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[18+] Forget me now, Life - feat Réa Redbird
rang Mars
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Date d'inscription : 14/01/2016

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Avatar: Len Kagamine de Vocaloid
Pouvoir/Hybridité: Panda roux
Âge: Eternellement 22ans
Mar 3 Jan - 18:13
Lentement, la saison des fêtes s’éteignait. Elle a apporté à la ville son lot de joie, de bonheur et de moment d’allégresse. La neige a recouvert l’Îlot flottant un moment, lavant aussi surement que du détergeant la noirceur apportée par l’arrivée des Terriens sur Ariesten. Depuis des mois, ils étaient là, parmi eux, caché ou non, malveillants assurément. Du moins, aux yeux du Héros, ils l’étaient tous. Ils étaient les serviteurs du Dieu maléfique, Yang. De parfaits petits soldats dans son ignoble entreprise que ne pouvait qu’être néfaste pour la ville céleste. En tant d’émissaire de Ying, Ombre parmi les ombres, il se devait d’intervenir, quel qu’en soit le prix. Quel était ce « plan », quel était le pourquoi du retour de ces êtres à peine humain ? Il ne le savait pas et, quelque part, il ne voulait pas le savoir. Son cœur lui dictait de se méfier, son instinct lui dictait de se méfier. Alors, il décida, le moindre terrien qui croisera sa route finira livré à la Justice dans le meilleur des cas. Dans le pire... il ne voulait guère y penser. Penser aux extrêmes. Pourrait-il lui-même rendre juger des agissements de ces êtres ? Infliger les châtiments ? Il ne voulait pas y penser. Ah... comme tout était plus simple avant. Quand le plus violent de ses ennemis n’était qu’un voleur, ou un dealer. Le nombre de personnes qu’il devait désormais surveiller avait décuplé, sans qu’il puisse réellement les identifier. Si compliqué, si compliqué d’être un héros. SI compliqué d’être un pompier. Car la fin de l’année, le froid, le givre et la neige apportent leur lot de catastrophe supplémentaire. De l’incendie de cheminée, aux blessures corporelles plus ou moins grave, aux accidents de voiture et tous ces gens assis dans la froidure qui avaient encore plus besoin d’aide. Son travail avait jamais été aussi important, aussi prenant, ne lui laissant que peu de temps libre, pour peu qu’il en veuille réellement.

S’il n’y avait eu que cela.

Rien ne se marquait sur ses traits juvéniles, si ce n’était qu’un sourire radieux. Si brillant qu’il en masquait tout ce que son cœur d’ombre lui susurrait. Et pourtant, Mars n’était guère qu’une boule d’optimisme à toute épreuve. Certes, les épreuves lancées par la vie semblaient lui glisser sur la peau. Ses parents l’abandonnant au profit de leur travail, le laissant seul pour élever ses sœurs et son frère ? Rien qu’un avantage, puisqu’il a pu forger avec eux des liens indéfectibles, véritable moteur de son action héroïque. Les moqueries de son entourage, de ses amis de lycée face à son désir de justice constant, presque dévorant ? Rien qu’un avantage, puisqu’il a pu forger sa volonté de fer grace à cela. Sa première mort, si injuste et couverte de brume qu’il ne s’en souvenait guère ? Rien qu’un avantage, puisqu’il a pu avoir par-là la confirmation que son action était juste et reconnue par sa divinité séculaire de l’Île. Ses échecs répétés à l’examen d’entrée de la police ? Rien qu’un avantage, puisqu’il est libre d’agir conformément à ses horaires, sans devoir en référer sans cesse au lourd appareil judiciaire. Il avait l’opportunité de pouvoir entrer partout à la fois, car il n’était qu’un citoyen officiellement. Toutes ces blessures qu’il récoltait, soir après soir, à l’en faire se tordre de douleur durant de longues heures ? Rien qu’un avantage, puisqu’elles renforçaient son corps si peu fait pour la force. L’oubli de sa fratrie, qui jamais plus ne pourra le reconnaitre à cause de son statut d’ombre ?
Il ne voulait guère y penser.
Un grand sourire aux lèvres, il répondrait aux passants trop curieux qu’il a pu se forger une nouvelle identité, oublier sa vie civile pour ne plus être qu’un héros. Qu’il a pu protéger par-là même les personnes auxquels il tenait le plus au monde. Mais le revers de la médaille était parfois si dur à encaisser. Presque un an qu’il était une ombre, qu’il n’avait plus la moindre identité. Presque un an qu’il n’avait plus que la solitude comme compagne quand il daignait rentrer chez lui. Plus de rire, plus de problèmes adolescents à gérer, plus de repas à préparer, plus de maison à entretenir, plus personne avec qui échanger, plus personne à écouter, plus personne d’intime à aider.

