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On the way home [PV Faith] - TERMINÉ
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Ven 27 Jan - 0:26

C'est un de ces jours mornes, un peu froids. C'est l'hiver, la nuit tombe tôt mais il y a encore beaucoup de soleil à l'horizon. La boutique, ce vendredi, a fermé une heure plus tôt que prévue car le maître horloger avait un rendez-vous d'affaires : une grosse marque aimerait racheter sa modeste bijouterie et ses chefs d’œuvres de minutie. A priori je ne perdrai pas ma place, mais puisqu'ils peuvent devenir mes nouveaux employeurs, s'ils décident qu'ils n'ont plus besoin de moi, je suis bon pour retrouver un autre job.

Je soupire, un peu las, après avoir vérifié que la porte était bien fermée. Je lève la tête, soucieux, et rabats ma capuche sur ma tête d'un geste vif. Il ne pleut pourtant pas, mais j'ai froid, et j'aime la sensation de protection qu'elle me procure. Je me sens dans ma bulle. Un écouteur dans l'oreille gauche et l'autre pendant sur mon torse, balancé au rythme de mes pas, j'entends alors un rock'n'roll détonnant, mêlé aux habituels bruits de la ville. Ils me sont familiers, maintenant que je suis accoutumé au centre ; mon quartier résidentiel étant bien plus calme, ça m'a fait un choc au début. Je dois dire que je les apprécie à présent, ils sont devenus ma routine, mes repères.

La ville, c'est ce lieu vivant qui résonne par des coups de klaxon, des sonneries de téléphone, des rires et des pas, des connaissances qui s'interpellent ; ce sont les pigeons qui roucoulent sur le trottoir, c'est le type qui allume sa clope à un arrêt de bus et qui fait crisser son briquet. Dans ce perpétuel mouvement, je me sens transparent, j'appartiens à la foule sans faire d'efforts, c'est plutôt reposant. Le ciel un peu terni par l'hiver et ses nuages flous me semble presque gris, seul l'horizon demeure vibrant, rosé, orangé, éclatant.

Comme tous les jours, je passe devant mon ancien lycée. J'y ai passé de très chouettes années de ma vie, je m'y suis senti à l'aise, ai rencontré des potes formidables. Le voir baigner dans cette lumière douce du soir me rend incroyablement mélancolique, et m'arrache un sourire sincère. Je m'arrête un peu, retirant l'écouteur restant de mon oreille ; j'ai besoin de tous mes sens pour apprécier davantage la scène qui s'offre à moi.

La sonnerie retentit faiblement, au loin dans le bâtiment. Je ne m'en rappelle plus assez pour restituer de moi-même la mélodie, mais après l'avoir entendue je ne peux m'empêcher de la fredonner machinalement. Un sourire trône toujours sur les lèvres, un peu plus discret maintenant. C'est la sortie des cours alors, je vais peut-être croiser quelques têtes connues ? Cette idée me fait plaisir mais m'angoisse aussi un peu, je n'ai gardé contact qu'avec très peu de monde et n'ai pas vraiment envie de sociabiliser. Je m'alarme sans doute pour rien après tout, la plupart de mes connaissances ont quitté le lycée ; mis à part quelques redoublants, et les quelques camarades plus jeunes que je connais de vue, je devrais être tranquille.

... et voilà que je reconnais un petit groupe de personnes. Ils ont quoi, un an... peut-être deux de moins que moi ? Un de mes amis sortait avec une des filles du groupe, en plus d'elle j'avais été vaguement présenté à deux d'entre eux il me semble. Que faire ? Ne pas les saluer serait mal poli, mais que dire une fois la conversation entamée ? Je ne sais même pas si elle est encore avec lui... ? Je me tiens un peu en retrait, je sens mon corps se crisper et mon visage se refroidir. Kerry m'a déjà dit que, quand je suis comme ça, j'ai une tête à faire peur : la vérité, c'est que j'angoisse. C'est aussi ma "casual face", et cette expression que je porte peut dire trop de choses. Mais je crois qu'elle effraie effectivement pas mal de monde.

J'inhale un grand coup et m'avance devant eux, saluant la copine (ex-copine ?) de mon ami, et les autres du groupe d'un signe de la main. Elle m'accueille plutôt chaleureusement, mais je crois remarquer une jeune femme marquer de la distance. J'ai beau creuser, je ne me rappelle pas vraiment d'elle. Elle est à contre-jour, alors je plisse les yeux, et la fixe un peu, espérant qu'un détail physique pourrait me raviver la mémoire. Je me rappelle de ses cheveux rouges, son visage me dit aussi quelque chose ; je crois que je l'ai un jour bousculée dans les couloirs... ? On se connaît, c'est sûr. Mais pas très bien, visiblement, pas assez pour que je me rappelle de son prénom.

- Hm, euh, salut ! On se connaît aussi, non ? Lui dis-je d'un air le plus détaché possible, les sourcils froncés à cause du soleil dans les yeux.
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Ven 27 Jan - 7:57
On the way home

Ft. Sven Leif

» Bleh...

