comprend pas. Cherokee n'arrive pas à l'interpréter autrement que par de la condescendance, par un de ces rictus qu'on affiche avec un air un peu gêné quand on ne veut pas vexer son prochain. Il avait tenté le réconfort, mais ses mots n'avaient pas pu l'atteindre, ricochant contre la surface d'un lac fait de pierres et de larmes. Il était trop maladroit quand il se voulait honnête. Trop pataud quand il désirait exprimer le flux naturel de sa pensée. Terrifié quand il réalisait qu'il pouvait avoir un discours bienséant. Il avait l'impression d'être projeté dans un univers trop grand pour lui, lui, enfant qui avait toujours été habitué à grandir dans un carcan étroit. L'albinos ne semble pas réagir en conséquence, ses yeux se perdant contre l'acier de son casier alors qu'il a encore le souvenir de ses jolies lèvres étirées dans un soupir timide. Plus Cherokee le revoit, plus il sent une partie de lui-même s'insurger contre l'autre, révolté car il n'arrive pas à suivre le script qu'il s'était pourtant promis de respecter corps et âme. Couché à plat ventre dans son trou, il attend alors la mort ; Celle qui ne tue pas, mais celle qui tord, celle qui fracasse, celle qui rend fou. Il peut la sentir, la fracture.
Sa limite. Elle n'est plus si indolore qu'avant.

Son sourire ne peut pas servir de remerciement. Rien qu'en pensant qu'on puisse lui être redevable, Cherokee sent indéniablement la bile agacer les parois de son estomac. Il est poison et non salvateur. Il ne se souvient même plus depuis quand on a pu le remercier autrement que pour ses services frauduleux. Peut-être parce que sa présence est plus un calvaire qu'un bienfait pour ce petit monde qui gravite autour de lui. C'est ce qu'il ose croire, coincé dans ses désillusions. Le plus âgé se contente finalement de souffler un peu plus fort par les narines, coupant court à toutes ces ondes statiques qui parasite son esprit dévasté. S'il ne trouvait pas réponse, il n'avait pas à se risquer à s'enfoncer trop loin dans ses observations. Il savait sa curiosité dévorante, mais savait aussi qu'il était important pour lui de se mettre volontairement un frein quand il conversait avec Kerry. Il provoquant tant de choses en lui que les frontières avaient délibérément cédé le passage à toutes ses envies, bonnes ou incontrôlables. Non, monstrueuses. Alors moins il s'intéressait, plus il préservait encore ce petit rapport de distance qui rôdait entre eux. Et encore plus; Il préservait sa persistante résolution à n'être seulement que le maître d'un petit chien abandonné.

Rien ne colle. Une fois le manteau installé sur ses épaules, Kerry se met à rire comme jamais. Et Cherokee n'enlève toujours pas ses mains, trop bien logées encore une fois. C'est à ce moment là que le visage du terrien se crispe une fraction de seconde, avant de se laisser voguer dans le flot de sa voix. Et dieu qu'il l'aime presque trop, ce son qui résonne contre les murs des vestiaires. Pas au point de s'en vouloir cruellement pour les larmes qu'il a pu lui faire verser, mais à la limite d'afficher à son tour un sourire qui hésiterait à le rejoindre dans ses éclats de joie. Il ressemble au soleil après la pluie, au son que fait le vent lorsqu'il perce entre les feuilles des arbres. A toutes ces bonnes choses qu'il n'avait pu jamais goûter, qu'il dévorait uniquement d'un œil avide. A la pomme longtemps désiré, qui appelait à se faire mordre, vile tentatrice perchée dans les hauteurs. Et pourtant encore, ça ne colle pas. L'étudiant passe si aisément d'un pôle à l'autre qu'il fait chavirer son pauvre cœur détrempé par l'acide. Kerry, tu ne colle pas. Cherokee ne fait que de plisser les yeux en reprenant l'analyse de son visage, mauvais perdant au jeu des émotions. Il avait parié et avait perdu la main à partir du moment où il s'était pointé devant lui en pleurant nerveusement. Il se demandait même encore ce qui lui avait bien pu lui passer par la tête, et aurait pu tout aussi bien réitéré la question mystérieuse qu'il lui avait autrefois demandé.

Kerry, pourquoi tu es venu ?
Ce n'est pas seulement pour ton écharpe.
Et si ce n'est pas pour avoir consciemment mal, je ne comprends pas pourquoi tu es ici.
Je ne comprends pas.

C'est ainsi que le terrien vient à se questionner à son tour ; Etait-ce seulement utile de venir brasser toutes ces questions ? Sans trop s'avancer, il pouvait admettre que le plus jeune n'aurait lui aussi aucune réponse à lui donner. L'albinos se contente uniquement de le regarder avec une stupeur presque imperceptible, si ce n'est ses doigts qui se crispent davantage pour le serrer un peu plus fort au niveau des épaules. Cherokee joue le faux détendu... Tout du moins, il tente de se recomposer grossièrement car il a l'impression de perdre petit à petit la face. Ça le dépasse; Sa joie était à la limite d'être contagieuse. Il se permet donc un petit sourire un peu en biais en le laissant parler, préférant adopter une stratégie beaucoup plus simple. Celle qui consiste à atténuer sa répartie, envisager une suite plus propice. Néanmoins c'est ce qu'il escomptait, car pour le moment il s'enflamme juste à sa remarque trop naïve pour être vraie. Tu aurais du me déshabiller ? Cherokee trouve ça presque trop facile, se mord la langue pour éviter une réponse à chaud. Son esprit tordu gronde sévèrement sans aucune honte, pendant qu'un frisson lui chatouille sa nuque découverte. Heureusement que rien ni personne ne pouvait lire ce à quoi il pensait en ce moment même. C'était tant mieux d'ailleurs... N'importe qui en aurait été horrifié.

Son sourire se grave dans l'immobilité quelques secondes de plus. De trop. Le pire aurait été qu'il affiche un rictus puant l’ambiguïté à ce pauvre Kerry. Sa perception des choses avait été si atroce, si intime, qu'elle n'avait forcément rien à faire entre deux inconnus. Cherokee se met donc à fermer à son tour les yeux, profitant du fait que son interlocuteur en fasse de même de son côté. Il chasse rapidement la brève allusion de son esprit, préparé aussi à enfin décrocher ses doigts de ses omoplates pour le libérer de son emprise. Ce qu'il ne remarque pas, c'est probablement le temps qu'il met à ôter son corps du sien. Ce qu'il ne sent pas venir, c'est la douceur de ses lèvres contre les siennes, ni même le mouvement fluide qui les fait se rapprocher. Le jeune homme aspire si rapidement l'air que sa gorge siffle légèrement, la surprise lui paraissait si agréable qu'il garde les yeux clos un peu plus longtemps encore. Cette fois-ci c'est la peau de ses joues qui se réchauffent un peu. Et pour autant, il ne se retrouve pas à rougir comme un jeunot effaré, prisonnier de ses premiers émois. Cherokee arrivait à sentir son épiderme se tiédir, comme si le contact chaleureux de son compagnon s’étendait jusqu'à lui. C'est ainsi que dans un flash, Kerry allume de nouveau un flambeau dans le creux de son ventre, lui faisant naître tout un feu de bangal dont seul lui est le maître. C'est presque trop naturel, trop instinctif pour qu'il n'aille pas le repousser un peu plus contre le casier derrière pour bloquer son corps contre le sien. Il veut le sentir, le toucher, le goûter. Reprendre en main cette envie de fusion qui l'avait déjà frappé quelques jours plus tôt. Son envie n'est plus si malsaine ; - Juste évidente. Il a besoin de respirer son air, de brûler à son contact, de plonger tête baissée dans ce qui lui offrait. La passion. Le plaisir tactile. Ses lèvres s'ouvrent doucement pour accueillir un échange beaucoup plus langoureux sans qu'il ne le quémande plus longtemps, suivant le ballet en prenant de temps à autre les rennes sans les empoigner d'autorité. Son esprit se cogne contre un plafond trop bas ; Le terrien n'arrive plus à réfléchir, ses sens sont en alertes, imprégnés par son doux partenaire. Ce moment là non plus, il ne veut pas l'oublier. Jamais.

C'est dans cet échange que toutes ses questions se taisent. Les mains froides du plus âgé se faufilent plus haut sans chercher à le toucher, encadrant tout simplement le visage de Kerry avec ses avant-bras pour s'appuyer contre la surface derrière lui. Il se demande s'il serait capable de se retenir plus longtemps si ses mains venaient à rencontrer une énième fois sa peau, alors il évite un quelconque rapprochement trop direct. Dans cette position, il est si facile de déraper. Sa respiration commence à se tarifier, tout autant que celle de son intime camarade qu'il voyait plus comme un amant à l'heure actuelle. Pas de ceux que l'on consomme trop vite, mais de ceux qui se gagnent et valent le coup d'aimer. D'aimer sa chair ou d'aimer tout court, que ce soit par la passion ou par la tendresse. Ceux à qui on promet tout, seulement pour un sourire ou un regard énamouré. Cependant Cherokee n'en sait trop rien ; Sa seule préoccupation est de savoir pendant combien de temps il pouvait encore accaparer ses lèvres. Quelques secondes ? Une éternité ? Il est si prêt, si collé qu'il arrive à sentir son petit corps se mettre à trembler contre le sien. Sans le savoir, ses sens se ravivent un peu plus, faisant immerger son côté prédateur. Ce qui rend la séparation un peu plus tranchante, si ce n'est presque douloureuse. Cherokee arrive à un point où il ne se délecte plus seulement de ses minois empourprés de rouge. Il est déjà bien trop tard et Kerry lui a déjà beaucoup trop donné.