Il ne voulait guère y penser.

Il ne voulait guère y penser pour ne pas craquer, pour ne pas partir à la recherche de cette famille qui ne pourrait le reconnaitre. Pourtant, s’il mettait tous les efforts du monde pour repousser ces pensées, sans cesse elles revenaient. Et pourquoi ? Une seule et bonne raison : C’était la saison des fêtes. Les fêtes se passent en famille, les cadeaux sont échangés, tout comme les rires, les sourires et même les disputes parfois. Cette année, Mars avait passé son premier Noel loin de sa famille. Et, pour ne pas sombrer dans une déprime qui ne le caractérisait guère, il avait choisi de se rendre à cette fête organisée par Ying, là, dans le chalet de la forêt. Quelle joie, quelle allégresse d’y retrouver autant de gens, amis ou connaissance en devenir. Parfait pour oublier que sans cette invitation, il serait resté seul. Puis... là-bas, il avait pu passer cette période de l’année si particulière avec une personne chère à sa nouvelle vie.
La douce Réa, infirmière occasionnelle de ses blessures les plus graves, était de la fête. Affublée de sa petite robe de laine brune, celle qui mettait ses courbes particulièrement en valeur -du moins, c’est ce qu’il avait remarqué-, elle lui avait semblé plus belle encore qu’à l’accoutumée. De quoi passer une soirée plus délicieuse encore, de quoi en profiter pour ravir son regard de sa personne délicate, de quoi squatter un peu plus son intimité, plus ou moins innocemment. Quel ravissement était-ce de la voir aussi enjouée et pleine de vie ! De voir celle qui avait monté sa boutique seule, celle qu’il devinait être sa véritable nature, loin, très loin de l’étincelle éteinte de ce premier soir. Quel dommage qu’il n’avait pas la bonne à lui offrir, qu’il n’avait pas encore pu retrouver l’homme que faisait battre son cœur.
Quel dommage que cet homme existe.

Le temps avait passé, depuis cette époque où il l’avait sauvée des griffes de deux canailles sans foi ni loi. Le fil de l’eau, implacable, les avait rendus ami. Mais le héros ne pouvait guère mentir en disant qu’il n’aurait pas aimé que les choses évoluent un peu plus. Un peu plus et dans une toute autre direction. Incertain de savoir ce qu’il voulait exactement, il se disait simplement qu’elle lui plaisait beaucoup. Pour le reste, impossible pour lui de se projeter dans un quelconque avenir. Trop d’obstacles sur la route, presque insurmontables. Elle en aimait un autre, fort, si fort qu’elle ne pouvait l’oublier. Mars respectait ça, et n’avait pas le courage de s’imposer à elle, de simplement lui dire ce qui trottait dans son coeur. Puis, il n’était qu’une ombre, juste un héros jovial, et elle n’était qu’une femme qui lui plaisait un peu trop. Il n’était pas assez stupide pour gâcher leur amitié de toute manière, pas pour des sentiments incertains, trop non-concret pour être qualifié d’amour. Trop compliqué. Trop compliqué.

Il ne voulait guère y penser.

Il avait trop de chose à l’esprit pour y penser.

C’est en passant les portes de l’immeuble de la jeune femme qu’il se décida enfin à enfiler son large sourire radieux et d’oublier les tourments du trajet. Il déboutonna sa veste et dénoua son écharpe flamboyante tout en montant les marches quatre à quatre. Une fois encore, il n’avait pas la bonne nouvelle à lui annoncer, sa mission n’était pas remplie. Il avait juste... envie de la voir, de lui parler et ces espèces de rapport régulier qu’il lui faisait sur son enquête pour retrouver Howl. Pour tromper la déception de son amie, il avait même pensé à emporter une boite de chocolat. Tant pis si elle entamait grandement son maigre budget de la semaine, il mangerait plus souvent à la caserne les prochaines semaines, voilà tout. Enfin, il arriva face à la l’appartement de son amie. Il frappa une fois, deux fois à la porte et attendit. Et attendit. Et attendit. Rien, juste un calme plat. Pourtant, il était passé à la boutique avant de venir, elle était fermée, comme souvent dernièrement. Encore une chose à penser, encore quelque chose pour lui s’en inquiéter. Par tout hasard, sa main rejoignit la poignée de la porte et c’est avec étonnement qu’il le trouva non verrouillée. Timidement, il l’ouvrit, tout en s’annonçant.