- Alors ce travail d'équipe, on le fait ensemble?

-Eh?...

Han? Que? Quoi? Travail? Équipe? Un travail d'équipe? Tu étais resté un bon moment à fixer ta camarade de classe avec ce regard perdu. Celui que tu arbores toujours lorsqu'on te ramène sur terre... ce qui arrive honnêtement... assez souvent, particulièrement dans les cours! Par chance, ça ne nuisait pas trop à tes études car tu arrivais à retenir des bribes de ce qu'enseignaient tes professeurs et tu remplissais les vides à l'aide de ta logique ou de tes lectures...

Mais bon... ces absences, si elles n'énervaient pas les gens, avaient tendance à les amuser, comme c'était le cas avec ton amie. Voir ta réaction l'avait bien fait rire et alors que tu lui faisais un petit sourire mi-amusé mi-gêné, elle se mit rapidement à t'expliquer ce que vous deviez faire. Tout ça bien entendu sans manquer de te taquiner à plusieurs reprises! Tu ne lui en veux pas non plus... tu peux te montrer si bête parfois...

Malgré la gaieté dont faisait preuve ton amie, l'idée de travailler en équipe ne te réjouissait pas. Tu détestais tout ce que cela pouvait inclure. Tu n'as jamais été douée pour communiquer tes idées, ce qui, parfois, donne l'impression que tu ne participes pas alors qu'en réalité, le stress de savoir que tu puisses influer sur la note d'autres personnes te pousse toujours travailler davantage... Toutes ces impressions que les autres peuvent avoir de toi, mélangé à toutes les émotions intenses que t'apportent ces projets rendent ce genre de travaux littéralement insupportables.

Est-ce réellement nécessaire d'apprendre à travailler avec les autres?
Bleh..

» Liberté!.. Oh...

Enfin, la sonnerie annonçant la fin de la journée se fait entendre. Fini le supplice de l'école pour au moins deux grosses journées... Ton manteau enfilé, ton bonnet noir sur la tête et ton foulard monté jusqu'au nez (oui tu détestes avoir froid), tu sors du bâtiment en poussant un long soupir de soulagement.

Soupir qui se fait rapidement entendre par ton amie qui te suivait apparemment depuis un moment. Elle tenait une boites dans ses main et était accompagnée de deux autres copines.. Bref... elles étaient trois, déjà trop de personnes pour toi. Surtout lorsque tu deviens le centre de l'attention, ça ne te mets vraiment pas à l'aise. Tu esquives leurs questions simplement en disant que tu es épuisée et rapidement, les filles font dévier la conversation vers les potins de l'école. Tu es ailleurs. Les potins ne t'ont jamais intéressés (à l'exception de ceux concernant le héro de la ville) alors quand tu entends les gens blablater là-dessus, tu perds rapidement le fils de la conversation.

Tu regardes alors devant toi, suivant le groupe avec ton éternel air absent et te "réveilles" alors que les autres ralentissent et s'arrêtent.

Hm?

C'est seulement à ce moment que tu remarques le jeune homme qui se trouve devant vous. Tu le reconnais aussitôt. En même temps, assez difficile d'oublier la personne que tu as tenté d'éviter  si longtemps au le lycée non? N'avait-il pas eu son diplôme? Que vient-il faire ici? Tu recules d'un petit pas discret alors que ta tête s'enfonce d'elle-même entre tes épaules, faisant monter ton foulard un peu plus haut sur ton visage. Comme si tu espères disparaître derrière le tissus... mais tu sais Faith, ton foulard n'est pas une cape d'invisibilité...

Il te fixe, fronce les sourcils.. tu commences à paniquer à l'intérieur.. il n'as pas l'air content, est-ce que tu aurais brisé l'un de ses trucs lors de la bousculade que vous aviez eu auparavant? Il t'en veux encore?

-Hm, euh, salut ! On se connaît aussi, non ?

Tu sursautes.

-Euh... oui! Désolée!

Ouais... c'est le premier mot qui t'es venu à l'esprit... Tu rougis un peu alors que tu remarques ta camarade de classe échapper un petit rire silencieux et te reprends rapidement

-...j'ai oublié de me présenter... Je suis Faith Walker, on s'est croisé quelques fois... probablement... dans les couloirs.. je crois..

Ce fut suffisant pour faire rire les trois filles ce n'était rien de méchant, seulement elles te connaissais suffisamment pour savoir que parfois il ne fallait un rien pour t'intimider et du coup, elles trouvaient ça adorable... alors tu ris un peu aussi à ton tours, plus discrètement, timide. Ouais... tu deviens assez maladroite lorsqu'il s’agit de parler... en fait... pas seulement lorsque tu parles, mais bon...

-Tu devrais arrêter de la fixer comme ça, tu lui fais peur, la pauvre!

Sur le coup, ton corps se dresse rapidement faisant un peu glisser ton foulard qui cachait ton visage rougit par la gêne. Toi, peur?