Ce n'était pas mauvais. L'albinos se mord les lèvres même si son souffle était toujours momentanément indisponible, cassé par ce baiser trop long mais si savoureux. Il se mord, car qu'il s'empêche de faire tout et n'importe quoi, car pour une fois, sa peau n'est plus si froide que d'habitude. La glace s'est mise à fondre lentement, juste pour un moment. La réponse lui était tellement évidente qu'il ne chercha pas tout de suite à y répondre, s'empressant par contre de joindre une seconde fois ses lèvres à sa peau, s'attaquant premièrement à l'une de ses pommettes bien rose, juste en dessous du coin de son œil. Exalté, ses envies lui hurlait d'aller lui reprendre un autre baiser fougueux. Ne cédant nullement à ses caprices, il essaya tout simplement de les faire taire en venant taquiner son visage avec ses lippes. Sans succès, hélas, car une fois son baiser symboliquement terminé, il fit glisser que trop rapidement son visage vers le creux de son cou pour d'autres raisons beaucoup moins chastes.

Incapable de le faire sien comme il l'aurait désiré, il eut l'envie d'épancher sa faim d'une toute autre manière. Tant et si bien qu'il se retrouva à effleurer la base de son cou d'un souffle plus chaud, inspirant et expirant encore et toujours cette même odeur qui le met dans un état second. C'est en peu de temps qu'il colle encore une fois ses lèvres, venant aspirer tout en douceur cette peau à la finition impeccable . Elle est du même goût que ses baisers, et ça suffit à accentuer son geste, l'une de ses mains descendant enfin pour dégager un peu le potentiel col qui pourrait barrer son geste. Il le veut tout à lui, le veut jusqu'à la moelle. Sa succion fini par s'arrêter, fatalement, même si son marquage s'annonce d'or et déjà bien trop visible. S'il avait eut pleinement sa conscience entre ses mains, Cherokee aurait été fier de lui ; Il avait réussit à afficher son territoire à l'aide d'un étendard très significatif, incrusté à même la chair. Mais ce n'était pas le cas. Il n'était ni fier, ni spécialement content. L'albinos vivait juste dans le moment présent, dans ce moment où il se damnerait pour avoir un peu plus chaque seconde passée. Il réagissait de façon tout à fait primaire, réduit à des réactions primaires, aguiché. Ne se défaisant toujours pas de ce cou, sa bouche s'avançait pour finir juste en dessus de son oreille, le bout de ses doigts venant frôler un morceau de sa clavicule quelque peu dénudée vu qu'il avait précédemment tiré sur son col. Et s'il reprends parole, c'est juste pour lui murmurer son prénom au creux de de son oreille, désireux cette fois-ci d'autre chose, plus que d'un simple rapport charnel.
Il veut son attention. Peut-être même son affection. Il l'appelle, fait même sentir qu'il a besoin de lui.

Se permettant de rester quelques secondes de plus aussi près, Cherokee sent son corps entier se transformer en un feu très doux, jusqu'au point où ses articulations se mettent à piquer. Il croit même se sentir bien, et ça lui fait étrange, parce que ça ne lui avait pas été arrivé depuis des années. Son cœur est léger, ses épaules elles, soulagées. Il a bien sûr toujours cette envie de se l'approprier, mais elle est aussi accompagnée par cette envie de le serrer très fortement dans ses bras jusqu'à ne plus jamais le lâcher. Par cette douceur inespérée, trop attendue. Son visage se remet lentement en face du sien et il ose, ose frôler affectueusement son nez contre le sien comme lui l'avait fait la première fois qu'ils s'étaient collés.
Et enfin c'est qu'il se met à sourire.
Sourire franchement, sans hésitation,
Presque rêveur.

feat Kerry
   
 

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Humain
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Mar 24 Jan - 18:16




NAIVE, STILL
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On aura beau le répéter, cela ne cessera jamais d'être vrai : il n'y a pas de logique dans vos échanges. Aucune. Il n'y a pas de raison que tu t'accroches ainsi, que tu reviennes sans cesse. Il n'y a pas de raison aux répétitives rencontres de vos lèvres, de vos corps. Il n'y en aura peut-être jamais. Pourtant, tout cela a lieu. Encore et en corps. Et tu en redemandes encore. C'est impensable, mais bel et bien vivable. Tu aimes les rencontrer, ces moments d'un instant. Il serait mentir que de le nier. Tu les réclames, soit disant innocemment, mais ce n'est pas lui qui n'a cessé de quémander ce contact ce soir. Ces lèvres. Ses lèvres. Les avoir goûter ne te permet pas d'arrêter de les désirer. Tu les aimes quand elles sont tiennes, contre les tiennes. Ce n'est peut-être pas sain, pas bien. Tu n'en as que faire. C'est juste essentiel. Tu as l'impression d'embrasser le ciel, car c'est le même genre de passion qui t'habite lorsque tu observes ce dernier. C'est tout sauf désagréable. Ce sont des êtres qui se trouvent dans l'infini. Deux atomes qui s'accrochent à l'échelle d'un rien. Et vous vous êtes accrochés, sans chercher à le cacher. Si tu sens que son corps écrase le tien, tu n'en dis rien. Il pourrait presser plus fort que tu ne désirerais pas te séparer de lui dans un tel moment, un tel instant. C'est peut-être le manque d'oxygène qui te fait perdre la tête, mais dans cette position, si celle-ci tombe, il serait parfaitement capable de la rattraper; façon de parler. Après tout, il est plus qu'évident qu'il te rend fou, cela expliquerait tout. Les sourires, les baisers, le ventre qui se tord et ton corps entièrement réveillé. Mais là n'est pas la question ce soir. Cela était censé être l'écharpe. Tu lui as demandé, d'ailleurs, et observes donc où cela t'a mené. Il peut très bien la garder – il est tout pardonner. De plus, tu as déjà oublié ta laine.

Tu es observes plutôt que de penser. Tu le vois qui se mord les lèvres, la respiration brisée. Tu le vois se rapprocher de nouveau de ton visage, et tu ta poitrine gonfle à l'idée d'une nouvelle rencontre. À la place, tu sens juste ce froid contre ta joue. Tu frissonnes. Ta respiration se bloque à nouveau dans tes poumons, abasourdi. Elle est là, la douceur de vos premiers émois. Celle que tu lui as avoué aimer, avant de te retrouver à le fuir. Celle qui t'a hanté de ses souvenirs. Alors, tu le laisses faire, la raison éradiquée. Quelqu'un pourrait très bien rentrer que tu ne bougerais pas, ne serait-ce que d'un pouce, de peur de détruire la bulle dans laquelle vous semblez flotter. Dans cet espace qui n'appartient qu'à vous. Là où son visage glisse contre ta peau, jusqu'à la base de ta nuque. Là où, inconsciemment tu sais ce qui risque de passer. Tu aurais toutes les raisons du monde pour le repousser, pour installer un écart entre vous. Pourtant, ce n'est pas ce qui se passe. Par réflexe, tu te retrouves à rejeter ta tête en arrière, lui donnant un meilleur accès pour ce qui semble l'intéresser. Tu ne t'attends même pas former cet étrange son dans ta gorge, celui qui s'échappe sans que tu n'ai rien demandé. Il y a tes mains, celles qui s'étaient désespérément entichées de sa nuque, qui descendent un peu contre son dos, qui tentent de s'enfoncer dans sa chaire malgré les vêtements, et qui finalement se rendent, et se reposent juste alors que ses lèvres te brûlent. Tu sais de quoi il s'agit. Tu sais ce qu'il est en train d'apposer sur ta chair et tu ne fais rien contre. Tu es trop occupé à te battre avec ta propre respiration, qui se bloque sans cesse à cause de cette étrange sensation sur ta peau. Il n'y a rien à redire : c'est la chose la plus intime que tu ai échangé avec un autre. Et lorsque ses lèvres bougent enfin, sans se décrocher de toi, ce serait le moment parfait de le repousser. Tu ne t'y résous pas. Son souffle s'abat sur toi, et quelques uns de ses doigts te frôlent, calment tes ardeurs. Et puis, il y a ton nom. Ton nom entre ses lèvres, qui s'évaporent dans l'infini qui vous sépare de si près, qui vous sépare d'un rien.

(((kerry)))

Il y a son nez contre le tien. Bien plus que doux, c'est délicat. De ce que vous avez échangé, c'est de loin ce que tu préfères. Ce chaste contact que tu rends timidement. Son sourire qui, après tout ce temps, apparaît enfin. C'est un arrache cœur. Un adorable arrache cœur. De ceux qui font mal à force d'éblouir. De ceux que l'on ne peut pas oublier. Mais lui, c'est si celui qui t'arrache un sourire avec. Un discret. Un simple. Un de ceux que tu ne montres quasiment jamais. Tu murmures doucement son prénom, ou tout deux moins ses deux derniers phonèmes. Ton visage frotte toujours contre le sien, et tu ne sais pas quand tu seras capable de te séparer de cette proximité. De celle qui nous tourne pas rond, de l’insensé désir de, plus que d'être à ses côtés, le respirer. Alors, tu redis ce mot, ton ancre. Tu le redis avec l'espoir de pouvoir en inspirer son sens, de te délecter de ce qu'il te permet d'avoir. Ton front s'appose au sien, et bien que ce contact pourrait être dangereusement froid, cela ne te dérange pas. Tu restes là, sourire aux babines. De ton souffle chaud, tu inspires à même sa peau. Tu n'as peut-être jamais été aussi apaisé. Au diable ses règles de société, ces stupides raisons d'apprécier un autre à en vouloir être désespérément proche. Vous n'en avez respectez aucune, et t'en rendre compte d'arracher un de ses fins rires qui s'échappe à peine de ta gorge. Avec tout cela, Kerry, vous pourriez déjà vous aimer. Avec cet échange là, vous pourriez être plus près. Avec cela, avec cela. Avec cela et rien d'autre. Avec ça, je crois qu'on devrait définitivement se fixer un rencard … Tu l'as dit. Tu ne l'as pas hurlé, ni même murmuré. Tu l'as juste dit, d'une manière peut-être trop légère, peut-être de façon trop détendue. Mais tu l'as fait. Tu as osé sous-entendre l'idée d'un rendez-vous, entre vous, alors qu'il y a quelques jours encore, tu avais osé le laisser sur place, après une crise publique. Tu lui as proposé et si ton cœur se serre, ce n'est pas à cause des souvenirs de l'autre jour, mais de peur qu'il te rit au nez. N'est-il pas, après tout, imprévisible ? Tu as bien cru comprendre que si, et c'est peut-être avec l'espoir d'atténuer sa possible réaction que tu cesses les caresses de vos nez, afin de déposer légèrement tes lèvres sur le bout de son nez. Les flammes se sont radoucies, calmant tes envies de retourner contre ses lèvres, entre elles, pour des désirs bien plus chastes. Tu remontes tes mains, qui n'arrêtent visiblement jamais de bouger contre son corps, afin que celles-ci entourent son visage, et frottent de nouveaux ses joues, alors que tes lèvres déposent d'autres timides baisers.