« Réa... ? Tu es là ? C’est Mars, ta porte est ouverte. »

Cet appartement, il avait appris à le connaitre, à force de venir s’y faire soigner. Il y avait même dormi, une fois sur le canapé, à cause d’une commotion qu’il avait eue. Un mauvais coup, et l’impossibilité pour lui de rester plus longtemps à l’hôpital lui avait forcé de venir demander de l’aider à la seule personne qui le reconnaissait désormais. Il ouvrit la porte complètement, uniquement pour retrouver son amie recroquevillée misérablement sur son canapé. Pas besoin d’être un génie pour le comprendre, quelque chose n’allait pas. Dans le même mouvement, le héros referma la porte, déposa la boite de chocolat sur la commode de l’entrée, retira veste et écharpe qu’il laissait tomber au sol, et s’accroupit auprès de son amie. Il avait peur, peur qu’une chose horrible lui soit arrivé.

« Réa ! Qu’est ce qui se passe ? Dis-moi ce qui ne va pas ! »


Il était proche, si proche d’elle et pourtant, n’osait la toucher. Incertain de savoir ce qu’il devait faire, incertain de savoir s’il était la personne qu’il lui faisait en cet instant. 

HRP:
 
[18+] Forget me now, Life - feat Réa Redbird
Invité
Sam 21 Jan - 15:17
Une nouvelle année commençait, espoir de peut-être revoir son cher Howl. Cette période de fêtes, Réa l'avait passée loin de sa famille adoptive, ne supportant guère l'absence de ce frère qui était maintenant devenu bien plus pour son coeur meurtri. Dans ce chalet, la jeune orfèvre avait pu se changer les idées, rire avec d'autres personnes, côtoyer quelques inconnus, mais surtout passer du temps avec le seul ami qu'elle pouvait d'avoir, Mars.

Le retour à l'appartement était synonyme de retour à la réalité, de la nostalgie, des pincements intempestifs du coeur. Comme d'habitude, Howl brillait par son absence. Tout de même, la jolie brune ne manquait pas de rendre visite à sa famille, un maigre espoir formant une boule au creux de son estomac. Il est vrai qu'elle avait été injoignable durant ce temps passé, elle espérait qu'ils ne lui en tiendraient guère rigueur. Un simple regard interrogateur envers sa mère adoptive, un hochement de tête de sa part et Réa sentit son coeur louper un battement, la déception s'empara d'elle, mais pourtant un sourire rassurant ourla ses lipes alors qu'avec tendresse elle serra la vieille femme dans ses bras.

"Il reviendra ... Il reviendra bientôt j'en suis certaine ..."

Si elle savait ... Si elle savait qu'elle n'avait jamais été autant dans l'erreur. Car la nouvelle tomba quelques jours plus tard, en ces jours où chacun reprenait son activité professionnelle en ce début d'année encore glacial.

***

Là, tout blottie dans ce canapé qu'elle n'avait quasiment pas quittée depuis une bonne semaine, la douce créatrice d'améthyste ne détachait son regard d'océan d'un cliché encadré, reposant sur la table basse devant elle. Cliché du passé, cliché devenu encore plus précieux qu'il ne l'était déjà. Car dorénavant, Réa était sûre que les photographies ne seraient plus que sa seule chance de croiser ce regard de glace. Un regard, une expression, qui resterait figé à jamais. A cette simple pensée, son menton se mit à trembler, encore une fois, pour la énième fois même, et irrémédiablement, elle enfouit son visage dans ce coussin qui ne quittait plus ses bras pour étouffer de nouveaux sanglots. Continuellement, elle ressassait cette terrible nouvelle qui avait saigné son coeur à vif.