-Que? Non! Pas du tout!

Enfin... si... mais l'orgueil hein..! Tu le regardes un peu affolée par ce que ton amie venait de dire tout en espérant que Sven ne prenne rien de personnel.

» Please don't be mad at me...
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Ven 27 Jan - 19:01

Elle sursaute.

- Euh... oui! Désolée!

Des... excuses ? Pour ne pas m'avoir remarqué plus tôt, peut-être ? C'est bizarre, comme réaction, mais bon, j'aurais probablement dit quelque chose du genre, à sa place. Je suis le champion des bizarreries sociales, alors au final, je me dis que ce n'est pas si important... ? Ça peut arriver de paniquer face à quelqu'un, après tout. Un petit rire étouffé de sa camarade de classe parvient tout de même à mes oreilles, lorsqu'elle reprend :

- ... j'ai oublié de me présenter... Je suis Faith Walker, on s'est croisé quelques fois... probablement... dans les couloirs... je crois...

Dans les couloirs, j'avais bien raison ! Si je la replace bien, il me semble que c'était une élève assez effacée, qui parlait peu voire évitait le contact avec les autres. Du moins, je n'ai jamais vraiment échangé avec elle. Est-ce que je tiens vraiment à ce qu'aujourd'hui marque nos premiers mots ensemble, en face à face ? Ah, je n'ai pas vraiment le temps d'y penser. Les obligations sociales, dont je dois à chaque fois faire l'effort de me rappeler, me dictent clairement depuis le fond de ma tête : réponds-lui, ou tu auras l'air bête. J'entends distinctement quelques rires de la part de son groupe d'amies. Eh bien, quoi ? Elles se moquent ?

Elle même décroche un peu rire cristallin, que je crois deviner comme gêné. Il ressemble au rire qu'il m'arrive d'avoir lorsque je n'ai pas compris une des blagues de Kerry ; heureusement il le connaît bien et m'explique souvent ce que j'ai raté derrière -sacré Kerry.

- Tu devrais arrêter de la fixer comme ça, tu lui fais peur, la pauvre !

Je sursaute. Je lui fais peur ? Comment ça, peur ? Je l'entends nier vivement, mais ça ne me suffit pas pour comprendre le raisonnement derrière. Peur ?

Moi, je fais peur. Mais qu'est-ce que j'ai fait ?

- Ah... euh, j'ai fait quoi ?

Trop déstabilisé par la nouvelle, je ne m'excuse pas. Le visage encore plus crispé par ce malaise social qui s'amplifie, je sens également mon corps se raidir. Pourquoi aurait-elle peur de moi ? Je ne me rappelle pas avoir fait quelque chose de travers, pourtant. Je ne me rappelle vraiment, vraiment pas...

Il me semble ne l'avoir rencontrée qu'au lycée, si elle avait vu mes bagarres de primaire je l'aurais su, je pense. Généralement mes camarades de l'époque restaient franc sur le sujet, l'affaire ne faisait plus de bruit. Je me suis bien bagarré une fois au lycée, mais c'était sans mon pouvoir, alors je ne vois pas ce qu'il y a d'effrayant là-dedans ? Je veux dire, tout humain est capable de mettre des coups à un autre, j'imagine. Je l'aurais menacée, un jour ? Il est vrai que je ne me rappelle absolument pas des personnes avec qui j'ai précédemment été désagréable, mais je me rappelle avoir passé plus de moments à m'amuser et rire qu'avoir été un monstre de froideur. Peut-être me voit-elle différemment ?

Peut-être qu'en fait, j'ai toujours été un sale con, cynique et violent, sans même en avoir l'impression... ? Est-ce seulement possible ?

- J'ai dit quelque chose de travers ? Je demande, curieux mais surtout inquiet.

C'est bizarre, je ne m'en veux jamais pour les mots durs que j'ai pu avoir envers quelqu'un. Je ne m'en veux jamais, car je sais qu'ils sont toujours justifiés, je me donne raison et tout me va comme ça. Je ne pense pas avoir été injuste dans mes paroles, alors là oui, je me demande : pourquoi a-t-elle peur de moi ? Si j'ai fait quelque chose qu'elle ne méritait pas, si je lui ai fait une mauvaise remarque, j'aimerais savoir. Je veux savoir si cette peur qu'elle nie si vivement est fondée. Son amie avait l'air assurée lorsqu'elle a lâché l'info, non ?

Ah putain, ça m'énerve. Je pourrais m'en fiche, comme j'ai toujours fait. Je pourrais hausser les épaules, décréter que ce n'est pas mon problème, et partir. Ça m'irait bien. Ça ne me gênerait plus... du moins jusqu'à chez moi, où je ressasserais le problème à en avoir mal au crâne. Oui, c'est ça. Je ne veux juste pas que cette gêne et cette impression d'avoir échoué socialement me colle à la peau. Je ne veux pas abuser du temps de Kerry lorsque je le choisirais finalement pour me rassurer.