[hrp; j'ai suivi tes conseils et j'ai fait plus court, parce que je ne voulais pas te faire attendre plus longtemps *tousse*]
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Sam 4 Fév - 13:19
La gorge brûlante, les nerfs à vif, l'envie malsaine de le posséder s'effilait de plus en plus pour se propager dans l'ensemble de son corps. Kerry n'était pas qu'un visage, ni même qu'une simple enveloppe charnelle aguicheuse. Il était un tout. Un tout qui lui plaisait considérablement.
Dangereusement.

Il sent le chaos autours de lui mais ne tente pas de nier.
Il ne nie pas l'étrange désaccord entre ses actes et ses mots.
Il ne nie plus l'attraction qui le pousse, le jette,
à chercher ses lèvres contre les siennes,
à promener son corps contre le sien.

Que risquait-il avec ses désires égoïstes ? Le perdre ? Le faire fuir ? Finirait-il par le détester ? Cherokee est encore capable de revoir cette fois où, la rage au cœur, il l'avait prit la fuite. Cette fois où il avait offert des adieux digne de l'enfoiré qu'il avait été, là où il avait eut raison de lui tourner le dos. Aime moi, mais méprise moi. Cette scène, il sait qu'il va la revoir bientôt. Et cette fois-ci, ça sera la dernière. Trop tôt pour pour l'aimer, trop tard pour le pardonner. Le terrien se sent presque dans l'obligation de se remémorer ces moments plus intenses que bons, de se rappeler à quel point la relation qu'ils entretenaient était fragile. Et même s'il se trouvait présentement dans un simili nirvana, il n'oubliait pas l'immense épée de Damoclès qui pointait tout droit au dessus de son crâne, prête à le trancher en deux au moindre faux pas. Au moindre geste inapproprié, au moindre mot dégoulinant de sarcasme. Embrasse moi et gifle moi. Est-ce que cette règle paradoxale était toujours en vigueur ? Celle où il devait autant le haïr que l’idolâtrer ? L'albinos ne sait pas, ou plutôt, ne sait plus. Peut-être même ne cherche plus à savoir depuis ce soir. Il s'est trop longtemps perdu contre sa chaleur bienfaisante pour garder en son sein cette pointe de haine qu'il entretient allègrement depuis toujours. L’immortelle neige fond pour laisser enfin place au printemps, libérant ce bonheur trop longtemps soumis à l'ère glacière. Piégé sous la roche, assommé par un passé étouffant, maltraité par ses nombreuses sautes d'humeur.  Sa rédemption était là, à lui tendre les bras. Et pour une fois, rien que pour une fois, Cherokee désirait écarter le doute, celui qui d'habitude le fait tant frémir qu'il en perd les pédales.

Il trouve de nouveau cette douceur avec laquelle il avait déjà valsé. Une danse qui s'était finie lamentablement, avortée entre deux rires et des reproches. Son nez contre le sien, son souffle s'évaporant contre ses lèvres. Lèvres qui continuaient à représenter l'emblème du désir, cette source d'envie aux airs d'insouciance. Ce n'est plus ce caprice de le dévorer tout entier qui le tourmente, mais plus la passion des premiers amours, ceux qui sont capable d'apporter la cécité. Expérience qui ne l'a jamais frôlé, même lors de ses premières relations charnelles ou émotionnellement plus intenses.  C'était même à se demander si sa caboche désarticulée avait été capable d'aimer ; Il n'était que l'auteur d'étreintes sans intérêts ou le receveur de baisers volés, sans jamais être apte à faire les premiers pas de son côté. Jamais un soupçon de tendresse, jamais de mains prises ou de caresses affectueuses pour ses partenaires. Jamais rien de trop. Ces dernières venaient parfois juste par dépit, uniquement quand il y avait des réclamations houleuses. Rien d'étonnant à ce qu'on vienne mettre un terme à  ces choses avec lui. C'était d'ailleurs toujours avec une drôle d'arrière-pensée qui les laissait toujours s'enfuir, ne les retenant jamais à coup de discours mélodramatique. Au final, ça ne pouvait que l'arranger ; Lui-même était persuadé qu'il ne s'agissait là que de passe-temps que lui offrait l'île volante pendant sa courte visite. De quoi combler ses nuits solitaires.

Tout s'illuminait quand il se mit à lui sourire une nouvelle fois. C'était tout comme si il l'appelait sans l'appeler, comme si il continuait à le réclamer sans pour autant décocher un mot de plus. A force d'échanges passionnés, Cherokee commençait à croire que toute cette dépendance était réciproque, que son compagnon le réclamait autant que lui, le sollicitait. Non, qu'il implorait sa présence au détour de gestes calculés. Pitié, il faisait pitié. Pitié à se fendre l'âme seulement pour un baiser. Pour ces mains qui viennent le chercher, pour ces yeux délicats qui viennent le prendre en considération. Kerry n'avait plus peur ; - Il l'affectionnait. Et même si tout ça n'était qu'éphémère, une étrange mascarade passagère qui n'était que le résultat d'une forte attraction momentanée, Cherokee avait envie d'y croire pendant quelques secondes. Car c'est en croyant qu'on retrouve l'espoir, ce concept qu'il écartait d'une main violente à chaque fois qu'elle osait s'aventurer trop près de ses idées. Elle n'était que chimère et divagation, une force fictive bonne pour les autres. « … Avec ça, je crois qu'on devrait définitivement se fixer un rencard … » Bonne pour les autres. C'est ce qu'il se force à se répéter. Sa voix, il a l'impression qu'elle ne lui appartiens pas. Tout comme ce front brûlant qui n'a pas peur de se poser contre le sien, trop froid.  Kerry n'est plus lui-même, tout comme il n'a plus l'impression de sentir le sang battre sous sa peau blême. Il n'existe plus, car au lieu de fondre, il s'évapore pour alléger le monde de sa présence. Il n'y a que ses lèvres se reposant sur les siennes qui lui permettent de se raccrocher encore à la vie, qui lui redonne un souffle plus durable.

Elles le font v i v r e.

C'est dans un élan beaucoup plus doux qu'il presse un peu plus longuement ses lippes contre les siennes, profitant d'un des courts baiser de la part de cet ange pour lui dérober une énième fois quelques secondes de son existence. C'est par ce contact qu'il tente de se ressaisir pour enfin assimiler la demande de Kerry. Il ne désire plus non plus le voir si beau, si attrayant, alors il s'empresse de fermer les yeux. Se raisonner, voilà ce qu'il tente de faire par dessus tout. Sans succès, puisqu'il reste toujours bien au creux de son cocon, rêveur après toutes ces possibilités qui semblaient s'ouvrir à lui. Par conséquent, la réponse lui paraît évidente, trop belle et trop simple. Si belle qu'un autre inconvénient semble lui barrer aussitôt la route à peine il en eut fini avec son baiser. ' Tu es sûr ?' Voila ce qui manque de sortir alors qu'il rouvre ses paupières blanchâtres, la bouche qui réclamait encore sa présence. Mais ce n'est pas lui de dire ça, ce n'est pas son genre. Alors pourquoi avait-il été à deux doigts de le lui dire ? Cherokee se met à déglutir dans un son indiscret avant de se rendre compte à quel point son corps était calé au sien, se permettant donc de prendre un tout petit peu de distance pour se donner le temps de réfléchir. L'hésitation n'était pas logée là où elle devrait normalement elle ; Ce n'était pas la réponse en elle-même qui lui posait problème, simplement toutes ces choses qui allaient resurgir bien plus tard.

« Faisons le ce rencard. »

Sa voix paraissait bien confiante. Différente de la confiance qu'il avait lorsqu'il acceptait de sortir à qui voulait bien le lui demander. Avec lenteur, l'albinos commence à reprendre une position un peu plus adéquate, beaucoup moins fusionnelle avec le corps du basané. Ce qui grondait en son fort intérieur commençait lui aussi, à se rendormir de manière paisible. Et même si l'ensemble est moins indécent, c'est son visage qui ne recule pas du sien, le portant toujours à quelques faibles centimètres d'écart.

« Sortons ensemble, Kerry. »

Ce qu'il lui demandait était plus qu'un rencard. A ce niveau là, plus de moqueries, plus de cape habilement retournée. Cherokee exposait son jeu sur la table, sans aucun complexe ni subterfuges. L'envie d'être proche lui électrisant toujours la peau, il se fit presque violence pour reculer cette fois-ci pour de bon du plus jeune, arrivant de nouveau à sentir le bout de ses doigts.