Howl n'était plus. Plus jamais elle ne pourrait le voir, lui parler, rire avec lui, se chamailler avec lui comme le ferait un frère et une soeur. Plus jamais elle ne pourrait lui subtiliser son précieux appareil photo pour voler une nouvelle image de lui. Plus jamais elle ne pourrait se confier à lui. Plus jamais. Mais surtout ... Jamais elle ne pourrait lui avouer ces sentiments nouveaux, devenus si habituels pour elle. Jamais elle ne pourrait savoir si ceux-ci étaient partagés. Cela faisait si mal.

Pourquoi avait-il fallu qu'il prenne tant sa passion à coeur ? Pourquoi avait-il fallu qu'il se mette en danger pour un simple cliché qu'il aurait jugé époustouflant ?

Le travail que le justicier d'Ariesten avait effectué avec elle était anéanti, brisé comme un simple roseau subissant une bourrasque. Le jeune blond était parvenu à raviver l'étincelle éteinte de la belle, la faire de nouveau sourire, la faire de nouveau rire, rendant l'absence de ce "frère" moins insupportable. Plutôt que d'espérer son retour, elle aurait dû s'accoutumer à l'idée de ne plus le revoir. Et Mars, il avait passé tant de temps à le chercher lui aussi, pour elle, rien que pour elle. Mais la jolie brune n'avait même pas pris la peine de le stopper dans ses recherches maintenant vaines. Elle n'était pas en état de le faire, elle n'était pas en état de faire quelque chose de toute façon.

Ses journées se résumaient simplement à dormir d'un sommeil hanté par le visage de Howl, se doucher et rejoindre ce canapé qu'elle commençait à avoir en horreur pourtant. La boutique restait close, sans aucune raison affichée à la porte. De toute façon, au vu des émotions de la demoiselle, user de sa magie était clairement une très mauvaise idée. Après tout, elle l'avait blessé lui, des années auparavant.

Le temps lui paraissait si long et à la fois si court. Le fait de penser l'épuiser, elle qui ne parvenait guère à remonter la pente. Encore fallait-il qu'elle sache faire son deuil. Mais rien ne pouvait la consoler dans cet appartement beaucoup trop vide, empli de beaucoup trop de souvenirs. Des souvenirs de lui. Sanglots, colère, déni, rien d'autres ...

Jusqu'à ce soir où quelques coups résonnèrent sur la porte de chêne. La belle  ne répondit pas, pensant simplement que son visiteur se résignerait devant l'absence de réponse. Elle se blottit simplement un peu plus contre son coussin, ses pupilles d'azur fixée sur le panneau de bois. Mais la poignée finit par tourner. Réa avait semble-t-il omis de verrouiller sa porte, s'exposant ainsi à d'éventuels voleurs depuis plusieurs jours. Mais cela n'avait pas d'importance. Une voix familière retentit, voix qui à l'habitude arrachait à sourire à la jeune femme, mais cette fois, rien. Elle n'en avait guère la force, ni même l'envie.

Mais lorsque la tête blonde fit irruption dans l'appartement, l'orfèvre eut soudainement honte de se montrer ainsi, si vulnérable, le visage rosi par plusieurs jours de larmes. L'indécence de sa tenue ne lui vint pourtant point à l'esprit, son corps frêle n'étant couvert que d'un simple T-Shirt blanc pris dans la garde-robe de l'élu de son coeur, lui arrivant à peine à mi-cuisse. Mais cela n'avait pas d'importance non plus. Le regard perdu sur un défaut du tissu recouvrant le coussin, Réa n'osa guère lever les yeux vers son ami lorsqu'il s'approcha d'elle, la questionnant sur la situation.

Qu'allai-il donc penser en la voyant ainsi, elle qui semblait amorphe, morte de l'intérieur.

La gorge serrée, une nouvelle crise de larmes la menaçant de nouveau, ses iris d'océan finirent par se plonger dans celle de Mars. Quelques semaines auparavant, elle avait reconnu silencieusement qu'elle aimait contempler ce regard d'innocence et elle s'en voulut presque de le penser à cet instant même. Elle inspira tout en se redressant pour s'asseoir, étirant tout de même le tissu pour en dissimuler le plus possible et d'une voix tremblante et basse, elle finit par répondre à ses interrogations.