Je soupire.

Putain, si seulement je savais correctement communiquer.



Hors RP:
 
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Sam 28 Jan - 7:40
On the way home

Ft. Sven Leif

»I'm not... I'm not scared!

- Ah... euh, j'ai fait quoi ?

Bah oui Faith, c'est une bonne question ça. Qu'est-ce qu'il t'a fait au juste? Il s'est montré violent? Il t'a menacé? Insulté? T'a-t-il seulement une fois parlé? T'a-t-il seulement donné une raison valide pour que tu le craignes ainsi?

Non, rien. Il ne t'a jamais rien fait directement si ce n'est du regard qu'il t'avait lancé lors de cette fameuse fois où tu l'avais bousculé. Sinon, rien. Ce qui t’effraie chez lui ne sont que les histoires que tu as entendues des élèves plus vieux. Ça et aussi son attitude, ses airs qui donnent toujours l'impression qu'il est de mauvais poil. Sa façon de te fixer aussi, là, maintenant. Il te donne vraiment l'impression d'être en colère contre toi. Tu as fait quoi encore?!

Tu te mords la lèvre inférieure pour réprimer ton envie de te cacher de nouveau le visage derrière ton foulard. Tu te sens suffisamment ridicule présentement alors pas la peine d'en ajouter en te cachant comme une gamine. Tu n'as tout simplement aucune bonne réponse à lui donner, aucune. Tu as peur de lui comme un chiot a peur du tonnerre; la petite bête en toi a peur du vacarme et des éclats vifs.

Et donc, ne trouvant rien à dire, tu restes figée là, les lèvres pincées, te retenant aussi de couiner comme une enfant "Mais... mais... J'ai pas peur j'ai dit..!". C'est le genre de réponse qui ferait rire tes copines davantage. Ça ne te dérangeait habituellement pas de les entendre se moquer de toi, elles avaient tendance à te voir un peu comme une gamine, tu les encourageais même souvent à te voir comme tel en disant des imbécillités, en prenant le rôle de l'enfant, car cette image de petite chose fragile, mignonne, te plaisait bien, mais là, leur rire ne faisait qu’accroitre ton impression d'être ridicule.

- J'ai dit quelque chose de travers ?

Tu entrouvres les lèvres, cherches quelque chose de potentiellement intelligent à lui répondre. Rien. Tu restes muette et te remets rapidement à mordiller tes lèvres en détournant timidement le regard vers le sol. Tu veux disparaitre. Là. Ne plus te retrouver coincée dans cette situation humiliante, sans possibilité de fuir sans te ridiculiser davantage...

Allez, parles, tu peux bien lui répondre quelque chose? Tu relèves lentement le visage et ris un peu. Tu te trouves un peu bête là, arborant un grand sourire crispé. Bête ouais... tant qu'à ne pas trouver quelque chose d'intelligent à dire, autant dire quelque chose d'idiot non?

-Non, tu n'as rien fait en particulier, je suis juste un peu stupide.

Ton amie lève le regard au ciel. Tu peux presque l'entendre penser; bien sûr, tu ne peux pas te défaire de cette habitude de te rabaisser, mais elle ne dit rien, elle ne fait que pousser un faible soupir avant de te donner un petit coup avec la boite qu'elle tient. Tu sursautes encore, sur les nerfs.

-M'enfin, je suis vraiment heureuse de te revoir Sven, mais moi et ces deux jeunes filles, elle soulève la boite, s'en servant pour pointer ses deux autres amies, avons quelque chose de prévue ce soir et je commence à avoir hâte de me débarrasser de ce truc alors... on pourra peut-être se revoir une autre fois? Avec mon copain? Je suis certaine qu'il serait heureux d'avoir de tes nouvelles!

Son copain? Heureux de le revoir? Ils sont amis? D'un coup, Sven te parais un peu moins asocial... mais ouais... reste qu'il te fout la trouille quand même... Attends. Elle s'en va? Elle te laisse seule avec lui? Ton regard s'agrandit alors que tu comprends ta situation, mais elle ne semble pas le réaliser et vous salue de la tête avant de partir en entrainant avec elle ses amies qui vous disent aurevoir en remuant la main.

Bêtement, tu soulèves la tienne en la gardant en suspens dans les airs, comme si tu avais perdu l'usage de ton cerveau. Tu viens de perdre la seule chose qui te donnait un semblant de sentiment de protection et du coup tu ne sais plus quoi faire.


» Eh... à l'aide?

Spoiler:
 
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Lun 30 Jan - 3:25

Ce n'est pas nouveau, j'ai du mal avec les contacts humains, avec quelque humain que ce soit ; une petite fille, un vieux monsieur et un trentenaire me poseraient probablement tous les trois problème. Je n'ai pas de critère qui me permette de cerner quelqu'un ou de comprendre aisément ce qu'il attend de moi, ça marche avec quelques rares individus et les autres vont tous dans le même panier, celui de ceux avec qui je ne sais pas communiquer.