« … Tu n'es pas obligé de me donner une réponse maintenant. Elle peut attendre demain, dans une semaine, des mois. C'est à toi de voir

Quel  retournement de situation cruel. Une situation pour laquelle il se passait cette fois-ci consciemment un collier autours du cou. Le regard perdu, il mit un temps pour s'accrocher à la marque qu'il lui avait faite au creux du cou, la vision de sa peau lui faisant remonter des envies un peu moins chastes de nouveau. C'est parallèlement qu'il se souvenait qu'il était de base plus ou moins pressé, s'humidifiant les lèvres tout en baissant enfin le visage pour scruter ailleurs que sa pauvre victime, trifouillant dans sa poche pour en sortir à moitié son portable pour en voir l'heure. Sa pause se terminerait dans 5 minutes. Cherokee n'avait pourtant pas à se plaindre ; Il avait eut bien mieux qu'une cigarette cette fois-ci.

« Hm. Ma pause se termine. »

C'est alors qu'il ne sut plus quoi dire, tandis qu'il relevait ses prunelles bleutées vers Kerry. Il était tard... Et il allait probablement rentrer. Lui, devait retourner travailler, qu'il le veuille ou non. Le bras tendu, il s'affligea une dernière sentence, sa main venant retrouver simplement la joue de l'étudiant pour un ultime contact, son index traçant grossièrement cette mâchoire si fine. C'était comme si il n'osait plus le toucher, alors qu'ils avaient été précédemment intime comme jamais.

« Garde la veste. »

feat Kerry
   
 

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Mar 7 Fév - 20:39




NAIVE, STILL
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Ce que tu trouvais à cet homme pouvait être un mystère pour certains, si ce n'est pour toi-même. On pourrait même en arriver à se demander si, quelque part au fond de toi, il n'y avait pas une petite partie ton être qui cachait quelques inclinations au masochisme. Après tout, il s'agissait de l'homme que tu avais presque insulté il y a très peu de temps, et dont le seul souvenir t'avait fait passer un très mauvaise semaine. Il était aussi question d'une personne dont tu ne savais pas grands choses, et qui a visiblement le don de te mettre mal à l'aise, bien que lors de moments comme celui-ci, l'atmosphère soit on ne peut plus détendu. Pourtant, il y avait quelque chose. Il avait quelque chose. Un mélange d'un peu tout, peut-être. Quelque chose d'inexplicable mais savoureux, agréable. Cela passait au dessus des besoins primaires d'un homme, ou même d'une quelconque attraction physique, car tu n'aimerais pas quelqu'un uniquement pour son minois. Oh non, Kerry. Il s'agit de plusieurs choses que tu n'arrives pas à pointer du doigt, ou bien même à mettre des mots dessus. Mais ce n'est pas ce qui te dérange, ni ce qui t'effraie. Tu en es même arrivé, après tout, à lui demander naturellement un rendez-vous. Un de ceux que l'on propose avec quelques sous-entendus sentimentaux, ou même une idée en tête. Ceux qui rendent nerveux avant et durant, pour laisser de très bons moments à se souvenir. Un comme ceux que tu avais accepté de ces personnes avec qui tu étais autrefois sorti.

Sauf que voilà, ce n'est pas ça entre vous. C'est sans queue ni tête. Tu aurais du lui demander de sortir, mais pas spécifié de cette manière la chose. Pourtant, tu l'avais fait. Maintenant que tu y repenses, peut-être que cela avait sonné comme une bombe dans la désert; lourdement. Peut-être allait-il prendre peur, te rire au nez, ou même, tout simplement, refuser. Ce silence provoquait après tout, l'un des pires sentiments du monde. Il avait bien pu durer quelques secondes, comme plusieurs minutes, que cela te paraissait être une douloureuse éternité. L'idée d'annuler ta demande avait même effleuré ton esprit, tout comme diverses schémas catastrophes qui ne cessaient de te torturer l'esprit. Et puis soudainement, ce fut la réponse de trop. Si tu avais pu hurler sur place, tu l'aurais fait. Tu aurais levé les bras au ciel en hurlant à la victoire. Peut-être avais-tu quelques étoiles dans les yeux, à ce moment-là, incontrôlable lueur de bonheur. Ton sourire, quand à lui, pourrait peut-être t'arracher les lèvres. Tu es pire qu'un enfant au matin de Noël. Et, alors que tu t'apprêtais à lui répondre, ton esprit dysfonctionne.

Tes yeux s'écartent plus grands que jamais, et ta bouche tombe grande ouverte, alors que ton visage n'a jamais autant brûlé. Tu ne pensais pas que ton cœur pouvait louper autant de battements en si peu de temps, ni même qu'un nœud pouvait se former aussi rapidement dans le creux de ton ventre. Sa demande, tu ne t'y étais pas attendue. Elle était venue encore plus directement que la tienne, plus brutalement, mais tout autant imprévisible, insoupçonnable. Ton cerveau réagit peut-être de la même manière que la sien, c'est-à-dire très peu. Tu n'avais jamais compris ce qu'était qu'être pris au dépourvu, de surprise, mais en cet instant précis, tu en comprends pleinement le sens. En cet instant précis, tu essaie de penser clairement, si ce n'est tout simplement penser. Faire passer la pilule, comme on dit. Reprendre pleine possession de tes moyens, de tes sens. Tu ne t'es même pas rendu compte qu'il s'était éloigné, qu'il y avait cette distance qui s'imposait de nouveau entre vous. C'est sa voix qui relance ta compréhension, bien que ce que tu comprends semble irréel. Il te donne du temps pour lui répondre. Il te donne du temps pour lui répondre sérieusement à sa demande on ne peut plus sérieuse. C'est peut-être un autre couteau qui se plante dans ton ventre, à la limite de te faire couiner face à cette situation.

C'est probablement un rêve, le fruit de ton imagination face à sa réponse, à cette idée de rencard. Tu fantasmes, c'est la seule explication. Parce que tu ne sais pas. Tu ne sais pas ce qu'il peut te trouver, à toi, Kerry. Tu ne sais pas ce qui pourrait lui faire vouloir une telle relation avec toi, quelque chose de plus approfondi et plus officiel que ces baisers volés, désirés. Tu es persuadé qu'à sa place, il pourrait trouver quelqu'un de bien mieux, plutôt qu'un adolescent qui passe visiblement son temps à pleurer quand il est près de l'albinos. Mais là, même des larmes ne sortiraient pas face à cela. Même tes mots ne se dégagent pas de ta gorge, à moins que ce ne soit de ton esprit. Tu n'as toujours pas bougé d'un poil, le visage toujours marqué par le choque de la nouvelle; tu as beau vouloir, tu n'y arrives pas. Sortir avec Cherokee. Sortir avec lui. Sortir dans le sens d'une relation amoureuse. Dans le même sens que celles que tu as déjà entretenues et à qui tu avais dit oui de bon cœur, comme si ce n'était pas quelque chose d'important, juste un détail qui fait plaisir. Tu pourrais lui dire oui, pour lui faire plaisir. Ce n'est que trois lettres, un mot. Mais après quoi ? Il se rendrait vite compte qu'une relation avec toi, c'est probablement tout sauf agréable, que tu n'es pas de ce genre de personnes qui se jettent corps et âmes dans des caresses ou autres signes d'amour, que tu n'arrives même pas à lire l'ambiance et que tu serais incapable de dire ce qu'il veut et à quel moment. Que tu risques même de l'ignorer pour tes études, même de manière involontaire. Qu'il n'y aurait pas vraiment d'échanges ni de passi–
De passion ?

Il y en a déjà plus eu en une semaine qu'en dix-neuf ans. Il y a déjà eu plus de contacts, plus d'échanges, plus de tout. Ces craintes qui sont les tiennes n'ont, visiblement, pas lieu d'être. Pourtant, elles sont là, qui s'accrochent à toi et qui t'empêchent de dire oui, de laisser ces dernières barrières tomber. Elles sont là et ne te lâchent pas. Elles se collent, épousent ta peau. Elles s'agrippent, bloquent tes mots. Elles retardent ta réponse, encore et toujours. Ta réponse que tu ne sais pas, car de nombreuses fourmillent sous ta chair. Tu as le temps pour y réfléchir, Kerry, y penser calmement. Il te l'a offert, ce temps, tout comme cette possibilité d'approfondir cette fragile chose que vous possédez. Cette fragile chose que tu n'as jamais imaginé plus loin que cela, plus loin que cette excuse pour d'étranges besoins passionnels. Et penser que cela pourrait aller plus loin, c'est quelque chose. C'est tenter d'entretenir une relation humaine avec cet homme et, ironiquement, c'est aussi, dans un sens, lui appartenir comme il te l'avait demandé un jour. C'est d'accepter d'avouer qu'il y a peut-être quelque chose en-dessous de cela, quelque chose qui transcende les corps et qui ne peut pas être vu, juste ressenti. C'est d'accorder la chance à de nombreuses autres possibilités, ouvrir certaines portes entre vous.
C'est de dire oui à beaucoup.

Dire oui à des choses que tu n'imagines peut-être même pas. Dire oui à des choses que tu ne penses pas devoir cautionner, accepter. C'est dire oui aveuglement, même au risque. Il est tellement imprévisible, après tout, que tu ne sais même pas comment pourrait se dérouler ce rencard accepté, ce rendez-vous encore mystérieux. Tu ne sais pas si, la prochaine fois que vous vous verrez, il ne te fera pas de nouveau pleurer, cassant des morceaux de verres avec ses paroles qui parfois, semblent être atroces. Dire oui, c'est aussi accepter cela. C'est de ne pas savoir comment cela continuera, comme il agira envers toi. S'il n'y aura plus que ces moments de tendresse, ou bien si tu pourras toujours trouver cette taquinerie qui s'installe parfois dans vos dialogues. Dire oui, ce n'est pas de se vendre au diable, mais de s'y donner.