"Howl ... Il ..." Ses yeux s'embuèrent de larmes incontrôlables pour ensuite de clore un instant. Elle se mordit la lèvre inférieure avant d'inspirer et d'expirer de nouveau pour tenter de retrouver un semblant de calme. Puis de nouveau, elle dévoila ses prunelles de glace. "Il a eu ... un accident ... Il ... ne s'en est pas sorti ..." Et ainsi, de fines perles lacrymales roulèrent sur ses joues, l'emportant dans une crise de larmes alors qu'elle rabattit des genoux contre sa poitrine pour y cacher ses traits. "Mars ... Howl n'est plus là ... Il ne reviendra plus jamais ..."

Elle ne pouvait plus dissimuler sa détresse, son chagrin, vulnérable face à son ami, la belle se laissa aller à ses larmes. Car il était devenu trop difficile de les retenir, car c'était la première fois qu'elle prononçait ces mots à voix haute, rendant la nouvelle ... réelle et irréversible. Un cœur blessé, meurtri, au bord de l'implosion.
[18+] Forget me now, Life - feat Réa Redbird
rang Mars
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Dim 22 Jan - 19:50
Que dire... ? Que faire... ? A la seconde avant même que Mars ne pénètre dans cet appartement, il sut que quelque chose n’allait pas. Un sixième sens du danger, une intuition guidée par les nombreux indices disséminé çà et là, un mauvais pressentiment... Cette soirée ne serait pas comme les autres. Pas comme celle qu’il avait passé il y a quelques semaines de là, couché sur ce canapé, soigné par son infirmière improvisée. Elle vérifiant que la mort ne l’accueille pas une seconde fois, lui profitant juste de sa présence, de sa douceur, occultant sa douleur, comme d’habitude.  Une soirée pas comme celles qu’il avait déjà passé en compagnie de son amie, juste pour se voir, juste pour se parler, juste pour discuter de la mission qu’elle lui avait confié, celle de retrouver l’élu de son cœur disparu. Et, à la seconde où il entre dans l’appartement, il sait. Il sait qu’une horreur s’est passé. Il sait qu’un malheur frappe son amie, sans réussir à en identifier la source. Il le sait, parce qu’il ne l’a encore jamais ainsi, dans cet état... presque catatonique. Le regard perdu dans ce vague invisible, l’air désolé et désolant marquant profondément ses traits harmonieux, son manque de réaction alors qu’elle se présente à lui dans une tenue fort peu couvrante. Tenue sur laquelle il aurait pu largement plaisanter en d’autres temps, juste pour la voir se parer de rouge et bredouiller quelques excuses mal assurées, tout en profitant largement de la vue qu’elle lui offrait. Que dire... ? Que dire sinon qu’il la trouve juste superbe, sinon qu’elle lui plait, sinon que ce n’est pas l’instant de penser à tout ça ?
Habituellement, elle l’aurait accueilli avec un grand sourire, aurait chanté de sa voix mélodieuse son nom et, malgré la mauvaise nouvelle qu’il aurait à lui annoncé, l’aurait juste rassuré sur sa confiance en lui, sur le fait qu’elle savait qu’il faisait son maximum pour retrouver ce Howl. Et, au final, une nouvelle soirée amicale se serait déroulée, loin, très loin du tableau à fendre le cœur qui se dessine sous ses yeux.
Mais un malheur s’est produit, et l’étincelle de son regard lui a une nouvelle fois été dérobée. Alors qu’il avait eu tant de mal à la faire naitre de nouveau, à retrouver cette ‘Réa’ qu’il n’avait fait que deviner le premier soir. Désormais, il la retrouve brisée, fauchée en plein vol par un mal qu’il n’arrive à deviner. Ne sachant pas trop que faire, Mars s’approche. Mais est-il réellement celui qui lui faut en cet instant ? Il en doute. Bien sûr qu’il en doute. Bien sûr qu’il sait qu’elle aurait mille fois préféré revoir ce frère qui se dérobe à son regard depuis des années. Mais il n’est pas lui, et ne le sera jamais. Il le sait. Ce qu’il aurait aimé pouvoir la toucher, pouvoir l’étreindre, pouvoir faire disparaitre toutes ces larmes. Mais il n’est pas lui et il ne sait que faire. Quoique sera la réponse à sa question, à son inquiétude, il sera là. Il est toujours là, pour n’importe quel souci, pour n’importe quel service, il est là. Enfin, elle réagit et se redresse durant un temps qui lui semble infini. Elle se dégage quelque peu et arrange un maximum sa tenue. Du moins, du mieux qu’elle peut avec si peu de tissus sur le dos. Le sanglot l’assaille et il sait. Deux petits mots et il sait. Il sait ce qu’il s’est passé, il sait qu’il a échoué dans sa mission, il sait pourquoi tous ses efforts ont été réduit à néant. Il n’ose la stopper, bien qu’il capte sa fragilité plus qu’évidente. Peiné jusqu’à l’os, il s’en veut. Fort, si fort. Il a échoué. Le jeune homme qu’il se devait de retrouver n’est plus. C’est définitif, il n’est plus. Et puisque Réa se souvient clairement de lui, c’est un départ ferme et définitif. Aucun espoir n’est permis. Même le héros a presque envie de pleurer cette perte. Non qu’il connût cette personne, mais à la vue de l’état dans lequel son amie est, il le devine comme étant un homme de bien. Pour qu’elle l’ait attendu tout ce temps, il devait être quelqu’un de bien, quelqu’un qui ne méritait pas ce sort tragique. L’explication est tellement...simple qu’elle n’en est que plus révoltante. Un accident. Un stupide accident, sans doute mille fois évitable. Il avait pourtant fait le tour des hôpitaux... sans doute aurait-il dû faire celui des morgues. Que dire... ? Que faire face à ces larmes ? Face à cette détresse déchirante ? Il est là, mais se sent fautif. Il est là mais n’est pas celui qu’il lui faut, celui qu’elle a tant attendu. Il est là, mais il ne sait s’il pourra combattre la peine aussi efficacement que l’injustice. Elle se recroqueville, mais lui n’a toujours pas osé bougé. Pour lui, elle essaie de se faire la plus petite possible, comme si sa peine pouvait suivre le même chemin pour finalement disparaitre. Elle a mal, si mal... qu’il a l’impression de ressentir cette peine jusque dans sa chair. Un temps, un souffle de seconde, il est heureux de ne pas avoir fait subir ça à sa fratrie. Au moins, sa propre disparition n’a causé de lui peine qu’à une seule et unique personne : lui-même. Et de son passé, il ne reste même pas de photo jaunie par les années. Au moins a-t-il pu au moins réussir ça dans sa vie. Mais il n’est guère question de lui en cet instant. Il n’est même jamais vraiment question de lui.
Que dire... ? Que faire... ? Il ne s’est encore jamais occupé du deuil de quelqu’un. Les plaies, les cassures du corps, il connait. Mais celle de l’âme, il ne peut que les deviner.