Mais est-ce que communiquer, ça s'apprend ? Est-ce que c'est une barrière franchissable, ou est-ce qu'elle est et restera toujours immuable, entre moi et les autres ? Ce qui paraît instinctif et facile aux autres est pour moi à apprendre depuis le point zéro. Ce qui semble être fourni de base lors de la conception d'autres êtres humains n'est simplement pas intégré à mon système. Je pense connaître maintenant l'origine du pourquoi du comment -paraîtrait que je suis aspie- mais ça ne me change pas grand chose : pour m'intégrer en société, j'ai beaucoup plus d'efforts à faire.

Certes, je sais désormais -et c'est rassurant- que je communique juste différemment, que je ne suis pas insensible mais sensible à d'autres choses. Je n'arrive juste pas à comprendre comment les règles fonctionnent, comment les autres humains semblent se connecter via leurs conventions sociales. J'ai appris à dire "Bonjour, comment vas-tu ? J'ai rencontré un chat adorable, tu veux une photo ?" à mes connaissances plutôt que leur envoyer "MEC, J'AI TROUVE UN NOUVEAU CHAT ADORABLE REGARDE CETTE PHOTO PTN" -bon ok, c'est exactement ce que j'envoie à Kerry par exemple, qui me connaît assez bien pour savoir comment je fonctionne, mais j'ai dû lui expliquer d'abord- parce que dire bonjour, demander comment va l'autre leur paraît naturel : moi, je dois à chaque fois m'en rappeler distinctement pour ne pas oublier, partant du principe que si un proche va très bien ou très mal, il me le signalera de lui-même. C'est faux : dans notre société construite, on est obligés de répondre à des formulaires qu'on se pose entre nous, pour fonctionner ; et quand on n'utilise pas les dits formulaires, on se fait reprocher de ne pas s'intéresser à l'autre, d'être égoïste, de ramener la conversation à soi. Alors que, vraiment, moi aussi j'aime échanger des idées et des points de vue, j'écoute vraiment les autres. J'ai toujours trouvé ça profondément injuste.

Et je me trouve face à elle, aussi perdu que d'ordinaire, habitué mais toujours angoissé. Et elle s'excuse. Elle s'excuse, paniquée, un sourire mal dessiné sur le visage tant son expression est crispée.

L'expression en elle-même, je n'arrive pas à la décoder. Timidité ? Gêne ? Peur, alors qu'elle l'a nié si vivement ? Dégoût ? Mal-être ? Je ne sais pas. Je ne dénoue pas ce genre d'éléments. J'ai régulièrement le même sourire qu'elle par contre, quand je ne sais plus quoi répondre et que je m'embrouille. Alors, je suppose qu'elle est gênée par ma présence. Que faire ? La libérer de tout ça ? Elle n'est pas forcément comme moi à tout intérioriser, peut-être que si je la laisse partir en l'état, elle n'emmènera pas ce sentiment de malaise jusque chez elle. Après tout, elle n'a pas de raison de s'en vouloir, je ne pense pas qu'elle ait fait quelque chose de travers, elle.

Mais la voir se dire "stupide" pour justifier sa peur envers moi, non. Je n'arrive pas à l'accepter. Quelque part, si je l'impressionne au point qu'elle ait besoin de se dénigrer publiquement, alors c'est sans doute moi qui ai quelque chose à me reprocher. Ce n'est pas grave. Ça arrive. Je suis extrêmement mal à l'aise à l'idée d'avoir autant impacté la vie de quelqu'un, mais j'inspire un bon coup, prêt à lui répondre, lorsque sa camarade me coupe dans mon élan :

- M'enfin, je suis vraiment heureuse de te revoir Sven, mais moi et ces deux jeunes filles avons quelque chose de prévu ce soir et je commence à avoir hâte de me débarrasser de ce truc alors... on pourra peut-être se revoir une autre fois ? Avec mon copain ? Je suis certaine qu'il serait heureux d'avoir de tes nouvelles !

J'écarquille un peu les yeux, j'ai du mal à intégrer d'un coup toutes ces informations. Je dessine volontairement un petit sourire sur mes lèvres pour me montrer poli et chaleureux, et je lui fais un signe de la main.

- Entendu, recontacte-moi quand vous aurez un moment de libre !

Je marque une pause, la regardant s'éloigner. Je sais pertinemment qu'on ne se reverra pas : si on avait voulu garder contact, on l'aurait déjà fait plus tôt ; en plus, je crois bien qu'on n'a jamais échangé nos numéros de portable.

- Et passe-lui le bonjour ! J'ajoute en haussant le ton pour qu'elle m'entende.

Elle semble me saluer au loin, et se détourner pour reprendre son chemin. La question se repose alors : que faire ? Mon ancienne camarade de lycée semble oppressée par ma présence, et il m'est impossible de m'excuser pour la mettre en confiance : je ne connais même pas la raison de ce ressenti. Je me tourne vers elle, et aperçois sa main encore en l'air, le regard perdu comme s'il suivait encore son amie disparue au croisement.