Et tu ne sais pas, si toi, dans tout cela, tu y arriveras. Tu ne sais pas si tu es prêt à donner tout cela. Étrangement, en cet instant, tu as presque l'impression que l'on vient de te demander en mariage. Sortir avec quelqu'un ne t'a jamais paru aussi compliqué. Peut-être que sa demande t'a tellement marqué que ton cerveau s'est brisé, cassé en quelques petites miettes qui ne répondent plus correctement entre elles. C'est l'explication la plus logique pour ton doute, tes craintes; c'est même ce qui expliquerait ton mutisme alors que déjà, il reparle. Et tu ne sais pas. Tu ne sais pas combien de temps vient de s'écouler alors que ton cerveau ne cesse de tourner cela dans tous les sens. Tu ne sais pas combien de temps vient de s'écouler alors que tu l'as revu. Mais voilà. Sa pause se termine, comme il te l'a si bien dit. Sa pause se termine et toi, tu ne lui as pas répondu, tu n'as rien dit. Tu es juste resté avec la bouche grande ouverte, que tu viens à peine de réussir à refermer, alors que tes mains ont quitté son visage et ne savent plus où s'accrocher, quoi toucher; alors que tes yeux semblent encore redécouvrir les siens, sans cesse, sans fin. Et le contact de sa main, sa tendre main, contre ta joue. Ce chaud contre ce froid. Cette peau contre une autre. Cela semble bien plus parlant qu'avant, plus important.

Lorsqu'il t'annonce ainsi de garder sa veste, tu en es à la fois honoré et terriblement gêné. Les mots s'arrachent même de toi sans prévenir, se brisent dans l'air, comme si tu n'avais pas parlé depuis des années de cela, que le précédent silence était plus long que n'importe quoi. Et toi ? Il y a cette inquiétude dans tes yeux, celle qui s'inquiète pour autrui, peu importe qu'il est. Car si Cherokee te laisse sa veste, que lui restera t-il pour rentrer ? Cette pensée est un véritable pincement, un sentiment désagréable que de lui voler une source de chaleur importante, surtout au vu de sa température. Et, de ce fait, même si tu es ravi, tu ne peux pas te permettre de l'accepter s'il doit en souffrir. Ce serait monstrueux de ta part. Alors, tes mains agrippent cette veste, serrant le vêtement un peu fortement, et, te décollant des casiers, tu enlèves cette cape improvisée avant de lui tendre, le regard qui s'excuse presque. Et, comme si cela paraissait la chose la plus intelligente à faire, alors que c'est sûrement la plus stupide, tu dis que c'est le moment de répondre à sa requête, à sa demande. Je … je vais réfléchir pour … tu sais … Le son de ta voix se bloque quelques instants, te laissant déglutir douloureusement, avant de reprendre de manière hésitante, comme si les mots allaient te brûler la langue. Pour nous ? Car il était bien question d'un nous, d'un quelque chose qui implique la cohésion de deux êtres, de vous.
Parce que tu ne peux pas dire oui, pas encore.

Et c'est horrible, la façon dont tu annonces cela. Tu aurais du attendre, nuancer, mais tu n'as pas le temps. Cinq minutes, c'est peu. Cinq minutes, c'est sûrement bientôt passé. Mais toi, tu ne veux pas partir. Tu aimerais bien rester, comme un enfant pourri gâté. Alors, tu cherches une excuse. Par contre … tu déglutis, ne sachant pas comment continuer. Tu réfléchis alors que tes yeux font le tour de la salle, à la recherche d'une solution. Tu tentes de gagner du temps, mais c'est en parlant que l'idée germe dans ton esprit. Je t'avoue que j'ai un service à te demander … oses-tu continuer d'une voix terriblement gênée. C'est monstrueux, ce que tu t'apprêtes à faire. C'est horrible de lui demander cela alors que tu n'es pas capable de lui dire, d'accepter. Pourtant, tu le fais. Je … peux venir chez toi ce soir … ? Tu as sûrement une tête pitoyable en cet instant même, comme celle d'un animal délaissé qui ne sait pas quoi faire pour ne plus être abandonné. Tu tentes de te justifier, que cela ne ressemble pas à un caprice, bien que cela en soit un, totalement un. Mes parents pensent que je suis avec un ami en ce moment, et que je dors là-bas … sauf que … comme tu peux le voir … je suis avec toi ? Et plus tu parles, plus tu te rends compte que tu t'enfonces, que cela peut-être compris comme s'il n'était pas ton ami, que tu mets toujours plus de distance entre vous et bon sang que tu te sens mal. Ton visage a du bien pâlir depuis quelques instants, montrant clairement le malaise et la gêne qui t'habite, que tu ne peux pas contrôler, ni combattre. C'est terriblement gênant, dérangeant, que tu t'imposes à lui de cette manière, alors que tu n'es même pas capable de fournir une réponse correcte à cette déclaration qui semblait si sincère, tellement personnelle et intime.
Que tu te hais pour cela, Kerry.
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Dim 12 Mar - 6:45
Erreur de calcul, erreur de jugement, Cherokee ne remettait pourtant pas une seule fois en question sa demande. Pour lui aussi c'était une première ; Il dépassait une frontière qu'il n'avait jamais franchit jusqu'alors. Et pourtant, il paraissait si sûr de lui, si sûr de son choix qui n'avait même pas été mûrement réfléchi au préalable. Pour lui, cette demande brillait par son évidence. Elle était le morceau manquant, celle qu'il recherchait peut-être depuis longtemps. Un idéal fantomatique qui n'avait de cesse de flotter autours de sa carcasse réanimée. Qui sait, peut-être qu'il en avait rêvé de ce moment. Comme un môme qui croit encore au grand amour, au beau, à celui qui transcende, il sautait sur la première occasion à peine lui était-elle présentée. Là où deux âmes se trouvent pour n'en former qu'une, celle où on croit tout partager, ou on pense aimer l'autre plus que soi-même. Toutes ces choses qu'il n'avait jamais pu comprendre, et par conséquent, qu'il méprisait avec une férocité intestine. Car il n'y avait jamais eut le droit, car on lui avait interdit. Car il n'était jamais assez méritant.

Le cœur creux, l'esprit à l'arrêt, il regardait simplement Kerry avec un coup d'oeil grave. Pour une fois, il pouvait remercier sa patience légendaire. Elle se montrait utile pour autre chose que ses plans tordus et ses idées en biais. Alors qu'il rayonnait de joie quelques secondes avant pour une raison qui lui avait échappé, son adorable compagnon prit un visage complètement différent dans la seconde qui suivait, ses lippes s'ouvrant en grand alors que ses joues se pigmentaient en un rouge contrasté. Sans faillir, Cherokee prit même un temps pour virer ses pupilles sur le côté avant de revenir sur le minois si expressif de l'étudiant. Plus le temps passait, plus le vide s'installait, virant ses nombreuses idées et son raisonnement acide. Le stress inexistant, sa peau formait malgré tout une certaine tiédeur, signe qu'il n'était visiblement pas si calme que ça dans le fond. C'est uniquement quand le plus jeune enleva son manteau de ses épaules qu'il fronça rien qu'un peu les sourcils, mourant sous l'incompréhension. Tout en même temps, il retira aussi sa paume qui avait trouvée refuge sur sa joue, laissant ses bras le long de son corps.

« Et toi ? » De quoi parle t-il ? Le souffle du terrien se remet simplement en route, se rappelant ainsi qu'il est un corps et non pas une fraction de conscience volant dans les airs. Ses muscles le font souffrir ; Il est surement un peu trop tendu, finalement. Muet, il fixe juste ses lèvres, incapable de comprendre les sons qui en sortent. La seule chose qu'il arrive à déchiffrer pendant cette maigre réponse, c'est qu'il va y réfléchir. Mais la seule chose qu'il arrive à voir, c'est qu'il lui rend son manteau. Ce manteau, celui qu'il lui avait passé. Son manteau. Il n'en voulait plus ? Pourquoi ? Cherokee se crispe, tâche d'éviter l'immonde réalité. Il ne veut pas se souvenir. Cette paix éphémère se brise, martelée par les paroles pourtant si compréhensibles de Kerry. C'est quoi ? Est-ce qu'il avait mal ? C'est à peine s'il continue à l'écouter alors qu'il débouche sur un autre sujet, complètement en décalage. Il lui demande simplement s'il peut venir dormir dans son antre ce soir suite à un problème de logement. Pourquoi ? Pourquoi ça ne marche pas ? Il a la vague impression que quelque chose se contorsionne dans son ventre, que ses doigts se raidissent encore et toujours. C'est ça, sa punition ? Cherokee s'immobilise, cette sensation désagréable s'enfonçant dans le bas de son dos comme un poignard. Ce n'est pas qu'il se sent mal. En fait, c'est pire que ça. Il ne comprends pas ce qu'il entrain de vivre. Il n'a pas l'impression de d'avoir subit quelque chose de semblable dans sa misérable vie. Il sait seulement que c'est douloureux, c'est tout.

Il n'a plus que cinq minutes mais il ne s'en rends plus compte. Le temps ne s'arrêtera pas pour lui.

Il n'a eut que ce qu'il méritait. A croire qu'il pouvait tout s'approprier, Cherokee venait de s'écrouler lamentablement sous la folie des grandeurs. Lui qui riait si aisément face aux déboires sentimentaux venaient de s'ensiler dans sa propre quête d'affection. Kerry venait de le lui prouver ;Il n'est rien, même pas un ami, ni même une potentielle source de réconfort. C'est alors qu'il se souvient de son visage terrifié, mal à l'aise. Blanc. Aussi blanc que maintenant. Ces baisers, ces cajoleries, ils ne sont que le produit de cette terrible tyrannie qu'il avait mise en place. C'est parce qu'il a peur de lui qu'il se soumet, lui donne parfois ce qu'il veut. C'est parce qu'il use de la manipulation qu'il revient vers lui alors qu'il n'a aucune raison de le faire. L'ensemble du tableau est faux, immonde, marqué par des formes disgracieuses. C'est lui qui s'est trompé en croyant pouvoir avoir plus qu'avoir un pauvre petit chiot effrayé, qui, pendant quelques minutes de sa vie, pensait pouvoir obtenir une relation plus durable et saine que quelques baisers passionnés contre un casier. C'est de sa faute, exclusivement sa faute s'il se sent si misérable à présent. Il n'a pas qu'a être si mauvais, si vil dans ses propos. Il n'a pas qu'a venir teinter les autres de son horrible existence. Il n'avait pas qu'a essayer de détruire Kerry. Et diable, ce qu'il a pu tenter de le faire en essayant de l'étouffer sous ses propos insistants. En essayant d'étrangler cette lumière qui l'anime. C'est maintenant qu'il paye le revers de ses actions, qu'il a le goût de son propre venin en bouche. D o u c e   a r s e n i c. Si seulement ça pouvait le tuer sur place, c'est sans doute qu'il allégerait le monde de son poids. Tout comme ça soulagerait aussi Kerry. Kerry qu'il ne regarde pas, qu'il ne veut plus regarder pendant toute l'interaction. Il sait que les choses seront plus compliquées s'il vient à revoir son visage déboussolé.