« Oh Réa... Je suis tellement désolé... »

Mais ces mots sont bien vides, ils sont bien creux et inutiles. Jamais ils ne ramèneront l’être aimé. Il le sait. Dès lors, il se met en mouvement et ose. Il n’est pas celui qu’il lui faut en cet instant, mais il est là. Et... c’est déjà ça, non ? Il se relève, lui accroupi, et s’installe sur ce canapé réchauffé par le corps de son amie. Combien de jours ? Combien de temps a-t-elle passé ici ? Comment a-t-il pu ne pas s’en rendre compte plus tôt ?

« Viens là... »

Dit-il en l’attirant à lui. Il passe son bras autour de ses épaules et l’incite à se laisser aller contre lui. Que peut-il faire d’autre après tout ? Les mots ne changeront rien. Puis, il l’enlace et la serre fort, si fort contre lui. Il aurait aimé faire disparaitre ces larmes, faire disparaitre cette peine, faire disparaitre ce cœur qui se serre à l’en faire si mal. Mais il ne peut pas. Parce qu’il n’est pas celui qu’il lui faut et peut-être qu’il lui ressemble de trop pour la soulager. Mais il est là.


« Je suis là. Ça va aller » répète-t-il doucement. C’est un mensonge, il doute même qu’il puisse être d’une quelconque aide. « Je suis désolé... » Et c’est la vérité, parce qu’il est fautif lui aussi. Fautif de n’avoir pu remplir sa mission impossible. 
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