Le petit sourire que mes lèvres arborent alors se fait sincère, tout à coup. En fait, c'est probablement la première fois que je ne suis pas le plus mal à l'aise dans une conversation. Ça me fait bizarre, d'avoir ce pouvoir sur quelqu'un, et je n'aime pas trop ça. J'aime dominer volontairement la situation, mais quand c'est inconscient, c'est très problématique. Mais je me vois un peu en elle, finalement. Mes interlocuteurs trouvent rarement une raison logique pour expliquer mon comportement alors que c'est clair pour moi ; c'est peut-être le cas pour elle ? On n'arrive pas à communiquer, tous les deux, mais si je me base sur ce modèle, alors je n'ai qu'à lui expliquer pour la mettre à l'aise ?

Je me racle la gorge, nerveux mais assez enthousiaste à l'idée d'entreprendre ça. Je réunis tout mon courage pour faire les efforts suivants, en essayant de peser chaque mot.

- Hm... Faith, c'est bien ça ? Je... je ne sais pas pourquoi tu t'excuses comme ça, tu n'as rien à te reprocher de mon point de vue.

Je n'arrive pas à la regarder en face, ses yeux violets me paraissent si perçants que je préfère diriger mes yeux vers les arbres, dépourvus de leurs feuilles en cette saison.

- Est-ce que tu veux qu'on prenne un café quelque part, pour discuter calmement ? La communication n'est pas mon fort, ça prendra probablement du temps d'éclaircir la situation mais... je tiens à comprendre.

J'inspire profondément, j'ai des bouffées de chaleur sous ma veste et les mains moites.

- J'essaye de choisir mes mots, je ne sais pas si je suis très clair. Mais, en gros, je ne veux plus que tu aies... peur de moi ? Je crois ?

Je me gratte la joue, mes yeux n'arrivent à se poser sur aucun élément du décor.

Un feu rouge.

Des piétons qui traversent.

Il y a du vent dans ses cheveux rouges.

Un type à côté du moi écoute du rap trop fort, ses écouteurs grésillent.

Le soleil se reflète dans ses yeux violets.

Réponds-moi vite s'il te plaît, le temps qui s'écoule me paraît durer une éternité.
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Mar 31 Jan - 9:13
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Ft. Sven Leif

» Forgive me for being so weird..

Tu es perdue. Comme il t'arrive souvent de l'être. Ton esprit a tendance à s'égarer oui, habituellement lorsque tu t'ennuies, mais là, il s'est simplement perdu dans un labyrinthe de questions. Que faire? Que dire? Est-ce que j'ai le droit de fuir?

Tu le regardes du coin de l’œil. Il te fixe. La réponse que tu lui avais donnée n'était clairement pas suffisante... Tu le sais bien en fait, mais tu ne sais toujours pas comment lui répondre intelligemment... Comment est-ce qu'on annonce à quelqu'un qu'il nous terrorise? Il n'y aurait pas un livre pour expliquer comment faire? Ou bien... oh! tu pourrais juste lui faire une dissertation? "Raison pour lesquelles tu me fais peur"... tu es beaucoup plus douée à l'écrit, c'est plus facile, ça te permet de trier les mots qui forment un vacarme dans ta tête...

Mais... non Faith, il est devant toi et ce n'est pas un professeur, il en a rien à faire de ta plume. En face à face, c'est le verbal qu'on utilise et non pas l'écris... Tu dois le lui dire, arrête de le torturer, arrête de te torturer. Ce n'est pas comme si c'était difficile à dire: "Tu me fais peur, oui, je l'avoue, j'ai toujours l'impression que tu es en colère et j'ai peur d'attiser cette colère avec ma maladresse". Mais en fait... non. Tu ne peux pas dire ça, du moins d'après toi... tu ne veux pas qu'il te déteste et tu as peur de le blesser... ça te tuerait de blesser quelqu'un... aussi, tu as peur de le voir réellement en colère... alors tu essaies d'effacer ce qu'a dit ta copine en lui sortant des bêtises... tu te trouves peut-être un peu stupide, mais lui ne l'est pas, il a bien vu que tu essayais d'esquiver sa question.

Raaah! Si seulement tu pouvais rajeunir! Là, maintenant, redevenir l'enfant que tu étais. Cette fille insouciante qui, au moins, arrivait à parler enfin crier sans difficulté, cette fille disait tout ce qui lui passait par la tête et oubliait ses problèmes aussi vite que les mots franchissaient les barrières grandes ouvertes qu'étaient ses lèvres... et ça passait très vite, tu étais une vraie pie... et tu en disais des bêtises... en quantité industrielle... Moui, en fin de compte, ce n'est peut-être pas si mal que tu aies appris à te taire... Mais à ce point! Apprend à communiquer!