Amer. C'est amer ; Sa salive, son palet, le creux de ses joues. Kerry. Il n'arrive plus à s'énamourer, mais il a encore l'envie détestable de vouloir l'embrasser, le cœur à venir l'enlacer. Et ça, ça vient tuer ce qui lui reste d'amour propre. Bon sang Cherokee, il n'a pas dit un non... Même sans pour autant te dire un oui. C'est peut-être ça qui l'achève, ce sentiment d'insécurité, celui qui vient damner chaque jour l'univers tout entier. La haine est une chose sûre, l'amour, un peu moins. C'est qu'il attends une réponse pour ce soir, n'importe laquelle, positive ou négative. Et encore une fois, le terrien n'a pas la force, se trouve trop faible pour venir caler un 'je rigolais' ou afficher un de ses sourires déformés. Parce que ce qu'il venait de lui avouer, c'est sans doute la chose la plus véridique qu'il a pu dire depuis des années. C'était sincère. Et pour ça, il chercherait à se tourmenter toujours et plus encore. C'est en croyant à un univers plus tendre qu'il avait fauté.

« D'accord. »

Sa voix ne tremble pas. Il a déjà eut mal, alors il sait comment faire pour dissimuler le tout sous une épaisse chape de béton. Il ne sent pourtant plus ses phalanges à force de serrer ses poings, et la chaleur qu’abrite sa peau diaphane le rend de plus en plus malade. Il accepte sa demande parce qu'il ne peut pas encore lui refuser quoi que ce soit, car il se trouve encore sous l'ironique emprise de ses 'sentiments'. ' Sentiments'. S e n t i m e n t s. Son cerveau se remet en marche, tente de se protéger en se concentrant sur la certitude du présent ; Il doit aller travailler. Sans prendre la peine de regarder une nouvelle fois son portable, il détend les doigts de l'une de ses mains pour faire un petit geste du côté de son doux compagnon, comme pour lui signifier de garder le vêtement. De toute manière, ce n'était pas maintenant qu'il allait la reprendre.

« Tu peux... » Difficulté. Sa gorge est sèche, un peu plus rocailleuse que d'habitude. Il se reprend comme si de rien n'était. « Tu peux la remettre dans le casier si tu veux. Je la prendrais tout à l'heure, quand j'aurais fini. Et en parlant de ça, je finis dans une heure à peu près. »

Mensonge. Son tour devait prendre fin dans deux heures, mais il envisageait déjà de sortir plus tôt, exceptionnellement. Il se sentait soudainement extrêmement fatigué, voilà tout. Il avait d'ailleurs, désormais un peu plus de mal à se tenir bien droit. C'est alors qu'il lâche un soupire exténué, avant de dire à simple titre informatif.

« Si tu changes d'avis entre temps, j'ai mon portable sur moi. »

Sur ses mots, il se tourna entièrement vers la sortie dans le but de revenir vers la salle principale. Il n'avait déjà plus le temps. Plus le temps de réfléchir, plus le temps d'endurer ses remords.
C'est ainsi qu'il prit la fuite, la tête chargée.

feat Kerry
   
 

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Humain
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Mer 26 Avr - 0:53




NAIVE, STILL
feat. cherokee

Ces informations, tu les entends très clairement, mais tu ne réagis pas pour autant. Il y a ce quelque chose qui ne tourne pas rond avec ta réaction, ce je-ne-sais-quoi qui ne devrait pas être là. C'est sûrement un impact de ce qui vient de se passer, qui fissure quelque chose en toi que tu ne connaissais pas, que tu n'appréhendes pas. Il s'agit de ce sentiment, celui qui te met au centre de l'action, presque omni-conscient, mais qui n'arrive pas à te faire réagir. Tu aurai au moins pu lui souhaiter bonne chance pour la fin de son travail, ou ne serait-ce que lui répondre lorsqu'il te parla, mais non, rien de cela. Tu n'avais pas bougé d'un pouce; la soudaine confiance en toi ayant décidément disparu en te rendant compte à quel point c'était horrible de ta part de t'inviter chez lui ainsi, surtout après la réponse fournie précédemment. Pourtant, tu l'avais fait, et il avait accepté. Bien sûr, tu as le poids de la culpabilité qui résonne au fond de ta poitrine, car tu t'en veux, t'en veux tellement. Tu t'en veux depuis que l'idée est venue à ton esprit et que tu as osé l'énoncé à vive voix. Tu t'en veux même pour avant, parce que tu as bien compris que ta réponse n'était pas celle qu'il attendait, et toi, dans tout cela, tu te sens si mal. Tu te sens si mal qu'il ne te faut que cinq minutes pour reprendre tes esprits afin d'agir, de ne pas le laisser se torturer l'esprit, de te soulager, bien que de toujours t'en vouloir. Son téléphone, avait-il dit. Tu ne sais même pas si c'est une bonne chose de faire ce que tu fais, il est, après tout, censé travaillé. Mais voilà, sa veste sur le coude, tu te retrouves à sortir ton téléphone afin de lui envoyer un message. « (๑•́ㅿ•̀๑) ᔆᵒʳʳᵞ » Tu as même les mains qui tremblent un peu, te donnant l'impression que tu n'as jamais été aussi long pour écrire ces mots.

Tu te laisses même glisser à terre, comme si cela te permettrait de remettre tes idées à leur place. Tu ne sais plus vraiment où est leur place, de toute façon. Il est bien clair que tu agis d'une étrange manière quand il s'agit de Cherokee, ne sachant même pas ce que tu t'apprêtes à faire à chaque fois qu'il est près, ne te préparant même pas à dire ce que tu dis. Et, maintenant que tu te retrouves seul avec toi-même, tu te rends compte que tu lui as sûrement donné bien des espoirs, mais aussi de nombreuses désillusions. L'embrasser ainsi, quelle idée. Ce n'est pas la pire, pourtant. Un rendez-vous, c'est quand même quelque chose. Ce n'est pas une sortie entre amis, un rendez-vous, ça sous-entend énormément et toi, lorsqu'il te propose d'officialiser un peu les choses, tu fuis et refuses, tu lui fais sûrement mal. Et tu t'en veux. Alors, tu rédiges un nouveau message, ne sachant même pas quand il pourra le lire. Tu dois t'y reprendre quelques fois pour écrire certains mots, entre la correction automatique et les tremblements de tes mains, causés par ta culpabilité. « Je suis vraiment désolé, tu sais. J'aimerais pouvoir te fournir la bonne réponse dès ce soir, mais je suis perdu quand cela te concerne. Je crois que tu l'as compris, de toute façon. Je suis vraiment nul avec les mots sdhfkfg. (;ꏿ︿ꏿ) » Tu as appuyé sur envoyer sans réfléchir, car tout te paraît plus simple à l'écrit, avec des mots que l'on rédige sans la pression du regard de l'autre. Tu oublies toujours qu'à un moment ou un autre, tu devras y faire face. Que ce moment-là, c'est dans une heure à peine. Et une heure, ce n'est rien. Ce n'est pas assez. Pas assez pour cesser de t'en vouloir, ou bien pour réfléchir correctement. Mais en une heure, tu as le temps d'écrire de nombreux SMS, de vider un peu ton sac ou bien d'appeler à l'aide au près de tes amis, ne serait-ce que pour demander conseils. Mais tu ne le fais pas, les yeux fixés sur ton écran qui affiche toujours le même contact, celui que tu as ignoré durant des jours avant de venir ici sans prévenir. Ce même nom qui te fait ressentir obligé de tout expliquer, de t'excuser, de te justifier jusqu'à ce que toues les incompréhensions soient dissipées. Alors tu continues d'écrire, le cœur serré, les mains moites, enroulés dans tes pensées plus que dans le silence. Et tu envoies encore, te disant qu'il s'agit ici du dernier, que tu n'aimerais pas qu'il ai quelques problèmes si jamais son téléphone ne cesse de vibrer alors qu'il travaille, qu'il est occupé. « Je ne veux pas que tu penses que je refuses ta veste après ce qu'il s'est passé, Rokee, mais tu ne peux tout simplement pas rentrer chez toi sans rien, il fait froid. ~( ´•︵•` )~ » Car tu sais, tu sais qu'il a du mal interpréter, parce que tu n'as pas assez séparer les choses. Tu sais que tu as été stupide sur toute la ligne, de A à Z. Cela te donne envie de te cacher, de t'enfouir sous terre et de ne plus jamais en ressortir. À la place, tu trouves à criser, le visage dans sa veste, en retenant quelques insultes gentillettes de ton crue à ton égard, ainsi que quelques cris de haine face à toi même.