Tu ne sais pas parler, tu n'as jamais su comment communiquer correctement; autant quand tu étais enfant, là où tu ne savais pas écouter, que présentement, où tu intériorises beaucoup trop.

Tu finis par te dire que fuir ne serait pas très bien vu (ce serait très immature aussi) et te tournes vers lui. Pour communiquer. Comme des humains normaux. Tu le fixes un moment, un peu comme tu fixais tes amies il y a peu, avec ton air absent. Il te sourit... Il a l'air.. gentil.

-Hm... Faith, c'est bien ça ? Je... je ne sais pas pourquoi tu t'excuses comme ça, tu n'as rien à te reprocher de mon point de vue.

Tu prends une courte inspiration; tu avais arrêté de respirer pendant une seconde comme si tu venais de recevoir un choc. Un poids vient de t'être retirée, une partie de ton angoisse s'efface. Tu n'as rien fait de mal. C'est bon, ça te soulage. Beaucoup.

Tes yeux te piquent d’ailleurs.. Une poussière, oui, clairement une poussière. Tu baisses un peu le visage pour te frotter les yeux d'une main puis le regarde de nouveau. Il ne te regarde plus, probablement parce qu'il est gêné. C'est bien, tu te sens moins seule du coup.

- Est-ce que tu veux qu'on prenne un café quelque part, pour discuter calmement ?Ton cœur manque un bond. Quoi? Sortir? On fait comment déjà? La communication n'est pas mon fort, ahah, la communication, oui ce truc... ça prendra probablement du temps d'éclaircir la situation mais... je tiens à comprendre.

Il te demande de ne plus avoir peur de lui... c'est mignon. Ça te touche.

À son image, tu regardes un peu partout autour de toi. Tu paniques de nouveau, tu cherches une réponse. Puis tu croises son regard. C'est pourtant simple! Oui, tu en as envie! Oui, ça te ferait plaisir de vous soulager de ce poids à tous les deux!

-J'adorerai

Voilà! C'est dit!

-Mais malheureusement je dois aider ma soeur et mon frère à faire leurs devoirs

Quoi?! Mais c'est quoi ce mensonge! On est vendredi, ils ont tout le weekend pour faire leurs devoirs! Rien ne presse! En plus ils sont assez vieux pour faire leurs devoirs eux-même!

-Alors... À une autre fois peut-être?

Tu te pinces les lèvres et le regarde, sincèrement désolée. Tu t'en veux déjà. Mais l'idée de te retrouver dans un lieu isolé un café c'est trèèès isolé, en face à face avec lui, dans l'immédiat, t'angoissait. Non plus parce qu'il te fait peur, mais là parce que tu as peur de tout foutre en l'air avec l'une de tes nombreuses maladresses.

Alors, tu te recules d'un pas, hésitante, puis avance pour le contourner.

À mesure que tes pas mettent de la distance entre vous deux, tu sens le poids de la culpabilité peser sur tes épaules. Un pas, deux pas, tu te mords la langue. Trois pas, quatre pas, tu baisses la tête. Cinq pas, six pas, tu grimaces. Sept, huit.... tu fais un 180 degrés sur la pointe des pieds et le regarde avec tes grands yeux inquiets.

-Demain, 14h au café?

C'est déjà mieux, ça te laissera du temps pour te préparer mentalement!

#cestdurcommuniquer

Spoiler:
 
On the way home [PV Faith] - TERMINÉ
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Jeu 2 Fév - 0:14

Je te vois, Faith, regarder partout sans savoir où poser tes pupilles violettes. Cette panique qui semble t'envahir, parce que je t'ai parlé à cœur ouvert. C'est cette emprise sur toi qui me gêne, au fond, et c'est peut-être aussi ce qui me rassure ; je nous sens proches parce que je te vois ressentir la même chose que moi, mais je m'en veux. Parce que l'on ressent du malaise tous les deux, et je ne crois pas que que l'on définisse ainsi une relation positive.

Nos regards se croisent.

Je sens mes joues chauffer très fort, signe que mon teint blafard en a probablement profité pour virer au rouge. C'est une sensation que je connais bien, malgré le fait qu'elle soit assez peu courante, c'est une des rares que j'évite plus ou moins consciemment, en faisant tout pour ne pas regarder mon interlocuteur dans les yeux. Larmes, colère, voix qui tressaute ou tremblements, je ne me cache que rarement de mes émotions : il n'y a pas de quoi avoir honte de ses ressentis, contrairement à ce que la société nous apprend. Ce genre de réaction épidermique fait partie de moi, et je trouve qu'il s'agit plutôt d'une force que d'une faiblesse que de se prendre de telles bouffées d'émotions.

Pourtant, la teinte rose de mes joues, ce n'est pas quelque chose que j'apprécie. J'ai peur qu'on l'interprète mal : de la timidité, un coup de foudre, de la honte. Non, je ne contrôle simplement pas et regarder quelqu'un dans les yeux provoque régulièrement ça chez moi, sans que je sache pourquoi.

Alors, je détourne bien vite la tête.

- J'adorerais, dit-elle en brisant le silence qui s'était installé entre nous.

Je ne peux pas me résoudre à la regarder, j'ai le visage encore trop chaud pour ce temps hivernal. Pourquoi un conditionnel, cependant ?

- Mais malheureusement je dois aider ma sœur et mon frère à faire leurs devoirs.

Elle marque une courte pause, suffisante pour qu'un fouillis d'émotions se mêlent dans ma tête. Du soulagement : je vais pouvoir arrêter là cet effort social, qui me coûte déjà beaucoup trop d'énergie. De la peine : maintenant que je me suis ouvert, j'espérais égoïstement qu'elle accepte de m'éclairer sur ses ressentis à elle. De la culpabilité : et pourquoi j'espérais ça, pourquoi j'ai proposé ça, alors qu'il est clair qu'elle a peur de moi et veut sans doute m'éviter à tout prix ?

- Alors... À une autre fois peut-être ?

Et, je ne sais pas, je crois que je sens quelque chose qui se brise. Le son que fait l'échec social résonne en moi, j'ai raté. Je voulais lui dire qu'elle se trompe sur moi, et je n'ai même pas su la rassurer. Mais, j'ai ouvert le dialogue ! Ce n'est pas si mal, non ? Je... Je pense que j'ai bien fait... ?

J'ose un regard en sa direction, perturbé mais toujours de marbre ; mon visage est plus froid désormais et je sais que le rouge s'en est allé. Mes joues ne sont peut-être plus que rosies par le froid ambiant.

Je te vois, Faith, te pincer les lèvres. Je remarque ces signes d'angoisse chez toi, cette même angoisse que j'ai provoquée à mon insu. Cette angoisse que tu gardes bien au chaud, et qui m'intrigue tant. Je te fais peur au point qu'il t'est impossible de prendre un café avec moi ? Tu m'en veux à ce point, Faith ? Qu'ai-je bien pu te faire, qu'ai-je montré de moi lorsque nous fréquentions le même établissement, n'étaient-ce que mes mauvais côtés, rien d'autre ? Suis-je ce genre de personne qui écrase les autres ?

Ça ne dure qu'un bref instant, mais cette culpabilité me ronge et le sentiment d'être pitoyable me traverse. Comparé à Kerry qui communique à ses proches sa passion, sa motivation et son caractère enjoué ; je suis une bien piètre personne. S'il tire les gens vers le haut, je suis probablement celui qui les tire vers le bas, les jette à l'eau, leur appuie sur la tête et détourne le regard quand ils boivent la tasse.

Kerry, à ce moment-là, je suis devenu tellement jaloux de toi. Rien à voir avec d'ordinaire quand je t'envie ta passion, ou que je suis fier de te connaître. Non, une envie viscérale et pernicieuse de t'égaler, d'être un jour comme toi en sachant que ça ne sera pas le cas ; une véritable jalousie de celles qui te serrent l'estomac à t'en brûler l’œsophage.

Pardonne-moi, Kerry, d'être une personne si égoïste et immature.
Pardonne-moi, Faith, de n'avoir pas compris ton malaise plus tôt.


Les yeux rivés sur le sol, je n'ai vu que ses pieds me contourner pour s'en aller, Faith est partie et j'ai les mains qui tremblent. Est-ce que je saurais me convaincre qu'il ne s'agit que du froid ?

Le vent balaye mes cheveux, et siffle dans mes oreilles. Et j'entends sa voix, un peu plus loin, mais un peu plus assurée ; comme si prendre de la distance l'avait aidé à me faire face.

- Demain, 14h au café ?

Je fais volte-face, mes yeux écarquillés se plantant dans ses pupilles inquiétées et emplies de tant de courage, la force de son impulsion me touche. Je crois que quelques secondes se sont écoulées alors que ma bouche reste entrouverte ; je ne m'en rends compte que lorsque le froid s'y engouffrant devient douloureux.

- Euh, d-d'accord ! C'est super ! Rendez-vous à la place centrale, alors !

Je marque une pause, je sens mon cœur qui bat la chamade, cette mélodie embarrassante et impressionnante, celle qui déstabilise, celle qui nourrit. Celle qui, puissante, me ferait abattre n'importe quels murs.

- Parfait pour 14h ! A dem...ain !

C'est une fois que je me tais que je me rends compte à quel point j'ai crié, à quel point ma voix a tremblé d'un ton presque trop enjoué. La surprise, et la joie d'avoir finalement une réponse positive a cassé mon dernier mot en deux ; j'ai dégluti au milieu de ma phrase, un excès de salive m'empêchant probablement d'articuler.

J'agite ma main en la regardant s'effacer au loin.

Cloué sur place, je crois que j'ai mis quelques minutes à reprendre mes esprits, et me décider à rentrer. Demain, 14h. La boule au ventre naissante, je reprends la route. Je ferais mieux de m'y habituer dès maintenant...
J'ai fini !:
 
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