Que fais-tu encore, Kerry. Il t'a dit de la remettre dans son casier, si tu allais lui rendre, pas d'agir comme un enfant qui essaie de se faire discret alors qu'il est en guerre avec soi-même. Surtout que tu fais cela durant au moins vingt bonnes minutes, t'arrêtant uniquement lorsque tu penses entendre un bruit, de peur que quelqu'un ne rentre et ne te trouve ici – après tout, tu n'avais sûrement pas l'autorisation d'être là. Quelle idée avait-il bien pu avoir de te laisser seul dans une salle réservée au personnel. Quelle idée avais-tu bien pu avoir pour aller chez lui ce soir et donc l'attendre ici. (((tout))) Tout cela sonne faux. Tout cela sonne vrai. Tout cela sonne presque de trop. Pourtant, tu es toujours là, à réfléchir à tes erreurs, à tes actes et tes paroles. À ses mots. À un tout comme un rien, de l'important au moindre détail qui peut sembler sans importance. Et rien n'est clair. Pas une chose ne fait sens.

Tu soupires, las de toi. Te voilà qui te relève, décidé à te séparer de l'habit de réconfort avant que quelqu'un ne pense que tu ne l'as volé et que tu n'ai besoin d'expliquer votre échange relation. Cette option aurait pu être préférable, dans un sens, car cela t'aurait évité d'ouvrir son rangement et de tomber nez à nez avec quelque chose de très familier. Tu clignes des yeux, plusieurs fois. Tu les frottes, même. Et soudainement, ton portable retourne dans ta main, et tu te hâtes d'écrire, la culpabilité bien moins présente. « J'allais remettre ta veste dans ton casier comme tu me l'as dit mais … (๑°⌓°๑) » Tu envoies ainsi, avant de toucher la laine de ta main pour vérifier que tu ne rêves pas. Cette texture, tu la reconnaîtrais entre mille. Alors, tu tires dessus, la sortant en dehors du casier, ne comprenant pas ce qu'elle fait là, avant de refermer ce dernier avant même de remettre la veste à sa place. Très bien. Très bien. Très b i e n. Tu n'essaies absolument pas de comprendre pourquoi il ne te l'a pas rendu lorsque tu lui as demandé, ni même pourquoi elle se trouve ici actuellement. Non, tu la poses juste par dessus l'autre vêtement qui pend à ton bras, afin d'avoir tes deux mains pour écrire très rapidement ce dernier message, ne sachant même si tu allais avoir une réponse ou si la question allait encore être éludée. « Cherokee. Que fait mon écharpe – tu sais, bleue, chaude, douce – dans ton casier ? (‘◇’)? » Et décidément, cette question est méritée. Tu ne sais guère ce qu'elle fait là, et c'en est presque gênant. Ce serait même une bonne raison de fuir, après avoir vu cela, mais tu n'en fais rien, trop occupé à te cogner doucement le front contre le métal, comme si la sainte réponse pourrait te venir ainsi. C'est définitivement étrange, malaisant même, et te rappelle pourquoi tu es mal à l'aise en sa présence – parce qu'il n'est pas net, Cherokee, c'est le genre de personnes que tu ne comprends pas, que tu cernes mal. Visiblement, c'est aussi le genre de personnes que tu embrasses et que tu attends plutôt que de laisser en plan.

Tu passes une main pour frotter ton nez en fronçant les sourcils, avant de mettre ton écharpe entre les plis de sa veste, ne sachant pas si tu préfères qu'il sache que tu l'as sorti de sa cachette, ou qu'il ne la voit pas. Il n'allait pas s'en sortir ainsi, oh non, tu allais lui quémander des réponses, à moins que de revoir son visage te rappelle que tu lui as mis une sorte de frein il y a bientôt une heure.
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Mer 5 Juil - 1:32
Cherokee n'est plus un adolescent. Néanmoins, il continue encore et toujours à se comporter de la même manière, rageant et s'enfuyant quand les choses ne vont pas dans son sens. Dans sa tête aussi, c'est pareil ; Une avalanche, un chamboulement qui n'avait pas lieu d'être ; Tous se poussait et s'entrechoquait avec violence pour le laisser tomber tout droit dans une confusion absurde. Absurde, déraisonnable. Il aurait été mieux d'accepter sa décision sans se tourmenter autant, sans pour autant sentir ce pincement douloureux s'attaquer aux parois de sa gorge. Il aurait dû agir comme il l'aurait fait normalement, garder cette distance qu'il mettait toujours entre lui et les gens. Seulement, entre pouvoir et vouloir, il y a tout un monde. Et dans ce cas précis, c'était probablement ce manque de contrôle qui lui manquait cruellement quand Kerry existait à ses côtés. Ce petit quelque chose, qui, l'empêche encore et toujours de l'oublier. De se dire qu'il n'est pas un individu parmi tant d'autres. Ce petit quelque chose qui ne cesse de l'épuiser à force d'échanges et de baisers passionnés, qui l'aide à planer au dessus de ses règles de vie. Et même si sur l'instant ça lui permet de se soulager, il se remémore toujours par la suite les conséquences désastreuses. Ou plutôt, venait à se les prendre dans la figure quand sa bulle de solitude se reformait autours de lui.

C'est en retournant reprendre son poste qu'il s'avachit, laisse cette prestance superficielle se noyer au fond d'un gouffre. Il a l'air et se sent pitoyable, au point où cette peine se transforme bientôt en une rancœur pénible. Le manque de nicotine se fait de nouveau sentir au bout des lèvres, la nervosité cogite dans ses doigts tandis qu'il attrape de nouveau les cartes pour venir les éparpiller sur la table. Cherokee est en colère. En colère contre lui-même, contre la part d'humanité qui lui reste au fond de l'âme. Mais plus que tout, il se sent faible. Faible d'avoir pu être si facilement tenté par une once de stabilité. Faire d'avoir cru en toutes ces bonnes choses qui ne seront jamais à sa portée. Bientôt, il se dit qu'accepter sa requête était une grossière erreur, celle de trop. Il exposait ainsi son corps sans vie à une horde de charognard, prête à se disputer le peu de viande qui lui reste sur les os.  Grand dieu, pourquoi avait-il eut le culot de venir lui demander de l'aimer ? Ne se souvenait-il pas qu'il le plus incapable de tous lorsqu'il s'agissait des sentiments ? « Sean. Concentre toi. » Il ouvre les yeux, rafistole rapidement les débris de sa conscience pour faire face au maître de table qui venait de le rappeler à l'ordre, main sur l'épaule. C'est la première fois qu'il est trop lent, et évidemment, on l'avait vu. L'albinos ne pipe pas mot, préfère tout simplement hocher discrètement de la tête pour lui signifier que tout va bien. Qu'il va bien. Car c'est le cas, n'est ce pas ? Il va bien.

Il reprend donc le jeu, inspirant au plus profond de ses poumons abîmés. Il devait faire face, sans oublier qu'ici même, Kerry l'attendait à la fin de l'heure pour venir dormir chez lui. Et ce n'est pas tant sa présence qui lui pose problème, c'est simplement l'idée qu'il puisse de nouveau le rendre outrageusement affable. Cette personne qui écoute et qui comprends. Celle qui lui a dit qu'il attendrait le temps qu'il faut pour une réponse. Cette personne qui n'était pas (-plus) lui. Une boule acide se met à fondre dans sa gorge, lui faisant ravaler difficilement sa salive. Pourquoi n'avait-il pas fumé lorsqu'il en avait eut l'occasion ? Maintenant, ça le torture. Cherokee n'ose même plus regarder les clients de peur que son visage crispé laisse transparaître un soupçon d'agacement. Il sait qu'on le surveille, que son boulot est extrêmement exigent  sur ses compétences à manipuler le client à jouer. Ce n'est pas avec sa lenteur et ses regards bilieux qu'il arrivera à être rentable. Contenant avec grand mal les torsions se nouant entre les différents fils conducteurs de sa pensée, il refoule alors ce qui le taraude pour tout simplement continuer sa soirée comme elle devait normalement se passer ; Sans mal. Et sans aucun instant de pause, l'albinos n'eut pas le temps de réfléchir... Réfléchir à ce qui venait de se passer. Pour le mieux.

… Un mieux qui aurait pu être un bien, s'il avait eut le temps de voir tout ces messages reçus sur son portable.

Froid. Il était redevenu froid, cristallisé. Le cœur éventré, crevé, enterré. Pour jamais, priait-il. Pour toujours, hurlait-il. Cherokee était redevenu Cherokee quand le dernier tour s'annonça autours de la table de jeu, alors que ses clients prenaient des risques maladroits pour augmenter la mise.  Au final, ils étaient comme lui ; Ils pariaient, perdaient, mais recommençaient nonobstant la seconde étape. Plus jamais, se répétait-il. Il regarde une dernière fois la mise encore intacte, pendant que quelques chuchotis parviennent à ses oreilles. On lui annonce sa libération, enfin. Il retient un de ses fameux soupir éraillé, se retirant afin qu'un autre puisse prendre sa place de martyr, étirant de ce fait un peu le bas de son dos pour détendre ses muscles. A vingt-cinq ans, il avait déjà l'impression d'en avoir cinquante, tant son corps respirait la poussière et les courbatures. Son cerveau dissociant rapidement les faits actuels, il promène son regard autours de lui, étouffé par ce côté morose qui ne tarde plus à revenir. La tête qu'il cherche n'est pas dans les environs. Il s'y attendait. Mais, persuadé qu'il n'était sûrement pas loin, l'albinos se remet à marcher vers les vestiaires.  Quoi qu'il en retournait, il devait tout de même prendre ses affaires avant de s'en aller. La main au fond de la poche, c'est enfin qu'il sort son téléphone portable pour y jeter un coup d'oeil, impassible en voyant le compteur de message qui s'affichait sur l'écran de veille. Ils venaient tous de lui. Kerry.

Cherokee se met donc à lire, se force à s'arrêter pour ne pas chercher à venir  le confronter alors qu'il ne sait encore rien de ce qu'il a pu lui envoyer. Il s'excuse, reformule ses mots, le questionne à propos de l'écharpe qu'il avait du percevoir au fond de son casier. De nouveau, Cherokee sent comme une amertume lui sauter entre les deux yeux. L'étudiant lui lance des charbons chauds, il le contraint à venir les rattraper à mains nues alors qu'il n'y est pas préparé. Entre temps, le terrien s'y était fait, à ce rejet. Il avait pu ravaler sa proposition en la couronnant  'idée la plus nulle de l'année.' , en la rangeant immédiatement sur le côté pour éviter qu'elle lui bouffe le cerveau.  Alors que, tout compte fait... Kerry s'était juste... Mal exprimé ? Au lieu de s'en sentir soulagé, il relève ses yeux de l'écran digital, les perdant droit dans le vide. Ça l'agace. Il l'agace. Il ne sait plus comment prendre la chose, s'il devait s'en sentir satisfait ou grognon. Bon sang, s'il ne voulait pas son manteau, ce n'était pas parce qu'il le dégoûtait ? Juste parce qu'il... S'inquiétait encore pour lui ? Ce encore tente de s'immiscer au creux de ses doutes, il le mord violemment pour ne plus le lâcher. Ces explications le mettent presque en colère alors qu'elles sont, au contraire, bénéfiques. Cherokee ne veut pas faire s'écrouler une fois de plus son raisonnement pour mettre tout à plat. Il est fatigué. Cette ambiguïté constante entre lui et Kerry, le fatigue. Alors qu'il n'a plus assez d'énergie pour vivre, il a l'impression qu'elle lui pompe les derniers remparts qui lui reste.

Pourtant, rien ne l'empêche de rejoindre le vestiaire. Pas physiquement, en tout cas. Se frayant un passage dans la masse de joueurs inconscients, il arrive à cette fameuse porte où plusieurs baisers avaient été dérobés. Il ne s'arrête pas. Il marche dans le couloir, le regard creux, les cernes plus apparentes qu'en début de soirée. Il doit continuer sa route, continuer ne plus réfléchir. Car si ce n'était pas Kerry qui fuyait en premier, peut-être qu'il aurait ce lâche capable de partir sans lui. Juste parce qu'il se sentait encore plus chancelant, plus fragile après la lecture de ses sms. Diable, venez donc le châtier. Cherokee ouvre enfin la porte, n'hésite pas à revenir vers là où se trouve son casier... Et sans grande surprise... Il était là. Toujours là à le narguer, avec cette petite présence si chétive comparée  la sienne. -Si ravissante.

Et bien sûr, il le regarde. Comment faire autrement ? Cherokee est incapable de l'ignorer de nouveau. Mais rien ne sort ; ni excuses, ni de 'j'ai lu tes messages, tu sais'. Contrairement à ce qu'il aurait fait d'habitude, le silence tue sa gorge, semble l'assaillir. Ses yeux convoite le casier qui contient le bout de tissus volé, se demandant si ses futures décisions étaient les bonnes. C'est seulement un temps après qu'il lève les yeux vers le plafond, se damnant intérieurement, alors qu'il ouvrait tout en même temps la petite porte qui cache son si précieux trésor.

« Tu ne m'appelles pas souvent 'Rokee'. Tu pourrais. »

Ses yeux s'esquive sur le côté pour lui jeter un regard. Cherokee n'a pas encore vu, non. Il n'a pas vu que l'écharpe manquait à l'appel, que son casier était éventré de ce bien qui ne lui appartenait pas. Cet idiot, il ne regarde que Kerry, encore et encore.

« Une fois de temps en temps par sms, c'est peu. »

Un petit sourire s'étale sur ses lèvres. Pourtant, il est vide de sens, trempé dans de l’asphalte usé, bon à jeter dans les méandres de l'inconscience. C'est par la suite que ses yeux virent de l'autre côté, préparé à voir ce qui voulait prendre.  
Et c'est là qu'il remarque enfin. Il n'y avait rien. Rien du tout, si ce n'est un paquet de cigarette vide et quelques pièces de monnaie poussiéreuses, éparpillées en plus grand nombre tout au fond du compartiment. L'albinos n'a pas l'air surprit, ni même en colère. Ses traits restent de marbre face à l'affreuse intrusion, ses paupières frétillent à peine tandis qu'il devine sans grand mal qui a pu lui prendre le bout de tissus bleu.  Et malgré tout, il a l'impression que ça fait bien environs cinq minutes qu'il regarde avec insistance le vide, comme si cette écharpe allait reprendre sa place toute seule. Néanmoins, ça ne fait que quelques secondes, quelques secondes avant qu'il ne referme ce qu'il avait précédemment ouvert. Quelques secondes avant qu'il ne tende sa paume ouverte vers le plus jeune, le rictus semblable, immobile. Il la veut de nouveau, mais ne fera aucun effort supplémentaire si son compagnon ne se montre pas coopératif.  

Malgré tout, son ton change. Il devient plus ferme, moins doux et fatigué. Il exige.

« Kerry. » Seul son nom lui échappe. Cherokee sait qu'il n'a pas besoin d'un mot de plus pour se faire comprendre.

feat Kerry
   
 

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Ven 18 Aoû - 1:16




NAIVE, STILL
feat. cherokee

Que le silence est horrible. Qu'il est meurtrier du cœur et de l'esprit. Quel dur complice de la solitude. Elle pèse, elle pèse toujours plus, plus lourde de sens, sens sans ordre, ordre sentimental. Sentimental, le voilà. Le grand mot. Le gros mot. Celui qui ne doit pas être dit, pas ici. Il ne te vient même pas à l'idée; aujourd'hui, ce serait de trop. Tu ne sais déjà plus quoi penser – l'homme est perturbé. Que le silence est vulgaire. Qu'il agresse et altère. Quel dur complice de la crainte. De tes pensées toutes chamboulées, plus qu'elles ne l'étaient, ne naîent rien d'autres que des doutes. De ceux qui s’immiscent, qui rampent sous la peau. De ceux qui n'ont que faire des certitudes. Et, par pitié – par pitié – tu supplierai presque qu'on te (dé)laisse.

Souhait accordé; tu es déjà si seul dans cette salle que tu n'oses observer. Tu as déjà fouillé là où tu le pouvais, là où on t'avait autorisé. Il n'aurait peut-être pas fallu, d'ailleurs. Te voilà hanté, désormais, de ce nœud qui se serre sans jamais relâcher, de ce désagréable sentiment d'impuissance, de ces nombreux doutes, de toutes ces craintes, de cette douceur qui glisse entre tes mains. Par lui. Pour lui. Si seulement tu n'avais pas découvert ton écharpe, Kerry, ou si seulement il t'avait répondu. S'il te l'avait rendu au moment même où tu t'étais montré, alors, rien de tout cela ne se serait passé. Si rien ne s'était passé, tu ne serais pas en train de te remettre en questions, encore et toujours plus. Tu ne serais peut-être pas ici, en cet instant précis.

Mais tu l'es, tout comme lui. Il ne pouvait en être autrement, après tout. Vous vous faîtes face avec une distance qui semble aussi rare qu'appréciable. Ses mots, eux, n'ont guère besoin d'espace. Ils s’immiscent dans l'air comme dans ta peau. C'est vrai, cela, Kerry. Tu ne l'appelles pas souvent Rokee. Tu prends inconsciemment cette distance insensée, celle que vous aviez déjà brisée de si nombreuses fois. Une fois de temps en temps, par sms, c'est peu, Kerry. Souviens-toi, la dernière fois que tu lui as prononcé le mot Rokee, c'était pour lui dire si agréablement d'aller se faire voir ailleurs. Et rien que cette pensée te fait un peu pâlir. Ton regard se baisse alors que l'autre homme est toujours plongé dans son casier.

Même sans voir, tu sens très bien la différence d'ambiance, autrefois un peu taquine. Le bruit du métal qui claque en se refermant; tu l'entends. Cette main qui se tend vers toi; tu la vois. Et cette voix, sa voix, tu ne peux que l'entendre. Elle te fait déglutir à cause d'une certaine froideur que tu ne lui connaissais guère, si ce n'était celle de sa peau de marbre. Kerry. Il t'appelle, prononce ton nom, mais tu sais très bien qu'elle est cette silencieuse demande. Tu en trembles un peu, Kerry. Tu te mords encore une fois tes lèvres, n'osant pas relever les yeux. Et tu attends, quelques secondes seulement. Pardon. Elle tremble aussi, ta voix. Elle est basse mais on n'entend que cela. Tes mains, elles, sortent déjà ta laine bleue de sa veste, bien que la scène semble laborieuse, tes doigts tremblants lorsque tu lui tendis, obéissant bien trop docilement.

Mais que faire d'autre, Kerry ? Tu ne peux clairement pas te confronter à lui, pas ainsi. Surtout pas avec ce regard là. Tes réponses, tu ne les auras pas, car tu ne poseras pas tes questions. Tu es bien trop occupé à essayer de réagir avec ton propre ventre qui se serre contre lui-même. J'suis vraiment désolé … Si tu le pouvais, tu aurais baisser encore et toujours les yeux, la tête. À la place, tu relèves ton regard vers lui, comme pour apercevoir un élan de tendresse ou même de compassion qui puisse te réconforter dans ton choix. Parce que voilà; tu ne sais toujours pas pourquoi, mais Cherokee est effrayant. Avec un seul mot, il pose une pression énorme sur tes épaules. Un mot et ta raison se ronge. Un rien et les larmes perlent au bout de tes yeux, comme en cet instant précis.

Tu détournes de nouveau le regard, bien trop rapidement. Tu ne sais pas quel autre choix tu as, quelle est ta marge d'actions. Pourtant, tu oses te relever en t'aidant d'une de tes mains pour s'appuyer contre le casier contre ton dos. Tu aurais pu prendre la sienne, par dessus cette laine, mais la crainte est trop grande, et tu es déjà tremblant. Et, rien que pour cela, tu les vois déjà, les longues heures de hantise, à te demander si ce moment s'est réellement produit, ou s'il ne s'agit là que d'un mauvais rêve.
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